Après l’assassinat le 16 février 1992 par les Israéliens de Abbas Moussaoui, chef du Hezbollah, le parti de Dieu, son successeur Hassan Nasrallah1 lance une centaine de roquettes sur les villages Israéliens du Nord de la Galilée et déclare vouloir faire des roquettes Katiouchas un atout stratégique dans sa lutte contre Israël. Dès lors les tirs de roquettes se succèdent et rythment la vie quotidienne des Israéliens.

En réponse, Israël lance le 25 juillet 1993 l’opération « justice rendue ».

l’opération démarre par un pilonnage systématique dont le but est autant d’écraser le Hezbollah que de le séparer de sa base libanaise qui le tolère au sud du pays.

Pour le Premier ministre Ytzhak Rabin, il s’agit de

' forcer les Chiites à s’enfuir vers le nord, en les incitant ainsi à faire pression sur le gouvernement pour qu’il extirpe le Hezbollah hors de leurs villages.

En sept jours, 70 villages sont détruits, 140 (ou 132 ) civils libanais périssent et 350 000 fuient la zone.2

Durant ces sept jours, le Hezbollah lance environ 300 roquettes sur Israël. Psychologiquement l’effet réel est inverse de celui escompté par le gouvernement israélien. Le gouvernement libanais, loin de se désolidariser du Hezbollah ( bien plus fort que lui) , affirme

' qu’il ne peut empêcher des actes légitimes de résistance nationale depuis le sol libanais et qu’il n’est pas non plus du ressort de l’armée libanaise de protéger les frontières d’Israël.


Le 1er août, un cessez-le-feu intervient, à la condition expresse que le Hezbollah cesse ses tirs sur les villages du nord de la Galilée. Le 2 août le gouvernement libanais envoie son armée au sud Liban pour tenter de reprendre le contrôle de la zone.

1 C’est l’ayatollah Ali Khamenei et le Conseil des sages du Hezbollah qui l’ont invité à prendre la tête du parti ; l’Iran est en effet, avec la Syrie, le principal bailleur de fonds de ce parti chiite installé au Liban. Pas concerné par le tir sur des civils effectué par son organisation il réagit différemment lorsque l’État islamique sunnite fait de même. Il trouve leurs actes violents, immondes et inhumains. Il condamne aussi les attentats de janvier 2015 en France trouvant que leurs auteurs ont plus porté atteinte à l’islam que les caricatures de Mahomet. Nasrallah est toujours à la tête de son organisation en 2017.

2 Une histoire du Liban, David Hirst.

 

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