De fin juin à novembre 2008, le Hamas a envoyé 37 roquettes sur les localités de Sdérot et Ashkelon, proches de la bande de Gaza.

Les 4 et 5 novembre, 7 membres du Hamas qui creusent un tunnel sous la frontière israélienne dans le but d’enlever des soldats israéliens1 sont tués par l’armée israélienne. Le Hamas intensifie alors ses tirs de roquettes qu’il n’a jamais interrompu depuis 2001.

Les Israéliens entament le 27 décembre, l’opération Plomb durci qui dure 22 jours. l’armée bombarde le territoire Gazaoui puis procède à une offensive terrestre. l’opération fait entre 1 300 et 1 440 morts Gazaouis sans réussir à interrompre les roquettes.

Entre 2001 et 2008, le Hamas a envoyé 4 000 roquettes sur Israël (une dizaine par semaine pendant 8 ans) et 820 durant l’opération plomb durci. Le temps de réaction autorisé côté civil israélien est au maximum de 10 à 45 secondes pour se mettre à l’abri avant l’impact.

 


1 d’après l’ONG israélienne : Israel intelligence and terrorism information center

 

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Durant l'opération, la maison du docteur Izzeldin Abuelaish est bombardé. Abuelaish, premier médecin palestinien à travailler dans un hôpital israélien, est connu pour prôner la coexistence pacifique entre les Israéliens et les Palestiniens. Il apprend la mort de ses enfants alors qu'il est interviewé par le journaliste Shlomi Eldar, de la dixième chaine de télévision israélienne. Abuelaish perd trois filles, Bessan, 21 ans, Mayar 15 ans, Aya 14 ans, et leur cousine Noor dans la destruction de l'immeuble.

Abuelaish porte l'affaire devant les tribunaux en mars 2017. Il estime « qu'il n'y avait pas de raison militaire pour viser sa maison, ce qui fait du bombardement un crime de guerre »1

La défense s'embrouille un peu, affirmant tout d'abord que le tir ne provient pas de l'armée israélienne, puis après une enquête interne de l'armée qu'il s'agit d'une erreur de tir. Le 4 février 2009, l'armée livre une dernière version.

L’armée israélienne avait assumé la responsabilité de la mort de la famille d’Abuelaish, reconnaissant le 4 février 2009 qu’une unité d’infanterie Golani, sous les balles et pensant avoir vu des « guetteurs » du Hamas près de la maison d’Abuelaish, avait envoyé par radio une demande pour un tir de tank.

L’armée israélienne, d’après son rapport, avait été « attristée par le mal causé » à la famille, mais avait soutenu que « l’action des forces et la décision de tirer vers le bâtiment étaient raisonnables. »

Abuelaish s'exile et part vivre avec sa famille au Canada. En novembre 2016, Abuelaish, accompagnant le gouverneur général du Canada David Johnston, il rencontre le Président Reuven Rivli. Il déclare ensuite :

« Israéliens et Palestiniens sont des frères siamois ..Il a été décrété que nous devions vivre ensemble. Notre futur est entrelacé, l’un avec l’autre… Nous devons construire des ponts entre les personnes, pas mettre des blocus.

...Les Israéliens sont malades de la peur en raison de leur histoire et de leur narratif. Les Palestiniens sont malades de l’occupation. Comment pouvons-nous devenir plus forts, afin de vivre fièrement les uns à côtés des autres ? C’est ce qui m’inquiète : qu’au lieu de nous rapprocher, nous nous écartions. »

...Le coût est élevé. Chacun de nous souffre de ce [conflit] et le temps est compté, la vie est courte. Dieu nous a créés pour vivre. Nous avons une responsabilité envers nos enfants. »

Abuelaish a déclaré que cela lui faisait de la peine de venir en Israël sans pouvoir visiter les tombes de ses filles, « parce qu’il n’y a pas le temps, parce que j’ai besoin de permis et parce qu’il y a des barrières là-bas. »


En décembre 2018, Abuelaish est débouté par le parquet de Beer Sheva. Le tribunal estime que le bombardement trouve sa cause dans les pratiques criminelles des groupes terroristes qui ont stocké des armes dans l'immeuble d'habitation.

Le juge Shlomo Friedlander a déclaré que l’armée avait bombardé cet immeuble parce qu’il a semblé que des personnes sur le toit agissaient de manière suspecte et tiraient sur les forces israéliennes. De plus, a-t-il dit, il y avait des preuves que des explosions secondaires dans l’immeuble ont été causées par des armées stockées sur place, chose qu’Abuelaish ignorait.

« Il est regrettable que quatre enfants, qui n’étaient pas impliqués dans les combats, aient perdu la vie », a écrit Freidlander. « Cependant, c’est un dommage collatéral très malheureux de la pratique criminelle des organisations terroristes, qui mènent leur lutte contre Israël depuis la population civile. »


 

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