Les Hasmonéens (ou Macchabées dans la tradition chrétienne) sont une dynastie qui parvient au pouvoir en Judée au cours de l'insurrection des Maccabées de -168 initiée par Mattathias fils de Hasmonaï, d'où leur nom.

Le premier à régner avec le titre de Grand prêtre est le successeur de Judas Maccabée (lui-même fils de Mattathias, révolté contre les romains), Jonathan (octobre 152-142 av. J.-C.). Son successeur est Simon, son frêre.

Antiochos VII en −131 s'empare de Jérusalem. Jean Hyrcan, deuxième fils de Simon, se soumet. Mais la mort inopinée du roi en - 129 permet à Jean Hyrcan de reconquérir sa capitale et de restaurer l'indépendance juive de fait.

Jean Hyrcan a tout de même été obligé de reconnaître son statut de vassal du monarque séleucide en s'acquittant d'un tribut et en livrant des otages; rien n'interdisait qu'une semblable situation ne se reproduise si les Séleucides parvenaient à sortir de leur interminable querelle dynastique.

Libéré de ses engagements, Jean Hyrcan repart en campagne pour agrandir son État. Il s'empare ainsi d'une partie de la Transjordanie en −128, de l'Idumée en −125 et de la Samarie, où il détruit vers −108 le temple des Samaritains.

Pour se conformer aux instructions du Deutéronome, les Iduméens sont convertis de force au Judaïsme, ce qui est une exception dans l'histoire d'une religion réticente devant les conversions.

À sa mort, une lutte dynastique éclate entre ses deux fils : Aristobule règne pendant un an de −104 à −103 avec le titre de Basileus et conquiert la Galilée qu'il judaïse. Alexandre Jannée, l'autre fils de Jean Hyrcan règne de −103 à −76. Le royaume hasmonéen atteint vers −75 une étendue comparable à celle qu'aurait eue d'après la Bible le royaume de Salomon.

Après la mort d'Alexandre Jannée en −76, sa veuve Salomé Alexandra lui succède jusqu'en 67, à la suite de quoi les deux fils d'Alexandre Jannée, Jean Hyrcan II et Aristobule II se disputent le pouvoir. C'est sur ce fond de querelle dynastique qu'intervient Pompée, général romain, qui s'empare de Jérusalem en −63. À compter de cette date, la Judée devient un protectorat romain8.

Les Romains donnent à Hyrcan II le titre d'« ethnarque » et de « grand prêtre », en ayant soin de le doubler par un conseiller, Antipater, un Iduméen converti au Judaïsme. Le fils de celui-ci, Hérode, se fait reconnaître « roi des Juifs » par le Sénat romain en −40 avant notre ère. Il reconquiert le pays avec les Romains jusqu'en −37. En effet, en 40 av. J.-C., les Parthes avaient envahi la Syrie-Palestine et soutenu Antigone II Mattathiah, un fils d'Aristobule, comme prétendant au trône de Judée au détriment d’Hyrcan II, qu'ils avaient emmené en captivité.

Hérode règne sur la Judée après l'exécution d'Antigone II, dernier des Hasmonéens, en -37. Il meurt en -4.

Évolution de la société juive sous les Hasmonéens

Les Hasmonéens ont bâti à partir de −152 un véritable État, en profitant de la rivalité entre deux rois séleucides. Jonathan se fait ainsi accorder non seulement des titres à la cour séleucide, mais aussi la fonction de Grand-Prêtre (à laquelle il n'avait aucun droit) et d'ethnarque (c'est-à-dire chef du peuple) des Juifs, c'est-à-dire l'unique interlocuteur du pouvoir royal. Profitant de la paralysie du royaume séleucide, il entreprend sur le champ une politique de conquête de toute la Palestine, qui sera poursuivie par tous ses successeurs. Cette politique de conquête s'accompagne le plus souvent de la judaïsation forcée des populations soumises (Iduméens) ou de leur exil (Grecs des villes de Décapole ou de la côte).

Malgré cela, l'état hasmonéen, qui devient royaume lorsqu'Aristobule Ier se proclame basileus en 104-103, prend l'allure d'un royaume hellénistique, avec une armée largement constituée de mercenaires, un monnayage imité des Grecs à partir de 128, une cour, des palais.

Cela choque profondément les Juifs pieux qui avaient soutenu les Maccabées dans leur révolte contre les Hellénistes et les Séleucides, au point que l'on assiste le plus souvent à une rupture de fait entre ceux que l'on nomme désormais les pharisiens et les Hasmonéens. C'est aussi durant cette période que se développe une littérature fortement hellénisée, comme les livres de Judith et d'Esther, écrits sous la forme de romans hellénistiques. Né de la révolte contre la politique d'hellénisation de Jason puis de Ménélas, le royaume hasmonéen favorise en fait l'entrée progressive du monde juif dans la culture grecque de son temps.

Dans le vaste territoire contrôlé par les Hasmonéens qui ont su profiter de la faiblesse des Séleucides, la religion juive est loin d'être la religion majoritaire si bien que le pays gouverné par Jean Hyrcan a plus les caractéristiques d'un royaume grec que celles d'un état juif. L'influence grecque se manifeste par des signes extérieurs que sont le titre de basileus pris par Aristobule Ier dit le Phihellène, mais aussi par les noms grecs, que les deux frères, Aristobule et Alexandre accolent à leurs noms juifs. Malgré la présence du Temple, qui reste écrasante, toute l'organisation du pouvoir civil et militaire reste sur des modèles grecs.

Pour autant, les conflits apparaissent lors de la Révolte des Maccabées entre les juifs hellénisants et les tenants d'un judaïsme qui englobe tous les aspects de la vie :

pendant les règnes de Jean Hyrcan et de son fils Alexandre Jannée, on voit se cristalliser une opposition entre les Peroushim, littéralement, les « séparés » qui seront connus sous le nom de Pharisiens et le pouvoir monarchique. Jean Hyrcan aurait abrogé les pratiques imposées au peuple et puni ceux qui les observaient. Alexandre Jannée qui fait crucifier par centaines des rebelles juifs, utilise des soldats grecs pour combattre les Pharisiens. Sa veuve Salomé Alexandra s'appuya davantage sur les rabbins Pharisiens.

Les membres du parti pharisien ne contestent pas l'autorité politique de Hyrcan, mais lui demandent de renoncer à la charge de Grand-Prêtre. Hyrcan en rompant avec les pharisiens se tourne vers le parti adverse, celui des Sadducéens à qui il réserve le Conseil.

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