Un palestinien, Abdel Fattah Al-Sharif attaque des soldats au couteau. Ceux-ci tirent et blessent l’assaillant. Abdel Fattah Al-Sharif est gravement blessé et reste à terre. Un film amateur le montre à terre tandis que les forces de l’ordre passent autour de lui sans s’en préoccuper. Arrive alors le sergent Elor Azaria, membre d’une unité para-médicale, agé de 21 ans. On le voit aller vers le blessé à terre et l’achever.

l’affaire fait grand bruit et le procès du sergent déchaine les passions. Azaria dit qu’il pensait que l’assaillant portait une ceinture d’explosif. C’est la première fois qu’un militaire est jugé pour ’usage illégal de la force.’

Maya Heller, la présidente du tribunal, estime qu’Elor Azaria avait bel et bien tiré pour tuer, alors que le Palestinien ne constituait pas une menace. Elle ajoute qu’il n’a exprimé aucun remords. Elle lui reconnaît cependant des circonstances atténuantes, notamment les «territoire hostile» sur lequel se sont produits les faits et «l’épreuve subie par sa famille». Azaria n’exprimera aucun remord sur son acte.

Le Premier ministre Netanyahu, mais aussi Avigdor Liberman, le ministre de la justice, Ayelet Shaked, ministre de la défense ainsi que 55 députés appuient les parents pour obtenir la grace présidentielle tandis que l’état-major dit souhaiter une peine exemplaire. Mais le président Reuven Rivlin refuse la grâce. Les réseaux sociaux se déchaînent le traitant de traitre et le caricaturant portant le keffieh d’Arafat.

Azaria est condamné le 30 juillet 2017 à 18 mois de prison ferme par un tribunal militaire et incarcéré le 9 août. Son arrivée est prison se fait devant les caméra et sous les applaudissements de ses soutiens. Il déclare alors

Au bout du compte, je rentre en prison la tête haute

Il dit toutefois que s’il n’avait pas pensé que le blessé portait une ceinture d’explosifs, il n’aurait pas tiré.

La peine est confirmée en appel. le président du tribunal, le major général Doron Piles déclare ,

Les soldats ne doivent pas régler leur compte avec les terroristes une fois qu’ils ne sont plus en danger, c’est le rôle du système judiciaire . L’accusé n’a pas endossé la responsabilité de ses actions et n’a pas exprimé une once de doute ou de réflexion. L’appel de la peine a donc été rejeté par tous les juges.

Mais sa peine est ensuite réduite en septembre de quatre mois par le chef d’état-major. Finalement en mars 2018, la peine est réduite d’un tiers.

Azaria sort de prison, en ayant effectué neuf des quatorze mois qu’il devait faire.

Netanyahu déclare qu’il est « content que cela soit fini »

« Le ministre des Transports et du Renseignement, Israel Katz, a demandé que le casier judiciaire d’Azaria soit supprimé. « Il était temps pour Elor de rentrer à la maison avec sa famille et ses amis. J’appelle le président Reuven Rivlin à agir maintenant pour supprimer le casier judiciaire d’Elor afin qu’il puisse s’intégrer dans la vie civile et poursuivre sa vie », a-t-il dit.

La ministre de la Culture et des Sports, Miri Regev, a déclaré qu’elle avait parlé au téléphone avec le père d’Azaria, Charlie, et a félicité la famille pour la libération de leur fils.

« J’ai été heureux ce matin de féliciter Charlie Azaria et sa famille », a-t-elle tweeté. « J’ai entendu des sons de joie venant de la maison et j’étais excitée pour eux. »

 

Comme Katz, membre du Likud, Regev a demandé à ce que le casier d’Azaria soit supprimé.

« Je souhaite qu’Elor et sa famille retrouvent un mode de vie normal », a-t-elle déclaré. « Il ne reste plus qu’un objectif : supprimer le casier judiciaire d’Elor. »

Le ministre de l’Éducation, Naftali Bennett, a tweeté une photo d’Azaria chez lui avec sa famille et a écrit: « Elor, c’est tellement bon de vous voir chez vous. »1

 

Mais pour les députés arabes et une partie de la gauche, la libération est un blanc-seing donné aux exécutions extra-judiciaires.

« Un gouvernement qui embrasse des assassins odieux et célèbre leur libération est un gouvernement qui prépare le terrain et donne le feu vert au prochain meurtre », a-t-elle déclaré dans un communiqué. « Le meurtre qu’[Azaria] a commis de ses propres mains est en fait un meurtre commis par tous ceux qui continuent d’oeuvrer, dans tous les sens, contre le peuple palestinien et contre le peuple arabe. »

« Il est irritant de voir Azaria libre après seulement neuf mois de prison », a-t-elle poursuivi. « Sa libération aujourd’hui envoie le message sévère que le sang palestinien est bon marché. »

Le député Yousef Jabareen, également de la Liste arabe unie, a déclaré : « L’attitude conciliante et sympathique dont nous sommes témoins dans la saga Azaria, qui a atteint aujourd’hui son apogée avec sa libération, a transformé le meurtrier Azaria  en héros, et en pratique, valide le prochain meurtre. »

 

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