C'est en 1853 année qu’apparaît pour la première fois sur une carte allemande la séparation de la vieille ville en quatre quartiers chrétiens, arméniens, juifs et musulmans. Le découpage est repris sur les plans à destination des pèlerins comme il est d'usage maintenant de représenter Jérusalem intra-muros.

« Les sources administratives locales (…) contredisent largement cette vision occidentale et font état de la forte mixité des différents quartiers, y compris dans la vieille ville...il n'y a pas d'homogénéité ethnico-religieuse à l'intérieur des quatre quartiers supposés de Jérusalem….[en ] 1905, on constate que 29 % des familles musulmanes de Jérusalem vivent à l'intérieur du quartier dit «juif » ; que 32 % des familles juives vivent à l'intérieur du quartier dit « musulman » ; et que 24 % des familles chrétiennes vivent à l'intérieur du quartier dit « musulman »1

Vincent Lemire souligne l'absurdité d'avoir une dénomination quartier musulman à l'époque où le pouvoir comme la population majoritaire est musulmane. Reste que la carte, pérénisée par les britanniques à leur arrivée en 1917 a fini par créer une réalité, la vieille ville est maintenant divisée en quatre quartiers beaucoup plus homogènes qu'au 19e siècle.

Ainsi, la quadripartition de Jérusalem, loin d'être une donnée immanente attachée de toute éternité à la géographie de la ville, relève pourtant d'une invention cartographique tardive, plaquée de l'extérieur par les observateurs européens.

Aujourd'hui encore cette quadripartition est l'une des bases principales de discussion sur le statut final de Jérusalem.

1Vincent Lemire, Jérusalem ville monde p.339

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