La Vallée du Cédron cours le long des murailles, séparant l'esplanade des mosquées du mont des oliviers. En descendant au pied du cimetière, on trouve plusieurs monuments notables, aisément indentifiables, le monument d'Absalom et la tombe de Zacharie.1

- Le monument d'Absalom - pilier d'Absalom


C'est un monument funéraire datant de la période du Second Temple (1er siècle ap. JC) de 20 mètre de haut avec un base rectangulaire de plus de 6 mètres de large. Le monument est composé d'une partie basse est taillée dans le rocher, et d'un élévation maçonnée

La base décorée des colonnes ioniennes et d'une frise dorique surmontée d'une corniche égyptienne. Elle abrite une petite pièce avec deux arcosolia destinés à recevoir les corps des défunts. Le plafond de la chambre funéraire est décorée d'un bas-relief carré représentant un cercle avec une étoile au centre.

Arcoslia : les catacombes à l'époque paléochrétienne : elle prend la forme d'une niche semi-circulaire avec un arc creusé au-dessus du cercueil, le plus souvent un sarcophage. Il est souvent présent dans le cubiculum, la chambre funéraire. L'arcosolium porte fréquemment un décor peint, sur la lunette et l'intrados de l'arc.

La partie supérieure sert de nefesh pour la tombe située en-dessous, et peut-être aussi pour la tombe, dite grotte de Josaphat, dont l'entrée est située derrière. L'accès à la tombe d'Absalom se faisait par une entrée dans le mur est. Elle ouvre sur une série de marches qui descendent dans la chambre. Sous l'escalier, une niche funéraire, un kokh, a semble-t-il été creusée plus tard. À l'époque byzantine, la tombe a été utilisée comme habitation par des moines. Des ouvertures supplémentaires ont été percées sur les quatre côtés de la façade de manière à ventiler et à donner de la lumière. La paroi extérieure du kokh a elle-même été enlevée pour le transformer en ouverture

Un nefesh (pluriel : nefashot) est un monument funéraire sémitique placé sur une tombe de manière à être vue de loin. Dans le Levant antique, il est associé aux pratiques funéraires des Juifs, des Syriens et des Nabatéens. Il a généralement une forme pyramidale ou conique. Un nefesh n'a pas pour but d'abriter une chambre funéraire, il s'agit d'un monument plein. Des nefashot sont notamment construits en Judée à l'époque du Second Temple (IIe siècle av. J.-C. - Ier siècle). Les plus connus sont ceux des tombeaux de la vallée du Cédron à Jérusalem et le tombeau de Hermel au Liban.

 

Un kokh (pluriel kokhim en hébreu, littéralement « four ») est une cavité rectangulaire creusée dans les chambres funéraires dans laquelle le mort est placé lors de son inhumation. C'est un terme hébraïque équivalent à loculus. Les kokhim sont des éléments typiques des tombes juives de la période du Second Temple avec l'autre type de tombes de cette période, les arcosolia. L'emploi du terme kokh est fréquent dans la littérature rabbinique et il apparait dans une inscription en araméen découverte en 1932 par Eleazar Sukenik dans une tombe de la vallée du Cédron.

Un kokh est une cavité longue et étroite creusée perpendiculairement aux parois des chambres funéraires. Elle mesure environ 2 m de long et 50 cm de large. Le kokh est destiné à accueillir un seul corps en position allongée. Le kokh est fermé par une dalle verticale fixée par du mortier. La dalle de fermeture est prévue pour être rouverte à plusieurs reprises, selon les besoins. Elle n'est ni décorée, ni ne porte d'inscription, car son usage est temporaire. Lors de fouilles archéologiques, plusieurs kokhim ont été découverts encore scellés. Le kokh est généralement creusé au niveau du sol. Des canaux sont creusés dans le centre du puits pour drainer l'eau qui s'infiltre à travers la roche.

De nombreux exemples de kokhim peuvent être trouvés, en particulier tout autour de Jérusalem. Le kokh a son origine en Phénicie ou en Égypte ptolémaïque. En Judée, l'usage des kohkim commence à partir du IIe siècle av. J.-C. Il remplace l'usage des bancs, très communs à l'âge du fer. À partir du Ier siècle, les kokhim servent aussi à déposer des ossuaires.

Le monument est attribué à Absalom, le fils du roi David, antérieur pourtant d'au moins dix siècle à la construction . Cette attribution repose sur un passage du livre de Samuel :

« Or, Absalom s'était, de son vivant, fait ériger un monument dans la Vallée du Roi, disant: « C'est pour perpétuer mon nom, puisque je n'ai pas de fils »; et il appela de son nom le monument, qui fut appelé Yad Avshalom, nom qu'il porte encore »2

Absalom : Il est le troisième fils3 du roi David, un des frères de Salomon dont il est l'ainé. Il a fait tuer son demi-frère Ammon qui avait violé sœur Tamar. Le roi David lui même au courant du viol n'a rien fait. Absalom s'enfuit suite à ce meurtre. C'est le même Absalom qui fomente une révolte contre le roi David son père, poussant ce dernier à s'enfuir au-delà du jourdain, via le mont des oliviers. La bataille a lieu dans la forêt d'Ephraïm et Absalom, malgré les consignes de David est tué. Absalom est enterré sur place alors même qu'il avait érigé son monument dans la vallée (mais si ce ne peut être celui-là)

une inscription mentionne le nom de Zacharie et aurait été ajoutée à l'époque byzantine alors que c'est le monument voisin, qui est appelé Tombe de Zacharie, En fait, au IVe siècle, il était encore bien connu comme la Tombe de Zacharie fils de Yéhoyadah.

- Grotte de Josaphat -

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-Tombe de zacharie -

 


Cette « tombe » est attribuée par le folklore à Zacharie fils du Grand prêtre Yéhoyadah, mort assassiné sous le roi Joas au IXe siècle av. J.-C..

Le monument date du Ier siècle, tout comme le monument d'Absalom.

C'est un monolithe carré de 5,5 m de côté et sans ouverture.

Sa partie inférieure est constituée d'une plate-forme à degrés, une crépis. Sa partie supérieure est pyramidale.

Le monument présente un style composite, avec des colonnes de style ionique et une corniche égyptienne. Il ne s'agit pas d'une tombe mais d'un monument funéraire, un nefesh, qui marque l'emplacement d'une tombe. Le passage tout autour ne donne pourtant accès à aucun complexe funéraire, contrairement au monument d'Absalom qui constitue le nefesh de la tombe adjacente, appelée grotte de Josaphat.

La « tombe » de Zacharie est à rattacher à la tombe non terminée située au sud, ou peut-être à la tombe de Benei Hezir au nord auquel il est relié.

Des fouilles réalisées en 1960 ont révélé une petite chambre située sous le monument. Elle ne fait pas partie du monument original mais elle est à relier à une chapelle construite après le IVe siècle, peut-être vers le début du VIe siècle, pour recevoir les reliques de Jacques le Mineur et des prêtres Simon et Zacharie. Les inscriptions en hébreu sur le monument sont des lamentations juives ajoutées au XVIe siècle.

Les traces d'une chapelle sont visibles aux pieds de la tombe des Benei Hezir. À partir du IVe siècle, cette tombe est considérée comme la tombe de Jacques. Selon un manuscrit latin du Xe siècle, un riche homme d'Éleuthéropolis aurait dédié une chapelle à Jacques le Mineur en 352 dans la vallée du Cédron. La comparaison avec des récits en géorgien et en arabe concernant le même endroit montre cependant que le document latin est secondaire.

Entre le IVe siècle et la fin du Moyen Âge, plusieurs tombes voûtées sont construites entre la base du monument et la paroi, au nord, à l'est et au sud. Les restes de ces tombes ont été dégagés en 1960 et retirés en 1969.

Cette tombe est identifiée, dans la tradition chrétienne, à celle de Zacharie père de Jean le Baptiste.

1 Bien qu'ils soient aussi en bord du Cédron, le puit de Warren, le tunnel d'Ezechias et la piscine de Siloé font plutôt partie de l'ensemble «  cité de David »

3 Les enfants du Roi David sont Amnon, Kileab, Absalom, Adonias, Schephathia, Jithream, Salomon et Tamar

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