Le 12 avril 1984, des terroristes venus de Gaza prennent en otage le bus 300 reliant Ashdod à Tel-aviv comportant 41 passagers. Un passager est grièvement blessé. Les terroristes avertissent qu'ils détiennent une valise explosive qu'ils actionneront si le chemin n'est pas ouvert pour se rendre à la frontière égyptienne.

Ils exigent la libération de 500 prisonniers en Israël et à défaut menacent d'exécuter tous les passagers du bus. Les forces de l'ordre interceptent le véhicule. Après de longues négociations, elles donnent l'assaut.

 

Majdi Abu Jummaa , l'un des terroristes a été capturé vivant comme le montre cette photo d'Alex Livac

Deux pirates sont tués, deux autres capturés. Du côté des otages, il y a un mort, une femme portugaise de 19 ans tuée lors de l'assaut et sept blessés.

Les pirates capturés sont ligotés et emmenés dans un champ voisin, où ils sont frappés par des personnes qui s'étaient rassemblées autour d'eux.

Le chef du Shin Bet, Avraham Shalom, et le chef des opérations du Shin Bet, Ehud Yatom, se sont approchés des hommes liés. Avant de quitter le site, Shalom a ordonné à Yatom de les exécuter. Yatom et plusieurs membres du Shin Bet ont alors pris les hommes dans un véhicule et les ont conduits dans un endroit isolé, où ils ont été exécutés.

En 1996, le dirigeant du Shin Bet, Ehud Yatom, a déclaré au quotidien Yediot Aharonot: "Je leur ai brisé les crânes", sur les ordres du chef du Shin Bet, Avraham Shalom, et "Je suis fier de tout ce que j'ai fait. " Yatom a dit qu'il a mis les hommes sur des civières dans une camionnette. "En chemin, j'ai reçu un ordre d'Avraham Shalom pour tuer les hommes, alors je les ai tués.

Mais la première version donnée de l’événement, couvert par la censure, est que tous les pirates ont été tués lors de l'assaut.

Cependant , trois jours plus tard, le quotidien israélien Hadashot a cité un reportage du New York Times, photo à l'appui qui affirme que deux des pirates avaient été capturés vivants.

Une enquête est alors demandée et la commission Landau est mise en place en 1987. Elle porte le nom de Moshe Landau, juge de la cour suprême qui la préside.

L'enquête écorne l'image du Shin Bet dont l'opinion publique découvre qu'il se livre régulièrement à l'emploi de la force physique lors des interrogatoires.

 

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