L’horizon de Florence est très caractéristique, reconnaissable par n’importe qui dans le monde; parmi les toits se dresse l’imposant dôme de Brunelleschi, le clocher de Giotto et la célèbre silhouette du Ponte Vecchio. Parmi ceux-ci, vous remarquez également une autre structure en forme d’église, surmontée d’un dôme vert: elle ne passe certainement pas inaperçue.
C’est une architecture très unique pour Florence, et n’a rien à voir avec les structures médiévales ou Renaissance de la ville: c’est la grande synagogue de Florence ou « Tempio Maggiore Israelitico ».
La présence de la communauté juive de Florence remonte au début du XIVe siècle.
Protégés par des liens étroits avec la famille Médicis, les Juifs florentins ont été épargnés par les menaces répétées d’expulsion qui ont commencé au XVe siècle. Elle cantonnée dans un ghetto de 1571 à 1799.
La nécessité d'un temple digne de la communauté florentine avait été évoquée dès la fin de l'année 1847, mais les difficultés à réunir les fonds nécessaires ont paralysé toute initiative pendant plusieurs décennies. Le facteur décisif, en 1868, fut la volonté du cavalier David Levi, qui engagea sa fortune pour la construction d'un « temple monumental digne de Florence ». En novembre 1870, les architectes Falcini, Treves et Micheli furent chargés de concevoir le projet.
Le choix de l'emplacement fit suite à un long débat entre ceux qui souhaitaient conserver le lieu de culte en centre-ville et ceux qui le souhaitaient dans une zone plus périphérique. Cette dernière option prévalut, et le quartier de « Mattonaia » fut retenu, toujours à l'intérieur des remparts, mais où l'expansion des constructions n'avait pas couvert les terres restantes pour les potagers et les jardins. Le nouveau Temple de Florence fut inauguré le 24 octobre 1882, quelques années après l'émancipation des Juifs italiens, qui eut lieu en 1861 avec la proclamation de l'unification de l'Italie
Sa construction s'inspira du climat de l'Émancipation, époque marquée par deux processus apparemment opposés, mais en réalité étroitement liés : l'assimilation des modèles de basiliques chrétiennes et des anciennes synagogues espagnoles, et la recherche d'une identité juive qui s'exprimerait également à l'extérieur par une architecture distinctive. Le résultat global, interprété à la lumière de l'éclectisme de la fin du XIXe siècle, offrait une création novatrice, mêlant des éléments mauresques, romans et byzantins.
La synagogue est l'un des exemples les plus significatifs en Europe du style exotique mauresque avec des éléments arabes et byzantins, qui caractérise à la fois l'extérieur, avec l'imposante façade recouverte de dalles de travertin blanc et de calcaire rose, le dôme central et ceux des tours latérales recouverts de cuivre (à l'origine dorés), les portails en noyer, et les intérieurs et le mobilier en bois.


