Le 29 avril 1956, l'officier de 21 ans, Roy Rotenberg est tué en patrouillant à la frontière entre Israël et Gaza. Moshé Dayan, qui l'avait rencontré, fit le discours lors de l'enterrement avec ces propos :

Ne blâmons pas ses meurtriers aujourd'hui. Que pouvons nous dire à l'encontre de leur haine terrible envers nous ? Depuis huit ans maintenant, ils restent dans le camp de réfugiés de Gaza et nous voient transformer sous leurs yeux leur terre et leurs villages, où leurs ancêtres et eux-même résidaient auparavant, pour en faire notre foyer.

Ce n'est pas parmi les Arabes de Gaza, mais en notre sein à nous que nous devons chercher la source du sang de Roy. Comment avons-nous pu fermer les yeux, refuser de regarder notre destin en face et de voir le sort de notre génération dans toute sa brutalité ?

Aujourd’hui, soyons lucides sur nous-même. Nous sommes une génération de colonisation, et sans le casque en acier et le canon de notre fusil, nous ne serons pas en mesure de planter un arbre ou de construire une maison.

Ne craignons pas de regarder en face la haine qui consume et remplit les vies de centaines d'arabes qui vivent autour de nous. C'est le sort de notre génération. C'est notre choix - être prêts et armés, coriaces et durs – sans quoi l'épée nous échappera des mains et nos vies seront tranchées net.1

Le leader nationaliste Zeev Jabotinsky en 1923, dans son texte 'le mur de fer' n'avait pas dit autre chose :

..les autochtones, dans aucun pays, ni à aucune époque que ce soit, n'acceptent jamais l'établissement d'étrangers sur leurs terres. Toute nation autochtone, qu'elle soit civilisée ou primitive, considère son pays comme son « foyer national » où elle veut vivre et dont elle veut rester, éternellement, le propriétaire exclusif. Elle n'acceptera jamais de son plein gré, non seulement d'autres propriétaires, mais encore de partager son droit de propriété avec d'autres.

...Tout peuple autochtone lutte contre les étrangers qui s'établissent chez lui, tant que subsiste chez lui un espoir, quelque faible qu'il soit, de pouvoir écarter le danger de cet établissement. C'est ainsi que feront également les Arabes de Palestine, tant que subsistera, dans leur esprit, l'éternel espoir qu'ils parviendront à empêcher qu'on fasse de la Palestine arabe Eretz Israël, c'est-à-dire la Palestine juive.

À la suite de l'armistice de 1949 entre l'Égypte et Israël, l'Égypte occupe la bande de Gaza et refuse l'assistance d'aides internationales de l'ONU, destinées aux réfugiés palestiniens.23

1 Thirtenn day in September de Laurence Wright et Ari Shavit, ma terre promise p 330.

2 Refugee Politics in the Middle East and North Africa: Human Rights, Safety, and Identity, A. Ullah, 2014

3 Wikipedia article sur la diaspora palestinienne.

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