Discours1 du secrétaire général du Hezbollah en 2006 après la "victoire" contre «Israël»

 

Bismillah al Rahmane al Rahim, je vous salue, vous le peuple le plus noble et le plus pur. Je rends grâce à Dieu dont la promesse a été tenue. Il nous a aidés et aidé le Liban contre son ennemi. Rendons grâce à Dieu qui nous a donné la détermination, qui nous a chargés de la mission et qui nous a aidés. Rendons grâce à Dieu qui a toujours été fidèle à Lui-même, Dieu qui nous a appuyés et nous a donnés la grâce.

Chers frères et sœurs, je m’adresse à vous tous. En ce 22 septembre 2006, vous étonnez de nouveau le monde et vous confirmez à juste titre que vous êtes un grand peuple, un peuple fidèle, courageux et noble. Cela fait quelques jours que certains mènent campagne contre ce rassemblement, tout comme ils menaient une guerre psychologique sur la résistance. Ils ont dit que cette place sera bombardée et que cette tribune sera détruite pour effrayer les gens et les empêcher de venir. Aujourd’hui, par votre présence à cette cérémonie en guise de couronnement de la victoire, vous montrez que vous êtes plus courageux que le 12 juillet et plus courageux que le 14 août. Certes, le fait que je me trouve là parmi vous est un danger pour vous et pour moi. Il y avait d’ailleurs d’autres options, nous avons discuté jusqu’à il y a une demie heure. Mais mon cœur, ma raison et mon esprits me dictaient de venir vous parler en personne, non à travers un grand écran ou de loin. On peut imaginer le pire, c’est-à-dire que l’ennemi fasse une faute ou accomplisse un crime. Mais cet ennemi sait qui nous sommes. Nous sommes les fils de cet imam qui a dit : Me menacez-vous de la mort ? Ne savez-vous pas que la mort est pour nous une habitude et le martyre notre dignité ?

 

Bienvenue à vous tous, du Sud combattant et résistant à la Békaa solide et déterminée, au Nord loyal, au Mont-Liban fidèle, à Beyrouth capitale de l’arabité et jusqu’à la banlieue sud de la dignité. Bienvenue à vous tous, que vous veniez aussi des camps de réfugiés palestiniens, de Syrie, d’Iran, du Koweit, de Bahrein… Bienvenue à vous tous qui êtes venus partager avec nous ce moment de victoire et de célébration.

Paix à vous et à vos familles, paix à vos martyrs et à leurs familles. Paix à vos blessés et à vos blessures qui continuent de saigner. Paix à vos personnes enlevées, paix à votre sang, à vos larmes, à vos orphelins, à vos veuves, à vos maisons détruites, à vos biens brûlés, à votre esprit, à votre détermination plus solide que les montagnes du Liban.

Nous célébrons aujourd’hui une victoire divine stratégique immense. Comment un cerveau humain peut-il imaginer que quelques milliers de vos fils résistants – si je le voulais je donnerais le chiffre avec précision- ont pu tenir bon pendant 33 jours à ciel ouvert, face à l’armée de l’air la plus puissante du moyen orient, qui, en plus bénéficiait d’un pont aérien qui transportait les bombes intelligentes des Etats-Unis et de Grande Bretagne vers «Israël», face aussi à 40 000 officiers et soldats israéliens appartenant aux troupes d’élites : quatre brigades d’élite et trois unités de réserve, des troupes blindées, bref l’armée la plus puissante de la région ? Comment quelques milliers de combattants ont pu rester debout et combattre dans des circonstances difficiles, alors que leur combat a abouti à faire sortir les navires de guerre israéliens de nos eaux territoriales ? A ce sujet je dois dire que l’armée et la résistance sont en mesure de protéger les eaux territoriales libanaises de toute profanation de l’ennemi israélien et sont aussi en mesure de détruire le fleuron de l’industrie militaire israélienne, les blindés Merkava. Ils sont aussi en mesure de paralyser les hélicoptères de combats israéliens de plein jour et même désormais la nuit et de transformer les troupes d’élite en rats effrayés par vos fils. Regardez pour cela les médias israéliens. Ces quelques milliers ont tenu bon, face à l’abandon du monde et des Arabes, au milieu d’une profonde division  politique- bien que l’élan de solidarité populaire était élevé, et ils ont pu vaincre cette armée. Comment ont-ils pu le faire ? Avec la victoire de Dieu et son aide. L’expérience de cette résistance qui doit s’étendre au monde est basée sur la foi, la confiance, la préparation au sacrifice, morale, physique et spirituelle. Mais en même temps, elle compte sur le cerveau, la raison, la planification, l’entraînement et l’armement. Nous ne sommes pas une résistance désordonnée, virtuelle ou théorique. Nous sommes une résistance pure, croyante, dévouée mais aussi raisonnable, performante, bien entraînée et prête. C’est cela le secret de cette victoire que nous célébrons aujourd’hui.

Chers frères et sœurs, vous êtes venus et cette victoire a besoin d’une attitude courageuse comme la vôtre aujourd’hui. Vous adressez ainsi un message politique et moral fort et de la plus haute importance aux Libanais, aux Arabes et à tout le monde, les amis et les ennemis. Vous avez étonné le monde par votre résistance en tant que peuple du 12 juillet au 14 août, alors qu’ils faisaient des paris sur nos divisions et notre effritement. Vous avez résisté pendant toute cette période, ceux qui ont fui leurs maisons et ceux qui les ont accueillis. Même le 14 août, ils misaient sur le fait la présence des déplacés constituerait une pression sur les habitants  et sur la résistance qui la pousserait à accepter de nouvelles conditions, alors qu’elle n’en avait accepté aucune. Mais là aussi vous avez surpris le monde, lorsque les déplacés sont montés à bord de leurs voitures et de leurs camionnettes, certains ont même été à pied. Et à partir de 8 heures du matin, les rues se sont remplies des convois de ceux qui rentraient chez eux, à partir de la banlieue sud, de la Békaa ou d’ailleurs, la tête haute et la dignité intacte. Vous avez étonné le monde et répondu aux Américains qui disaient hier encore avoir reçu des informations selon lesquelles la popularité de la résistance était en baisse…C’est vous le peuple de la résistance et je dis aux Américains d’envoyer des lettres de protestation à ceux qui vous envoient de fausses informations sur la base desquelles vous échafaudez de mauvais plans.

Nous devons confirmer aujourd’hui que cette guerre était bien celle des Etats-Unis sur le plan de la décision, de la planification, des armes, de la volonté et même dans l’octroi de délais aux sionistes : une semaine, puis deux, puis trois puis quatre…Ce qui a arrêté la guerre c’est l’impuissance des sionistes. Si vous vous rappelez des derniers jours de la guerre, vous verrez  que le plus grand nombre de blindés a été détruit vendredi, samedi et dimanche. Même chose pour les morts parmi les soldats ennemis et pour la destruction des hélicoptères ennemis. Les sionistes ont compris que s’ils continuent un jour encore, ce sera une catastrophe. Les américains sont alors intervenus et ils ont accepté même les brouillons pour que la guerre s’arrête. Ils n’ont donc pas arrêté la guerre  pour le Liban, pour les enfants du Liban ses femmes, sa beauté. Ils ont arrêté la guerre pour Israël et seulement pour cette raison. Mais ils ont voulu nous vendre cette décision au Liban. Alors comme cela, nos amis les Américains ont arrêté la guerre ?  Nos amis les Américains ont refusé les premiers jours d’arrêter la guerre. Ils ont aussi refusé la première semaine, la seconde, la troisième et la quatrième… Ils misaient simplement sur l’élimination du Hezbollah. Ce terme a été utilisé dans les coulisses diplomatiques. Après l’élimination du Hezbollah, ce sera le moment de régler leur compte à tous ses alliés et ses amis dans les rangs nationaux qui veulent une réelle souveraineté et une réelle indépendance. Ce qui a donc arrêté la guerre, après l’intervention divine, ce sont donc vos fils et cette population loyale, courageuse et fidèle qui a appuyé la résistance des frontières aux frontières et qui l’a accueillie dans ses mosquées, ses églises, ses couvents, ses écoles. Ce sont ceux-là qui ont arrêté la guerre. Si donc quelqu’un a le droit de célébrer cette victoire, c’est bien vous qui êtes là aujourd’hui.

Il y a une controverse aujourd’hui sur le fait de savoir si ce qui s’est passé au Liban est une défaite ou une victoire. Je ne veux pas entrer dans cette polémique. Je me contenterai de ceci : celui qui sent que son projet, sa vision et sa ligne  ont gagné célèbre la victoire et celui qui considère qu’il a perdu parle de défaite. Nous autres, nous sentons que nous avons gagné, nous sentons que le Liban  la Palestine et la oumma arabe ont gagné, ainsi que tous ceux qui sont opprimés dans le monde. Cette victoire n’est donc pas celle d’un parti. Je vais répéter ce que j’avais dit à Bint Jbeil le 25 mai 2000. Il ne s’agit pas de la victoire d’un parti ou d’une confession ou encore d’une partie. C’est la victoire du Liban, de sa population et de tout homme libre dans le monde. N’enfermez pas cette grande victoire historique dans des boîtes partisanes ou confessionnelles. Cette victoire est beaucoup trop grande pour être absorbée par nos cerveaux. Les semaines, les mois et les années à venir confirmeront cela. Il me suffit d’énumérer les résultats immédiats : votre résistance a mis en échec tous les objectifs de l’agression. C’est déjà une victoire. Votre résistance a porté un coup dur au projet de Nouveau Moyen Orient évoqué par Condoleeza Rice qui avait dit que la guerre de juillet était les douleurs de l’enfantement de ce Nouveau Moyen Orient… qui a finalement avorté parce qu’il était illégitime. Votre résistance a dévoilé les politiques américaines trompeuses qui parlent de droits de l’homme, de libertés, de démocratie et de respect. Votre résistance a relevé le niveau d’éveil et par conséquent d’hostilité à l’encontre des politiques américaines, au Liban, dans le monde arabe et dans le monde tout entier. A cause de votre résistance, un homme que je qualifierai d’Arabe et encore d’Arabe, Hugo Chavez a pu dire devant les Nations Unies : la résistance au Liban inspire aujourd’hui tous les résistants dans le monde, tous ceux qui aspirent à la liberté dans le monde et tous ceux qui  refusent l’humiliation qu’infligent les Américains au monde. C’est cela notre victoire et le résultat de notre combat. Comme elle avait offert un modèle en 2000, votre résistance a donné la victoire de 2006, une résistance historique, miraculeuse et c’est devenu un modèle pour les Arabes, les musulmans, les dirigeants, les armées et les populations.  Hier, le groupe des Etats Arabes s’est rendu au Conseil de sécurité, quémandant un compromis et la paix. Et moi je leur dis : je ne vous parle pas d’éliminer Israël. Je vous parle du compromis que vous réclamez : comment peut-il être respectable et honorable si vous déclarez vous-mêmes que vous ne vous battrez pas pour le Liban, ni pour Gaza, ni pour la Cisjordanie, ni même pour Jérusalem. Comment comptez-vous obtenir un accord honorable alors que vous répétez chaque jour que vous n’avez pas l’intention d’utiliser l’arme du pétrole et si quelqu’un vous en parle, vous vous moquez de lui.

 

Vous ne voulez pas vous battre, vous ne voulez pas boycotter et vous ne voulez pas utiliser l’arme du pétrole. Vous ne voulez pas laisser les gens descendre dans la rue et vous ne laissez pas la résistance en Palestine s’armer. Vous l’encerclez et vous ne lui donnez pas de l’argent, vous la privez des salaires, vous l’affamez pour faire plaisir à Condoleeza Rice. Comment dans ce cas, comptez-vous obtenir un accord honorable et juste ?  Les Israéliens font-ils cas de vous ? Je vous dis aujourd’hui que les Israéliens respectent la résistance et le peuple du Liban. Mais ils méprisent tous ceux qui quémandent des accords.

Même l’initiative arabe sur laquelle vous vous êtes entendus pendant le sommet de Beyrouth exige de la force, du courage et des hommes. Mais vous ne voulez pas utiliser la force. Vous ne pouvez même plus utiliser l’argument de la faiblesse, le peuple du Liban a fait tomber cet argument aux yeux de tous les peuples du monde et face à toutes les armées arabes et musulmanes. Les peuples et les armées arabes ne sont pas seulement capables de libérer Gaza et la Cisjordanie et Jérusalem est. En toute simplicité, il suffit d’une décision et de volonté et ils pourront reprendre la Palestine de la mer jusqu’au fleuve. Mais le problème c’est quand l’homme se place devant ce choix : entre son peuple et son trône, il choisit son trône et entre Jérusalem et son trône, il choisit son trône, entre la dignité de sa patrie et son trône, il choisit son trône.

La particularité de la résistance au Liban et en Palestine, c’est qu’elles ont choisi la dignité de leur peuple et leur liberté et elles ont offert leurs fils et ceux qu’elles aiment pour aller vers le royaume de Dieu. Votre résistance aujourd’hui a ébranlé Israël et l’image de l’armée invincible, ainsi que celle de l’Etat que nul ne peut faire plier. C’est fini tout cela et ce ne sont pas des slogans que je lance. Pour vous en convaincre il vous suffit de lire et de regarder ce qui se passe chez les sionistes, ce que disent les généraux israéliens. Ehud Olmert a protesté et a demandé pourquoi nous sommes en train de célébrer la victoire. Pourtant le quotidien Yedioth Ahronaut a publié un sondage dans lequel les israéliens doivent nommer la personnalité qu’ils jugent la plus apte à être Premier ministre et Olmert a obtenu 7% des voix. L’héroïque ministre de la Défense a obtenu 1%. Israël est vaincu dans son entité politique et dans son appareil militaire, y compris les services de renseignements. Son image a changé. Plus aucun dirigeant arabe  n’est désormais en mesure de présenter des concessions, sous prétexte  qu’on ne peut rien faire contre Israël.

Un jour, un vieil homme avec une grande expérience avait dit : si chacun de nous verse un seau d’eau sur la Palestine, Israël sera noyé sous les eaux.  Cent, deux cents ou trois cents millions d’individus peuvent vaincre Israël. Quelques milliers de Libanais l’ont fait. L’argument de l’impuissance est donc tombé. Nous devons donc entrer dans une nouvelle ère, celle où nous pouvons dicter nos conditions à l’ennemi, celle où nous retrouvons notre dignité, notre liberté, notre souveraineté et nos symboles sacrés.

En cette journée de la victoire divine, et avant d’évoquer les questions internes,  je voudrais confirmer deux souhaits qui sont comme un testament. Comme je l’avais fait le 12 juillet, je voudrais dire que notre tristesse est aujourd’hui pour la Palestine, pour Gaza, pour Nablus, pour Ramallah, pour Jénine et pour chaque localité palestinienne. Chaque jour des Palestiniens sont tués et frappés dans le silence du monde, le monde arabe avant la communauté internationale. Jusqu’à quand le silence continuera à régner ? jusqu’à quand se poursuivra cette honte ? On ne vous demande pas d’envoyer vos armées en Palestine, juste d’aider ce peuple, moralement et politiquement, financièrement et en matière d’armes et en Palestine, il y a des chefs, des organisations, des unités, des jeunes, des femmes, des hommes des enfants capables de renouveler le miracle divin que nous venons de vivre.

Le second message est pour l’Irak, que nous Libanais, devons regardez comme un exemple. Si la guerre contre le Liban avait réussi, les Américains auraient voulu étendre ce modèle à l’Irak. Au Liban, nous avons eu des martyrs, de l’armée, de la résistance, des forces armées, de la Défense civile, de la Croix Rouge, des médias, des différents partis et de notre peuple tant aimé. Nous avons eu 1200 martyrs. En Irak, chaque mois, des dizaines de milliers de gens sont tués dans une guerre absurde financée par les Américains et le Mossad. C’est la résistance au Liban qui a protégé ce pays de l’éclatement d’une guerre civile. Certains disent que la résistance pousse le Liban vers la guerre civile. C’est faux. Si Israël avait remporté la victoire c’est alors que la guerre civile aurait éclaté. Vous auriez alors entendu parler de fédération, de cantons, de partition. Vous auriez entendu l’hébreu. Nous devons nous arrêter devant le modèle irakien et notre message au peuple irakien est de résister, de patienter, d’être sage, de maintenir le contact entre ses différentes composantes et de ne pas tomber dans la discorde et le pari sur l’ennemi.

Notre message au Liban est que notre sauvetage à tous, notre espoir et notre souhait est dans l’édification d’un Etat fort et capable, juste et propre. C’est notre espoir. En principe cela devrait faire l’unanimité chez les Libanais. Au nom du sang de nos martyrs, nous disons par anticipation : tout propos sur la partition du Liban est d’origine israélienne. Même chose pour tout ce qui évoque la fédération, ou les cantons. Notre sort, notre destin, notre volonté et notre décision au Liban sont de vivre ensemble dans un Etat unique, fort et juste. C’est cet Etat qui protège le Liban des ambitions israéliennes, qui traite les questions quotidiennes, préserve chaque goutte d’eau du Wazzani et du Hasbani, qui protège les citoyens, par la force, la loi, la raison, l’unité et la volonté nationale. Les larmes ne protègent personne. Nous voulons cet Etat fort, indépendant, équitable, qui refuse toute tutelle et toute hégémonie étrangère, un Etat digne qui rejette les conditions humiliantes, où il n’y a pas de place pour le vol, le gaspillage et le pillage. C’est de cet Etat que nous avons besoin.

C’est cela le moyen naturel de régler la question de la résistance. Dans ce contexte, il y a ceux dont les cœurs brûlent à cause de la volonté de régler la question des armes de la résistance.  A ceux-là, je dis : ne traitons pas les résultats, mais les causes. La résistance est le résultat de l’occupation, de la détention des prisonniers chez l’ennemi, du vol de notre eau, des menaces israéliennes et des violations de la souveraineté libanaise. Ce sont celles-là les causes qui ont donné naissance à la résistance. Traitez-les et les résultats seront facilement réglés. Lorsque nous bâtirons un Etat fort, juste qui protège le Liban et les Libanais, nous trouverons une solution honorable pour la question de la résistance et de ses armes. Je voudrais que les Libanais entendent clairement ce que je vais dire : Nous ne disons pas que les armes de la résistance devront rester éternellement. Ce n’est pas logique qu’elles restent indéfiniment. IL faudra bien un jour mettre fin à la présence de ces armes. La façon naturelle de régler cette question est de traiter les causes qui l’ont créée. Construisons ensemble un Etat fort et juste qui protège la patrie et les citoyens, leurs biens et leur dignité et on verra alors que la question de la résistance n’exige pas une conférence de dialogue. Mais il n’est pas possible de permettre à l’Israéliens d’avancer vers Chebaa, d’avancer vers Khiam, Marouahine et Dhaïra et lui permettre de voler l’eau du Wazzani au lieu de la préserver. Ce n’est pas comme cela que l’on protège la patrie.

C’est pourquoi je dis que parler de déposer les armes de la résistance à l’ombre de l’Etat actuel et du régime actuel, c’est garder le Liban à découvert face à Israël qui pourra tuer les personnes de son choix, bombarder quand il le souhaite, violer notre terre et voler notre eau. En toute clarté, une telle situation est inacceptable. Nous ne nous sommes pas battus à partir de 1982 et nous n’avons pas passé ces 26 dernières années à nous battre, perdant la fleur de nos jeunes et de nos années pour en arriver là. C’est absurde. La solution logique est donc d’édifier un Etat fort qui inspire confiance aux citoyens et qui peut les protéger.

 

Face à ces figures illuminées qui viennent de tous les coins du Liban et qui appartiennent à toutes les communautés et à toutes les confessions, je voudrais dire ceci : croire que l’on peut mettre fin à la résistance par les menaces, les pressions et l’isolement est illusoire. Croire que l’on peut en finir avec la résistance en l’entraînant dans une discorde avec l’armée est aussi illusoire. L’armée et la résistance sont deux frères qui s’aiment et que nul ne peut séparer. Ceux qui croient qu’on peut briser la résistance par le biais d’une nouvelle guerre israélienne doivent réécouter ce que disent les Israéliens eux-mêmes : Tsipi Livni, Moshé Arens notamment : nous pensions pouvoir défaire le Hezbollah mais nous avons découvert qu’aucune armée dans le monde ne peut défaire cette organisation. J’ajoute : aucune armée dans le monde ne peut nous ôter nos armes, tant que ce peuple loyal et aimant nous appuie. Je ne brandis pas la menace des armes. Je mise sur ce peuple qui appuie la résistance. Je mise sur cette femme âgée qui devant sa maison en ruines a lancé : ma maison, ma vie, tout est dédié à la résistance et à ses armes. Certains ont même dit ; si le sayed dépose les armes, il sera un traître et moi je leur réponds : je vous promets, peuple noble et loyal que je n’aspire pas à finir ma vie dans la trahison mais dans le martyre.

Tous ces paris sont donc perdants, car, au Liban, il y a un peuple et une résistance qui refusent l’occupation, l’humiliation, l’insulte et l’oppression. Ce peuple et cette résistance sont prêts à se sacrifier et à sacrifier leurs fils et ceux qui leurs sont chers pour la patrie. Le Liban, dans la région aujourd’hui, est grand grâce à vous. Je le dis sans exagérer. On tient compte de lui , l’Occident le fait et Israël aussi. Le monde opprimé le regarde avec respect et fierté.

Pour que nul ne s’inquiète, je le répète, nous ne voulons pas conserver nos armes éternellement. Je le répète aussi, comme je l’avais dit il y a 25 ans, ces armes ne sont pas destinées à l’intérieur du pays et elles ne seront pas utilisées à l’intérieur. il ne s’agit pas d’armes chiites, mais libanaises. Ce ne sont pas les armes du chiite, du sunnite,, du druze, du chrétien ou du musulman. Ce sont les armes de tous les Libanais qui veulent protéger le Liban, sa souveraineté et son indépendance. Je vous promets que l’identité de ces armes restera la même. C’est une promesse  que je fais à Dieu, à la oumma et aux martyrs. L’introduction au retrait de ces armes est donc la construction d’un Etat  juste et fort, résistant, noble et propre. C’est peut-être un trop grand objectif. Pour ne pas rester dans la théorie, je dirais que nous ne sommes pas là aujourd’hui pour dire qui a réussi et qui a échoué à l’examen. Quels que soient nos conflits et quelles que soient nos rivalités et aussi difficiles que soit notre situation, nous sommes aujourd’hui  dans une véritable impasse. Nul ne peut prétendre constituer une majorité et ignorer les autres, en se disant que tout va bien.

Il y a donc une véritable impasse au Liban, aujourd’hui, surtout après la guerre. Il y a une division nationale, qui n’est pas confessionnelle. Il ne s’agit pas d’un conflit entre les sunnites et les chiites, les musulmans et les chrétiens ou entre les druzes, les chrétiens, les sunnites et les chiites. Pas du tout. Il y a donc une division politique nationale. Il y a des choix stratégiques sur lesquels des parties chiites, sunnites, druzes et chrétiennes sont d’accord et d’autres sur lesquels des parties chiites, sunnites, chrétiennes et druzes sont d’accord aussi.Lorsque des chiites ont fait des déclarations qui ne vont pas dans le sens des choix du Hezbollah et du mouvement Amal, certains ont cru que cela allait nous attrister. Mais au contraire, nous étions heureux car ces déclarations montrent que le conflit n’est pas confessionnel, mais politique.

Regardez comment ils font de faux calculs. Ils croient nous faire du tort, mais au contraire, ils nous rendent service. Nous nous trouvons face à une division politique. En ce rassemblement de la victoire, je vous appelle donc à ne pas laisser ceux qui le souhaitent transformer le conflit politique en conflit confessionnel. Il ne faut pas utiliser les fibres confessionnelles pour défendre des choix politiques. Ce serait jouer avec le feu et détruire le pays. Oui, nous sommes divisés sur les choix politiques, nous nous disputons, nous dialoguons, nous nous attaquons à travers les médias et parfois nous descendons dans la rue et nous allons vers des élections, selon les procédés démocratiques légitimes. Je voudrais confirmer cela aujourd’hui. Tant qu’il y a une division politique, il y a des défis graves à relever. L’équipe actuellement au pouvoir au Liban ne peut continuer à faire comme si de rien n’était. L’issue naturelle est la formation d’un gouvernement d’union nationale. Lorsque je parle d’un gouvernement d’union nationale, cela signifie que je ne veux éliminer ou exclure personne. Comme je l’ai dit le 25 mai dernier, essayons ensemble de protéger le Liban, de construire le Liban, de le fortifier et de l’unifier. En toute franchise, le gouvernement actuel n’est pas capable de protéger le Liban, ni de le reconstruire, ni de l’unifier.

Cela ne signifie pas que nous voulons écarter ou éliminer quelqu’un. Au contraire, nous lançons un appel pour travailler ensemble à la reconstruction du pays, à l’édification d’un Etat juste et fort. Cela commence par la formation d’un gouvernement d’union nationale. Il ne s’agit pas d’un slogan pour la consommation locale, ou pour gagner du temps ou encore pour satisfaire les amis et les alliés. C’est notre projet sérieux pour lequel nous travaillerons sérieusement au cours de la période à venir. La seconde étape sera la construction d’un Etat fort, juste et cela commence par l’adoption d’une loi électorale équitable qui permet à toutes les communautés de se sentir représentées  de façon réaliste et équitable, sans qu’aucune ne se sente lésée. C’est comme cela que nous bâtirons un Etat fort, juste et capable qui nous permettra de résoudre nos problèmes. Nous en arrivons  aux dossiers qui restent. Au sujet des armes de la résistance, il y a un aspect lié à la situation actuelle.

Ils viennent pour faire un blocus maritime. Pourquoi ? Pour protéger le Liban ? Non. La chancelière allemande a elle-même déclaré que la flotte allemande assure un rôle historique dans la protection du droit à l’existence d’Israël. Ils viennent donc par la mer et cherchent  à contrôler le ciel et les frontières. Mais je leur dis, faites tout cela, cela ne changera rien à la détermination de la résistance et cela ne réduira pas ses armes. Nous avons mené une guerre de 33 jours et nous étions prêts à continuer pour une période encore plus longue. Ce que nous avons utilisé pendant cette guerre n’est qu’une partie infime de nos moyens. A Bint Jbeil j’avais dit nous avons plus de 12000 missiles. J’ai ensuite rectifié en précisant que nous avions au moins 12000 missiles. Aujourd’hui, je le dis clairement : vous pouvez imposer un blocus maritime, fermer le ciel et les frontières terrestres, la résistance possède plus de 20 000 missiles. En quelques jours et après avoir mené une guerre féroce, elle a réussi à recosntituer ses unités et sa structure militaire et organisationnelle et elle est aujourd’hui plus forte qu’elle ne l’était le 12 juillet. Car elle a acquis une expérience et une détermination encore plus forte. Aujourd’hui, la résistance est plus forte qu’elle ne l’a jamais été depuis 1982.

Au sujet des détenus en Israël, je vous dis qu’ils vous reviendront tous avec l’aide de Dieu. Au nom de la résistance, je vous l’avais promis le 12 juillet. J’avais dit que le monde entier peut bien intervenir, les otages israéliens ne reviendront chez eux que dans le cadre de négociations directes ou indirectes qui seront suivies d’un échange. Après le 12 juillet, je répète cela : le monde entier est intervenu, il y a eu une guerre d’une rare violence et les otages sont toujours avec nous. Ils ne seront rendus que lorsque ceux que nous réclamons seront libérés. Ce dossier est clair et le monde entier doit se reposer. Il n’y a rien à faire.

Au sujet des fermes de Chebaa et des collines de Kfarchouba, les habitants de ces localités ont eu peur ces derniers jours à cause des nouvelles mesures dans la zone frontalière. Je leur dis clairement : nous n’abandonnerons pas les fermes de Chebaa ni les collines de Kfarchouba. Nous ne renoncerons à aucun pouce du territoire libanais occupé. Dans le cadre des négociations pour mettre un terme à la guerre, il y a eu des discussions sur la libération des fermes de Chebaa, les Américains ont accepté, puis ils se sont rétractés, comme à leur habitude. Ils ont dit : nous ne pouvons pas restituer les fermes de Chebaa au Liban à l’heure actuelle. Pourquoi ? Car ils ne veulent pas donner une victoire au Hezbollah. Je leur dis, donnez cette victoire à qui vous voulez mais rendez les fermes de Chebaa au Liban.

Si la volonté politique sérieuse avait existé et si la résistance politique était complémentaire avec celle sur le terrain, il aurait été possible, dans le sillage de la guerre de reprendre les fermes de Chebaa et les collines de Kfarchouba. Mais je vous affirme que de toute façon, elles sont dans le collimateur de la résistance. Aujourd’hui, l’armée est présente à la frontière, l’armée nationale libanaise  ainsi que les soldats de la Finul dont le nombre a atteint 5000 hommes.  Quand la résistance était sur place, il suffisait à un tracteur israélien d’avancer de quelques mètres pour être la cible d’une attaque. Maintenant, les frontières sont plus ouvertes. Ce n’est certes pas lié à l’armée libanaise qui a le courage et la volonté de s’opposer  à l’occupant. Ses officiers et ses soldats sont nos frères. Cette question relève de la décision politique. Si le gouvernement veut transformer l’armée en force qui enregistre les plaintes et les violations, ce serait injuste et humiliant pour l’armée. L’armée ne l’acceptera pas et le peuple libanais ne l’acceptera pas. L’armée ne sera pas comme la Finul présente depuis 1982 à compter les violations sans réagir. L’armée libanaise a pour mission de défendre la patrie, les citoyens et leurs biens. C’est sur cette base qu’elle a été envoyée au Sud par une décision du gouvernement. Aujourd’hui, la souveraineté de la patrie est violée, des citoyens sont enlevés de temps à autre et sont agressés dans leurs droits. Quelle décision politique prendra le gouvernement ?

Nous avons patienté jusqu’à présent car nous ne voulons pas violer la résolution 1701, qui n’est d’ailleurs pas sacrée. Car nous savons que toute violation, même infime, de notre part soulèvera un vaste tollé contre nous. Depuis la cessation des hostilités, Israël multiplie les violations et les exactions et le monde entier se tait. Mais soyez sûrs que notre patience a des limites. Si l’Etat et le gouvernement n’assumeront pas leurs responsabilités dans la défense de la terre et des citoyens, le peuple libanais assumera la sienne comme il l’a fait en 1982.

Aux sionistes, je dis, si quelqu’un vous a donné des garanties sécuritaires, je l’ignore. Si on vous a donné des garanties sécuritaires sous la table ou au-dessus d’elle, nous ne sommes pas concernés, ni la résistance ni le peuple libanais ne sont concernés. Nous devons donc mobiliser notre volonté nationale et nous tenir derrière l’armée, pour qu’elle soit forte et bien équipée et qu’elle soit en mesure de remplir sa mission de protection du peuple, de la patrie et des biens des citoyens.

Au sujet de la Finul, nous avons accueilli les casques bleus avec bienveillance car leur mission est de soutenir l’armée libanaise. Leur mission n’est donc pas d’espionner le Hezbollah ou de retirer les armes de la résistance. C’est ce qu’a dit le secrétaire général de l’ONU M.Kofi Annan et plusieurs responsables internationaux. Jusqu’à présent je n’ai pas entendu un seul pays participant à la Finul dire qu’il envoie ses soldats  pour défendre le Liban et les Libanais. Ils parlent de protéger Israël. Les soldats de la Finul sont donc les bienvenus tant qu’ils respectent la mission qui leur a été confiée. Je voudrais d’ailleurs alerter les responsables des casques bleus car j’ai entendu dire qu’il y aurait un projet d’entraîner la FINUL dans une confrontation avec la résistance. J’ai entendu dire que la présence de la Finul pourrait rééquilibrer les forces internes en défaveur de la résistance. Ce serait une option dangereuse. Les casques bleus sont venus dans le cadre d’une mission précise, celle de soutenir l’armée libanaise. Ils doivent s’y conformer et ne pas intervenir dans les affaires internes libanaises.

Au sujet des polémiques politiques, je voudrais dire que nous ne souhaitons pas entre dans une polémique politique avec qui que ce soit. Pendant la guerre, nous avons entendu beaucoup de propos désobligeants. Nous nous sommes tus et nous avons patienté. Les polémiques se sont poursuivies après la fin de la guerre. Nous avons été attaqués dans les médias et sur le plan politique. Mais dans les derniers communiqués, les choses sont devenues inacceptables, même pour les Prophètes, ce que nous ne sommes pas.

Que les critiques viennent d’une personne ou deux ou même trois passe encore. Mais que de nombreuses personnalités se réunissent au Bristol pour dire que la guerre au Liban est une guerre pour le compte de l’Iran, pour favoriser le dossier nucléaire iranien et pour saboter le TSL, cela dépasse l’entendement. Nous sommes fiers de notre relation avec la République islamique d’Iran dirigée par l’imam Khomeiny. Nous sommes aussi fiers de notre relation avec la Syrie, commandement et peuple. Mais nous sommes des gens indépendants et libres. Notre décision est souveraine et notre passé le prouve bien plus que le leur. Cette guerre a été menée par Israël et les Etats-Unis et Condoleeza Rice a parlé de douleurs de l’enfantement du Nouveau Moyen Orient. Olmert et d’autres dirigeants israéliens ont déclaré qu’ils voulaient à travers cette guerre briser le Hezbollah et malgré cela, on nous accuse de l’avoir menée pour le compte des Iraniens ou pour saboter le TSL ! Ces propos sont une honte. Certains me disent : « sayed, n’entrez pas dans cette polémique ». Je les remercie pour leur souci de me protéger et pour leur respect à mon turban de dignitaire religieux, mais je leur dis, si j’ai de la dignité et si je suscite le respect c’est à cause de la résistance et du sang de ses martyrs. J’appelle donc à cesser les polémiques et à renoncer aux affirmations ridicules, qui font mal mais n’ont aucun lien avec la réalité. Gardons donc le débat dans les limites de la rivalité politique logique. En définitive, notre sort est le même et nous devons au final édifier le Liban ensemble. Mais je ne me tairai pas sur les insultes adressées à la résistance et à son peuple. Il y a quelques jours, un pilier du 14 Mars a dit que le peuple de la résistance ne réfléchit pas. Etes-vous réellement dépourvus de raison et ne réfléchissez-vous pas ? Personnellement, je respecte leur public et leurs partisans, mais je n’accepte pas que le peuple de la résistance soit insulté de la sorte. Cette personnalité doit présenter ses excuses. Nous ne sommes pas un parti totalitaire, ni un groupe ou une organisation totalitaire. Mon père n’était pas un bey, mon grand père non plus et mon fils ne le sera pas. Nous voulons des hommes politiques qui nous sortent de la division actuelle. Nous sommes engagés dans l’édification de l’Etat et notre projet est celui-là. Nous avons notre dignité et nous n’acceptons pas qu’elle soit bafouée. Nous n’acceptons pas d’être humiliés par ceux qui affirment vouloir reconstruire nos maisons, qui ont justement été détruites pour préserver notre dignité. Que personne ne croit pouvoir se gausser de nous en bafouant notre dignité. Nous avons donné du sang et des martyrs pour elle et nous sommes prêts à le refaire. C’est pourquoi je lance donc un appel au calme, à la raison. Nous sommes à la veille du mois du Ramadan que Dieu fasse qu’il soit bon pour tous et qu’il soit une occasion pour revenir à soi, pour réfléchir, pour étudier les réalités telles qu’elles sont. Ne faites donc pas de faux calculs et ne bâtissez pas votre vision sur des données fausses.  

Source : French.alahednews

 

Discours2 du sayed Nasrallah à l’occasion de la grande victoire divine de 2006

 

Au nom de Dieu

Je vous souhaite à tous la bienvenue, dans ce rassemblement qui est celui de votre victoire, elle aussi le résultat de votre résistance, de vos efforts et de votre détermination. Je bénis donc cette grande occasion.

Cette année, cette célébration intervient quelques jours après la fête de l’Adha et peu après celle d’Al Ghadir, entre la fête du sacrifice et de la loyauté et celle de la wilaya. Pour ces occasions, nous avons beaucoup de choses à dire. Bien entendu, nous aurons dans quelques jours, une autre commémoration, une autre fête et une autre victoire. Le 25 août, nous célébrerons dans la Békaa, et plus précisément dans la localité Al Aïn, la fête de la Seconde libération. Je vais donc partager entre eux ce que j’ai à dire, laissant au discours d’Al Aïn certains sujets. Je vais donc parler de l’occasion en elle-même, avant d’aborder la situation régionale et de conclure par la situation interne.

Mais dans l’introduction, je voudrais évoquer un point très important. Au cours des derniers jours, il y avait des congés, ceux de la fête et d’autres. La plupart des gens se sont rendus dans les régions pour y passer les jours de congé. Je vais ici parler un peu du Sud, de ses habitants et de ses villages. Même les localités frontalières étaient pleines de monde, les habitants et ceux qui sont venus les rejoindre. Tous ont vécu ces quelques jours dans la sérénité, la confiance et la sécurité. Ceux qui sont restés à Beyrouth peuvent témoigner du nombre de gens qui sont partis vers les régions rurales et vers les localités du Sud en particulier. Ceux qui sont venus passer les congés au Sud ont pu profiter de la tranquillité, sans la moindre peur ou angoisse. Ils ont aussi vu dans l’ensemble du Sud, un grand boom dans la construction des maisons, qu’elles soient de simples logis ou des villas. Il y a même de nouveaux centres touristiques, des projets économiques. Tout cela avec l’argent des gens, leurs efforts, la sueur de leurs fronts, les fonds envoyés par les émigrés que les Américains et les Israéliens poursuivent sans relâche dans tous les coins de la planète, car ils constituent un des éléments de force de ce pays.

Quand nous regardons ce boom immobilier, nous comprenons qu’il s’agit d’un signe de confiance. Les gens n’ont pas peur d’investir, de construire des maisons et de venir y passer des congés dans ces régions toutes proches de la frontière. Ils viennent nombreux, confiants dans la capacité à affronter l’ennemi et surtout conscients de l’incapacité de ce dernier à menacer leur sécurité. C’est un des bienfaits de Dieu pour nous et pour vous dans ce pays.

Nous devons prendre conscience de ce bienfait. J’en parle dans tous mes discours. Nous devons l‘évoquer et remercier Dieu pour elle. Mais le remerciement se fait en cherchant à la préserver, à faire en sorte qu’elle dure et qu’elle continue à assurer aux habitants du Sud la tranquillité. Il faut se rappeler que cette tranquillité dans laquelle baignent les habitants du Sud en particulier n’est pas venue par hasard. Elle est le fruit d’efforts, de fatigue et de sacrifices. Certains parlent d’un surplus de force. Mais ce surplus est aussi le fruit d’années de lutte, d’efforts et de sacrifices. Depuis le 14 août 2006, lorsque les habitants du sud sont revenus dans leurs maisons et leurs villages détruits ou endommagés jusqu’à ce 16 août 2019, le Sud bénéficie d’une grande stabilité et de beaucoup de sécurité, mais cette tranquillité et cette sécurité viennent de la force, de la capacité, de la liberté et de la dignité. Nul ne peut venir dire aux habitants du Sud : c’est grâce à moi que vous avez tout cela aujourd’hui, ni les Etats-Unis, ni la communauté internationale, ni le Conseil de sécurité... Ce n’est pas non plus grâce aux résolutions internationales, ni la protection arabe, personne ! Les Libanais ont façonné eux-mêmes leur sécurité dans le pays et au Sud à partir d’une position de force, de dignité et de capacité, dans le cadre de l’équation en or ou en diamant, celle de l’armée, du peuple et de la résistance. Ce sont l’armée libanaise, la population libanaise et la résistance qui ont réalisé tout cela.

Je voudrais aujourd’hui insister sur ce point. J’ai dit que tout cela n’est pas arrivé par hasard ou gratuitement. C’est le fruit d’un effort constant, de chaque instant, avant et aujourd’hui, de la part de l’armée, des forces de sécurité, des services de sécurité officiels qui assurent la protection des frontières et la sécurité intérieure dans les villages et les villes du Sud et de tout le Liban.  Il faut que cela soit apprécié à sa juste valeur, honoré et pris en considération. C’est important de le relever, car les gens lorsqu’ils s’habituent à quelque chose, comme l’air qu’ils respirent, ils n’y font plus attention, jusqu’à ce qu’il se fasse rare et qu’ils sont sur le point d’étouffer. La santé et le sentiment de sécurité font partie des choses auxquelles on s’habitue et dont on ne mesure pas l’importance que lorsqu’on s’apprête à les perdre. C’est pourquoi je dis aujourd’hui que cette tranquillité dans le Sud et dans tout le Liban, il faut la préserver. C’est la responsabilité de l’Etat, de ses responsables, du peuple et des composantes politiques. Ils doivent tous la préserver, ainsi que la résistance. J’en parlerai plus longuement tout à l’heure.  Lorsque nous parlons de la peur de l’ennemi  de sa crainte s’il lance une attaque contre le Liban et de l’équilibre de la dissuasion, cela ne vient pas non plus par hasard, ni avec des discours et des slogans. C’est aussi le fruit d’une action constante, sérieuse, de tous les instants de 1982 à 2000 et après 2000 jusqu’à 2006 et de 2006 jusqu’à aujourd’hui.  Il y a des gens qui veillent, qui surveillent sans relâche, planifient, entraînent, s’arment, développent leurs capacités, leurs moyens et leurs techniques sur tous les plans et dans tous les domaines pour rester prêts. C’est pourquoi, nous comprenons que les Etats-Unis veuillent assécher le financement de cette résistance, car sa présence, dans cette équation en or, est la cause de la dissuasion  de l’ennemi. Ces efforts continus doivent être appréciés. Cela se passe derrière les rideaux, loin des médias et des yeux des gens. Vous en voyez les résultats, vous les sentez et les vivez, tout le temps et chaque instant, depuis ce fameux 14 août 2006 jusqu’à aujourd’hui. Si les gens vivent aujourd’hui dans la tranquillité et la sérénité c’est grâce aux efforts  de ces hommes, de ces moujahidins, de leurs familles, les hommes, les femmes, les parents, les enfants qui subissent les conséquences et le poids de cette responsabilité, de cette vigilance et de cette disponibilité permanente pour continuer à avoir la force et les moyens nécessaires pour préserver cet équilibre de la dissuasion. Nous devons protéger tout cela et remercier Dieu de l’avoir.

Concernant cette occasion, je voudrais évoquer quelques points, certains pour les confirmer et d’autres pour les renouveler.

Le premier point est que nous devons être convaincus, dans notre raison et dans notre subconscient que la guerre qui a été menée contre le Liban en juillet 2006, n’était pas uniquement israélienne. Israël était tout simplement un instrument d’exécution, dans cette guerre. Il s’agissait d’une guerre américaine dans le but de créer un Nouveau Moyen orient. Certains vont protester et se demander comment je dis cela alors que le Premier ministre est à Washington, mais je m’empresse de préciser que cela n’a rien à voir. J’allais le dire s’il n’y était pas. Il s’agissait donc d’une guerre destinée à compléter le projet entamé avec l’invasion de l’Afghanistan puis de l’Irak, dans le but de créer un Nouveau Moyen orient. La décision était américaine, ainsi que le projet, le projet de la guerre et la décision de la lancer. Les Israéliens n’étaient qu’un instrument d’exécution. Sinon, dans les faits, Olmert était un nouveau venu en matière de guerre ainsi que le ministre de la Défense Péretz. Même chose pour le chef d’état-major, Dan Haloutz. En général une nouvelle équipe ne vient pas lancer en quelques mois une guerre d’une telle ampleur.  Je n’innocente pas Israël. Mais tous les documents les mémoires écrits sur cette période montrent que les Israéliens comptaient se contenter d’une récation le premier jour après l’enlèvement des soldats israéliens à la frontière.  Mais c’est la décision américaine  envoyée rapidement a accéléré cette guerre qui devait en principe être déclenchée à la fin de l’été. La décision est donc américaine, ainsi que le projet et l’exécutant était l’Israélien. Pour rappel aussi, le projet de guerre stipulait les étapes suivantes :

1-Eliminer la résistance au Liban

2- Eliminer la résistance en Palestine.

3-Faire chuter le régime du président Bachar el Assad en Syrie car il s’agit d’un régime qui appuie la résistance tout en résistant lui-même.

4- Consolider l’occupation américaine en Irak pour couper la voie à la jeune résistance en train de naître dans ce pays et qui a intégré l’axe de la résistance. Je ne parle bien sûr pas d’Al Qaëda, ni d’Al Nosra, ni de leurs semblables, car ces formations tuaient les Irakiens et ne résistaient pas contre l’occupation américaine.

5-Isoler l’Iran et l’encercler en prélude à sa chute.

Si ce projet avait réussi, il aurait abouti à une hégémonie américaine absolue sur la région. Vous vous souvenez d’ailleurs de certains analystes qui disaient à ce moment, que notre région est en train d’entrer dans «  l’ère américaine qui va durer 200 ans ». Le début de cette ère était donc la guerre de juillet 2006. Il s’agissait donc de prendre pour cible la résistance et les Etats résistants ainsi que tous les mouvements de résistance, après l’occupation de l’Irak et de l’Afghanistan. C’était cela la décision et c’est la guerre qui nous a été imposée et à vous tous au Liban.

Finalement, cette guerre s’est terminée pour une raison unique, qui n’a rien à voir avec les pressions américaines, ni avec les pressions arabes qui, d’ailleurs, n’existaient pas, ni même à cause d’un sursaut de la conscience internationale, suite aux images sur le massacre de Qana et d’autres,  qui ont tué des femmes, des enfants et des personnes âgées dans toutes les régions du pays. Le monde ne s’est donc pas réveillé face à la barbarie. La guerre s’est arrêtée pour une seule raison, c’est que les Américains et les Israéliens ont réalisé qu’elle ne pouvait pas atteindre son objectif. Plus même, ils ont eu peur que le sort se retourne contre le magicien. Je possède des preuves  tirées des médias israéliens et des congrès et autres commissions d’enquête, dont celle de Winograd, qui ont été organisés et formés pour évaluer cette guerre. Toutes ces réunions  et les rapports qui les suivent confirment ce que m’avait  confié un des responsables arabes des négociations au sein du Conseil de sécurité. En résumé, s’il poursuivait la guerre, Israël se dirigeait vers une véritable catastrophe, un drame terrible. Le projet du Nouveau Moyen Orient reposait sur la supériorité d’Israël qui devrait être le pivot de cette région. Mais si la guerre devait aboutir à une catastrophe pour Israël ou même au début de son effondrement, il fallait l’arrêter. Toutes les données montrent que si cette guerre devait se prolonger, elle aboutirait à un tel résultat. Je dois vous confier qu’avec les frères, nous discutions pendant cette période. Certains chefs jihadistes disaient qu’il ne fallait pas conclure un cessez-le feu et qu’il fallait poursuivre le combat pendant quelques semaines encore, parce qu‘il y aurait alors des résultats époustouflants. Mais notre position humaine et morale, ainsi que notre évaluation de la situation des gens et les contacts que nous avons effectués  avec nos partenaires dans la gestion de cette guerre, à leur tête le frère Nabih Berry, nous ont poussés à accepter d’arrêter la guerre, pour notre peuple, nos gens, nos villages, nos femmes etc. Mais croyez-moi, si la guerre s’était poursuivie, elle aurait abouti à une véritable catastrophe pour Israël. Ce témoignage dont je vous ai parlé est celui d’un des responsables arabes qui faisait partie de la délégation arabe qui s’était rendue à New York pendant la guerre. Certes, pendant les premiers jours, les Arabes n’avaient pas réagi. Ils ont attendu deux semaines et ils ont vu que le Liban tenait bon, avec sa résistance. Par conséquent, l’issue de la guerre était incertaine. Ils ont décidé de réagir. Ils se sont rendus à New York au siège de l’ONU. Selon ce témoin que je vous ai cité, John Bolton les attendait à l’entrée. Que personne ne dise que je l’ai dans le collimateur. C’est le témoin qui m’a raconté cela. Bolton les attendait parce qu’il était à cette époque le représentant des Etats-Unis aux Nations Unies.  Bolton lui donne donc l’accolade et lui demande pourquoi ils sont venus à New York. Le responsable arabe répond : pour voir comment mettre fin à la guerre. Bolton répond : Allez donc vous promener. C’est l’été, profitez de New York et ne vous occupez pas de cette guerre qui se terminera par l’élimination du Hezbollah, ou par sa reddition totale et la remise de ses armes. Le responsable arabe a répondu qu’il y avait des responsabilités à assumer et qu’il était en contact avec les dirigeants libanais et qu’il fallait faire des efforts pour faire cesser la guerre. Bolton a rétorqué : faites comme bon vous semble, mais vos efforts n’auront aucun effet. Selon le responsable, deux semaines ont passé et la guerre tirait à sa fin. Nous avions tenu une longue réunion épuisante, au cours de laquelle les Israéliens posaient de lourdes conditions face aux Libanais. A ce moment-là, la délégation arabe était en contact permanent par téléphone avec le frère Nabih Berry qui avait à ses côtés, Hajj Hussein Khalil et d’autres frères.  Il y avait donc des discussions au sujet des conditions posées par les Israéliens qui devenaient de plus en plus exigeants et fermes. Le responsable raconte : lorsque je suis rentré à l’ambassade de mon pays pour me reposer, il était près de minuit. Le représentant israélien est venu me voir en me disant qu’il voulait me parler de toute urgence. J’étais étonné car l’heure était avancée, mais je l’ai accueilli. Il m’a dit : on m’a contacté aujourd’hui de Tel Aviv pour me dire que la guerre doit s’arrêter à tout prix. J’ai demandé : pourquoi ? Que se passe-t-il ? Il m’a dit qu’il n’en savait rien.

Le responsable raconte qu’il s’est rendu immédiatement ( il était plus de minuit) avec les membres de la délégation arabe au siège de l’ONU où cette fois-ci Bolton les attendait, comme la première fois. Il lui a aussi donné l’accolade et il l’a entraîné à l’écart pour lui dire : il faut tout faire pour arrêter rapidement cette guerre. Le responsable arabe lui a demandé: pourquoi ? Vous avez éliminé le Hezbollah ? Certes, le responsable connaissait la réponse, car il était en contact permanent avec le Liban. Mais il a insisté : Le Hezbollah s’est-il rendu ? Bolton a répondu : Non, mais les Israéliens  ne sont plus en mesure de poursuivre la guerre. Selon leurs estimations  sécuritaires, militaires et internes, si la guerre se poursuit, ils se dirigent vers une grande catastrophe. Ils ont donc renoncé à plusieurs conditions qu’ils avaient posées au début des négociations. Je ne vais pas rappeler ces conditions pour ne pas prendre trop de temps. Mais la guerre s’est arrêtée parce qu’Israël a échoué et a été incapable d’atteindre l’objectif fixé. Tout cela parce que vous avez été forts, uni, résistants, patients, loyaux, déterminés, nobles, vous tous, hommes, femmes, petits et grands. Vous assumez tous des responsabilités dans cette guerre. Ce qui a arrêté la guerre, c’est la force du Liban, la force de la résistance, la force de l’équation. Que personne dans le monde, ne vienne nous dire qu’il a arrêté cette guerre le 14 août 2016. Nous devons toujours être conscients de cela. ?

3-Ce projet ne serait pas tombé, la guerre ne se serait pas arrêtée et l’ennemi n’aurait pas été vaincu et n’aurait pas reconnu sa défaite sans vous. Ce point complète le précédent sur l’armée, le peuple et la résistance. Que possédions-nous dans cette guerre ? Même sur le plan des moyens matériels, ils n’étaient pas à comparer avec ce que nous possédons aujourd’hui. Même si nous voulons parler en pourcentage, ce qui est déjà imprécis et correct, nous ne pouvons pas mettre des chiffres. Nos moyens, même s’ils étaient importants, ne pouvaient en aucun cas être comparés à ceux de l’armée la plus forte de la région, appuyée par les Américains. Ces derniers lui ont établi un pont aérien pour lui livrer des missiles de haute précision et des missiles lancés par les avions. Notre élément de force, même si vous le connaissez, il est bon de le rappeler pour ce qui nous attend dans l’avenir, c’est votre foi, votre confiance, votre sincérité, votre courage, votre clairvoyance, votre éveil et votre immense aptitude au sacrifice. Voici les familles des martyrs, les blessés, ceux dont les maisons et les échoppes ont été détruites, ceux dont les champs ont brûlé… Qui, autant que vous a une telle disposition au sacrifice ? Qui donne autant que vous ? Qui a autant de patience ? C’est cette expérience qui a jeté les fondements et a constitué la base populaire de la résistance armée sur le terrain, la résistance dans tout ce qu’elle représente et tout ce qu’elle a fait pendant la guerre de juillet, à travers le Hezbollah, Amal et tous les partis résistants qui étaient présents dans toutes leurs factions sur le terrain, jusqu’au commandement politique et jusqu’à la décision politique.

Je ne veux pas parler d’une unité nationale pendant la guerre de juillet. Il n’y en avait pas. Nous ne devons pas nous moquer de nous-mêmes ni des gens. Certes, il y avait une position politique officielle remarquable et avancée, représentée par le président de l’époque Emile Lahoud, notamment lorsqu’il présidait les séances du Conseil des ministres. Il y avait aussi le président de la Chambre Nabih Berry et tous les ministres qui se sont solidarisés avec nous, les députés, les chefs de blocs, des leaders, des chefs politiques, des forces populaires, les gens dans les régions, chrétiens et musulmans dans toute la diversité de leurs courants et de leurs partis, qui ont appuyé, aidé, accueilli et ouvert leurs portes à ceux qui ont quitté leurs maisons et leurs localités, tous ceux-là ont fait qu’il y avait un grand appui. Certes, si nous avions une unité nationale véritable – je ne veux pas ouvrir les dossiers du passé-, nous aurions été en position non seulement de refuser les conditions de l’ennemi, mais aussi de lui imposer les nôtres, sur le plan de la victoire politique. Mais certains ont laissé passer cette occasion. Je ne veux pas en dire plus pour ne pas rouvrir de vieilles blessures, mais il n’y avait pas une homogénéité interne dans la position libanaise. Naturellement, le principal facteur de ce à quoi nous avons abouti dans de telles circonstances, c’est l’aide de Dieu. En fait, seule cette aide du Tout Puissant peut expliquer cette résistance légendaire, cet héroïsme, ce courage et cette détermination. Par exemple, comment expliquer, dans ce petit carré dans lequel nous nous trouvons aujourd’hui, la résistance d’une poignée de moujahidins face aux unités, aux brigades blindées, aux chars, aux bombardements aériens et aux canonnades, dans un rapport des forces totalement déséquilibré ? Cette poignée de moujahdins a réussi à semer la panique chez les soldats de l’ennemi. D’où est venue leur foi, cette assurance et cette confiance, si ce n’est de Dieu ? Nous sommes convaincus que ce qui s’est passé pendant la guerre de juillet est un appui divin et une victoire divine. Il n’y a pas d’autre explication.

Aujourd’hui aussi, nous sommes forts et nous espérons que la position nationale face à l’ennemi soit harmonisée. J’ai entendu aujourd’hui une déclaration du président de la République Michel Aoun au sujet de la guerre de juillet- je me souviens aussi de sa position pendant cette guerre et celle de nombreux leaders nationaux, chrétiens et musulmans, mais aujourd’hui, il est à la tête de l’Etat et il dit : si la guerre de juillet devait avoir lieu de nouveau, nous remporterons de nouveau une victoire. Lorsque nous avons une position officielle courageux, stable et fort, nous avons une armée dotée d’une idéologie nationale, prête au sacrifice, et lorsque nous avons un peuple et une résistance, l’ennemi ne peut pas nous vaincre.

4-Ce carré dans lequel nous nous trouvons : Bint Jbeil-Aïnata-Maroun el Rass-Aïtaroun a connu une des plus grandes batailles de la guerre de juillet. Le film diffusé pendant cette cérémonie m’économise de longues explications. La bataille qui s’est déroulée dans ce carré est une étape essentielle dans cette guerre, dans le sens où elle a abouti à son arrêt. Certes, elle n’est pas la seule, mais elle a contribué à faire cesser la guerre. Il y a eu plusieurs étapes qui ont poussé l’ennemi à être convaincu qu’il ne peut plus continuer dans cette guerre et s’il le fait, il se dirige vers une catastrophe. Pourquoi ce carré constitue-t-il une étape importante ? Après l’échec de la guerre aérienne, vous savez qu’ils ont bombardé toute leur banque de cibles. Ils ont même tout détruit et ont recommencé à bombarder les cibles détruites deux et trois fois, parce qu’ils ne savaient plus quoi bombarder. Tous les experts militaires et les généraux disent qu’on ne peut remporter une guerre par le ciel. Il faut donc recourir à la bataille terrestre, sur le terrain. L’ennemi avait les yeux fixés sur Bint Jbeil. Pourquoi ? Parce que c’est une ville, la ville la plus proche de la frontière. Pour eux, c’aurait été un grand push d’occuper une ville. Ils l’auraient utilisé sur le plan psychologique et médiatique et cela aurait rendu plus facile le fait d’occuper d’autres localités et villages. L’ennemi cherchait donc une grande réalisation militaire sur laquelle il aurait basé la suite de la guerre. L’autre raison est ce qui a été repris dans le documentaire qui a été diffusé, lorsque le ministre de la « Défense » ennemi a été interrogé sur cette question, il avait répondu, après avoir été conseillé en ce sens par certains généraux : Je veux aller là où s’est tenu le grand rassemblement de la victoire le 25 mai 2000 pour y prononcer un discours qui serait entendu par tous les Libanais, les Arabes et le monde entier et pour montrer qu’Israël n’est pas une toile d’araignée. Cela fait partie de la guerre psychologique, détruire les symboles, le moral, c’est connu et cela a été écrit, notamment au sujet de cette époque. Le projet de l’ennemi était donc après avoir occupé Bint Jbeil de dresser le drapeau israélien sur le lieu de la cérémonie du 25 mai 2000, de faire un défilé militaire et de prononcer un discours pour dire qu’Israël n’est pas aussi fragile qu’une toile d’araignée.

Que s’est-il passé ? Après avoir échoué à entrer à Bint Jbeil, ils ont essayé d’avancer sur plusieurs axes. C’est pourquoi il y a eu une très grande pression sur ce carré et Aînata, Aïtaroun et Bint Jbeil ont assumé une plus grande responsabilité dans la bataille et la plupart des combattants et des martyrs dans cette bataille étaient de Aïnata.

Les Israéliens sont arrivés avec leurs unités et leurs véhicules , sous une couverture de bombardements aériens intenses pour tenter d’entrer dans ce carré. Il y a eu alors la confrontation historique et héroïque. Nous parlons ici de résistants venus de Aïnata, Aïtaroun, Bint Jbeil et Maroun el Rass ainsi que de tous les villages et localités. Il y a même un martyr de Nabi Chit dans la Békaa qui est tombé ici. Les résistants et les moujahidins ont tenu bon, ont résisté. Il y a eu des combats à quelques mètres de distance, des lancements de grenades, derrière l’arbre et sous le champ en escalier, d’une maison à l’autre, parfois même d’une chambre à l’autre, dans des conditions difficiles et presque impossibles, le tout sous un bombardement aérien intensif et avec de notre côté, des nombres réduits. Malgré cela, la victoire était au rendez-vous. Les moujahidins avaient le cœur tranquille et confiant, alors que les soldats de l’ennemi étaient pris de panique et ils se sont retirés sous le feu, comme ils le reconnaissent eux-mêmes. Cela signifie que la résistance ne leur a pas laissé le choix. Ils sont partis sous le feu. Qu’est-ce que cela signifie ? L’armée le sait parfaitement. C’est pourquoi en partant ils ont commis des massacres , dont l’un à Aïnata qui a fait 18 martyrs dont un grand nombre membres d’une même famille. Pourquoi l’ont-ils fait ? pour couvrir le retrait de leurs soldats et officiers, vaincus et effrayés.

Il s’agissait donc d’une étape importante qui a constitué une base pour la suite. Dans l’autre sens. C’est-à-dire que le sort s’est retourné contre le magicien, dans les deux dimensions. La première, l’armée israélienne voulait offrir une réalisation sur le terrain qui lui servirait pour avancer vers les autres localités. D’ailleurs, la défaite à Bint Jbeil, et dans tout ce carré de la résistance, l’a poussé à désespérer de la possibilité de remporter une victoire sur le terrain. Les Israéliens ont compris qu’avec tous leurs moyens, ses unités d’élite et leur supériorité militaire, ils sont incapables de prendre le contrôle de ce carré, sans parler de l’impossibilité de prendre le contrôle d’une grande ville comme Bint Jbeil. Les Israéliens se sont dits : Ouf, si à Bint Jbeil et Aïta Chaab nous n’avons pas pu entrer, nous avons mis 4 jours pour entrer à Maroun el Rass et nous avons eu de grandes pertes en chars. Nous ne pouvons plus continuer ainsi, notre armée ne peut pas le supporter.

Ensuite, dans la seconde dimension, ils n’ont pas réussi à modifier le statut de « plus fragile que la toile d’araignée » qu’ils voulaient effacer. Au contraire, les moujahidins, les martyrs, les héros, les résistants dans ce carré et sur tous les fronts de la résistance, ont confirmé cette expression. Désormais, elle est tellement incrustée en eux que les Israéliens en parlent encore 13 ans après la guerre de juillet 2006 et elle est présente dans leurs analyses, leurs congrès, leurs recherches et leur inconscient.

C’est donc le résultat obtenu dans la lutte dans ce carré. Elle s’inscrit désormais profondément dans l’inconscient israélien, dans la conscience de ses soldats, de son peuple, de ses officiers, de son gouvernement et de son opinion publique.

Depuis cette date, c’est-à-dire depuis 13 ans ( Je ne vais pas parler de l’avenir), les Israéliens cherchent à réparer les dégâts occasionnés par cette guerre sur son armée terrestre ainsi que sur le moral, la confiance et la foi dans la victoire au sein de son armée. Jusqu’à aujourd’hui, de l’aveu de ses généraux et de ses experts militaires, cette armée reste incapable de façonner des victoires. Cela grâce à la guerre de juillet et bien sûr, à ce qui s’est passé par la suite à Gaza.

C’est une question très profonde. Chaque jour je revois ce que disent les généraux israéliens et chaque jour cela confirme que l’armée de terre israélienne est incapable de mener une opération militaire terrestre de grande envergure en direction du Liban, indépendamment des circonstances différentes. Même contre Gaza, l’ennemi a peur, bien que cette bande soit encerclée de tous les côtés.

De plus, et c’est un élément de force pour ceux qui veulent spéculer sur les possibilités d’une guerre dans l’avenir, avec quoi l’ennemi peut-il lancer une guerre ? L’armée aérienne ? Elle ne peut pas trancher la guerre. La force terrestre ? Elle est incapable. Ce sont eux qui le disent et ils disent même plus que leur force est en train de s’effondrer.

Dans le camp adverse, la résistance a profité de la guerre de juillet, dans le carré de la résistance, mais aussi dans tous les lieux, de Maroun el Rass, à Taybé, à Khiam, nous avons établi un système de défense de nos villages et localités. Nous avons établi un système créatif et nous avons élaboré des plans militaires pour défendre notre terre, nos vallées, nos collines. Depuis cette guerre, nous nous sommes entraînés, nous nous sommes équipés, nous avons dressé des plans, réalisé des manoeuvres au point que je peux aujourd’hui dire clairement à l’ennemi, à ses unités d’élite et à tous ses corps et divisions militaires ; dans toute nouvelle attaque, chaque pouce de territoire, au Sud en particulier, sera comme l’a été ce carré pendant la guerre de 2006. Plus de 500 fois, vos unités seront détruites, vos brigades aussi, vos divisions, vos blindés et cela sous les caméras des télévisions du monde entier. Je vous le promets de nouveau : vous verrez en direct la destruction de vos blindés, de vos unités et de vos brigades s’ils essaient d’entrer au Liban.

5- Quelques résultats avant d’aborder la situation régionale.

Je ne vais pas évoquer tous les résultats, mais me concentrer sur deux.

D’abord, de l’avis de tous ceux qui ont suivi cette guerre et de l’avis de ceux qui l’ont menée, notamment les Israéliens et leur appui les Américains, de l’avis aussi de nombreux responsables arabes, l’objectif était d’éliminer le Hezbollah, en le citant. Or, aujourd’hui, ce Hezbollah qu’ils ont voulu détruire, où en est-il ? En toute simplicité, tout le monde parle d’un surplus de force chez lui et ses alliés.

De plus, beaucoup parlent désormais de sa transformation en une force régionale, ou d’une force ayant son poids dans un axe régional, ce Hezbollah qu’ils ont voulu détruire en 2006. A mon avis, ce qui est plus important que ce que dit le monde, c’est le regard que porte l’ennemi sur nous. Sur la base de ce regard, nous pouvons élaborer des stratégies en faveur du Liban et du conflit dans la région. Aujourd’hui, tous reconnaissent qu’il y a un équilibre dans la dissuasion. Je ne parle pas de quelques uns, mais de tous et si j’avais le temps, je vous aurais lu quelques exemples. Tous reconnaissent qu’il y a désormais qu’il y a un équilibre de la peur ou de la terreur, appelez-le comme vous le voulez. C’est cet équilibre qui a abouti à la stabilité actuelle qui est dans l’intérêt du Liban. Pourquoi ? Parce qu’Israël est toujours l’agresseur. C’est lui toujours qui viole, qui a des ambitions et qui est le terroriste. C’est pourquoi l’équilibre actuel est dans l’intérêt du Liban. Tout le monde reconnaît aujourd’hui l’existence de cet équilibre. Certains généraux israéliens vont même jusqu’à l’appeler un équilibre stratégique entre Israël et le Hezbollah au Liban. Cette expression je l’ai lue il y a quelques semaines. Pourquoi cet équilibre ? Parce qu’Israël craint ce que représente la résistance et le Hezbollah au Liban. Je vais donner un exemple  pour confirmer tout cela. Le 12 juillet, j’ai accordé un entretien à la chaîne Al Manar. J’avais sorti une carte et j’avais montré un rectangle. Il y a quelques jours, les frères m’ont envoyé ce qu’a déclaré un spécialiste sur Israël et qui a tout-à-fait l’air de me plagier. Cet expert s’appelle le général de réserve Michael Hertzog. Il était le responsable du département de la planification stratégique au sein de l’armée israélienne. L’étude qu’on m’a remise a été publiée par le Washington Institute pour les Politiques du proche Orient, qui est un centre d’études et de recherches américain fondé par la commission des relations américano-israélienne ( AIPAC). En parlant d’Israël, cet expert écrit, écoutez-moi bien et vous verrez pourquoi je dis qu’il me plagie, que le projet des missiles de haute précision  pourrait être le plus dangereux, du point de vue israélien dans les plans iraniens en Syrie et au Liban. Car Israël, en dépit de sa puissance militaire, est considéré comme un petit pays, fragile, puisque les centres névralgiques et les principaux points de peuplement  et l’infrastructure militaire nationale principale se trouvent dans une superficie de 20 kms de large et de 80 à 100 kms de long. En même temps, il possède un nombre relativement réduit de missiles de haute précision. Par conséquent, le Hezbollah peut lui faire subir de lourdes pertes dans toute guerre future, en ciblant les centres importants pour la sécurité nationale israélienne et ses capacités à mener efficacement une guerre. La réalité d’Israël fragile et faible a commencé à se faire connaître à partir de la guerre de juillet ? C’est pourtant une réalité géographique et démographique qui existe depuis 1948. Pourquoi en parlons-nous aujourd’hui ? Parce qu’elle est claire. Parce que nous l’avons regardée, étudiée, découverte, expérimentée et touchée. Le responsable du front interne a lui-même déclaré, il y a quelques jours, que le front interne n’est pas prêt pour une guerre. Je dis cela à tous ceux qui font peur aux Libanais avec le spectre d’une guerre. Je reviendrai sur ce sujet. Mais le chef du front interne dit une phrase importante. Il affirme que dans toute prochaine guerre, les limites seront éliminées entre le front interne civil et les fronts militaires. L’ensemble d’Israël deviendra un front unique. Israël devra donc assumer cette responsabilité dans toute agression qu’il lance.

Ces réalisées ont donc été faites grâce à Dieu. Aujourd’hui, dans tous les congrès israéliens depuis le 14 août 2006, la même question est posée : Israël gagnera-t-il la troisième guerre contre le Liban ? Les généraux et les experts, les hommes politiques discutent, échangent des points de vue et ne sont pas sûrs. C’est la première fois qu’il y a en Israël un tel flou, de telles hésitations sur la possibilité de remporter une victoire sur le Liban. Nous parlons du seul Liban et non d’une grande guerre régionale, comme c’est le cas aujourd’hui. Le chef d’état major israélien a réuni ses généraux et les experts en matière de guerre psychologique, il y a quelques mois pour trouver une nouvelle définition de la victoire. Car il sait que selon la définition réelle, Israël ne peut plus en remporter une. Il veut donc établir une nouvelle définition et convaincre ainsi son peuple qu’Israël a gagné. C’est la réalité.

Toujours dans les résultats : à travers la guerre de juillet, ils avaient voulu éliminer toute la résistance dans la région, de la Palestine au Liban, en Syrie, dans la République islamique d’Iran. A cette époque, il n’y avait pas encore la guerre au Yémen. Mais aujourd’hui, il faut compter avec ce pays. Voyons un peu les résultats ? Aujourd’hui, nous avons un front et un axe de la résistance qui s’étend de la Palestine jusqu’au Liban, la Syrie, l’Irak, l’Iran et le Yémen. Cet axe, ou appelez-le comme vous le voulez, a, avec lui, de nombreux peuples arabes et islamiques, celui qui a la voix la plus élevée, le peuple de Bahrein, le peuple tunisien et le peuple algérien ainsi que beaucoup d’autres et des forces politiques vivaces dans la région et le monde. Aujourd’hui, l’axe de la résistance est en train de se renforcer et de grandir. Ils n’ont donc pas pu éliminer la résistance. Au contraire, à Gaza, elle existe. Il y a eu il y a quelques jours, une tentative de prendre un soldat israélien en otage en Cisjordanie. Ce qui constitue un développement important dans l’action résistante. Certes, ils n’ont pas pu l’enlever et ils l’ont tué. Aujourd’hui, il y a eu une tentative d’écraser un soldat. Hier, des jeunes se sont précipités vers un camp militaire avec des couteaux. Vous avez dû voir cela à la télévision. C’est cela la génération de la Palestine. C’est cela la génération future, celle de la résistance. Des jeunes de 14, 15, 16 et 17 ans qui mènent des attaques en Cisjordanie. La résistance continue sans relâche et cela crée un vent de terreur  en Cisjordanie et à l’intérieur de l’entité. Gaza et ce qu’elle représente, ce que nous avons récemment à Jérusalem, la détermination des Palestiniens, ceux qui habitent Jérusalem et les autres, le refus total palestinien du « deal du siècle », tout cela montre que la résistance grandit. Au Liban, c’est aussi clair. La Syrie, elle, a résisté à une guerre universelle et elle se dirige avec détermination vers une victoire définitive. ( J’en parlerai plus au cours du discours dans la Békaa). En Irak, ils ont voulu confirmer l’occupation. Mais grâce à la victoire au Liban et à l’interaction au sein de l’axe de la résistance, une résistance forte, sincère, dure et loyale, a émergé en Irak et elle a contraint l’occupant américain à se retirer de ce pays. Aujourd’hui, ce pays représente un souci et une source d’inquiétude pour les Américains et pour Israël. Le Yémen a montré la résistance et il a accumulé les expériences de force et d’enthousiasme, de patience devenue légendaire et de détermination incroyable. Ce qui est annonciateur d’une défaite proche des agresseurs. Quant à L’Iran, c’est une force régionale puissance, chère et qui a de grandes capacités.

Ils ont voulu éliminer la résistance dans le cadre de la guerre de juillet 2006. Mais après des années, des larmes, du sang, de la loyauté et du dévouement, l’axe de la résistance, il faut le rappeler, est plus solide, plus dévoué et déterminé qu’il ne l’a jamais été.

6-Il faut miser sur la force de cet axe et de ce front, dont nous sommes fiers de faire partie, dans les calculs politiques et stratégiques. Je le dis aux Libanais et à tous les peuples et Etats de la région. Nous n’avons pas honte de le dire et depuis longtemps, notre identité est claire. Il y a toujours des débats au Liban sur ce sujet, parfois il s’agit de propos en l’air juste pour le plaisir de débattre. Nous, nous parlons de réalités sur le terrain et nous parlons d’une essence réelle qui existe à l’extérieur. C’est sur cet axe qu’il faut miser pour empêcher les guerres. Je le dis en particulier à ceux qui nous accusent de vouloir en déclencher. Comment cela ? Au Liban, ce qui empêche Israël de lancer une guerre, c’est la force de l’équation. C’est cela la vérité. Point à la ligne.

Si Israël ne mène pas de guerre contre le Liban, ce n’est pas seulement par crainte du Hezbollah, mais aussi par crainte de déclencher une guerre régionale, à cause de l’axe de la résistance. S’appuyer sur cet axe empêche l’attaque et toute tentative d’utiliser de nouveau le terrorisme en Syrie. Miser sur cet axe empêche le déclenchement d’une nouvelle guerre universelle contre la Syrie et va arrêter l’agression contre le Yémen, tôt ou tard, grâce à la résistance et à la détermination des Yéménites et à la force d’appui. Miser sur cet axe va empêcher l’Irak de retomber sous l’hégémonie américaine et ce pays restera à ses fils. Grâce à cet axe et à la force d’appui qu’il représente, Jérusalem et les lieux sacrés pourraient revenir à leurs fils. Grâce à cet axe, Gaza restera fière et l’espoir restera dans les cœurs des Palestiniens, ceux qui sont dans la région et ceux qui vivent dans le monde. Comme le dit l’ayatollah Khaménéi, le prix de la résistance est bien moins élevé que celui de la reddition et de l’humiliation. Dans la résistance, on conserve sa terre, son gaz, son pétrole, sa souveraineté, ses gens, son régime, sa dignité, son honneur et son avenir. Par contre, dans la reddition et le compromis, ils prennent tout, ils humilient, pillent, privent de dignité et dépouillent. Oui, en misant sur l’axe de la résistance, nous pouvons arrêter les guerres.

C’est pourquoi lorsqu’il a été question d’une guerre américaine contre l’Iran, lorsque des pays arabes, en tête l’Arabie saoudite, et Israël, Netanyahu en particulier ont poussé Trump à mener une guerre contre l’Iran, c’est l’axe de la résistance, l’Iran en tête, qui va l’empêcher. Ce n’est pas cet axe qui va pousser vers la guerre. En toute simplicité, c’est l’axe de la résistance, grâce à sa position cohérente, à sa résistance, à sa détermination à se battre et en annonçant sa détermination à mettre en feu la région, qui empêche la guerre. C’est cette position et cette décision qui empêche le déclenchement d’une guerre dévastatrice dans la région, qui effacera des Etats et des peuples et qui détruira le présent, l’avenir et même le passé. Ceux qui poussent vers cette guerre, ce sont Netanyahu, les pays du Golfe, notamment l’Arabie et les Emirats. Pas nous. Nous voulons que la guerre s’arrête au Yémen et en Syrie. Nous voulons que ce pays aille vers une solution politique. Nous voulons la stabilité au Liban et en Irak. Nous nous tenons aux côtés du peuple palestinien pour qu’il recouvre ses droits. Nous ne voulons pas de guerre contre l’Iran pour que la région et le peuple iranien n’en paient pas le prix. Grâce à cet axe, il est possible d’empêcher la guerre.  Je vous le dis en toute franchise : nous sommes devant une grande réalisation aujourd’hui, puisque les propos sur une guerre contre l’Iran ont diminué. Pour être prudent, je ne dis pas que ses propos sont finis. Certes, depuis le début, l’ayatollah Khaménéi avait déclaré qu’il n’y aurait pas de guerre, qu’il s’agissait de pressions psychologiques. Mais de toute façon, où sont aujourd’hui, toutes les menaces de Trump, ses propos violents et menaçants ? Ils ont reculé. Pourquoi, alors que les peuples et les Etats de la région ont senti que celle-ci était au bord de la guerre ? D’abord parce que Trump a compris que l’Iran est forte et capable sur le plan militaire. Tout comme il a compris que l’Iran est courageuse et déterminée. Car on peut avoir un grand potentiel et des moyens militaires aériens et autres, mais être lâche, hésitant, incapable de prendre une décision. Comme ‘est le cas de beaucoup de dirigeants dans le monde.

L’Iran possède la force militaire, le courage, l’audace. Preuve en est qu’elle a abattu le fleuron de l’industrie américano-israélienne des drones qui coûte 200 millions de dollars dans les eaux du Golfe.

Une autre preuve, c’est que l’Iran a arraisonné un navire britannique. L’Iran a donc touché aux Américains et aux Britanniques à un moment où il existe de nombreuses raisons légales  pour arrêter d’autres navires, mais personne n’ose le faire.

L’Iran ose donc, là où d’autres ne le font pas.

Trump et ceux qui sont avec lui au sein de l’administration américaine ont dont découvert qu’il ne faut pas miser sur une division interne en Iran. Son système politique est uni dans la confrontation avec les Etats-Unis. Elle a aussi un chef sage, courageux et exceptionnel. Son peuple, selon tous les sondages, ne craint pas la guerre et n’est pas prêt à s’aplatir et à accepter toutes les conditions, pour l’éviter.

Les responsables iraniens disent : nous ne négocions pas sous la pression et le peuple iranien leur dit à son tour : nous n’acceptons pas que vous le fassiez car notre dignité est au-dessus de tout.

Donc, l’Iran est forte et l’axe de la résistance a adressé un message clair aux Américains, aux Israéliens et à tous ceux dans la région qui poussent vers la guerre. Je voudrais le répéter aujourd’hui, pour le présent et l’avenir : la guerre contre l’Iran signifie la guerre contre l’ensemble de l’axe de la résistance. Cela signifie que toute la région va s’embraser. Ces propos ne sont pas destinés à la consommation locale, ni à la guerre psychologique. Il s’agit d’un appel à comprendre les réalités et à se baser sur elles pour empêcher la guerre.

Je crois que le message est arrivé à destination au cours des jours précédents, de chez nous, du Liban, de la Palestine, de l’Irak, de la Syrie et d’autres lieux dans le monde. Des acteurs de second plan dans notre région ont compris que le feu qu’ils cherchent à allumer ne leur brûlera pas seulement les doigts, mais aussi les visages, les corps et leurs entités.

C’est pourquoi aujourd’hui, que sont devenus les propos sur la guerre ? Cet axe, grâce à sa force et son efficacité, peut empêcher la guerre. Nous en faisons partie et nous voulons empêcher les guerres dans la région.

Nous pouvons miser sur cette force qui, en définitive, nous aide à protéger notre pays, notre peuple, notre région et ses peuples. Après Dieu, nous comptons sur la force de cet axe et ce front formé des habitants de cette région, ces peuples et des gouvernements de la région. Il ne s’agit donc as de gouvernements venus d’au-delà des mers et des océans et auxquels nous devons verser des sommes énormes, des centaines de milliards et notre dignité pour qu’ils nous fassent l’aumône d’une protection mensongère.

Cette force peut aussi défendre, protéger et empêcher les effondrements.

Après avoir affirmé cette sérénité sur le plan régional, je vais parler en deux mots clairs de la situation interne.

Sur le plan interne, à la lumière de ce qui s’est passé au cours des dernières semaines et qui est désormais sur la voie du règlement depuis la rencontre de Baabda, le Hezbollah souhaite confirmer ce qui suit, pour rectifier certaines choses qui ont été dites et prévoir la période à venir : sur le plan interne, nous ne nous comportons pas en vainqueurs. Nous ne nous comportons pas en considérant que nous avons un surplus de force. Cela est très clair. Si nous avions voulu cela, la situation serait totalement différente. Je ne dirais pas comment, mais je le répète, la situation serait totalement différente. Avec un peu de calme et de sagacité, on peut découvrir que nous ne nous comportons pas ainsi.

Sur le plan interne, nous voulons que tout le monde soit présent et coopère. C’est pourquoi nous insistions pour la formation d’un gouvernement d’unité nationale, à laquelle tout le monde participerait, même nos adversaires politiques. Nous n’étions pas d’accord pour exclure qui que ce soit ou l’écarter de la formation du gouvernement. Les discussions et les faits confirment cela.

Certains disent: vous êtes dans l’axe victorieux et vous voulez par conséquent éliminer les autres? Je réponds: c’est faux.

Ici, je voudrais poser une question aux Libanais : si l’axe opposé était vainqueur dans la guerre de juillet ou depuis 2011 à aujourd’hui, comment se serait-il comporté  avec le Hezbollah, le mouvement Amal, les forces nationales et islamiques, avec l’ensemble de l’autre camp politique, avec ce qu’on a appelé le 8Mars et avec ses alliés ? Une partie des forces politiques libanaises se considèrent les alliés de l’autre axe. Je n’accuse personne d’être en relation avec les Israéliens, mais avec les Saoudiens, les Américains et d’autres qui sont dans cet axe. Comment se seraient-ils donc comportés avec le camp adverse? S’ils possédaient la force que nous avons, ce surplus de force comme ils disent et avec l’appui régional dont ils bénéficient, comment se seraient-ils comportés avec nous?

Je ne répondrai pas à cette question, pour ne pas provoquer un problème. Mais je voudrais que chacun y pense et pense aussi à notre comportement à nous.

Je le répète, nous ne voulons éliminer personne, ni maintenant, ni dans l’avenir. Nous ne voulons écarter personne et nul ne doit amplifier les batailles. Nous pouvons avoir des divergences, faire des polémiques, ce qui est différent. Mais personne ne doit se mettre en position de vouloir éliminer tel camp politique et plus tard tel autre et ainsi de suite; Ce sont de fausses lectures, des illusions et des craintes qui n’ont aucune raison d’être. J’ai beaucoup d’exemples sur notre refus de vouloir éliminer et écarter qui que ce soit.

Mais en même temps que nous disons ne pas vouloir éliminer ou réduire le poids de qui que ce soit, nous disons aussi aux Libanais de coopérer entre eux, de dynamiser le gouvernement et le Parlement pour traiter les dossiers en suspens qui dégagent une mauvaise odeur de déchets et de situation économique et quotidienne pourrie…

En même temps, je précise que nous n’acceptons que d’autres cherchent à éliminer des parties qui existent dans leurs scènes et leurs confessions. Notre problème n’est pas que nous voulons éliminer qui que ce soit, mais que d’autres veulent monopoliser la représentation au sein de leurs communautés. C’est malheureusement une réalité, tout comme il y a des forces  qui existent dans toutes les communautés et les confessions.

Au sein de la communauté chiite, il y a deux forces principales. Aucune ne cherche à éliminer l’autre. Au contraire, il y a entre elles une complémentarité, une coopération et une harmonie. Il arrive que des groupes sur Facebook provoquent des polémiques, mais elles restent limitées et contrôlables. Le niveau de complémentarité existentielle entre le Hezbollah et Amal est connu de tout le pays. Personne ne veut éliminer l’autre.

Ils disent Amal et le Hezbollah veulent éliminer  des groupes dans les milieux chiites. Ok. Mais il faudrait d’abord que ces groupes confirment leur existence. Il y a eu des élections, des célébrations, des si tins, des manifestations, qu’ils prouvent leur existence et leur poids. Pourtant, on leur verse des millions de dollars par mois. On met à leur disposition des sites internet, des médias. Ils écrivent des articles, paraissent à la télévision, qu’ils montrent donc leur poids populaire de n’importe quelle façon.

Concernant les autres communautés, nous n’acceptons pas que dans telle ou telle autre communauté, une partie qui se considère majoritaire, cherche à éliminer les autres, ni chez les druzes, ni chez les chrétiens, ni chez qui que ce soit. Je le dis clairement pour que cela serve de base pour l’étape à venir.

Nous voulons que tous soient présents, ceux qui ont des poids réels. Je ne parle pas ici des ballons gonflés. Il y en a pourtant au Liban. L’un d’eux, par exemple, parle tous les jours, et toutes les nuits, proteste en permanence, alors qu’il ne représente que lui-même, même son chauffeur qui est un fonctionnaire, ne croit pas en lui. Nous voulons donc que tous ceux qui ont une certaine représentation populaire, indépendamment de son volume, soient présents. Nous disons à ce sujet qu’il faut respecter les résultats des élections législatives qui ont montré des poids populaires précis. Pourquoi ignorer cette réalité ?

C’est pourquoi, il ne faut pas nous demander de ne pas vouloir éliminer telle ou telle partie, mais plutôt de le dire aux autres, dans les autres communautés. Il faut leur demander de respecter les poids véritables et de se comporter sur cette base. Nous appelons à ce que tous aient l’esprit et le cœur largement ouverts pour accepter les autres et coopérer avec eux. La confrontation n’est pas dans l’intérêt du pays, ni politique, ni populaire, ni civile, ni armée.

Nous faisons partie de ceux qui appellent à la paix civile, à la coexistence. Certains disent que le Hezbollah veut la paix civile parce qu’elle est dans son intérêt. Et alors ? Est-ce une honte ? Je lis beaucoup d’articles et d’analyses qui parlent de cela. Mais je ne vois pas où est le mal ? En principe, on est fier de vouloir la paix civile et la coexistence et de considérer qu’elles sont dans son intérêt. Nous sommes donc un parti qui considère que son intérêt est celui de son peuple et de ses gens, c’est-à-dire la sécurité, la stabilité et la paix dans le pays. C’est ce que nous voulons. Par conséquent, nous espérons dans la prochaine période que les choses évoluent dans le sens de l’accord conclu et que le travail se fasse dans cet esprit. C’est ce qui est demandé et pas seulement que le Hezbollah ne cherche pas à éliminer qui que ce soit, comme certains le disent ou le croient…

Ce qui est requis, c’est donc que nul ne cherche à éliminer l’autre, que tous soient présents et coopèrent entre eux.

Ce qui est arrivé n’est pas plus difficile que la guerre de juillet. Après cette guerre et la célébration qui avait eu lieu dans la banlieue sud, nos dos étaient striés par les coups de poignards. J’avais pourtant déclaré : il faut  surmonter le passé et rester solidaires, main dans la main, coopérant pour reconstruire notre pays, le protéger et le développer. Je répète cela aujourd’hui.

Dans le sillage de la situation interne, il y a l’élection partielle de Tyr, dans le caza de Tyr. Je profite de cette occasion pour appeler nos gens et tous ceux qui sont inscrits dans ce caza à participer à cette élection.

..

Pour conclure, je voudrais vous remercier tous pour cette présence massive, dans cette région et dans ce lieu, car cette présence fait partie de la guerre. Vous étiez tout ce temps sous le soleil et je dois dire que j’ai chaud avec vous…

En restant sous le soleil et en supportant la fatigue de cette présence, vous participez à la bataille, à la guerre. Vous faites partie de cette image, de ce paysage et des éléments de force. Par votre présence, vous adressez un message fort à l’ennemi, à tous ceux qui veulent du mal à cet axe et qui le guettent pour profiter de la moindre faiblesse. C’est cela le peuple de la résistance, son environnement. Son présent est à l’image de son passé et il en sera ainsi à l’avenir.

Cette présence impressionnante de nos ulémas, de nos responsables, de nos ministres, de nos députés, des présidents et de leurs représentants, de nos partis, de nos mouvements, de nos hommes, de nos femmes, de nos petits et de nos grands, des familles de nos martyrs, des blessés, de tous ceux que nous aimons et derrière eux de l’armée et de la résistance est un message en soi. Grâce à vous et avec  vous nous remporterons cette guerre, nous nous défendrons et nous resterons fiers et nous relèverons notre pays et règlerons si Dieu le veut, tous les problèmes.

Soyez bénis et allez en paix

 

1https://www.french.alahednews.com.lb/15732/318

2https://www.french.alahednews.com.lb/32592/318