La Birmanie aux XVIIe et XVIIIe siècles

 1613 : Anaukpetlun, roi d’Ava (1605-1629 ) prend Syriam1 à Philippe de Brito. L’empire birman est alors partiellement restauré.

1 aujourd'hui Thanlyin, en Basse-Birmanie

 

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Philippe de Brito e Nicote est né à Lisbonne de père français.

Commerçant en Sel dans l’île de Sandwip, il a beaucoup voyagé en Asie du Sud-Est avant de devenir conseil du roi d’Arakan Xilimixa (Salim Shah) puis gouverneur de Syriam, en face de Rangoun, où il édifie une forteresse. Sa position lui permit de taxer tous les bateaux entrant dans le royaume au nom du roi du Portugal et d’Espagne.

En 1608 il pille la pagode de Shwedagon près de Rangoun. Il vole la cloche dans le but de la fondre mais elle finit au fond du fleuve avec le bateau qu’elle a brisé. Participant à diverses guerres, il finit pas se voir assiégé en 1613 dans Syriam par le roi Anaukpeitlun (1605-1628). De Brito vaincu et finit empalé sur les remparts de la ville après 13 années de règne.

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"Une équipe de plongeurs birmans affirme avoir reçu le secours des esprits pour localiser, au fond du fleuve Rangoun, la cloche légendaire d'une pagode pillée par un mercenaire portugais il y a quatre siècles. Sous le regard d'une foule nombreuse et fascinée, des dizaines de plongeurs sommairement équipés sondent depuis plusieurs semaines les eaux troubles et agitées du fleuve dans l'espoir d'y trouver la cloche Dhammazedi. ...


"Après avoir demandé l'autorisation de toutes les personnes nobles et des saints, nous déclarons que nous avons trouvé la cloche Dhammazedi", a indiqué dans un communiqué le responsable des recherches, San Lin, sans toutefois apporter la preuve de ses affirmations. Certains historiens birmans ne cachent pas leur perplexité et remettent en cause jusqu'à l'existence même de la cloche. Les méthodes des plongeurs n'y sont pas pour rien, qui ont délaissé l'attirail moderne dévolu à l'exploration sous-marine au profit d'incantations destinées à apaiser l'esprit du dragon qui, selon eux, protègent la cloche.


"On ne peut rien retrouver en suivant les conseils des astrologues et en invoquant les nats (les esprits), les dragons et les galouns (oiseaux mythiques)", a réagi Chit San Win, de la Commission d'Histoire birmane, interrogé par l'AFP. San Lin, qui soutient avoir vu la cloche une première fois en 1998 lors d'une précédente tentative, a promis de sortir la cloche de l'eau dans les jours qui viennent. La cloche de bronze pèserait 294 tonnes, l'équivalent d'un Boeing 777 au décollage. Les historiens pensent qu'elle a été offerte à la pagode Shwedagon en 1484 par le roi-moine Dhammazedi. Elle aurait ensuite été volée par le marchand portugais Filipe De Brito e Nicote - connu en Birmanie sous le nom de Nga Zinga - qui voulait en fondre le bronze pour fabriquer des canons."
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1 Le figaro.fr 27/08/2014

 

La dernière dynastie birmane

La dynastie Konbaung (1752-1885)

 

Pegou (actuellement Bago), une cité très convoitée.

Les guerres impliquant Pegou se succède rapidement, la cité changeant de maitres à plusieurs reprises.

Pegou est conquise par les Mon au VIIIe siècle, reprise par les Birmans en 1057. En 1084 elle se révolte mais attend 1287 pour revenir aux mains de Mons.

Après la guerre de quarante ans (1385-1424) , elle redevient Birmane en 1539, échappe à la dynastie Taungu en 1599 mais est récupérée en 1613. En 1634, les Birmans lui enlèvent son statut de capitale au profit d’Ava.

En 1740, les Mons se révoltent et retrouvent leur indépendance en 1747.

En 1752, les Mon s’emparent d’Ava mais dès 1757 c’est à nouveau le pillage et la destruction de Pegou par les Birmans de Alaungpaya, fondateur de la dynastie Konbaung.

En 1759 une grande partie de la population Mon est exterminée.

Pegou est reconstruite par le roi Birman (Dynastie Konbaung) Bodawpaya (1782-1819) sans retrouver son rang. Finalement elle est annexée par les Anglais en 1852 , dernier soubressaut de son histoire mouvementée.

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1753 : Invasion et pillage de Lunang Prabang (Laos), sans intervention du roi de Vientiane (Ce denier s’en empare en 1791)

 Alaungpaya1 conquiert Syriam en 1756, prend Manipur au Sud en 1758, puis Pegou en 1759. Il s’empare en 1760 de Rangoun2. Il est tué à 45 ans, par l’explosion de l’énorme canon pointé sur la ville d'Ayuthaya qu’il tenait à diriger personnellement.

 

1767 : Prise d’Ayuthaya

Hsinbyushin (1763- 1776), deuxième fils de Alaungpaya, aidé en cela par un gigantesque incendie, conquiert la ville royale du Siam le 7 avril 1767 sur le 33ème et dernier roi d’Ayuthaya, Somdet Phra Chao Ekkathat. Le siège a duré quatorze mois.  La prise de la ville donne lieu à un pillage en règle. Les statues sont détruites, les feuilles d’or enlevées. Femmes et hommes sont torturés pour qu’ils donnent les endroits où ils ont caché leur bijoux. Tous les écrits sont brulés.  Le sac de la ville oblige les Siamois à installer leur capitale à Bangkok.

 

Entre 1766 et 1769, les Chinois Mandchou tentent à quatre reprises d’envahir la Birmanie. Ils sont repoussés.

 

1776 : Suite aux différentes révoltes Siamoises contre l’occupant Birman, les Konbaung , usés par les guerres avec la Chine, évacuent le Siam.

 

1783 : La capitale est transférée à Amarapura, à une dizaine de kilomètres d’Ava par le roi Bodôpaya (1782-1819) , fils d’Alungpaya

 

1784 : Les Birmans annexent l'Arakan et pillent sa capitale Mrohaung provoquant les premiers contacts avec les Anglais, l’Arakan jouxtant l’Inde Britannique.

 

1794 : Insurrection dans l’Arakan.

 

1795 : Première ambassade de l’Anglais Symes3 à la cour d’Ava.

 

La Birmanie au XIXe siècle

 

1813 : Les Birmans reprennent le contrôle du royaume Hindou de Manipur

En 1818, Les Birmans installent un prince qui leur est acquis sur le trône d’Assam suite à la demande d’intervention du rajah d’Ahom.4

 

1 Son nom signifie « futur roi Bouddha »

2 Rangoun n'est alors qu'un village du nom de Dagon, autour de la pagode Shwedagon, au confluent des rivières Bago et Myitmaka. Le nom birman Rangoun, signifie « qui n'a pas d'enemi»

3 Le diplomate Michael Symes laissera un récit toujours édité (ed. Olizane) : Voyage en Birmanie

Relation de l’ambassade envoyée à la cour d’Ava en 1795

4 La dynastie Ahom, d’origine Shan est installée depuis 1329 en Assam.

 

Les guerres Anglo-Birmanes.

Opposant les armées de la monarchie birmane aux forces britanniques établies aux Indes (et la toute puissante compagnie des indes orientales – BEIC*) , elles ont pour objet le contrôle du golfe du Bengale, et la rivalité issue des conquêtes birmanes des provinces de l’Arakan et de l’Assam.

 

1er conflit :1824 – 1826 :

Le premier conflit fait suite aux incursions birmanes sur des territoires contrôlés par les Britanniques au Bengale voisin. La Compagnie des Indes Orientales déclare la guerre au royaume birman. La Grande-Bretagne perd 30 000 soldats et s’installe pour plus d’un siècle en Birmanie.

 

Les britanniques vainqueurs occupent Rangoun le 11 mais 1824 et imposent le traité de Yandabo signé le 24 février 1826.

 

L’article 1er du traité prévoit « la paix perpétuelle et l’amitié éternelle entre l’honorable compagnie et le roi d’Ava ». Les bonnes intentions sont appuyées par des espèces, les preuves d'amour étant toujours plus fortes que l'amour seul.

 

L’article 5 du Traité dispose que « Pour preuve de la disposition sincère du gouvernement Birman pour maintenir les relations de paix et d'amitié entre les Nations, et dans le cadre indemnisation au gouvernement britannique pour les dépenses de la guerre, Sa Majesté le Roi d'Ava s'engage à payer la somme de un crore de roupies. », c’est-à-dire un million de livres sterling en or et en argent.

 

La Grande-Bretagne ampute une partie du territoire Birman (Assam, Manipur, Arakan et Tenasserim). La Birmanie se voit contrainte d’accepter la présence permanente d'un ambassadeur à la cour d'Ava, Henry Burney.

 

2ème conflit : 1852 - 1855 Annexion de la Basse Birmanie

Prétexte : Avec l'approbation tacite du souverain, le gouverneur de la cité de Rangoun, du nom de Maung Ok, se livre à un véritable racket au préjudice des commerçants et résidents britanniques séjournant dans « sa » ville. À l'été 1851, il tenta de soutirer de l'argent aux capitaines de deux navires anglais en les accusant de meurtre. Les plaintes des deux marins auprès de Lord Dalhousie, le Gouverneur-général des Indes à cette époque, décidèrent celui-ci à agir de manière prompte et énergique, sans toutefois envisager d'emblée la manière forte. Mais le zèle intransigeant de son délégué sera à l'origine de la deuxième guerre anglo-birmane.

En trois mois, Rangoun (14 avril 1852) et les trois villes de Basse Birmanie sont reprises.

Cette deuxième guerre permet surtout à la Grande-Bretagne, qui convoite les ressources naturelles du pays et souhaite ouvrir une voie vers Singapour, d’annexer (en 1853) la province de Pegou en basse-Birmanie. Les britanniques décident unilatéralement d’arrêter les combats sans qu’aucun traité ne soit signé.

A la suite de ces défaites aura lieu une révolution mettant au pouvoir le demi-frère du souverain qui tente de résister aux britanniques et établit une nouvelle capitale à Mandalay.

 

3ème conflit 1885 : Incorporation de la Birmanie à l'Empire britannique

Le conflit est provoqué par les britanniques désireux d’annexer la totalité de la Birmanie.

La guerre ne dura que quelques semaines, du 22 octobre au 28 novembre, et se conclut par la fin de la dynastie Konbaung (abolition de la monarchie) et l'annexion de la Birmanie, annoncée au Parlement britannique le 1er janvier 1886 par Sir Randolph Churchill au titre de «cadeau de Nouvel-an » à la Reine Victoria. Afin de mieux le contrôler, le pays est divisé en deux. D'une part la plaine centrale où sont concentrées les Birmans, d'autre part les provinces périphériques où vivent les minorités ethniques.

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1878 : Thibaw (Ti Bo), 11e roi de la dynastie Konbaung et dernier roi de Birmanie accède au pouvoir à 16 ans.

Étant le plus jeune des prétendants au trône, il avait peu de chance d’y parvenir sauf à s’en débarrasser, ce qu’il fit. Selon ses propres termes « Il purge le royaume conformément aux traditions ». Le problème est qu’étant assez éloigné dans le rang protocolaire, il doit éliminer 83 membres de sa famille.

Afin que le sang royal ne coule pas, ils sont battus à mort dans des sacs en velours rouge1 durant un interminable massacre de deux jours par ses gardes. Il fallut ensuite enterrer les cadavres dans la cour royale mais les gaz émis par les corps soulevant le sol, il fallut ensuite faire passer des éléphants pour l’aplanir. Le protocole, assez sévère mais confidentiel jusque-là fut cette fois ci largement diffusé en Angleterre et Thibaw sévèrement jugé.

Le prétexte pour intervenir était tout trouvé pour les Anglais.

 Le court règne du roi Thibaw s’achèvera donc par l’exil vers l’Inde fin 1885 lors la prise de pouvoir des Britanniques à l’issue de la dernière et courte guerre Anglo-Birmane

29 novembre 1885 : La Birmanie devient une dépendance britannique.

 1er janvier 1886 : La Birmanie est rattachée à l’Inde Britannique (le Raj )

 

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