Arc de triomphe de Titus érigé par Domitien en 81 à Rome pour célébrer les victoires de Titus son frère pendant les guerres de Judée

Chargé par Néron de ramener le calme en Judée en 67, Vespasien avait reconquis la Galilée, mais la mort de l’empereur et la guerre de succession qui en résulta en 68-69 l’avaient amené à interrompre sa tâche.

Après son accession au trône à la fin de l’année 69, il envoie son fils Titus poursuivre sa mission et restaurer l’ordre en Palestine. Celui-ci, à la tête de quatre légions, parvient à Jérusalem en mars 70 et entreprend le siège de la ville, qui résiste quatre mois avant de tomber.

Le 24 juillet, la forteresse Antonia est prise.

En août 70, le Temple est détruit par un incendie ; le sanctuaire est détruit le 30 août (9 av dans le calendrier hébraïque)

En septembre, face à l’intransigeance de Siméon bar Ghiora et de Jean de Giscala, qui refusent de se rendre, Titus ordonne le pillage de la ville, qui est presque entièrement rasée. Le fils de l’empereur repart ensuite à Rome pour y célébrer son triomphe, emmenant avec lui plus de sept cents prisonniers dont Jean de Giscala, qui mourra en prison, et Siméon bar Ghiora, exécuté à la fin du triomphe.

 

Une brutale répression s’abat alors sur les Juifs de Palestine, qui retrouvent un pays dévasté par les combats, voient l’autorité de Rome se renforcer lorsque Vespasien, en 70, fait de la Judée une province impériale pro-prétorienne séparée de la province de Syrie, et surtout perdent l’une de leurs composantes identitaires principales avec la destruction du Temple.

 

La chute de ce lieu, centre de la vie religieuse des Juifs de Judée comme de Diaspora, signifie aussi la disparition du judaïsme politique, c’est-à-dire de l’État juif des Hasmonéens ; il faut attendre 1948 pour voir de nouveau exister un État juif.

" Avant de quitter Jérusalem dévastée pour Césarée, Titus ordonne que ce qui restait de la ville et du Temple soit rasé et fait abattre les remparts, à l'exception des trois tours hérodiennes au niveau de la Citadelle actuelle, qui devaient servir par la suite de quartier général aux troupes romaines. Du Temple, seuls certains ustensiles cultuels sont préservés et transportés à Rome, comme le révèle l'arc de Titus, qui représente le triomphe avec entre autres le chandelier à sept branches1 porté à bout de bras. L'ampleur de la dévastation indique que les Romains souhaitaient en finir une fois pour toute avec les insurrections en Judée."2

 

Le Sanhédrin et la fonction de grand prêtre disparaissent avec le Temple.

Le pays tout juste reconquis est enlevé aux Juifs pour être annexé à l’ager publicus, c’est-à-dire qu’il devient la propriété du peuple romain ; en 72, Vespasien ordonne l’affermage des terres individuelles comme domaine particulier de l’empereur, dont il laisse uniquement l’usufruit aux paysans non expulsés.

Les Juifs en tant que peuple sont aussi, suite à cette révolte, soumis à une relative persécution pendant quelques années : de nombreux juifs de la Diaspora sont arrêtés à travers tout l’Empire romain et réduits en esclavage, et un nouvel impôt réservé aux Juifs, le fiscus judaicus, affecté au temple de Jupiter Capitolin, est créé. Une nouvelle monnaie est frappée portant les mentions Judaea capta ou Judaea devicta.

1 L'arc de triomphe de Titus à Rome présente sur son pilier sud le bas-relief montrant des soldats emportant les objets pillés dans le temple. Ce sont notamment la Menorah, les trompettes sacrées et la table des propositions, en bois recouvert d'or, où étaient placés des pains renouvelés tous les sept jours que seuls les sacrificateurs peuvent manger)

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