C'est est un monastère de moines bénédictins se trouvant sur le Mont Sion, hors le murs de la vieille ville. Construite pour des moines allemands de Beuron de 1900 à 1910 l'abbaye rétablit la tradition monastique d'un monastère du Ve siècle.


La Dormition s'est appelée entre 1998 et 2006 Hagia Maria Sion (Sainte-Marie de Sion), pour rappeler l'église hiérosolymitaine byzantine Hagia Sion (la sainte Sion) construite à cet endroit en 415 par l'évêque Jean II de Jérusalem1. La communauté est revenue au nom de la Dormition pour son centenaire en 2006. Elle est hors congrégation monasterium monachorum extra congregationes, c'est-à-dire qu'elle dépend directement de la confédération bénédictine.

La tradition locale, moins par convenance théologique que par volonté délibérée d'enrichir toujours davantage un site prestigieux, tient cet endroit pour l'emplacement de la « chambre haute » où les disciples se réunirent après l'Ascension2. Une église de Sion y est attestée dès le IVe siècle. À partir du Ve siècle, d'autres traditions locales y fixent la dernière Cène, la maison de l'évangéliste Jean-Marc et de sa mère Marie, puis celle de Jacques, frère du Seigneur, d'où le remplacement de l'église par une basilique à cinq nefs3. Une tradition apparue au VIIe siècle (probable confusion avec la tradition de la maison de l'évangéliste Jean-Marc et de sa mère Marie4) fait de ce lieu, au voisinage du Cénacle, l'endroit où Marie, la mère de Jésus, serait entrée dans le sommeil éternel, ce que l'on appelle la Dormition. De là vient le nom du monastère ; l'église elle-même porte le nom de basilique de l'Assomption (ou de la Dormition).

La basilique tombe en ruines après la défaite des Croisés. La mémoire de la Dormition de la Vierge est abandonnée jusqu'en 1898. Cette année, l'empereur Guillaume II au cours de son pèlerinage officiel effectué à l'occasion de l'inauguration de l'église luthérienne du Rédempteur de Jérusalem, cherche à acquérir un terrain pour le compte de l'Association allemande de la Terre sainte (Deutscher Verein vom Heiligen Lande). Il achète au sultan Abdul-Hamid pour 120 000 marks-or un terrain sur le mont Sion . L'architecte du diocèse de Cologne, Heinrich Renard (de) (1868-1928) se rend à Jérusalem l'année suivante. Il commence par fouiller le terrain et découvre des vestiges de la Hagia Sion byzantine ainsi que d'autres églises. La maîtrise d'œuvre est prise en charge par l'architecte Theodor Sandel qui habite sur place et fait partie de la Société des Templiers (Tempelgesellschaft en allemand).

La première pierre de l'abbaye et de la basilique est posée le 7 octobre 1900. En dix ans, la construction de la basilique et de l'abbaye est achevée. La basilique est consacrée par le patriarche latin le 10 avril 1910.

L'architecte Heinrich Renard, s'est inspiré de la cathédrale carolingienne d'Aix-la-Chapelle.

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