1942 : Invasion de la Birmanie par les Japonais

 

La BIA revient en Birmanie dans les bagages des Japonais. Ceux-ci mènent leur campagne sans opposition réelle des Britanniques qui n’étaient pas préparés à faire la guerre en Birmanie. Mais l’euphorie des camarades est de courte durée. Les japonais n'entendent pas donner l’indépendance aux Birmans, mais simplement conquérir le pays comme ils ont su le faire ailleurs.

 

Aung San fait alors volte-face et prévoit de s’allier aux britanniques.

 

8 mars 1942 : Chute de Rangoun devant les Japonais.

L'armée thaïlandaise occupe l’est du pays. Mandalay tombe le 8 mai.

 

Les Japonais transforment la BIA en armée de défense birmane, comptant environ 3 000 hommes encadrés par des instructeurs militaires japonais.

 

1er mai 1942 : Les Britanniques se replient vers la Chine et l'Inde, abandonnant la Birmanie aux japonais. La campagne est achevée mi-mai.

 

Cependant des incidents locaux, témoins de l'absence de volonté d'accorder une indépendance réelle aux birmans éclatent. Les cadres birmans sont giflés par les Japonais et la police politique japonaise, le Kempetai, est omniprésent. Les japonais contrôlant le pays installent Ba Maw comme Administrateur en Chef de la Birmanie.

 

Un groupe de La jeune résistance de l'Armée se constitue fin 1942 et diffuse des brochures à la tonalité anti-japonaise.

 

Première indépendance sous le contrôle des Japonais

 

1er Août 1943 : Sous le pouvoir japonais, l'indépendance formelle de la Birmanie est proclamée, comme l'avait annoncé l'amiral Tojo à la diète japonaise impériale japonaise le 28 janvier 1943.

L'armée de défense birmane devient l'armée nationale birmane, la BNA. Le Dr Baw Maw devient chef de l'État et premier ministre. Aung San est nommée ministre de la guerre et commandant en chef de l'armée qui compte alors 11 000 hommes.

 

Août 1944 : Aung San prononce un discours pour le premier anniversaire de l'indépendance.

 

« qu'est-ce que la liberté et où est-elle ? La vérité est que la liberté que nous avons en Birmanie aujourd'hui est seulement inscrite sur le papier. Il s'écoulera longtemps avant qu'elle ne devienne une réalité »1 Les Japonais demandèrent évidemment des explications et réclamèrent le texte original du discours, qui ne leur furent jamais remis2.

 

Dès lors Aung San prépare le départ des Japonais.

 

Le 27 mars 1945, l'Armée nationale Birmane se retourne ouvertement contre le gouvernement de l'État de Birmanie, et déclare la guerre aux Japonais.

Rebaptisée Forces patriotiques birmanes, l'Armée nationale contribue aux combats qui aboutirent à chasser les Japonais de Birmanie.

 

Mai 1945 : Aung San propose ses services aux britanniques3 pour chasser les Japonais.

Il le fait alors que la guerre est perdue pour ces derniers. Ce qui n’empêche pas les Birmans de le considérer à 27 ans comme un héros national à l’issue de la guerre en juillet 1945

 

19 juin 1945: Aung San Suu Kyi, fille d’Aung San, naît à Rangoun.

 

1 In Histoire du xxième siecle , l'Asie du Sud-Est, La Birmanie, ed Sirey, Jean Perrin

2 Focus Birmanie – Aung San, http://www.focusBirmanie.org/un-pays-riche-beaucoup-de-pauvres/jusquen-1990/aung-san-un-engagement-pour-lindependance/

3 Il a pris contact fin 1944

 

L’indépendance

 

 

 Dans un « livre blanc » publié le 17 mai 1945, la puissance britannique, soucieuse de faire pendant à la proclamation d’indépendance birmane du 1er août 1943, a rappelé les principes énoncés dès le Scheduled District Act de 1886, soit la distinction entre la Birmanie proprement dite (comprendre ici les circonscriptions peuplées de Bamar) et les régions habitées par les ethnies minoritaires, regroupées sous le vocable de Frontier Areas. Dans le schéma du colonisateur, il revenait à ces dernières de déterminer si et dans quelle mesure elles voulaient être intégrées à une Birmanie indépendante.1

 

1 in Les royinghas…

 

Le 30 septembre 1945, l'armée d'Aung San et les forces armées Karens, Kachin et Chin qui ont combattu sous les ordres des Britanniques fusionnent sous l'autorité de Lord Moutbatten pour créer l'Armée Nationale Birmane.

 

Mars 1946 : Première conférence de Panglong

 

Elle débat du futur des États Shan. Ses invités sont Karens, Kachin, et Chin. Son seul impact en est la création d’une société culturelle birmane, avec U Saw comme secrétaire.

 

Aung San, chef du conseil exécutif de gouvernement, engage des discussions avec des minorités pour discuter de leur statut. Son objectif était l'organisation de la lutte pour l'indépendance et la constitution d'une république birmane unifiée.

 

Janvier 1947 : Accord Aung San - Attlee

L'accord signé le 27 janvier traite des questions touchant les relations futures entre la Grande-Bretagne et la Birmanie et arrête les modalités par lesquelles le peuple de Birmanie peut atteindre son indépendance.

L'accord prévoit un gouvernement intérimaire, des élections générales puis l'élection d'une Assemblée constituante en avril 1947. Les affaires étrangères seront gérées dans la phase transitoire par un haut commissaire nommé par Londres, Sir Reginal Dorman-Smith.

U Saw et Thakin Ba Sein ne signent pas le document.

 

8- 12 Février 1947 : Deuxième conférence de Panglong.

Elle est convoquée par Aung San pour traiter du problème des minorités en Birmanie, sa préoccupation étant l'unification du pays. Les minorités n'ont pas toutes réagit de la même manière à l'occupation du pays par les Japonais. Alors que les Bamars et les Arakanais Boudhistes s'alignaient sur le Japon, les Karens, les Kachin et les musulmans sont restés fidèles aux troupes alliées.

Les accords de Panglong sont conclus entre le gouverneur intérimaire (ex conseil exécutif) et les minorités Karens, Kachin et Chin. Il ouvre la voie à la création de l'Union Birmane (qui sera créée le le 4 janvier 1948) en acceptant «le Principe de la pleine autonomie dans l'administration intérieure des régions frontalières».

Mais le Karen Union Army a boycotté la conférence et prend les armes formellement en 1947, réellement en 1949. c'est le début d’une longue guérilla, dont l'origine se trouve aussi dans le fait que les Karen, initialement très implantés dans l’État-major de la BIA, l'armée de Aung San, ont été totalement évincé ensuite par les officiers Birman et le général Ne Win.

 

Avril 1947: Une commission d'enquête sur les questions frontalières entérine les décisions de Panglong. Cependant les observateurs Karen présents ne sont pas été consultés et les Karenni n'ont pas été convoqués. La commission, dans ses conclusions, recommande l'instauration d'une confédération birmane groupant les États Shan Fédérés, les Collines Kachin et les autres régions des minorités. L'assemblée constituante disposerait de 24 sièges pour les Karens, 45 pour les autres minorités et 186 sièges pour la Birmanie seule soit au total 255 sièges.

 

9 Avril 1947 : Élections. Victoire du parti de Aung San, la ligue antifasciste pour la liberté du peuple (AFPFL) qui remporte 248 sièges, les 7 derniers revenant aux communistes. Les élections sont boycottés par la KNU, l'Union Nationale Karen.

L’AFPFL créée en septembre 1944, est une coalition qui réunit les communistes, les socialistes et l'armée nationale birmane ainsi que de représentants des minorités ethniques.

Aung San prend la tête du Conseil de Gouvernement exécutif.

 

19 juillet 1947: Assassinat d'Aung San

 

Bogyoke Aung San est assassiné au conseil exécutif par un groupe paramilitaire avec six membres de son cabinet, dont son frère aîné, U Ba Win. Un garde du corps et un secrétaire sont aussi assassinés. U Saw sera inculpé, condamné puis pendu le 8 mai 1948. Ses motifs ne sont pas très clairs. Le 19 juillet est célébré depuis comme le  « Jour des martyrs »

 

24 septembre 1947 : Bien que les travaux aient été interrompus suite à l'assassinat de Aung San, la constitution de l'Union de Birmanie est adoptée à l'unanimité des voix.

Le parlement comporte une chambre de 250 députés et une chambre haute de 125 députés, essentiellement originaires des régions minoritaires.

 

Le gouverneur britannique Sir Hubert Rance appelle Thakin Nu (U Nu) au gouvernement. U Nu signe à Londres l'accord Nu-Atlee du 17 octobre 1947 qui accorde l'indépendance à la Birmanie « en tant qu’État pleinement indépendant et souverain ».

L’accord est ratifié par le parlement britannique en décembre.

 

4 janvier 1948: Indépendance de l'Union de la Birmanie

 

Proclamation de l’indépendance de l’Union de la Birmanie. Sao Shwe Thaik est président et U Nu en est le Premier ministre jusqu’en 1962.

 

Les sept États de Birmanie

État Chin, État Kachin, État Karen, État Kayah (ex-Karenni), État Môn, État Rakhine (Arakan), État Shan.

 

 

Les années de trouble

 

Les accords de 1947 et l'indépendance ne font pas l'unanimité. Les minorités ne souhaitent pas passer sous la tutelle d’un État dominé par les Birmans.

Dès avril 1947, le Union Nationale Karen s’arme et se prépare à l’insurrection qu'il engagera le 5 janvier 1948. Les autres minorités lui emboîtent le pas.

L’économie de l’État nouvellement indépendant qui se définit comme socialiste entre en récession.

L’État fédéraliste est confisqué par les Birmans.

En deux ans, le désordre est tel que l’État ne contrôle plus que Rangoun et une partie du delta de l'Irrawady.

À cela s'ajoute une insurrection communiste qui débute le 27 mars 1948.1

Pour que le tableau soit complet, l'AFPLP se scinde en deux, les socialistes créant en 1950 le Burma Workers and peasants party.

U Nu est aux abois et son ministre de la défense, Ne Win prend de plus en plus de pouvoir.2

La situation économique s'enlise malgré une reprise en main militaire en 1951. La production ne décolle pas et la principale source de devise s'assèche suite à l'effondrement du cours du riz.

En 1953, U Nu encourage l'investissement étranger, contraire à l'édification socialiste et l'autonomie dont il rêvait. Mais ceux-ci ne se précipitent pas vers l’État Birman proche de la faillite et qui plus est, toujours instable.

 

En février 1955, il cherche alors à contenir les rebellions toujours actives en leur promettant une future autonomie. Il met en avant le Bouddhisme, plus unificateur que l'ethnie afin de ressouder la fédération quelque peu dispersée. Cette politique réussit, assurant une victoire de l'AFPFL aux élections de 1956.

 

12 Juillet 1956 : U Nu quitte volontairement le pouvoir durant quelques mois du 12 juillet 1956 au 28 février 1957 pour réorganiser l'AFPFL..C’est Ba Swe, numéro deux de l'AFPFL qui fait l’intérim du premier ministre durant cette période.

 

Ce qui n’empêchera pas la scission de l'AFPFL en 1958, Ba Swe s'opposant à U Nu, quitte d'ailleurs le gouvernement avec treize autres ministres et déposent un motion de censure qui sera rejetée.

 

L'AFPLP sera alors divisée entre la faction « stable » de Ba Swe et la faction « propre » de U Nu.

 

1958 : Après cette brève vacance aux affaires, U Nu revenu au pouvoir choisit d'abandonner le socialisme birman. Il décrète que l'AFPFL doit abandonner le marxisme et exerce un pouvoir de plus en plus autoritaire. Il supprime les principautés autonomes de Shan et se rapproche de Ne Win.

 

Le 26 septembre il fait appel à l'armée pour remettre de l'ordre une fois de plus et invite volontairement pour six mois le général Ne Win à prendre la tête d'un gouvernement de transition.

Ne Win est nommé premier ministre par le parlement le 28 octobre 1958.

L'armée réussit à stabiliser le pays et se retire à nouveau le 4 avril 1960, après les élections qui confortent U Nu et la faction « propre » de l'AFPLP. Le même cycle recommence jusqu’à la prise de pouvoir autoritaire de Ne Win deux ans plus tard.

 

Coup d’État de Ne Win

 

2 mars 1962 : Coup d’État sans violence du Général Ne Win3. La constitution de 1948 est suspendue, les chambres dissoutes et la charge de Président de la République est supprimée.

 

 Le premier ministre U Nu est emprisonné dans un camp de l'armée jusqu’au 27 octobre 1966, avant de partir pour l’exil en 1969 où il créera le parti lpour la démocratie parlementaire, la PDP. Il déclare alors que la Birmanie est victime du même genre de fascisme que le général Aung San avait combattu. Il essaye de renverser le nouveau pouvoir à partir de la Thaïlande, sans succès. Ne Win l'amnistie et lui permet de revenir en 1980. Lors du soulèvement de 1988, il constitue un gouvernement intérimaire. Il refuse de le dissoudre comme le demande le Slorc et est assigné à résidence jusqu’en 1992. Il meurt en 1995 à Rangoun

 

Le président Mahn Win Maung est aussi emprisonné, il sera relâché fin 1967.

 Le coup d’État ne fait qu’une victime directe mais des manifestations d’étudiant sont durement réprimées le 7 juillet 1962 faisant 130 morts. Le bâtiment de l’Union des étudiants est même dynamité par l'armée et les universités seront fermées jusqu’en septembre 1964. Ne Win annonce la tonalité à la télévision : « si ces désordres étaient destinés à nous contester, je dois déclarer que nous les combattrons œil pour œil, dent pour dent ». 

 

Le Conseil National Révolutionnaire est créé avec Ne Win à sa tête. Celui-ci instaure un régime autoritaire qui tourne le dos aux investisseurs en définissant une nouvelle « voie birmane vers le socialisme », et prônant l'autarcie. Il créé le BSPP – Burma Socialist Program Party , qui devient parti unique en le 20 mars 1964. Le régime reste opposé malgré ces points de convergence à la Chine communiste.

 

 

Bouts d’armée du Kuomintang en Birmanie

 

Les communistes de Mao prennent le pouvoir en Chine le 1er octobre 1949. Ils sont victorieux du régime nationaliste, le Kuomintang (KMT) de Tchang-Kai Chek qui trouve refuge sur l'île de Formose devenue Taïwan (République de Chine). Le conflit pour la seule période post seconde guerre mondiale a fait environ 5 millions de victimes chez les Chinois.

Une petite partie de l'armée nationaliste, refuse de rendre ses armes et va se chercher un autre destin dans le Nord de la Birmanie. Ils sont environ douze mille. Ils rêvent de reconquérir la Chine et reçoivent du soutien des Américains et de Taïwan. Ils s'installent près de la Thaïlande, dans le triangle d’or et recrutent des soldats issus des minorités ethniques birmanes. Pour se financer, ils lèvent un impôt auprès des locaux Shan qui ont le droit de le payer en opium. La culture traditionnelle locale reçoit donc un vigoureux coup de fouet.

 

D’autre part, la toute nouvelle armée birmane, aux prises avec les Karen près de Rangoun et l’insurrection communiste n’est pas en mesure de contrôler ces troupes.

Un quasi-point aérien est mis en place entre Taïwan et Muang Hsat, la nouvelle base aérienne du KMT en pays Shan. En échange d’opium, les nationalistes reçoivent armes, munitions, médicaments et instructeurs.

 

Répondant aux souhaits des Américains qui bataillent en Corée, ils tentent une incursion en Chine, allié de la Corée du Nord (400 000 Chinois sont engagés dans la guerre de Corée entre 1950 et 1953). Cependant, peu nombreux et non soutenus par la population chinoise qu’ils espéraient soulever contre le pouvoir communiste, ils n’arrivent pas à entrer en Chine. Truman désavoue la politique de Mac Arthur en Corée et le limoge, mais l'opération KMT continue, soutenue par la CIA. Sans résultats.

En Birmanie, les rescapés du KMT s’allient a ceux qui s’opposent au régime, l'armée pour l'indépendance Kachin et l'armée Shan. Ils finissent par contrôler un quart du territoire Shan. La Birmanie s’en plaint et une résolution des Nations-unies demande le retrait des troupes nationalistes à Tchang Kai-tchek..

Suite à cette résolution et à l'action de la Chine communiste qui envoie pour les déloger 20 000 soldats, ce sont 6 000 à 8 000 soldats qui sont rapatriés à Taïwan. Mais une partie d'entre eux, environ 3000 hommes s’installent dès 1953 en Thaïlande, où le général Pao Sryamond, directeur de la police thaïlandaise et homme fort de la CIA, très engagé contre le communisme les accueille. Il favorise fortement le trafic de l’opium. Celui-ci (mais aussi le trafic de Teck et de pierres précieuses ) peut donc continuer, sous l'autorité des généraux du KMT, Li Wen Huan et Tuan Shi Wen, même si à la suite d'un coup d’État raté, Pao Sryamond doit s’exiler vers la Suisse en 1957.4

 Le 3ème régiment s'installe à Tham Ngob. Le 5ème régiment s'installe à Mae Sa long. Le gouvernement thaïlandais exige d'eux qu’ils participent à sa lutte contre le communisme. Ils deviennent alors « les forces chinoises irrégulières » de Thaïlande.

Les généraux Li et Tuan montent des raffineries en pays Shan et font venir des chimistes spécialisés de Hong-Kong. Ils perdent tout activité purement militaire et l'activité est finalement reprise par le KKY, milice Shan aux mains de Rangoun, créée pour lutter contre les communistes et les nationalistes.

 Le 10 mars 1967, interviewé par un journaliste anglais du Weekend Télégraph (Londres), le général Tuan Shi-Wen assume clairement son activité. Il déclare : « Nous devons continuer à lutter contre ce satané communisme. Pour nous battre, nous avons besoin d'une armée, et une armée doit avoir des armes, et pour acheter des armes il vous faut de l'argent. Dans ces montagnes, la seule monnaie d’échange, c’est l’opium. »

 En 1972, le KKY est dissous, les généraux Li et Tuan vieillissant passent la main et le trafic tombe entre les mains de Lo Hsing Han et Kun Sa, deux de ses leaders, futurs seigneur de guerre et de la drogue.

Jusqu’à leur reconversion dans les années 1990 en planteurs de thé, les nationalistes chinois se financent par l’opium.

 Leur village, Mae Sa Long (devenu Santikhiri) se visite maintenant comme un paisible village chinois de la frontière thaïlandaise. Le trafic existe toujours mais changé de nature. C’est la méthamphétamine qui circule dorénavant entre Birmanie et Thaïlande.

 

1 La Birmanie a pourtant reconnu la Chine Populaire dès le 18 décembre 1949.

2La Birmanie post-coloniale, 1942-1992, Peninsule n°24/25,1992, Jacques Nepote

3Son nom signifie « soleil resplendissant »..

4D 'après Martial Dassé in revue Culture&Conflits 03 Automne 1991 : les réseaux de la drogue dans le triangle d'Or

 

 

Comments powered by CComment