1942 : Invasion de la Birmanie par les Japonais

 

La BIA revient en Birmanie dans les bagages des Japonais. Ceux-ci mènent leur campagne sans opposition réelle des Britanniques qui n’étaient pas préparés à faire la guerre en Birmanie. Mais l’euphorie des camarades est de courte durée. Les japonais n'entendent pas donner l’indépendance aux Birmans, mais simplement conquérir le pays comme ils ont su le faire ailleurs.

 

Aung San fait alors volte-face et prévoit de s’allier aux britanniques.

 

8 mars 1942 : Chute de Rangoun devant les Japonais.

L'armée thaïlandaise occupe l’est du pays. Mandalay tombe le 8 mai.

 

Les Japonais transforment la BIA en armée de défense birmane, comptant environ 3 000 hommes encadrés par des instructeurs militaires japonais.

 

1er mai 1942 : Les Britanniques se replient vers la Chine et l'Inde, abandonnant la Birmanie aux japonais. La campagne est achevée mi-mai.

 

Cependant des incidents locaux, témoins de l'absence de volonté d'accorder une indépendance réelle aux birmans éclatent. Les cadres birmans sont giflés par les Japonais et la police politique japonaise, le Kempetai, est omniprésent. Les japonais contrôlant le pays installent Ba Maw comme Administrateur en Chef de la Birmanie.

 

Un groupe de La jeune résistance de l'Armée se constitue fin 1942 et diffuse des brochures à la tonalité anti-japonaise.

 

1942 : Le pont de la rivière Kwaï

Très connu depuis le fameux film de David Lean tourné en 19571, ce pont n'est qu'un des éléments de la ligne de chemin de fer Bangkok- Rangoun , construit par les Japonais pendant la seconde guerre mondiale. Cette ligne permettait aux Japonais d'approvisionner le front en Inde. La construction de cette voie, à la frontière avec la Birmanie, effectuée dans des conditions inhumaines couta la vie à 125 000 hommes. Si 27% des prisonniers anglo-saxons "employés" y ont péri, près de 50% des Asiatiques y travaillant y sont morts. Les travaux ont commencé en septembre 1942 par la construction d'une gare en Thaïlande et une autre en Birmanie. Alors que le Japonais pensaient réaliser la voie de 415 kilomètres en 5 ans, ils forcèrent les prisonniers à la construire en seulement 16 mois. La voie fut inaugurée par un train japonais bondé de prostituées. Le pont sur le rivière Kwaï, fut bombardé par les alliés en 1945 et ne resta donc en service que 20 mois.

1 Tiré d'un roman de Pierre Boulle

 

Première indépendance sous le contrôle des Japonais

 

1er Août 1943 : Sous le pouvoir japonais, l'indépendance formelle de la Birmanie est proclamée, comme l'avait annoncé l'amiral Tojo à la diète japonaise impériale japonaise le 28 janvier 1943.

L'armée de défense birmane devient l'armée nationale birmane, la BNA. Le Dr Baw Maw devient chef de l'État et premier ministre. Aung San est nommée ministre de la guerre et commandant en chef de l'armée qui compte alors 11 000 hommes.

 

Août 1944 : Aung San prononce un discours pour le premier anniversaire de l'indépendance.

 

« qu'est-ce que la liberté et où est-elle ? La vérité est que la liberté que nous avons en Birmanie aujourd'hui est seulement inscrite sur le papier. Il s'écoulera longtemps avant qu'elle ne devienne une réalité »1 Les Japonais demandèrent évidemment des explications et réclamèrent le texte original du discours, qui ne leur furent jamais remis2.

 

Dès lors Aung San prépare le départ des Japonais.

 

Le 27 mars 1945, l'Armée nationale Birmane se retourne ouvertement contre le gouvernement de l'État de Birmanie, et déclare la guerre aux Japonais.

Rebaptisée Forces patriotiques birmanes, l'Armée nationale contribue aux combats qui aboutirent à chasser les Japonais de Birmanie.

 

Mai 1945 : Aung San propose ses services aux britanniques3 pour chasser les Japonais.

Il le fait alors que la guerre est perdue pour ces derniers. Ce qui n’empêche pas les Birmans de le considérer à 27 ans comme un héros national à l’issue de la guerre en juillet 1945

 

19 juin 1945: Aung San Suu Kyi, fille d’Aung San, naît à Rangoun.

 

1 In Histoire du xxième siecle , l'Asie du Sud-Est, La Birmanie, ed Sirey, Jean Perrin

2 Focus Birmanie – Aung San, http://www.focusBirmanie.org/un-pays-riche-beaucoup-de-pauvres/jusquen-1990/aung-san-un-engagement-pour-lindependance/

3 Il a pris contact fin 1944

 

L’indépendance

 

 

 Dans un « livre blanc » publié le 17 mai 1945, la puissance britannique, soucieuse de faire pendant à la proclamation d’indépendance birmane du 1er août 1943, a rappelé les principes énoncés dès le Scheduled District Act de 1886, soit la distinction entre la Birmanie proprement dite (comprendre ici les circonscriptions peuplées de Bamar) et les régions habitées par les ethnies minoritaires, regroupées sous le vocable de Frontier Areas. Dans le schéma du colonisateur, il revenait à ces dernières de déterminer si et dans quelle mesure elles voulaient être intégrées à une Birmanie indépendante.1

 

1 in Les royinghas…

 

Le 30 septembre 1945, l'armée d'Aung San et les forces armées Karens, Kachin et Chin qui ont combattu sous les ordres des Britanniques fusionnent sous l'autorité de Lord Moutbatten pour créer l'Armée Nationale Birmane.

 

Mars 1946 : Première conférence de Panglong

 

Elle débat du futur des États Shan. Ses invités sont Karens, Kachin, et Chin. Son seul impact en est la création d’une société culturelle birmane, avec U Saw comme secrétaire.

 

Aung San, chef du conseil exécutif de gouvernement, engage des discussions avec des minorités pour discuter de leur statut. Son objectif était l'organisation de la lutte pour l'indépendance et la constitution d'une république birmane unifiée.

 

Janvier 1947 : Accord Aung San - Attlee

L'accord signé le 27 janvier traite des questions touchant les relations futures entre la Grande-Bretagne et la Birmanie et arrête les modalités par lesquelles le peuple de Birmanie peut atteindre son indépendance.

L'accord prévoit un gouvernement intérimaire, des élections générales puis l'élection d'une Assemblée constituante en avril 1947. Les affaires étrangères seront gérées dans la phase transitoire par un haut commissaire nommé par Londres, Sir Reginal Dorman-Smith.

U Saw et Thakin Ba Sein ne signent pas le document.

 

8- 12 Février 1947 : Deuxième conférence de Panglong.

Elle est convoquée par Aung San pour traiter du problème des minorités en Birmanie, sa préoccupation étant l'unification du pays. Les minorités n'ont pas toutes réagit de la même manière à l'occupation du pays par les Japonais. Alors que les Bamars et les Arakanais Boudhistes s'alignaient sur le Japon, les Karens, les Kachin et les musulmans sont restés fidèles aux troupes alliées.

Les accords de Panglong sont conclus entre le gouverneur intérimaire (ex conseil exécutif) et les minorités Karens, Kachin et Chin. Il ouvre la voie à la création de l'Union Birmane (qui sera créée le le 4 janvier 1948) en acceptant «le Principe de la pleine autonomie dans l'administration intérieure des régions frontalières».

Mais le Karen Union Army a boycotté la conférence et prend les armes formellement en 1947, réellement en 1949. c'est le début d’une longue guérilla, dont l'origine se trouve aussi dans le fait que les Karen, initialement très implantés dans l’État-major de la BIA, l'armée de Aung San, ont été totalement évincé ensuite par les officiers Birman et le général Ne Win.

 

Avril 1947: Une commission d'enquête sur les questions frontalières entérine les décisions de Panglong. Cependant les observateurs Karen présents ne sont pas été consultés et les Karenni n'ont pas été convoqués. La commission, dans ses conclusions, recommande l'instauration d'une confédération birmane groupant les États Shan Fédérés, les Collines Kachin et les autres régions des minorités. L'assemblée constituante disposerait de 24 sièges pour les Karens, 45 pour les autres minorités et 186 sièges pour la Birmanie seule soit au total 255 sièges.

 

9 Avril 1947 : Élections. Victoire du parti de Aung San, la ligue antifasciste pour la liberté du peuple (AFPFL) qui remporte 248 sièges, les 7 derniers revenant aux communistes. Les élections sont boycottés par la KNU, l'Union Nationale Karen.

L’AFPFL créée en septembre 1944, est une coalition qui réunit les communistes, les socialistes et l'armée nationale birmane ainsi que de représentants des minorités ethniques.

Aung San prend la tête du Conseil de Gouvernement exécutif.

 

19 juillet 1947: Assassinat d'Aung San

 

Bogyoke Aung San est assassiné au conseil exécutif par un groupe paramilitaire avec six membres de son cabinet, dont son frère aîné, U Ba Win. Un garde du corps et un secrétaire sont aussi assassinés. U Saw sera inculpé, condamné puis pendu le 8 mai 1948. Ses motifs ne sont pas très clairs. Le 19 juillet est c