5. Birmanie - de l'invasion japonaise (1942) au coup d'Etat de Ne win (1962)

Parent Category: Birmanie Category: Chronologie Birmanie Published: Monday, 04 March 2019

 

1942 : Invasion de la Birmanie par les Japonais

 

La BIA revient en Birmanie dans les bagages des Japonais. Ceux-ci mènent leur campagne sans opposition réelle des Britanniques qui n’étaient pas préparés à faire la guerre en Birmanie. Mais l’euphorie des camarades est de courte durée. Les japonais n'entendent pas donner l’indépendance aux Birmans, mais simplement conquérir le pays comme ils ont su le faire ailleurs.

 

Aung San fait alors volte-face et prévoit de s’allier aux britanniques.

 

8 mars 1942 : Chute de Rangoun devant les Japonais.

L'armée thaïlandaise occupe l’est du pays. Mandalay tombe le 8 mai.

 

Les Japonais transforment la BIA en armée de défense birmane, comptant environ 3 000 hommes encadrés par des instructeurs militaires japonais.

 

1er mai 1942 : Les Britanniques se replient vers la Chine et l'Inde, abandonnant la Birmanie aux japonais. La campagne est achevée mi-mai.

 

Cependant des incidents locaux, témoins de l'absence de volonté d'accorder une indépendance réelle aux birmans éclatent. Les cadres birmans sont giflés par les Japonais et la police politique japonaise, le Kempetai, est omniprésent. Les japonais contrôlant le pays installent Ba Maw comme Administrateur en Chef de la Birmanie.

 

Un groupe de La jeune résistance de l'Armée se constitue fin 1942 et diffuse des brochures à la tonalité anti-japonaise.

 

Première indépendance sous le contrôle des Japonais

 

1er Août 1943 : Sous le pouvoir japonais, l'indépendance formelle de la Birmanie est proclamée, comme l'avait annoncé l'amiral Tojo à la diète japonaise impériale japonaise le 28 janvier 1943.

L'armée de défense birmane devient l'armée nationale birmane, la BNA. Le Dr Baw Maw devient chef de l'État et premier ministre. Aung San est nommée ministre de la guerre et commandant en chef de l'armée qui compte alors 11 000 hommes.

 

Août 1944 : Aung San prononce un discours pour le premier anniversaire de l'indépendance.

 

« qu'est-ce que la liberté et où est-elle ? La vérité est que la liberté que nous avons en Birmanie aujourd'hui est seulement inscrite sur le papier. Il s'écoulera longtemps avant qu'elle ne devienne une réalité »1 Les Japonais demandèrent évidemment des explications et réclamèrent le texte original du discours, qui ne leur furent jamais remis2.

 

Dès lors Aung San prépare le départ des Japonais.

 

Le 27 mars 1945, l'Armée nationale Birmane se retourne ouvertement contre le gouvernement de l'État de Birmanie, et déclare la guerre aux Japonais.

Rebaptisée Forces patriotiques birmanes, l'Armée nationale contribue aux combats qui aboutirent à chasser les Japonais de Birmanie.

 

Mai 1945 : Aung San propose ses services aux britanniques3 pour chasser les Japonais.

Il le fait alors que la guerre est perdue pour ces derniers. Ce qui n’empêche pas les Birmans de le considérer à 27 ans comme un héros national à l’issue de la guerre en juillet 1945

 

19 juin 1945: Aung San Suu Kyi, fille d’Aung San, naît à Rangoun.

 

1 In Histoire du xxième siecle , l'Asie du Sud-Est, La Birmanie, ed Sirey, Jean Perrin

2 Focus Birmanie – Aung San, http://www.focusBirmanie.org/un-pays-riche-beaucoup-de-pauvres/jusquen-1990/aung-san-un-engagement-pour-lindependance/

3 Il a pris contact fin 1944

 

L’indépendance

 

 

 Dans un « livre blanc » publié le 17 mai 1945, la puissance britannique, soucieuse de faire pendant à la proclamation d’indépendance birmane du 1er août 1943, a rappelé les principes énoncés dès le Scheduled District Act de 1886, soit la distinction entre la Birmanie proprement dite (comprendre ici les circonscriptions peuplées de Bamar) et les régions habitées par les ethnies minoritaires, regroupées sous le vocable de Frontier Areas. Dans le schéma du colonisateur, il revenait à ces dernières de déterminer si et dans quelle mesure elles voulaient être intégrées à une Birmanie indépendante.1

 

1 in Les royinghas…

 

Le 30 septembre 1945, l'armée d'Aung San et les forces armées Karens, Kachin et Chin qui ont combattu sous les ordres des Britanniques fusionnent sous l'autorité de Lord Moutbatten pour créer l'Armée Nationale Birmane.

 

Mars 1946 : Première conférence de Panglong

 

Elle débat du futur des États Shan. Ses invités sont Karens, Kachin, et Chin. Son seul impact en est la création d’une société culturelle birmane, avec U Saw comme secrétaire.

 

Aung San, chef du conseil exécutif de gouvernement, engage des discussions avec des minorités pour discuter de leur statut. Son objectif était l'organisation de la lutte pour l'indépendance et la constitution d'une république birmane unifiée.

 

Janvier 1947 : Accord Aung San - Attlee

L'accord signé le 27 janvier traite des questions touchant les relations futures entre la Grande-Bretagne et la Birmanie et arrête les modalités par lesquelles le peuple de Birmanie peut atteindre son indépendance.

L'accord prévoit un gouvernement intérimaire, des élections générales puis l'élection d'une Assemblée constituante en avril 1947. Les affaires étrangères seront gérées dans la phase transitoire par un haut commissaire nommé par Londres, Sir Reginal Dorman-Smith.

U Saw et Thakin Ba Sein ne signent pas le document.

 

8- 12 Février 1947 : Deuxième conférence de Panglong.

Elle est convoquée par Aung San pour traiter du problème des minorités en Birmanie, sa préoccupation étant l'unification du pays. Les minorités n'ont pas toutes réagit de la même manière à l'occupation du pays par les Japonais. Alors que les Bamars et les Arakanais Boudhistes s'alignaient sur le Japon, les Karens, les Kachin et les musulmans sont restés fidèles aux troupes alliées.

Les accords de Panglong sont conclus entre le gouverneur intérimaire (ex conseil exécutif) et les minorités Karens, Kachin et Chin. Il ouvre la voie à la création de l'Union Birmane (qui sera créée le le 4 janvier 1948) en acceptant «le Principe de la pleine autonomie dans l'administration intérieure des régions frontalières».

Mais le Karen Union Army a boycotté la conférence et prend les armes formellement en 1947, réellement en 1949. c'est le début d’une longue guérilla, dont l'origine se trouve aussi dans le fait que les Karen, initialement très implantés dans l’État-major de la BIA, l'armée de Aung San, ont été totalement évincé ensuite par les officiers Birman et le général Ne Win.

 

Avril 1947: Une commission d'enquête sur les questions frontalières entérine les décisions de Panglong. Cependant les observateurs Karen présents ne sont pas été consultés et les Karenni n'ont pas été convoqués. La commission, dans ses conclusions, recommande l'instauration d'une confédération birmane groupant les États Shan Fédérés, les Collines Kachin et les autres régions des minorités. L'assemblée constituante disposerait de 24 sièges pour les Karens, 45 pour les autres minorités et 186 sièges pour la Birmanie seule soit au total 255 sièges.

 

9 Avril 1947 : Élections. Victoire du parti de Aung San, la ligue antifasciste pour la liberté du peuple (AFPFL) qui remporte 248 sièges, les 7 derniers revenant aux communistes. Les élections sont boycottés par la KNU, l'Union Nationale Karen.

L’AFPFL créée en septembre 1944, est une coalition qui réunit les communistes, les socialistes et l'armée nationale birmane ainsi que de représentants des minorités ethniques.

Aung San prend la tête du Conseil de Gouvernement exécutif.

 

19 juillet 1947: Assassinat d'Aung San

 

Bogyoke Aung San est assassiné au conseil exécutif par un groupe paramilitaire avec six membres de son cabinet, dont son frère aîné, U Ba Win. Un garde du corps et un secrétaire sont aussi assassinés. U Saw sera inculpé, condamné puis pendu le 8 mai 1948. Ses motifs ne sont pas très clairs. Le 19 juillet est célébré depuis comme le  « Jour des martyrs »

 

24 septembre 1947 : Bien que les travaux aient été interrompus suite à l'assassinat de Aung San, la constitution de l'Union de Birmanie est adoptée à l'unanimité des voix.

Le parlement comporte une chambre de 250 députés et une chambre haute de 125 députés, essentiellement originaires des régions minoritaires.

 

Le gouverneur britannique Sir Hubert Rance appelle Thakin Nu (U Nu) au gouvernement. U Nu signe à Londres l'accord Nu-Atlee du 17 octobre 1947 qui accorde l'indépendance à la Birmanie « en tant qu’État pleinement indépendant et souverain ».

L’accord est ratifié par le parlement britannique en décembre.

 

4 janvier 1948: Indépendance de l'Union de la Birmanie

 

Proclamation de l’indépendance de l’Union de la Birmanie. Sao Shwe Thaik est président et U Nu en est le Premier ministre jusqu’en 1962.

 

Les sept États de Birmanie

État Chin, État Kachin, État Karen, État Kayah (ex-Karenni), État Môn, État Rakhine (Arakan), État Shan.

 

 

Les années de trouble

 

Les accords de 1947 et l'indépendance ne font pas l'unanimité. Les minorités ne souhaitent pas passer sous la tutelle d’un État dominé par les Birmans.

Dès avril 1947, le Union Nationale Karen s’arme et se prépare à l’insurrection qu'il engagera le 5 janvier 1948. Les autres minorités lui emboîtent le pas.

L’économie de l’État nouvellement indépendant qui se définit comme socialiste entre en récession.

L’État fédéraliste est confisqué par les Birmans.

En deux ans, le désordre est tel que l’État ne contrôle plus que Rangoun et une partie du delta de l'Irrawady.

À cela s'ajoute une insurrection communiste qui débute le 27 mars 1948.1

Pour que le tableau soit complet, l'AFPLP se scinde en deux, les socialistes créant en 1950 le Burma Workers and peasants party.

U Nu est aux abois et son ministre de la défense, Ne Win prend de plus en plus de pouvoir.2

La situation économique s'enlise malgré une reprise en main militaire en 1951. La production ne décolle pas et la principale source de devise s'assèche suite à l'effondrement du cours du riz.

En 1953, U Nu encourage l'investissement étranger, contraire à l'édification socialiste et l'autonomie dont il rêvait. Mais ceux-ci ne se précipitent pas vers l’État Birman proche de la faillite et qui plus est, toujours instable.

 

En février 1955, il cherche alors à contenir les rebellions toujours actives en leur promettant une future autonomie. Il met en avant le Bouddhisme, plus unificateur que l'ethnie afin de ressouder la fédération quelque peu dispersée. Cette politique réussit, assurant une victoire de l'AFPFL aux élections de 1956.

 

12 Juillet 1956 : U Nu quitte volontairement le pouvoir durant quelques mois du 12 juillet 1956 au 28 février 1957 pour réorganiser l'AFPFL..C’est Ba Swe, numéro deux de l'AFPFL qui fait l’intérim du premier ministre durant cette période.

 

Ce qui n’empêchera pas la scission de l'AFPFL en 1958, Ba Swe s'opposant à U Nu, quitte d'ailleurs le gouvernement avec treize autres ministres et déposent un motion de censure qui sera rejetée.

 

L'AFPLP sera alors divisée entre la faction « stable » de Ba Swe et la faction « propre » de U Nu.

 

1958 : Après cette brève vacance aux affaires, U Nu revenu au pouvoir choisit d'abandonner le socialisme birman. Il décrète que l'AFPFL doit abandonner le marxisme et exerce un pouvoir de plus en plus autoritaire. Il supprime les principautés autonomes de Shan et se rapproche de Ne Win.

 

Le 26 septembre il fait appel à l'armée pour remettre de l'ordre une fois de plus et invite volontairement pour six mois le général Ne Win à prendre la tête d'un gouvernement de transition.

Ne Win est nommé premier ministre par le parlement le 28 octobre 1958.

L'armée réussit à stabiliser le pays et se retire à nouveau le 4 avril 1960, après les élections qui confortent U Nu et la faction « propre » de l'AFPLP. Le même cycle recommence jusqu’à la prise de pouvoir autoritaire de Ne Win deux ans plus tard.

 

Coup d’État de Ne Win

 

2 mars 1962 : Coup d’État sans violence du Général Ne Win3. La constitution de 1948 est suspendue, les chambres dissoutes et la charge de Président de la République est supprimée.

 

 Le premier ministre U Nu est emprisonné dans un camp de l'armée jusqu’au 27 octobre 1966, avant de partir pour l’exil en 1969 où il créera le parti lpour la démocratie parlementaire, la PDP. Il déclare alors que la Birmanie est victime du même genre de fascisme que le général Aung San avait combattu. Il essaye de renverser le nouveau pouvoir à partir de la Thaïlande, sans succès. Ne Win l'amnistie et lui permet de revenir en 1980. Lors du soulèvement de 1988, il constitue un gouvernement intérimaire. Il refuse de le dissoudre comme le demande le Slorc et est assigné à résidence jusqu’en 1992. Il meurt en 1995 à Rangoun

 

Le président Mahn Win Maung est aussi emprisonné, il sera relâché fin 1967.

 Le coup d’État ne fait qu’une victime directe mais des manifestations d’étudiant sont durement réprimées le 7 juillet 1962 faisant 130 morts. Le bâtiment de l’Union des étudiants est même dynamité par l'armée et les universités seront fermées jusqu’en septembre 1964. Ne Win annonce la tonalité à la télévision : « si ces désordres étaient destinés à nous contester, je dois déclarer que nous les combattrons œil pour œil, dent pour dent ». 

 

Le Conseil National Révolutionnaire est créé avec Ne Win à sa tête. Celui-ci instaure un régime autoritaire qui tourne le dos aux investisseurs en définissant une nouvelle « voie birmane vers le socialisme », et prônant l'autarcie. Il créé le BSPP – Burma Socialist Program Party , qui devient parti unique en le 20 mars 1964. Le régime reste opposé malgré ces points de convergence à la Chine communiste.

 

 

Bouts d’armée du Kuomintang en Birmanie

 

Les communistes de Mao prennent le pouvoir en Chine le 1er octobre 1949. Ils sont victorieux du régime nationaliste, le Kuomintang (KMT) de Tchang-Kai Chek qui trouve refuge sur l'île de Formose devenue Taïwan (République de Chine). Le conflit pour la seule période post seconde guerre mondiale a fait environ 5 millions de victimes chez les Chinois.

Une petite partie de l'armée nationaliste, refuse de rendre ses armes et va se chercher un autre destin dans le Nord de la Birmanie. Ils sont environ douze mille. Ils rêvent de reconquérir la Chine et reçoivent du soutien des Américains et de Taïwan. Ils s'installent près de la Thaïlande, dans le triangle d’or et recrutent des soldats issus des minorités ethniques birmanes. Pour se financer, ils lèvent un impôt auprès des locaux Shan qui ont le droit de le payer en opium. La culture traditionnelle locale reçoit donc un vigoureux coup de fouet.

 

D’autre part, la toute nouvelle armée birmane, aux prises avec les Karen près de Rangoun et l’insurrection communiste n’est pas en mesure de contrôler ces troupes.

Un quasi-point aérien est mis en place entre Taïwan et Muang Hsat, la nouvelle base aérienne du KMT en pays Shan. En échange d’opium, les nationalistes reçoivent armes, munitions, médicaments et instructeurs.

 

Répondant aux souhaits des Américains qui bataillent en Corée, ils tentent une incursion en Chine, allié de la Corée du Nord (400 000 Chinois sont engagés dans la guerre de Corée entre 1950 et 1953). Cependant, peu nombreux et non soutenus par la population chinoise qu’ils espéraient soulever contre le pouvoir communiste, ils n’arrivent pas à entrer en Chine. Truman désavoue la politique de Mac Arthur en Corée et le limoge, mais l'opération KMT continue, soutenue par la CIA. Sans résultats.

En Birmanie, les rescapés du KMT s’allient a ceux qui s’opposent au régime, l'armée pour l'indépendance Kachin et l'armée Shan. Ils finissent par contrôler un quart du territoire Shan. La Birmanie s’en plaint et une résolution des Nations-unies demande le retrait des troupes nationalistes à Tchang Kai-tchek..

Suite à cette résolution et à l'action de la Chine communiste qui envoie pour les déloger 20 000 soldats, ce sont 6 000 à 8 000 soldats qui sont rapatriés à Taïwan. Mais une partie d'entre eux, environ 3000 hommes s’installent dès 1953 en Thaïlande, où le général Pao Sryamond, directeur de la police thaïlandaise et homme fort de la CIA, très engagé contre le communisme les accueille. Il favorise fortement le trafic de l’opium. Celui-ci (mais aussi le trafic de Teck et de pierres précieuses ) peut donc continuer, sous l'autorité des généraux du KMT, Li Wen Huan et Tuan Shi Wen, même si à la suite d'un coup d’État raté, Pao Sryamond doit s’exiler vers la Suisse en 1957.4

 Le 3ème régiment s'installe à Tham Ngob. Le 5ème régiment s'installe à Mae Sa long. Le gouvernement thaïlandais exige d'eux qu’ils participent à sa lutte contre le communisme. Ils deviennent alors « les forces chinoises irrégulières » de Thaïlande.

Les généraux Li et Tuan montent des raffineries en pays Shan et font venir des chimistes spécialisés de Hong-Kong. Ils perdent tout activité purement militaire et l'activité est finalement reprise par le KKY, milice Shan aux mains de Rangoun, créée pour lutter contre les communistes et les nationalistes.

 Le 10 mars 1967, interviewé par un journaliste anglais du Weekend Télégraph (Londres), le général Tuan Shi-Wen assume clairement son activité. Il déclare : « Nous devons continuer à lutter contre ce satané communisme. Pour nous battre, nous avons besoin d'une armée, et une armée doit avoir des armes, et pour acheter des armes il vous faut de l'argent. Dans ces montagnes, la seule monnaie d’échange, c’est l’opium. »

 En 1972, le KKY est dissous, les généraux Li et Tuan vieillissant passent la main et le trafic tombe entre les mains de Lo Hsing Han et Kun Sa, deux de ses leaders, futurs seigneur de guerre et de la drogue.

Jusqu’à leur reconversion dans les années 1990 en planteurs de thé, les nationalistes chinois se financent par l’opium.

 Leur village, Mae Sa Long (devenu Santikhiri) se visite maintenant comme un paisible village chinois de la frontière thaïlandaise. Le trafic existe toujours mais changé de nature. C’est la méthamphétamine qui circule dorénavant entre Birmanie et Thaïlande.

 

1 La Birmanie a pourtant reconnu la Chine Populaire dès le 18 décembre 1949.

2La Birmanie post-coloniale, 1942-1992, Peninsule n°24/25,1992, Jacques Nepote

3Son nom signifie « soleil resplendissant »..

4D 'après Martial Dassé in revue Culture&Conflits 03 Automne 1991 : les réseaux de la drogue dans le triangle d'Or

 

 

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4. Birmanie - XXe siècle jusqu'à la seconde guerre mondiale

Parent Category: Birmanie Category: Chronologie Birmanie Published: Monday, 04 March 2019

La Birmanie au XXe siècle

 

« Depuis l’avènement de la dynastie de Pagan au XIe siècle, l’histoire de la Birmanie est une succession de luttes dont l’objet est avant tout d’assurer l’hégémonie des Birmans dans la vallée de l’Irawadi et au-delà. La Birmanie d’aujourd’hui est un État multinational que des siècles n’ont pas suffi à unifier entièrement »1

 

1 La Birmanie, Jean Perrin in Asie du Sud-Est, sirey, 1970

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Georges Orwell (1903- 1950)

L’auteur de "1984" a aussi publié « une histoire birmane » en 1934.

Il savait de quoi il parlait car il a été de 1922 à 1928 chef adjoint de la police impériale britannique de Birmanie. Il a vécu à Katha, un village de 4000 habitants (près de 24 000 aujourd’hui) qui fournit le décor d'une histoire birmane .

 

Orwell

"y trace d'une plume aigre et sans pitié les contours d'une micro société anglaise constituée de coloniaux engoncés dans leurs préjugés racistes, vivant au milieu d'une population birmane généralement soumise, dont l'hostilité parfois sous-jacente sera finalement déclenchée par les manigances d'un fonctionnaire indigène retors et corrompu.

Tout le décor est resté planté, décati au possible, mais suffisamment présent pour évoquer la narration d'un Orwell réglant ses comptes avec le "British Raj" – le gouvernement des Indes britanniques – dans cet avant-poste perdu "des Indes".

Le club, c'était là où tout se passait pour les Blancs. Orwell le décrit comme "la citadelle spirituelle, le siège de la puissance anglaise, le nirvana où les fonctionnaires et les nababs indigènes rêvent en vain de pénétrer"… Dans les pièces empoussiérées de ce qui est aujourd’hui le bureau d’une coopérative d’État gérée par une vieille dame souriante disposant d'une simple machine à écrire soigneusement recouverte de sa housse de protection, on imagine encore la grande salle de jadis, son billard, sa maigre bibliothèque, et le murmure poli des serviteurs tamouls, visage couleur de suie et turbans blancs, prenant commande.

C'est peut-être ici, dans cette ville reculée, que George Orwell s'est forgé sa philosophie, sa haine du colonialisme, son dégoût des privilèges que les Blancs s'octroyaient ; peut-être même faut-il y voir les racines de sa prophétique parabole du futur totalitaire d'un monde surveillé par Big Brother…

Orwell fut policier malgré lui, et le regretta. Bien plus tard, rentré en Angleterre après en avoir terminé à Katha avec son dernier poste de flic tropical, il écrivit "avoir passé cinq années à exercer un métier pour lequel [il n'était] absolument pas fait – dans les rangs de la police impériale des Indes, en Birmanie". Il ajoutait : "Cela a contribué à exaspérer mon dégoût naturel de toute autorité et à m’ouvrir les yeux sur la condition faite aux classes laborieuses. Mon expérience birmane m’avait sans doute éclairé sur la véritable nature de l'impérialisme."1

 

1 Le Monde culture 11/08/2013 Bruno Philip

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1923 : Le state secret act

La loi sur les secrets d’État, inspirée par les Britanniques est toujours invoquée en 2014 pour condamner des personnes suite à des réelles ou prétendues violations de secret d’État.(cf infra)

 

1928 : Création d’une organisation communiste essentiellement composée de Chinois de Birmanie.

 

1929 : Le moine U Wisara entreprend une grève de la faim. Il exige de pouvoir porter la robe monacale le « thingan ». Il décède au bout de 166 jours déclenchant une immense émotion dans le pays. Sa statue est toujours érigée à Rangoun près de la pagode Shwedagon.

Gandhi se rend en Birmanie et prononce des discours consacrés à la lutte pour la liberté.

 

1930 : La crise économique est ressentie aussi en Birmanie et conduit à une révolte paysanne qui va durer deux ans. Son leader est Saya San. Elle conduira par ricochet à l’essor du mouvement nationaliste Dobhama Asiayone1 qui ne participe pas à la révolte mais gagne la confiance des paysans.

 

1 « Association de Nous les Birmans »

 

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Saya San (Maitre San), de son vrai nom U Ya Gyaw est un ancien moine, médecin qui s’est lancé dans la politique en créant l’association des Galons (l’oiseau symbole, équivalent du Garuda Indien qui terrasse le naga, serpent représentant l’occupant britannique).

Saya San, se sert comme point de départ d’un mouvement de protestation contre l’impôt lors de l’hiver 1927-1928 pour structurer un vaste mouvement nationaliste et religieux d’opposition à l’occupant.

Les britanniques envisageaient l’instauration d’un impôt par tête, une poll-tax.Le 28 octobre 1930,

Saya San se fait proclamer roi par ses fidèles et prend la tête d’une insurrection qui dure 30 mois.

Ses troupes mal armées font 39 morts parmi les forces du gouverneur Sir J.A. Maung Gyi. Mais les insurgés subissent des lourdes pertes : 3000 tués ou blessés, 9000 birmans arrêtés dont 350 sont condamnés et 128 pendus. Certains rebelles sont décapités et leur tête exposée en public.

Saya San, capturé le 20 août 1931 est jugé et condamné à mort pour actes de rebellions envers des collecteurs de taxes et pendu avec plusieurs de ses compagnons le 28 novembre de la même année.1

 

1 L’histoire du xxe siècle. L’Asie du Sud-Est, La Birmanie, Jean Perrin, Sirey

 

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Les Thakin (Dobama Asiayone devenu le mouvement Thakin)

Ce groupe, dont le nom signifie « maître »1, a été créé par des jeunes nationalistes pour la plupart étudiants d’université, de formation exclusivement birmane, à la suite d’actes de violences entre dockers Indiens et dockers Birmans2.

Ils sont de tendance assez diverses. Les uns, comme Aung San et U Nu simplement nationalistes, d’autres pro-communistes (Than Tun), d’autres enfin, tel U Ba Swe, socialistes modérés, mais tous irréductiblement opposés à la domination britannique3.

Le Thakin ont un slogan :

«La Birmanie est notre pays; la littérature birmane est notre littérature; le Birman est notre langue. Aimons notre pays, améliorons notre littérature, respectons notre langue. »4.

 

Le succès est réel et le groupe s’impose tant auprès des paysans que de l’élite politique formée à Londres qu’il remplace. Le groupe s’organise en parti avant la guerre sous le nom d’Organisation Politique Nationale (NPO).

 

La mouvance nationaliste existait avant les Thakin, utilisant le bouddhisme à des fins politiques.

En 1897 est fondée l’association du bouddhisme « Buddha sâsana Noggaha » dont le but est de propager la religion menacée par la domination étrangère.

En 1902 est créée dans le même but l’association Asoka puis en 1904 l’association Bouddhique du Rangoun collège et le YMBA – Young Men Buddhist Association.

L’YMBA s’adresse à ceux qui sont attachés à la préservation du sentiment national birman (mais l’association utilise l’hymne god save the king jusqu’en 1916. Elle le remplace alors par Buddha save the king . Le YMBA s’insurge en 1916 et 1919 contre les Européens qui visitent les pagodes sans se déchausser.

 

1 Thakin était le terme réservé aux Européens comme Sahib en Inde. Retourné il faut désormais l’entendre comme « nous les Birmans, les vrais maitres du pays »

2 Des dockers birmans de Rangoun avaient tués un docker indien considérant que celui-lui leur prenait le travail qui devait leur revenir.

3 La neutralité Birmane, Raymond Solhac in politique étrangère n°2, 1967- 32e année p.134- 154

4 Nicholas Tarling, The Cambridge History of Southeast Asia, Cambridge, Cambridge UP,‎ 1999, poche (ISBN 978-0-521-66369-4, LCCN 00708776) in Wikipedia

 

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Grève étudiante suite à l'exclusion de U Nu et Aung San

 

En 1936, U Nu, président de l’Union des Étudiants de l’Université de Rangoun prononce un discours critique envers les autorités universitaires. Le journal étudiant « Onway » présidé par Aung San publie dans le même temps un article critiquant le corps enseignant. Les deux présidents sont immédiatement exclus de l’université, ce qui déclenche immédiatement une grève, en pleine période d’examen, des sept cents étudiants, le 25 février. Cette grève dont les revendications prennent rapidement un tour nationaliste dure trois mois et s’étend à tout le pays. En Mai, U Nu et Aung San sont réintégrés et les dispositions critiquées de la loi universitaire sont révisées.

 

L’Union des Étudiants de Birmanie est créée à la suite de ce mouvement et son deuxième président en est Bogyoke Aung San (1937). L’union regroupe 35 organisations étudiantes sur tout le territoire birman et étend l’influence du groupe des Thakins.

 

1er Avril 1937 : La Birmanie devient une colonie britannique

 

Le 2 août 1935  le parlement britannique vote le « government of Burma Act », séparant après 50 ans la Birmanie de l’Inde. La Birmanie est détachée du Raj britannique et accède au rang de colonie, ce qui lui permet d’avoir une constitution propre. La nouvelle constitution prévoit une assemblée élue. Mais le maintien de l’ordre, la défense, les affaires étrangères et l’administration de certaines régions (celles où les minorités sont importantes) restent du ressort du gouverneur anglais. Ba Maw, ex-avocat de Saya San devient premier ministre jusqu’en 1939.

 

Chefs de gouvernement

Ba Maw

1937 – Février 1939

U Saw

1940 - 1942

 

 1937-1938 : Grèves. Chute du gouvernement Ba Maw

10 000 ouvriers travaillant sur les champs pétrolifères de la Burma Oil Company, l'Indo-Burma Petroleum et la British Burma Petroleum se mettent en grève. Les grévistes n’obtenant pas d'amélioration de leurs conditions de travail marchent sur Rangoun. Des arrestations provoquent des manifestations et in fine un mort, Aung Gyaw, étudiant. Les universités se joignent alors au mouvement. Les bonzes aussi. Le gouvernement Ba Maw finit par tomber mais les compagnies pétrolières n’ont rien lâché.

 

26 juillet 1938 : Pogrom anti indien.

Un millier de personnes est tué dont la plupart sont musulmanes. L'action trouve son origine dans des pamphlets considérés comme anti-islamiques pour l'un et anti-bouddhique pour l'autre. Mais c’est surtout la classe aisée Indienne, Musulmane ou Hindoue, qui est visée par les Birmans en colère.

 

1939 : Création du parti socialiste Birman et du parti communiste Birman dont l'éphémère premier secrétaire général en est Bogyoke Aung San. Il se consacre rapidement plus à Do bama Asiayone qu’au parti.

 

Octobre 1939 : Formation du bloc de la liberté, regroupant plusieurs entités politiques dont Bo dama Asiayone sous la présidence de Ba Maw. Aung San en est le secrétaire général.

Le bloc souhaite l'indépendance de la Birmanie, la convocation d'une assemblée constituante et le transfert des pouvoirs discrétionnaires du Gouverneur au cabinet.

 

Aung San est alors recherché par la police britannique qui a emprisonné tous les leaders indépendantistes, accusés de trahison et d'appel à la révolte. À la suite d'un discours portant sur la situation du peuple Chin en 1940 dans le village de Daung Gyi, un mandat d'arrêt est émis à l'encontre de Aung San.1

 

Recherché, il entreprit d'abord d'aller chercher de l'aide auprès du parti communiste chinois. Il part en octobre 1940 sur le Hai Lee, navire norvégien, pour l'enclave internationale de 'Amoy (Xiamen). C'est là qu'il est contacté par les Japonais.

 

Bien qu’opposés au socialisme des nationalistes Birmans, les Japonais cherchent à prendre le contrôle d'une voie de communication permettant de ravitailler le Kuomintang de Tchang Kaï-chek en reliant l’Inde à la Chine par le nord de la Birmanie.2

 

Un accord est trouvé à Tokyo entre le colonel Keiji Suzuki des services secrets japonais et les nationalistes Aung San et Hla Myaing à Tokyo. Les Japonais devront préparer les nationalistes pour l'indépendance.

 

En dépit des réticences du mouvement nationaliste, Aung San réussit à la convaincre que faire confiance aux Japonais était une stratégie pertinente3. Par la suite, Aung San se défendra de toute adhésion au régime Japonais.

 

Aung San revient donc du Japon en février 1941 avec armes, argent et offre d’entraînement militaire.

 

Naissance du groupe des trente camarades

 

A l'initiative de Aung San, un groupe de jeunes cadres (24 ans en moyenne) est constitué en 1941 afin de préparer l'indépendance de la Birmanie. Réunissant « trente camarade », pour la plupart Thakin, le groupe dispose du soutien des Japonais.

Pour sceller la naissance du groupe, les trente camarades mélangent à Bangkok, leur sang dans un bol d'argent et boivent chacun leur tour le breuvage. Ils prêtent un serment de loyauté éternelle en eux et envers la cause de l'indépendance birmane (cérémonie militaire traditionnelle birmane appelée thway thauk).

 

La cérémonie a lieu le 31 décembre 1941. Le Lendemain, Aung San annonce la création de la Burmese Indépendence Army (BIA) destinée à se battre aux cotés de Japonais.

 

Aung San avait prévu un entraînement militaire à Hainan pour ses trente camarades et une armée de quatre mille hommes prête à prendre le relais de l'autorité coloniale en cas d'invasion japonaise. L’entraînement a lieu à Taiwan sous la férule du Japon. Les camarades sont divisés en trois groupes dirigés notamment par Aung San et Ne Win. À Ne Win et à son équipe reviennent les actions de sabotage, tandis que Aung San devient en 1942 chef d’État major de la toute nouvelle BIA. Un troisième groupe doit fournir des chefs d'unité paramilitaires.4. Un quatrième groupe devait les rejoindre.5

 

1 Ce discours avait été d'autant moins apprécié que la police locale l'avait laissé le faire...à condition de ne pas évoquer la situation des Chin.

2 La route de Birmanie sera d'ailleurs construite par les Anglais mais reprise par les japonais en 1942.

3  Jesper Bengsston in Aung San Suu Kyi, Un pays, une femme, un destin, Ed. Prisma

Patrick Souty in La guerre du Pacifique,7 juillet 1937 – 2 septembre 1945  p. 96, PUF Lyon, conflits contemporains.

5 C'est un groupe de nationalistes de la faction fasciste dirigés par Tun Ok

 

 

 

 

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2. Birmanie - de la chute de Pagan (1287) à la dynastie Taungu (1752)

Parent Category: Birmanie Category: Chronologie Birmanie Published: Monday, 25 February 2019

Les trois royaumes :

Arakan, Ava et Hanthawaddy (Pegou)

 

Durant les XIVe et XVe siècle coexistent trois royaumes.

 

A l’ouest 

le royaume d’Arakan (XVe – 1785)

 

Situé entre le royaume d’Ava et l’Inde, le petit royaume est situé à l’ouest de l’actuelle Birmanie,à l'emplacement de l’État Rakhine actuel.

« Les recherches sur l’histoire de l’Arakan doivent être considérées comme un champ pour les études pionnières , voire comme un voyage en terra incognita. Les sources critiques sont virtuellement inexistantes, des collections majeures d’inscriptions restent à publier et le patrimoine matériel de l’Arakan s’effondre dans la jungle. 1

L’histoire du royaume et des quarante-huit rois est à la fois très compliquée et très incomplète. Quelques faits émergent cependant.

 

Les dernières dynasties sont les dynasties de Launggyet (1237- 1404), et de Mrauk U (1404 - 1784). La ville de Mrauk U, au Nord-Est de la Birmanie actuelle, reste de nos jours un immense site archéologique.

 

Selon deux chroniques cinghalaises2, l’Arakan serait le point d’entrée du bouddhisme en Asie du Sud-Est. Elles rapportent que deux missionnaires, Sona et Uttara auraient été envoyés en Arakan par le troisième concile bouddhique sous le règne du souverain Asoka (273- 231 avant JC), soit près de 4 siècles avant les premières traces trouvées dans le delta du Mekong. Le positionnement géographique de l’Arakan plaide en faveur de cette thèse.

1 Les Rohingya de Birmanie, Arakanais, musulmans et apatrides ,Gabriel Defert, Ed. Aux lieux d'être 2007, citant Jacques Leider « These Budhist Kings with Muslim Names.. Etudes thématiques n°9 École française d’Extreme-Orient, Paris 1998.

2 Le Maavamsa et le Dipavamsa

 

Origine de la dynastie Mrauk U1

Le Roi Narameikhla (1404-1434) , aussi nommé Min Saw Mon, souverain du royaume de Mrauk U, revenu de 24 ans d’exil au Bengale2, reprend le contrôle du trône Arakanais (1430) avec l'aide militaire du Sultanat du Bengale. Les Bengalis qui étaient venus avec lui ont formé leurs propres établissements dans la région, Narameikhla ayant cédé un territoire au sultan du Bengale en reconnaissant sa souveraineté sur les zones concédées . L’Arakan restait subordonné au Bengale jusqu'à 1531. Les musulmans ont été employés dans l’administration royale, tandis que des pirates portugais exportaient en Arakan des esclaves. La population musulmane a donc cru en Arakan.

La conquête du royaume d’Arakan par la dynastie birmane Konbaung provoque sa disparition en 1785.

1 Prononcer Miaou

2 Le Bengale est la zone géographique de l’est du sous-continent indien recouvrant partiellement l’Inde et le Bangladesh. Cette zone n’a pas été figée au cours de l’histoire. Entité politique entre VIIIe et le Xe siècle elle vit son age d’or sous les rois bouddhistes Pala. La dynastie hindoue des Sena qui les remplacera verra le bouddhisme perdre de son influence tandis que l’Islam atteint le nord-est du sous-continent indien En 1199, le Bengale est conquis par Muhammad Ghûrî, conquérant musulman et dépend directement de Delhi.

 

Au centre :

le royaume birman d’Ava (1364 – 1527)

 

Après sa chute, Pagan est divisé en petits royaumes

Athinhkaya , Yazathingyan et Thihathu , trois frères Shan s’emparent du district de Kyauksé au début des années 1290 et forcent le roi de Pagan Kyawswa1 à abdiquer. Les trois frères gouvernent depuis Myinsaing, Mekkara et Pinlay.

 

1298 : Le royaume de Myinsaing 1298 (1297 ?) –1312 (1310 ?) va lui-même éclater et se diviser en deux royaumes : Sagaing (1315) et Pinya (1313)2

 

1347 : Fondation du petit royaume birman de Toungou.

 

1364 : Les deux royaumes Pinya et Sagaing sont détruits par les Shan qui créent le Royaume d’Ava près de Mandalay au centre du pays.

Ce royaume dont la premier roi était prince de Sagaing, Thadominbya va diriger la Birmanie centrale pendant 150 ans .

 

Les trois frêres Shan, officiers de Pagan, s’efforcent de reconquérir le pays des Môn mais se heurtent Shan du Nord établis au nord d’Ava. Ils fondent le royaume de Myinsaing (1297-1310)

Entre le royaume shan d’Ava et le royaume môn de Pégou, le petit royaume de Toungou sera le noyau fondateur de la reconstitution d’un futur royaume birman.

 

1 Qui était maintenu au pouvoir par les Mongols

2 En 1309, Thihathu, l’un des trois frêres Shan, refuse de continuer à partager le pouvoir avec ses frères et se proclame Roi de Birmanie. Son frère aîné décède et il tue son plus jeune frère en 1310. Il déplace la capitale à Pinya en 1313

 

En Basse Birmanie

Le royaume môn d’Hanthawaddy (dit de Pegou ou Pegu)

 

L’arrivée de Môn1 en Birmanie est très peu documentée. Leur langue dite môn-kmère, de la famille des langues austro-asiatiques laisse deviner leur origine de l’est de la Birmanie. Leur première terre d’accueil a été Kyaukse où ils se sont livrés à la culture par irrigation

1303 – 1369 : Le royaume mõn d’Hanthawaddy dont Pegou2 est la première capitale est fondé par les môns. Subdivisée en 32 province, Pegou regroupe en fait trois centres de pouvoir : le delta de l'Irrawaddy, Pégou et Martaban. Hanthawaddy sera de fait vassal du royaume de Sukhothai.

 

1 Les Môn sont aussi appelés Talaing par les Birmans, dénomination notamment utilisée par les Anglais (mais ce terme ne leur plait pas) . Ils représentent la plus ancienne ethnie encore présente en Birmanie

2 Comme beaucoup de cités, Pegou possède sa légende fondatrice qui compense le manque d’informations réelles sur sa création : « Sa fondation résulterait d’une prophétie de Bouddha dans laquelle la région de Pegou était encore recouverte par la mer. Après un voyage dans le pays de Suvannabhumi, Gautama (Bouddha) retourna en Inde par la voie des airs.. Survolant la mer il vit à la surface un banc de sable émergeant , qui avait la couleur et l’éclat de l’argent sur lequel étaient posées deux hamsas (oie sauvages) d’or.Le grand maitre prédit alors l’établissement futur d’une ville prospère en cet endroit » (Estelle Berliet). Mais la prédiction ne se serait réalisé que neuf siècles après la prédiction…La Hamsa, a qui est attribuée une valeur poëtique semblable au cygne en Occident est toujours le symbole de Pegou.

 

 

1385 – 1424 : La guerre de quarante ans

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ava et Pegou s’opposent durant quarante ans, sans qu’il y ait de vainqueur.

Le roi d'Ava Swasawke lance les hostilités. A la faveur d'une crise de succession dans le royaume môn, il pense pouvoir l'envahir sans coup férir. Mais Razadarit, roi de d' Hanthawaddy réussit à repousser les envahisseurs birmans. Les hostilités continuent jusqu'en 1391 où une trève est décidée. Elle dure jusqu'en 1404. Le conflit reprend alors pour une vingtaine d'années, épuisant les deux royaumes sans que l'on puisse donner de vainqueur.

 

 

1527 Destruction d’Ava par les Shan

 

Shwenankyawshin, le roi Narapati II (1501-1527) qui succéde à son père et son grand-père est le dernier roi Birman d’Ava.

Pendant son règne le royaume est sans cesse attaqué. Au Nord par Mohnyin de la confédération des États Shan et au sud par Prome1.

Pour trouver un allié, Narapati II donne la terre viticole de Kyaukse à son vassal Taungû qui ne l'aide pourtant pas.

En 1524 déjà Shwenankyawshin doit fuir. Son retour est bref car il est tué en mars 1527, aussitôt remplacé par le fils Thohanbwa du chef Shan Sawlon.

Par la suite , Thohanbwa, despote cruel2, tueur de bonzes et pilleur de stupas, réussit à être hai tant par les les Birmans, ce qui n’est pas étonnant, que par ses sujets Shan. Il finit assassiné par un coup d’épée au travers du corps, si violent qu’il aurait aussi coupé cinq bambous de l’estrade où il se trouvait.

 

1 Aujourd’hui Pyay, à 160 km au Nord de Rangoun

2 qualifié en 1925 de « sauvage assoiffé de sang » par l'historien britannique GE Harvey

 

1535 – 1590 L’empire birman de la dynastie Taungû : Le dernier empire indépendant

 

Suite à la destruction du Royaume d’Ava en 1527, la Birmanie est de nouveau réunifiée au sein du royaume de Taungû1 (ou Toungou) qui durera jusqu’en 1590.

 

 

La première dynastie Taungû est fondée par en 1486 par le roi Minkyinyo (1486-1530)

En 1510 Taungû devient indépendante du royaume d’Ava en pleine guerre de quarante ans contre Pegou.

 La destruction d’Ava en 1527 par les Shan provoquent l’émigration de nombreux Birmans vers Taungû qui devient un centre de première importance (et capitale en 1535). Minkyinyo durant son règne commence à soumettre les peuples Shan.

 

1531: Tabinshwehti, fils de Minkyinyo devient roi de Toungou (1531 – 1550). Il réunifie la Birmanie en s’emparant du delta de l'Irrawaddy en 1538, de Pégou en 1539 et de Martaban en 1541. Il domine aussi Luang Prabang (Laos) et Chieng Mai (Thailande). Seul l’Arakan ne rejoint pas l’unité refaite.

 

1555 : Restauration du royaume Birman

 

En 1544 Tabinshwehti se fait couronner roi de Birmanie à Pagan, succédant symboliquement à l’ancien royaume.

 

1547 : Tabinshwehti conquiert le nord du Siam, le royaume Môn. Il déplace la capitale à Pégou en raison de son importance commerciale.

 

Les dernières années, avant son assassinat en 1551 furent constituées d’échec, notamment contre le royaume d’Ayuthaya (Siam) mais aussi contre l’Arakan et Ava.

 

Le beau-frère de Tabinshwehti, Bayinnaung (1551-1581) lui succède pour trente ans. En 1551, les Môns se révoltent et divisent l’empire. Mais Bayinnaung, au prix d’un appauvrissement du pays reprend les conquêtes.

 

En 1555 il reconquiert Ava, restaurant le royaume Birman.

 

1599 : Taungu est prise à son frère ainé, Nandabayin, dernier de la dynastie qui finit captif puis assassiné par son vainqueur siamois Natshinaung en 1600. C’est la fin deuxième royaume.

 

La dynastie Taungu s’éteint en 1752 sans avoir de nouveau régné (sauf brièvement en 1613) sur l’ensemble du royaume.

 

1 Ville aussi appelée Kaytumadi

 

 

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3. Birmanie - de 1613 à la fin du XIXe siècle

Parent Category: Birmanie Category: Chronologie Birmanie Published: Tuesday, 26 February 2019

La Birmanie aux XVIIe et XVIIIe siècles

 1613 : Anaukpetlun, roi d’Ava (1605-1629 ) prend Syriam1 à Philippe de Brito. L’empire birman est alors partiellement restauré.

1 aujourd'hui Thanlyin, en Basse-Birmanie

 

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Philippe de Brito e Nicote est né à Lisbonne de père français.

Commerçant en Sel dans l’île de Sandwip, il a beaucoup voyagé en Asie du Sud-Est avant de devenir conseil du roi d’Arakan Xilimixa (Salim Shah) puis gouverneur de Syriam, en face de Rangoun, où il édifie une forteresse. Sa position lui permit de taxer tous les bateaux entrant dans le royaume au nom du roi du Portugal et d’Espagne.

En 1608 il pille la pagode de Shwedagon près de Rangoun. Il vole la cloche dans le but de la fondre mais elle finit au fond du fleuve avec le bateau qu’elle a brisé. Participant à diverses guerres, il finit pas se voir assiégé en 1613 dans Syriam par le roi Anaukpeitlun (1605-1628). De Brito vaincu et finit empalé sur les remparts de la ville après 13 années de règne.

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"Une équipe de plongeurs birmans affirme avoir reçu le secours des esprits pour localiser, au fond du fleuve Rangoun, la cloche légendaire d'une pagode pillée par un mercenaire portugais il y a quatre siècles. Sous le regard d'une foule nombreuse et fascinée, des dizaines de plongeurs sommairement équipés sondent depuis plusieurs semaines les eaux troubles et agitées du fleuve dans l'espoir d'y trouver la cloche Dhammazedi. ...


"Après avoir demandé l'autorisation de toutes les personnes nobles et des saints, nous déclarons que nous avons trouvé la cloche Dhammazedi", a indiqué dans un communiqué le responsable des recherches, San Lin, sans toutefois apporter la preuve de ses affirmations. Certains historiens birmans ne cachent pas leur perplexité et remettent en cause jusqu'à l'existence même de la cloche. Les méthodes des plongeurs n'y sont pas pour rien, qui ont délaissé l'attirail moderne dévolu à l'exploration sous-marine au profit d'incantations destinées à apaiser l'esprit du dragon qui, selon eux, protègent la cloche.


"On ne peut rien retrouver en suivant les conseils des astrologues et en invoquant les nats (les esprits), les dragons et les galouns (oiseaux mythiques)", a réagi Chit San Win, de la Commission d'Histoire birmane, interrogé par l'AFP. San Lin, qui soutient avoir vu la cloche une première fois en 1998 lors d'une précédente tentative, a promis de sortir la cloche de l'eau dans les jours qui viennent. La cloche de bronze pèserait 294 tonnes, l'équivalent d'un Boeing 777 au décollage. Les historiens pensent qu'elle a été offerte à la pagode Shwedagon en 1484 par le roi-moine Dhammazedi. Elle aurait ensuite été volée par le marchand portugais Filipe De Brito e Nicote - connu en Birmanie sous le nom de Nga Zinga - qui voulait en fondre le bronze pour fabriquer des canons."
1

 

1 Le figaro.fr 27/08/2014

 

La dernière dynastie birmane

La dynastie Konbaung (1752-1885)

 

Pegou (actuellement Bago), une cité très convoitée.

Les guerres impliquant Pegou se succède rapidement, la cité changeant de maitres à plusieurs reprises.

Pegou est conquise par les Mon au VIIIe siècle, reprise par les Birmans en 1057. En 1084 elle se révolte mais attend 1287 pour revenir aux mains de Mons.

Après la guerre de quarante ans (1385-1424) , elle redevient Birmane en 1539, échappe à la dynastie Taungu en 1599 mais est récupérée en 1613. En 1634, les Birmans lui enlèvent son statut de capitale au profit d’Ava.

En 1740, les Mons se révoltent et retrouvent leur indépendance en 1747.

En 1752, les Mon s’emparent d’Ava mais dès 1757 c’est à nouveau le pillage et la destruction de Pegou par les Birmans de Alaungpaya, fondateur de la dynastie Konbaung.

En 1759 une grande partie de la population Mon est exterminée.

Pegou est reconstruite par le roi Birman (Dynastie Konbaung) Bodawpaya (1782-1819) sans retrouver son rang. Finalement elle est annexée par les Anglais en 1852 , dernier soubressaut de son histoire mouvementée.

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1753 : Invasion et pillage de Lunang Prabang (Laos), sans intervention du roi de Vientiane (Ce denier s’en empare en 1791)

 Alaungpaya1 conquiert Syriam en 1756, prend Manipur au Sud en 1758, puis Pegou en 1759. Il s’empare en 1760 de Rangoun2. Il est tué à 45 ans, par l’explosion de l’énorme canon pointé sur la ville d'Ayuthaya qu’il tenait à diriger personnellement.

 

1767 : Prise d’Ayuthaya

Hsinbyushin (1763- 1776), deuxième fils de Alaungpaya, aidé en cela par un gigantesque incendie, conquiert la ville royale du Siam le 7 avril 1767 sur le 33ème et dernier roi d’Ayuthaya, Somdet Phra Chao Ekkathat. Le siège a duré quatorze mois.  La prise de la ville donne lieu à un pillage en règle. Les statues sont détruites, les feuilles d’or enlevées. Femmes et hommes sont torturés pour qu’ils donnent les endroits où ils ont caché leur bijoux. Tous les écrits sont brulés.  Le sac de la ville oblige les Siamois à installer leur capitale à Bangkok.

 

Entre 1766 et 1769, les Chinois Mandchou tentent à quatre reprises d’envahir la Birmanie. Ils sont repoussés.

 

1776 : Suite aux différentes révoltes Siamoises contre l’occupant Birman, les Konbaung , usés par les guerres avec la Chine, évacuent le Siam.

 

1783 : La capitale est transférée à Amarapura, à une dizaine de kilomètres d’Ava par le roi Bodôpaya (1782-1819) , fils d’Alungpaya

 

1784 : Les Birmans annexent l'Arakan et pillent sa capitale Mrohaung provoquant les premiers contacts avec les Anglais, l’Arakan jouxtant l’Inde Britannique.

 

1794 : Insurrection dans l’Arakan.

 

1795 : Première ambassade de l’Anglais Symes3 à la cour d’Ava.

 

La Birmanie au XIXe siècle

 

1813 : Les Birmans reprennent le contrôle du royaume Hindou de Manipur

En 1818, Les Birmans installent un prince qui leur est acquis sur le trône d’Assam suite à la demande d’intervention du rajah d’Ahom.4

 

1 Son nom signifie « futur roi Bouddha »

2 Rangoun n'est alors qu'un village du nom de Dagon, autour de la pagode Shwedagon, au confluent des rivières Bago et Myitmaka. Le nom birman Rangoun, signifie « qui n'a pas d'enemi»

3 Le diplomate Michael Symes laissera un récit toujours édité (ed. Olizane) : Voyage en Birmanie

Relation de l’ambassade envoyée à la cour d’Ava en 1795

4 La dynastie Ahom, d’origine Shan est installée depuis 1329 en Assam.

 

Les guerres Anglo-Birmanes.

Opposant les armées de la monarchie birmane aux forces britanniques établies aux Indes (et la toute puissante compagnie des indes orientales – BEIC*) , elles ont pour objet le contrôle du golfe du Bengale, et la rivalité issue des conquêtes birmanes des provinces de l’Arakan et de l’Assam.

 

1er conflit :1824 – 1826 :

Le premier conflit fait suite aux incursions birmanes sur des territoires contrôlés par les Britanniques au Bengale voisin. La Compagnie des Indes Orientales déclare la guerre au royaume birman. La Grande-Bretagne perd 30 000 soldats et s’installe pour plus d’un siècle en Birmanie.

 

Les britanniques vainqueurs occupent Rangoun le 11 mais 1824 et imposent le traité de Yandabo signé le 24 février 1826.

 

L’article 1er du traité prévoit « la paix perpétuelle et l’amitié éternelle entre l’honorable compagnie et le roi d’Ava ». Les bonnes intentions sont appuyées par des espèces, les preuves d'amour étant toujours plus fortes que l'amour seul.

 

L’article 5 du Traité dispose que « Pour preuve de la disposition sincère du gouvernement Birman pour maintenir les relations de paix et d'amitié entre les Nations, et dans le cadre indemnisation au gouvernement britannique pour les dépenses de la guerre, Sa Majesté le Roi d'Ava s'engage à payer la somme de un crore de roupies. », c’est-à-dire un million de livres sterling en or et en argent.

 

La Grande-Bretagne ampute une partie du territoire Birman (Assam, Manipur, Arakan et Tenasserim). La Birmanie se voit contrainte d’accepter la présence permanente d'un ambassadeur à la cour d'Ava, Henry Burney.

 

2ème conflit : 1852 - 1855 Annexion de la Basse Birmanie

Prétexte : Avec l'approbation tacite du souverain, le gouverneur de la cité de Rangoun, du nom de Maung Ok, se livre à un véritable racket au préjudice des commerçants et résidents britanniques séjournant dans « sa » ville. À l'été 1851, il tenta de soutirer de l'argent aux capitaines de deux navires anglais en les accusant de meurtre. Les plaintes des deux marins auprès de Lord Dalhousie, le Gouverneur-général des Indes à cette époque, décidèrent celui-ci à agir de manière prompte et énergique, sans toutefois envisager d'emblée la manière forte. Mais le zèle intransigeant de son délégué sera à l'origine de la deuxième guerre anglo-birmane.

En trois mois, Rangoun (14 avril 1852) et les trois villes de Basse Birmanie sont reprises.

Cette deuxième guerre permet surtout à la Grande-Bretagne, qui convoite les ressources naturelles du pays et souhaite ouvrir une voie vers Singapour, d’annexer (en 1853) la province de Pegou en basse-Birmanie. Les britanniques décident unilatéralement d’arrêter les combats sans qu’aucun traité ne soit signé.

A la suite de ces défaites aura lieu une révolution mettant au pouvoir le demi-frère du souverain qui tente de résister aux britanniques et établit une nouvelle capitale à Mandalay.

 

3ème conflit 1885 : Incorporation de la Birmanie à l'Empire britannique

Le conflit est provoqué par les britanniques désireux d’annexer la totalité de la Birmanie.

La guerre ne dura que quelques semaines, du 22 octobre au 28 novembre, et se conclut par la fin de la dynastie Konbaung (abolition de la monarchie) et l'annexion de la Birmanie, annoncée au Parlement britannique le 1er janvier 1886 par Sir Randolph Churchill au titre de «cadeau de Nouvel-an » à la Reine Victoria. Afin de mieux le contrôler, le pays est divisé en deux. D'une part la plaine centrale où sont concentrées les Birmans, d'autre part les provinces périphériques où vivent les minorités ethniques.

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1878 : Thibaw (Ti Bo), 11e roi de la dynastie Konbaung et dernier roi de Birmanie accède au pouvoir à 16 ans.

Étant le plus jeune des prétendants au trône, il avait peu de chance d’y parvenir sauf à s’en débarrasser, ce qu’il fit. Selon ses propres termes « Il purge le royaume conformément aux traditions ». Le problème est qu’étant assez éloigné dans le rang protocolaire, il doit éliminer 83 membres de sa famille.

Afin que le sang royal ne coule pas, ils sont battus à mort dans des sacs en velours rouge1 durant un interminable massacre de deux jours par ses gardes. Il fallut ensuite enterrer les cadavres dans la cour royale mais les gaz émis par les corps soulevant le sol, il fallut ensuite faire passer des éléphants pour l’aplanir. Le protocole, assez sévère mais confidentiel jusque-là fut cette fois ci largement diffusé en Angleterre et Thibaw sévèrement jugé.

Le prétexte pour intervenir était tout trouvé pour les Anglais.

 Le court règne du roi Thibaw s’achèvera donc par l’exil vers l’Inde fin 1885 lors la prise de pouvoir des Britanniques à l’issue de la dernière et courte guerre Anglo-Birmane

29 novembre 1885 : La Birmanie devient une dépendance britannique.

 1er janvier 1886 : La Birmanie est rattachée à l’Inde Britannique (le Raj )

 

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1. Birmanie - 849 - 1287 : premier royaume birman , le Royaume de Pagan

849 : Pagan premier royaume birman

En 849 (ou 874) Pagan (actuellement Bagan)1, fondée en 108, devient la capitale du premier royaume birman et se fortifie. Pagan, constituée par la réunion de 19 villages est une ville située dans la région de Mandalay.

Le royaume ensuite s’étend vers la région de l’ethnie Môn, le roi pagan Anawrahta prenant la ville de Tathon , leur capitale en 1057, unifiant la Birmanie

 

 

 

1044 - 1077 Règne de Anawrahta

 

Anawrahta se convertit au bouddhisme theravada.

Le royaume est ensuite dirigé successivement par Kyanzittha (1084 à 1112) , constructeur de la plupart des édifices religieux de Pagan, et Alaungsithu (règne de 1112 à 1167) qui unifient le pays. L’Asie du Sud-Est continentale est alors dominée par deux royaumes : Le royaume de Pagan et l’empire khmer.

1ou Arimaddanapura "cité destructrice de l'ennemi "selon Larousse en ligne


1113 – 1211 : Règnes de Alaungsitthu (1113-1155/60) petit-fils de Kyanzittha. Son fils Narathu (1174-1211) l’assassine puis lui succède. La culture birmane se développe, la langue birmane aussi, remplaçant le pali, le sanskrit et le môn. Le royaume décline ensuite du fait de conflits aux frontières et du train de vie ruineux des monarques.

 

1277-1287 : Chute de Pagan

 

Le dernier roi de Pagan, Narathihapati (1254-1287) attaque les Mongols dans le Yunnan. Ces derniers exigeaient du roi allégance et le versement d’un tribut. Narathihapati s’y refuse, assassinant même les envoyés de l’empereur Kubilai Kahn1. Mais ces derniers l’écrasent à la bataille de Ngasaunggyan, se retirent puis reviennent le chasser définitivement en 1283.

 

Narathihapati sera surnommé Tayokpyaymin, littéralement « le roi qui fuit devant les Chinois » et finira assassiné par son fils en 1287 tandis que son dernier fils Kyôswa, se réfugie chez les Môns. Pagan évacuée est pillée par les soldats mongols de Témur, le petit-fils de Kubilai Khan et la contrée est à nouveau divisée.

 

Après un bref retour de Kyôswa à Pagan, Son fils Sô Hnit reprend le trône appuyé par les Shan qui, sous les ordres du prince de Myinsaing, ravagent à nouveau Pagan en 1298 et finalement tuent Kyôswa et tous les habitants chinois de Pagan en 1299. Les Mongols assiègent Myinsaing suite à l’appel de Sô Hnit en 1301 puis quittent définitivement la Birmanie en 1303. Le royaume de Pagan n’existe plus.

 

À la chute de Pagan, la Birmanie est à nouveau divisée

 

1Kubilai Khan, empereur de Chine de 1279 à 1294 est le petit-fils de Gengis Khan (qui a conquis Pékin en 1215), fondateur de la dynastie Yuan. Lors de son voyage, Marco Polo résidera plusieurs années à sa cour. Il décrit d’ailleurs la bataille de Ngasaunggyan.

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