La mission Saint-Alexandre est située derrière le Saint-Sépulcre. A l'époque de Constantin, lorsque celui-ci avait une forme rectangulaire, l'entrée se situait à ce niveau, les escaliers de l'époque étant toujours visible en descendant dans l'église.
Le complexe occupe un espace de 1 433 mètres carrés et comprend outre l'église, la salle du Tsar et des restes de la ville romaine.

Histoire des fouilles
En 1859, le gouvernement russe a acquis auprès de la communauté orthodoxe éthiopienne de Jérusalem,  un terrain à côté de l'église du Saint-Sépulcre. Le but était d'y construire le consulat russe mais il a été finalement construit ailleurs, sur un terrain appartenant à la mission russe de Jérusalem.
Après la fondation de la Société impériale orthodoxe de Palestine par ordre de l'empereur Alexandre III en 1882 des fouilles archéologiques ont commencé sur le terrain. Elles ont été financées par une contribution personnelle (1 000 roubles en or) du président de la Société, le Grand-Duc Sergiy Alexandrovich, frère d'Alexandre III. 

Les fouilles ont été dirigées par l'archimandrite Antonin (Kapustin), chef de la mission ecclésiastique russe, et Conrad Shik, archéologue et architecte allemand, qui a passé près de quarante ans à Jérusalem. L'ampleur des fouilles a attiré l'attention des habitants, des pèlerins et des érudits de renommée mondiale et le lieu est devenu connu sous le nom de "fouilles russes".

Après la conclusion des fouilles, on procède à la construction du nouveau bâtiment qui est terminé en 1891. L'église intérieure est consacrée le 22 mai 1896 en l'honneur de saint Alexandre Nevski. Elle est décorée d'immenses toiles de Nikolaï Kochelev représentant chaque épisode du chemin de Croix du Christ. La grande-duchesse Élisabeth fait don d'une lampe perpétuelle.

Lorsque la Première Guerre mondiale débute, les Ottomans se saisissent des biens des Russes qui combattent du côté des Alliés (du moins jusqu'à la paix séparée de Brest-Litovsk le 3 mars 1918), alors que la Turquie est du côté de l'Empire allemand. L'église restituée en 1921 à la société russe de Palestine orthodoxe hors frontières dépendant de l'Église orthodoxe russe hors frontières. Aujourd'hui, la mission Saint-Alexandre appartient à une structure qui n'est reconnue juridiquement ni par l'Église orthodoxe russe, ni par l'Église orthodoxe russe hors frontières.
Des travaux de restauration ont débuté dans les années 2000.


Les fouilles ont mis à jour au sous sol un bout de muraille de la ville hérodienne datant du deuxième siècle, ainsi que d'une section d'une rue de colonnades et d'une structure en arc dite arc d'Hadrien. Les vestiges du mur mesurent 2,5 mètres.

Le chas de l'aiguille
Il s'agit d'un seuil en pierre, sans doute frotté et poli par des milliers de pieds et de roues qui l'avaient franchi, avec des trous faits pour les piquets d'une porte et des marques des endroits où les charnières de la porte avaient été placées. Des deux côtés de la porte, on peut encore voir les pierres d'une ancienne route. C'était peut-être une des sorties de la ville à l'époque romaine, laissant imaginer que le Christ est passé là et a touché ces pierres pour sortir de la ville et rejoindre le Golgotha tout proche.


Chapelle Saint-Alexandre Nevski
En haut des murs de la chapelle, 30 majestueuses icônes de saints ont été accrochées ; un peu plus bas ont été placées 18 grandes toiles représentant des scènes de la passion du Christ peintes par A. Koshelev. Le 22 mai 1896, la chapelle a été consacrée à la mémoire de l'empereur Alexandre III, fondateur de la Société palestinienne orthodoxe et en l'honneur de son protecteur céleste, Saint-Alexandre Nevski. Pendant le rite de consécration, le Patriarche de Jérusalem, a placé des particules de reliques des Saints Haralampos, Théodore le Stratilate et Pantéléimon dans le nouvel autel.

La salle du Tsar
Dans les salles qui servaient autrefois aux réunions solennelles, des portraits avec leurs cadres d'origine des empereurs suivants ornent encore les murs : Alexandre III et l'impératrice Marie Fiodorovna, Nicolas II et l'impératrice Alexandra Fiodorovna, portraits et lithographies du grand-duc Sergiy, de la grande-duchesse Élisabeth Fiodorovna et du prince héritier Nicolas Alexandrovich. La cheminée avec son manteau de marbre et un miroir au-dessus avec son cadre doré sont bien conservés, ainsi que le sol en mosaïque et quelques restes du service de porcelaine.



Comments powered by CComment