La Jordanie occupait Jérusalem-Est (territoire international selon le plan de partage) depuis 1949 et l'avait annexé. En passant, elle avait totalement détruit les synagogues du quartier et totalement interdit d'accès aux Juifs.

 

Le quartier des Maghrébins avant 1967

Après la guerre des Six Jours, lorsque l’armée israélienne entre à Jérusalem-Est et dans la Vieille ville (qui en fait partie ), le gouvernement décide de laisser aux Musulmans l’Esplanade des Mosquées. Des dirigeants israéliens comme Moshé Dayan et le Premier ministre Levi Eshkol fait ainsi immédiatement retirer le drapeau israélien de ce site.

En contrepartie1, le 11 juin, les 135 maisons arabes du Quartier des Maghrébins, le long du mur, ont été rasées et les habitants, de l’ordre d’un millier, évacués en deux heures, pour créer ce qui est aujourd’hui l’esplanade du mur.2

Le décret du ministre israélien de la défense du 13 août 1967 laisse l’administration des lieux saints musulmans de Jérusalem à la Jordanie, qui l’exerce par l’intermédiaire du Waqf islamique de Jérusalem et de la Fondation d’Al-Aqsa pour la dotation et le patrimoine.

Depuis, il est interdit aux non-musulmans de prier à voix haute sur l’esplanade du Temple. Le « rôle particulier » de la Jordanie sur les lieux saints musulmans de Jérusalem est inscrit au traité de paix entre Israël et la Jordanie (art 9) de 1994, ce qui, bien sûr, agace les autorités palestiniennes.

 

L'Origine du quartier des maghrébins

« Le retour de Jérusalem dans la demeure de l'islam [ en 1187 ] eut égelement pour conséquence de rétablir une autre source de peuplement pérenne : la venue de pélerins dans la Ville sainte

...de nombreux pélerins originaires du Maghreb choisirent-ils de s'établir à Jérusalem après 1187, où ils se regroupèrent dans un quartier situé en limite sud-ouest du Noble sanctuaire, près d'un accès de l'esplanade qui fut désormais connu sous le non de Bab al-Maghariba (porte des Magrhébins).

Au milieu des années 1190, al-Afdal Ali, le fils de Saladin, fit construire pour eux l'oratoire des Maghrébins sur le Haram, ainsi qu'une madrassa pour l'enseignement du droit malilkite (l'école juridique dominante au Maghreb), en ville cette-fois-ci, au sein de leur quartier. »1

La madrassa fut détruite en même temps que le quartier des maghrébins en juin 1967.

1 Vincent Lemire, Jérusalem ville-monde p. 259.

1 La notion de contrepartie ou de compromis est controversée sur ce sujet.

2 La destruction de ce quartier fait aujourd'hui encore l'objet d'articles. Ce n'est pas le cas du quartier juif de la vieille ville totalement rasé avec ses 56 synagogues, par les Jordaniens en 1948, en dépit de leurs engagements.

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