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La structure politique de l'empire mamlouk

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La Palestine — appelée dans les sources arabes médiévales Bilad al-Sham (« pays du Levant ») ou plus précisément Jund Filastin (« district militaire de Palestine ») — n'était pas une entité administrative distincte dans l'Empire mamelouk. Elle était divisée entre plusieurs provinces rattachées à Damas ou directement au Caire.

La structure administrative mamelouke reposait sur un système de gouverneurs militaires (nā'ib, pluriel nuwwāb) nommés par le sultan, assistés d'un appareil bureaucratique arabophone et d'une garde mamelouke. Les principales villes — Jérusalem (al-Quds), Gaza (Ghazza), Safed (Tsafed), Naplouse (Nablus), Hébron (al-Khalil) — étaient des chefs-lieux de province (mamlaka) dotés chacun d'un gouverneur, d'une garnison et d'institutions religieuses et commerciales.

Ce système de gouverneurs nommés par le centre et révocables à volonté avait une conséquence architecturale importante : les gouverneurs ambitieux investissaient massivement dans la construction de monuments à leur nom, cherchant à laisser une trace durable qui justifierait leur passage et assoirait leur prestige auprès du sultan et de la population locale. Jérusalem, en particulier, bénéficia de cette émulation entre gouverneurs bâtisseurs. >> suite