Face au Mont des oliviers, cette porte a été fermée par Saladin

 Outre la porte des Lions, (porte  Saint-Etienne) ll existe une seconde porte dans la muraille orientale : la monumentale double porte dorée, la plus ancienne, située un peu plus au sud, en face du mont des Oliviers.

Si on pouvait la franchir, elle donnerait directement accès à l'esplanade du Temple (ou des Mosquées), la grande terrasse où était situé le temple construit par Hérode. Mais elle est murée, et selon la légende elle ne se rouvrira qu'à la fin des temps.

La porte représente une structure rectangulaire en pierre avec deux façades décorées. Contrairement aux autres portes, la façade orientale n'a pas été construite comme une partie du mur de l'esplanade, mais a été décalée de 2,00 mètres par rapport au mur. La double porte est suivie d'un double passage couvert par trois paires de coupoles.

À l'origine, la façade est comportait deux grandes portes, séparées par une colonne. Chaque porte mesure 3,90 mètres de large, soutenant un arc en plein cintre avec une frise décorée.

Certains éléments de la décoration ressemblent beaucoup à la décoration d'autres bâtiments non musulmans qui existaient en Syrie historique. Les ouvertures de la porte mènent à un vestibule rectangulaire en forme de dôme, mesurant 20,37 mètres de long et 10,50 mètres de large. À l'époque, la salle se composait de six dômes peu profonds, de forme elliptique, dont deux ont été modifiés par la suite. Ces dômes sont séparés par des arcs de forme elliptique qui s'appuient sur deux pilastres aux entrées et deux colonnes centrales. Chaque dôme de la double porte est construit sur un plan carré, de sorte que des pierres spéciales sont nécessaires pour former les cercles de pierre successifs qui forment le dôme.

Cette porte, devant laquelle se trouve le plus vieux cimetière musulman de Jérusalem, non loin du plus vieux cimetière juif, est fortement associée aux temps derniers et à la résurrection des morts (voir Le mont des Oliviers).

Elle est d'ailleurs appelée, en arabe Bab al-Rahmah comme en hébreu Sha'ar Harahamim, « porte de la Miséricorde ». Le nom « porte dorée » résulte quant à lui d'une confusion linguistique : la tradition chrétienne ayant identifié cette porte avec la « Belle Porte » du récit de la guérison de l'infirme par Pierre (Ac 3,1-10), on a éventuellement confondu le terme grec horaia (« Belle ») et le terme latin aurea (« Dorée »).

"En ces jours-là, Pierre et Jean montaient au Temple pour la prière de l’après- midi, à la neuvième heure. On y amenait alors un homme, infirme de naissance, que l’on installait chaque jour à la porte du Temple, appelée la « Belle-Porte », pour qu’il demande l’aumône à ceux qui entraient."

La porte actuelle date vraisemblablement de l'époque omeyyade (VIIe s.) et elle a été érigée au dessus d'une autre porte encore plus ancienne découverte récemment. Cette porte ancienne n'a pas encore fait l'objet de fouilles archéologiques en raison de sa proximité avec le cimetière musulman, mais ce serait celle-là qu'auraient empruntée Jésus et ses disciples lors de l'« entrée des Rameaux » s'ils sont passés par le mont des Oliviers comme le rapportent les évangiles (Mc 11,1-11 et par.).

La porte dorée, donne directement sur l'esplanade. Selon une tradition, Soliman le Magnifique l'a fait fermer en 1541 pour faire barrage à l'éventuel arrivée du Messie, qui, dans la tradition juive, est prévu par cette porte. Un cimetière musulman a ensuite été établi le long du mur, car le Messie étant un Cohen, il ne pourra pas, toujours selon la tradition juive traverser un cimetière.

Plus probablement, les sépultures étant traditionnellement situées hors la ville, les tombes ont été installées au plus près des murailles et du Haram, l'esplanade des mosquées.

Cette porte est appellée porte de Shushan ( Suse,  capitale de la Perse) dans la Mishna (Massekhet Middot 1:3) , la partie du Talmud issue d'une retranscription de la loi orale. La Mishna, compilé par Rabbi Juda Hannassi date du IIIe siècle de notre ère. L'appellation provient du fait que la porte était décorée, toujours selon la Mishna, d'une gravure représentant la ville de Suse. La gravure rappellerait que le temple n'existe que parce que le roi perse Cyrus qui a autorisé sa reconstruction du temple et le retour des Juifs à Jérusalem. C'est à la fois un moyen de s'en rappeler et de louer Cyrus d'avoir permis ce retour. Un moyen de transmettre l'histoire aux générations suivantes.

Il ne reste pas de trace archéologique de cette gravure.

 

 

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