Napoléon, tout juste rentré d'Italie part à la poursuite de son « rêve oriental » ou du moins la tentation de l'Orient. Mais c'est Talleyrand qui lui donne l'idée en lui remettant un mémoire sur une expédition en Égypte, afin de promouvoir une grande politique méditerranéenne. Bonaparte obtient l'autorisation du Directoire, qui lui consacre d'excellents soldats, pas mécontent d'envoyer au loin ce personnage encombrant.

La bataille contre le chef mamelouk Mourad Bey a lieu près du Caire, mais assez loin des pyramides qui devaient tout au plus être visibles à l'horizon. Lyrique, il motive son armée pour la bataille :

" Soldats ! Vous êtes venus dans ces contrées pour les arracher à la barbarie, porter la civilisation dans l'Orient, et soustraire cette belle partie du monde au joug de l'Angleterre. Nous allons combattre. Songez que du haut de ces pyramides quarante siècles vous contemplent .

Ses soldats combattent les hommes du sultan appuyés de 30 000 fellahs et janissaires à Embabeh. La victoire ouvre à Bonaparte la route du Caire, mais il perd quelques jours plus tard la bataille d'Aboukir (27 juillet) contre Horatio Nelson où 13 de ses 17 navires engagés sont perdus. Isolé en Égypte, Bonaparte remonte vers la Palestine.

Après avoir pris position face à Jaffa, Bonaparte envoie un émissaire pour demander la reddition de la ville. Peu enclins à la discussion les assiégés décapitent l'émissaire. Napoléon donne l'assaut et malgré une forte résistance, prend Jaffa. Le sort fait à l'émissaire a par ailleurs excité la fureur des soldats français qui exécutent et massacrent les habitants. Les troupes ottomanes retranchées n'acceptent de se rendre que si elles ont la vie sauve, ce qui est promis par les français. Mais Bonaparte ne tient pas ses promesses :  

" Que veulent-ils que je fasse de tant de prisonniers ? Ai-je des vivres pour les nourrir, des bâtiments pour les déporter ? Que diable m'ont-ils fait là ? 

Pendant deux jours et deux nuits, les massacres, le pillage et les viols se poursuivent.

Le 10 mars, malgré la promesse de les épargner, les 3 000 prisonniers sont exécutés. Le 19 mars, l'armée française se tient devant Saint-Jean-d'Acre. Elle se retire après un mois de siège sans parvenir à prendre la ville. Enfin, une épidémie de peste décime la population de Jaffa et de Saint-Jean-d'Acre aussi bien que l'armée française.

 

Voir aussi :

- proclamation de Bonaparte en Egypte

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