Dans ce quartier des ultra-orthodoxes, une tenue 'modeste' est de rigueur. Veillez donc à couvrir les épaules, les bras et les jambes jusqu'aux genoux

La visite de Mea Shearim est l'assurance d'un vrai dépaysement. Les habitants ultra-orthodoxes vivent en vase clos, et n'apprécient d'ailleurs pas trop les visites. Tous les hommes sont habillés de la même façon, costume noir et chemise blanche. Le chale de prière, le talith se porte à même le corps et les franges, les tsitsits, dépassent de la la chemise. D'autres hommes portent une redingote et des bas, et se couvrent d'un chapeau en fourrure, comme celui que portaient les juifs en Pologne et en Russie au 18e siècle. Peu importe que la température avoisine ici les 40 degrés.

 Les femmes sont vêtues "modestement", la modestie locale devant se comprendre comme la couverture maximale du corps. Pas de décolleté, d'épaule, de bras ou de jambes nues évidemment, la modestie de la femme étant souvent une manière de la dissimuler derrière ses habits. Les femmes de Mea Shearim se rasent la tête lors de leur mariage et les cheveux dépassant des bérets ne sont ici que des perruques.
Les cranes des enfants sont rasés pour ne pas s'élever vers les ciel, même par les cheveux. Les hommes portent les payos, les papillotes considérées par eux comme de la barbe que l'on ne doit pas couper. Un monde uniforme où les hommes prient et les femmes travaillent, où les familles sont aussi pauvres que nombreuses, où la technologie ne rentre que sur l'avis du rabbin, où il est indiqué dans les rues que vous n'êtes pas chez vous mais chez eux.
Le quartier a été construit en 1874 et son nom est couramment traduit par "les cent portes", nombre de portes qu'aurait eu le quartier à l'origine, ou même les 100 porteurs de parts de la société à l'origine de la construction. Pour d'autre il trouve plutôt son origine dans le verset 26 du premier chapitre de la Genèse : Isaac fit des semailles sur cette terre et récolta, cette année-là, le centuple. Le Seigneur le bénit. C'est ce verset qui était lu à la synagogue le jour où a commencé la construction de ce quartier.

C'est l'un des cinq premiers quartiers juifs construits en dehors de la vieille ville. Ses habitants s'appellent les Haredim, les craignant dieu (ils représentent environ 12% de la population en Israël) . Ici tout le monde lit et étudie, mais le sujet quoique vaste est unique : la Torah et ses commentaires. Pas de télévision ou de radio, quelques cabines téléphoniques. Ceux qui possèdent un smartphone doivent le brider pour ne joindre que l'information religieuse, à l'exception de tout 'divertissement', qui éloigne de l'étude de la Torah.
La langue Haredi n'est pas l'hébreu, langue sacrée réservée aux prières, mais le Yiddish, le judeo-allemand parlé en Europe Orientale avant la Shoah. C'est peut-être le seul endroit au monde avec New-York où l'on peut trouver des locuteurs de cette langue, victime collatérale des Hitlériens.
Mea Shearim, c'est aussi une attitude très intransigeante vis à vis de  tout ce qui dérange ce petit monde très organisé : l'obligation d'aller à l'armée, ou de porter des masques face au coronavirus suffit à embraser périodiquement le quartier.

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