Un attentat suicide touche l'ambassade israélienne à Buenos Aires. L’attaque fait 29 morts, dont quatre membres de la mission israélienne et 242 blessés. Ce bilan fait de cet attentat le plus meurtrier jamais commis contre une mission diplomatique de l’État juif. L'attentat est revendiqué par le Jihad islamiste. Ses auteurs n'ont pas été arrêtés.

' Les indices ont pointé en direction du Hezbollah. L’implication de l’Iran fut fortement suspectée et six de ses diplomates furent expulsés en 1998.

Pour Bedlington1, l'ancien chef de la cellule anti-terroriste de la CIA “Sans entrer dans les détails classés secret défense, la réponse est, sans ambiguïté, oui. Nous avons établi de façon certaine l’existence de liens directs entre l’équipe qui a exécuté l’attentat et l’ambassade iranienne de Buenos Aires”,

Le 25 octobre 2006, le Procureur argentin Alberto Nisman a accusé formellement le gouvernement iranien de la planification et le Hezbollah de l’exécution des deux attentats antijuifs de Buenos Aires.

Le 7 novembre 2007, Interpol a confirmé les conclusions de la justice argentine et ordonné la délivrance d’un mandat d’arrêt pour capturer cinq des fugitifs iraniens et les traduire en justice. Depuis, le gouvernement argentin a demandé à l’Iran d’extrader ses citoyens accusés de l’attaque afin qu’ils soient jugés par un tribunal argentin ou étranger, mais l’Iran a refusé le verdict de la justice argentine.

Le 9 novembre 2006, un mandat d’arrêt international pour crimes contre l’humanité a été lancé contre des Iraniens, dont l’ancien président Ali Akbar Rafsandjani, des fonctionnaires et un ancien responsable du Hezbollah.

En 2013, la Présidente Cristina Kirchner a annoncé que le Ministère argentin des Affaires étrangères avait signé « un accord » avec le gouvernement iranien, dirigé alors par Mahmoud Ahmadinejad, pour « coopérer » avec l’enquête… Le 19 janvier 2015, le Procureur Nisman a formellement accusé Cristina Kirchner d’organiser l’impunité de l’Iran.

En janvier 2014, l’ex-Ambassadeur de l’Etat hébreu en Argentine, Itzhak Aviran, confiait, dans un entretien à la presse, qu’Israël avait éliminé la plupart des responsables des attentats contre son Ambassade à Buenos Aires et contre l’AMIA2. « La grande majorité des coupables n’est plus de ce monde, et nous l’avons fait nous-mêmes », avait-il dit.

Le 19 janvier 2015, veille d’une audition officielle par la commission spéciale de la chambre des députés de Cristina Kirchner, Alberto Nisman a été retrouvé mort, une balle dans la tête.

 

Rafsandjani, président de la République Islamique d'Iran (1989- 1997)

 

Le 4 février 2015, 2 000 personnes défilent à Buenos Aires pour exiger la constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur son décès. Le 18 février 2015, un mois après sa mort, de grandes manifestations ont lieu en sa mémoire, avec une demande d’enquête et de vérité. Une plainte a été déposée à l’encontre de la Présidente Kirchner au sujet de cette affaire, mais elle a été rejetée par la Justice.3

 

Un autre attentat aura lieu en Argentine en 1994.


1 Courrier International, 14/03/2005 : Comme en 1992 à Buenos Aires – Haaretz – Ronen Bergman.

2 Association mutuelle israélite argentine

3 Publication du CRIF.

 

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