A l'instigation d'Abou Jihad, un commando palestinien du Fatah composé de 13 personnes, et dirigé par Dalal Mugrabi, une jeune femme de 18 ans, accoste en canot pneumatique dans le Nord d'Israël entre Hadera et Haifa. Ils tuent tout d'abord une photographe de 39 ans, Gail Rubin, qui faisait des prises de vue sur la plage. Ils détournent ensuite sur la route côtière deux bus vers Tel-Aviv. Le but initial était de se rendre dans un hôtel de luxe et d'y garder en otage les touristes et diplomates y séjournant afin d'obtenir la libération de prisonniers palestiniens en Israël. Mais le commando a accosté plus de 60 km trop au nord de Tel-Aviv.

Le commando est pris en chasse par les forces israéliennes. Les terroristes lancent des grenades sur les voitures qu'ils croisent et tirent sur les passagers dont un au moins est ensuite éjecté du bus. Ils sont ensuite contraints de stopper près de Tel-Aviv. Des coups de feu sont échangés puis les terroristes font exploser le bus, avec les passagers dedans.

Le bilan est de 38 morts dont 13 enfants et 71 blessés. C'est l'attentat le plus meurtrier qu'il y ait eu en Israël. Il sera le catalyseur de l'opération israélienne 'Litani' au Sud-Liban trois jours après. Neuf assaillants sur onze ont été tués. Les survivants sont emprisonnés puis relâchés dans un échange de prisonniers en 1985.

Pour le Premier ministre Begin, Israël n'oubliera pas le carnage. Il ajoute :

il n'y avait pas besoin de cet attentat pour comprendre qu'un État palestinien serait un danger mortel pour notre nation et notre peuple.

C'est Dalal Mugrabi, infirmière de formation née au Liban d'une famille originaire de Jaffa qui a tué le photographe et initié le carnage. Son nom a été donné à plusieurs places ou monuments palestiniens en hommage à la "combattante" et "martyr". Plus de 35 ans après, le 12 mars 2015, le Fatah célèbre l'attaque sur sa page facebook en ces termes :

En ce jour, le 11 mars, en 1978, Dalal Mugrabi et ses compagnons ont déclaré la naissance de la République palestinienne au cœur des Territoires occupés. L’ennemi a admis la mort de 30 sionistes pendant l’opération, mais selon certains rapports le nombre dépassait les 80 victimes. Avec cette action, les héros du Fatah ont riposté contre l’Opération Verdun [une opération israélienne menée contre les dirigeants de l’OLP en 1973], à la suite des représailles sur les membres de [l’Opération Hôtel] Savoy. Représailles après représailles, les tempêtes ne se résorbent pas.

 

A Al-Bireh, près de Ramallah, un square est décoré en mars 2011, avec des photos de Dalal Mugrabi, tuée dans l'opération terroriste à laquelle elle participait, qui fit 33 morts.

Une colonie de vacances palestinienne porte son nom et en mars 2016, pour l'anniversaire de l'attentat, une école de filles d'Al-Awael avait accueilli la coupe Mugrabi en son honneur.1 En Mai 2017, Borge Brende, ministre norvégien des affaires étrangères, réalisant que le centre pour femmes créée sur des fonds norvégiens porte le nom de Dala Mugrabi demande que ses fonds soient remboursés à son pays.

La glorification des attaques terroristes est totalement inacceptable, et je déplore cette décision dans les termes les plus forts possibles. La Norvège ne se laissera pas associer à des institutions qui glorifient de la sorte les terroristes. Nous n’accepterons pas l’utilisation à ces fins de l’aide financière de notre pays ..Nous avons demandé que le logo du bureau de représentation norvégien soit immédiatement retiré du bâtiment et que le financement qui a été attribué au centre soit remboursé. Notre aide financière est suspendue jusqu’à que nous ayons la certitude que rien de cette nature se reproduise.

Quant au secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, il rappelle que,

La glorification du terrorisme, ou les auteurs d'actes terroristes haineux, est inacceptable dans n'importe quelle circonstance.

1Faouzi Ahmed – Le monde juif.info 27 mai 2017

***

 

Comments powered by CComment