La guerre d'indépendance démarre le lendemain de la proclamation avec l'attaque simultanée du jeune État par L’Égypte, la Syrie, la Transjordanie, l'Irak et le Liban. L'Arabie saoudite envoie des hommes combattre sous l'uniforme égyptien.

Le 11 octobre 1947, Abdul Rahman Azzam Pasha, premier Secrétaire général de la Ligue arabe, a prévenu :

Ce sera une guerre d'extermination et un massacre capital, dont on parlera comme des massacres de Tartares ou des guerres des Croisés... Chaque combattant considère la mort au nom de la Palestine comme le plus court chemin vers le Paradis... Cette guerre sera une opportunité pour de vastes pillages.1

John Bagot Glubb dit Glubb Pacha. Ce général détaché de l'armée britannique dirige la légion arabe durant la guerre de 1948.

Ben Gourion, décrit le conflit en ces termes : sept cent mille juifs dressés contre vingt-sept millions d'arabes – à un contre quarante.3

Sur le terrain les forces sont plus équilibrées puisqu'en juillet, les Juifs sont 19 000 contre 23 000, ce désavantage numérique étant compensé par une cohésion que n'ont pas les armées arabes qui attaquent sans plan ni coordination.

Forces en présences au 15 mai 19481

Front

Israéliens

arabes

Sud

5 000

5 000 Égyptiens

Sud profond et Hébron

1 500

4 000 Égyptiens

Jérusalem et corridor

4 500

4 000 Légion arabe

 

 

1 000 Égyptiens

Front central Tel-Aviv, Netanya

3 000

3 000 Irakiens

Nord

5 000

3 000 Syriens

 

 

1 000 Libanais

 

 

2 000 Armée du S.

 

 

 

TOTAL

19 000

23 000

 

 

 

11 juin 1948

75 000

40 000

Jon et David Kimché, A clash of destinies, The Arab-Jewish War and the founding of the state of Israel, 1960

1 1947, Palestine le partage avorté, Dominique Vidal & Alain Gresh citant Jon et David Kimché

 

Mais une différence essentielle subsiste entre les belligérants. Si Israël perd, elle disparaît et ses habitants risquent de subir un massacre comme le XXème siècle à su le faire à plusieurs reprises. Les pays arabes coalisés risquent au pire la défaite.

Selon Ilan Pappe, globalement,

à la veille de la guerre de 1948, les effectifs des forces militaires juives étaient d'environ 50 000 soldats , dont 30 000 étaient des combattants et les autres des auxiliaires qui vivaient dans les différentes implantations… En face, il y avait des unités paramilitaires d'irréguliers clandestins qui ne comptaient pas plus de 7 000 hommes.

A cela s'ajoute les armées des cinq pays arabes engagées dès le 15 mai 1948 soit 13 000 soldats pour la Transjordanie, 3 000 pour l'Irak , entre 6000 et 10 000 hommes pour l’Égypte, 5 000 pour la Syrie et 8 000 pour l'Arabie Saoudite soit entre 42 000 et 48 000 hommes engagés à côté des Arabes palestinien.

Chaque camp mobilise rapidement des effectifs durant les mois qui suivent le début de la guerre.

Les forces israéliennes iront jusqu'à mobiliser 108 000 soldats1 au 30 décembre selon Ben Gourion (ce qui ne veut pas dire qu'ils sont formés au combat, Israël venant juste de se créer).

Le 20 Mai, l'ONU nomme le comte Folke Bernadotte, un diplomate suédois comme médiateur.

C'est ce neveu du roi de Suède Gustave V, alors président de la croix-rouge suédoise qui a négocié avec Himmler la libération de 15 000 déportés suédois et norvégiens par les nazis, dont des Juifs, pendant la guerre. On sait depuis 2005, que ce sauvetage a eu un prix, que

2 000 détenus malades ou mourants, principalement français, mais aussi russes et polonais, soient évacués de Neuengamme, afin de libérer un bâtiment où les Scandinaves furent rassemblés avant leur départ. Ces 2 000 prisonniers affamés furent transportés par ces mêmes bus blancs, pilotés par les Suédois vers d'autres camps. La plupart moururent pendant le trajet, ou juste après.4

Le 27 juin, le comte propose un premier plan, avec un État juif sur 20 % de la Palestine, au lieu des 55 % prévus, qui plus est confédéré avec la Transjordanie :

 

Le 16 septembre, Bernadotte propose un deuxième plan Ce second plan est de nouveau refusé par les Israéliens et les pays arabes

Destruction du quartier juif par la légion jordanienne en 1948

1 Déclaration au quotidien egyptien Akhbar al Yom citée par Véronique Chemla in Juifs et Arabes de France, dépasser la différence, 2/11/2017

2 Sandy Tolan – la maison au citronnier – ed j'ai lu -p 92

3 Ahron Bregman (2002), p. 24, citant le journal de David Ben Gourion.

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