Intervenant devant le conseil de sécurité de l’ONU, ( cf texte intégral du discours) Mahmoud Abbas, récusant toujours la médiation des États-Unis demande la tenue d’une conférence internationale : 

 

Nous appelons à la convocation d’une conférence internationale pour la paix d’ici à la mi-2018, basée sur le droit international et les résolutions pertinentes de l’ONU, avec une large participation internationale et incluant les deux parties concernées ainsi que les parties prenantes régionales et internationales..

Mahmoud Abbas contrevient ainsi à la résolution n°1850 conseil de sécurité1 qui après avoir pris acte des avancées de l’époque ( Plan Fahd en 2002 et reconnaissance des la possibilité de deux États à la conférence d’Annapolis en 2007) affirmait son attachement à l’irréversibilité des négociations bilatérales.

Il déplore que Israël n’honore pas les accords internationaux et n’applique pas les résolutions de l’ONU. Il demande l’admission de la Palestine à l’ONU à l’issue de la conférence qu’il appelle de ses vœux et déclare vouloir la paix.

 

Nous refusons la violence et nous construisons des écoles , des hôpitaux, des centres industriels et agricoles. Nous n’achetons pas de chars ni d’avions (…) nous n’avons jamais refusé les pourparlers de paix

 

 

En réponse, Danny Dannon, l’ambassadeur israélien à l’ONU multiplie les formules choc.

 

Aujourd’hui encore, plutôt que de conduire seulement 12 minutes entre Ramallah et Jérusalem, il a choisi de voler 12 heures à New-York pour éviter la paix...Une chose est claire. Quand nous tendons la main, Abbas serre le poing.. Monsieur Abbas, vous avez dit clairement avec vos paroles et vos actions que vous ne faites plus partie de la solution, vous êtes le problème… Les Palestiniens ont besoin d’un leader qui construit des maisons, et non pas qui finance les terroristes.

 

 

 

Le vieux leader a quitté le conseil dès la fin du discours de Dannon et ne participe pas aux débats. Il n’écoute pas non plus la réponse de l’ambassadrice US Nikki Haley, :

 

Il y a le chemin des exigences absolutistes, de la rhétorique haineuse et de l’incitation à la violence. Ce chemin ne mènera à rien pour le peuple palestinien. (…) Nos négociateurs sont assis juste derrière moi, prêts à parler. Mais nous n’allons pas courir après vous. Le choix, monsieur le président, est à vous.

 

Benyamin Netanyahu commente :

Abbas n’a rien dit de nouveau, il continue de fuir la paix et de payer 347 millions de dollars aux terroristes et à leurs familles.

 


A Gaza, Mahmoud Abbas est perçu par les proches du Hamas comme trop complaisant envers les Israéliens.

 

Dans la foulée, les États-Unis annoncent que le transfert de l’ambassade aura lieu le 14 mai 2019 soit le jour anniversaire de l’indépendance d’Israël2, ou de la Nakba pour les Palestiniens. Pour ces derniers, le choix de cette date constitue un camouflet supplémentaire. Pour Saeb Erekat, le négociateur vétéran de l’Autorité palestinienne,

 

la décision montre la détermination de l’administration américaine à violer le droit international, à détruire la solution à deux États, à provoquer les sentiments du peuple palestinien, ainsi que ceux des Arabes, des Musulmans et des Chrétiens dans le monde.3 

 

Mahmoud Abbas intervient début mars 2018, au congrès du Conseil révolutionnaire du Fatah sur le thème « Jérusalem : capitale éternelle de la Palestine ».

Il déclare d’abord que personne ne saurait être garant de sa vie et que cette réunion est peut-être sa dernière sans que l’on sache s’il s’agit d’un effet dramatique ou de nouvelles médicales lui laissant peu d’espoir à court terme.

Il réaffirme ensuite son opposition à un plan de paix qui ne contiendrait pas toutes les exigences de l’AP : Un État palestinien sur les frontières d’avant 1967 avec Jérusalem-Est comme capitale.

 

Il attaque ensuite sur Gaza, tant Israël que le Hamas, avec qui la réconciliation paraît déjà loin :

Ce n’est pas nous qui assiégeons la bande de Gaza et tuons ses habitants (...)  Je veux un état de droit et un gouvernement qui applique la loi. Je ne veux pas que les gangs, les voyous, les vols et les armes soient aux mains de tout le monde. 

 

Il ajoute

qu’il n’est plus sûr de savoir si le Hamas « veut la réconciliation ou veut l’Iran », son principal parrain. Il est également difficile de savoir, a-t-il dit, si le Hamas « veut la réconciliation ou veut que l’Autorité palestinienne fonctionne comme un distributeur automatique de billets. »4

 

1 Résolution n°1850 du 16 décembre 2018 du conseil de sécurité de l’ONU. RES/1850 (2008)

 2 En fait l’indépendance (Yom Haʿatzmaout) n’est pas fêtée en Israël le 14 mai mais le 5 Iyar. Ce jour du calendrier hébraïque tombait le 14 mai en 1948, mais pour 2019, c’est le 19 avril.

3Le Monde 23/02/2018 Piotr Smolar

4The Time of Israël 5 mars 2018

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