Colonne de juillet


Le 14 juillet 1792, la première pierre de cette colonne proposée par Palloy, fut posée, mais le projet esthétiquement controversé en resta là ! En 1793,une fontaine représentant la nature fut installée au centre de la place.



L’éléphant de la Bastille

 En 1808, Napoléon désireux de donner à Paris les signes de la grandeur de l’Empire décida de faire ériger une fontaine gigantesque à l’emplacement de la forteresse. En 1810, il décida " il sera élevé à la Bastille une fontaine sous la forme d’un éléphant de bronze, fondu avec les canons pris sur les Espagnols insurgés ; Cet éléphant sera chargé d’une tour à la manière des Anciens, et l’eau jaillira de sa trompe" . Il mesurait 24 m de haut, un escalier à vis était situé dans une de ses pattes afin d’accèder à la tour.



Les architectes Percier et Fontaine se mirent au travail, mais seul le soubassement fut érigé réellement, une maquette grandeur nature en plâtre fut érigée en 1813... Après la chute de l’Empereur, des années passèrent, l’éléphant s’effritait, mais il était toujours là en 1831, gardé par un brave homme nommé Levasseur, logeant dans une des pattes de l’animal ! Mais le pachyderme de plus en plus délabré ne se visitait plus guère, seuls les gamins du quartier en faisaient leur terrain de jeu et où se réfugie Gavroche !

La carcasse ne fut démontée qu’en juillet 1846. Des ruines de l’animal s’échappèrent des hordes de rats qui terrorisèrent le quartier durant des semaines !



La colonne

Reprenant le décret de 1792,Louis Philippe décréta en 1833 qu’une colonne serait érigée au centre de la place en l’honneur des révolutionnaires morts lors des Trois Glorieuses : " une colonne reposant sur un piédestal dont les quatre faces seraient ornées d’inscriptions rappelant le grand évènement qu’il s’agissait de transmettre à la postérité "



Les travaux furent confiés aux architectes Alavoine et Duc. Les tambours de bronze furent coulés aux forges de Fourchambault puis ajustés et posés sur place. Le chapiteau de 11 tonnes coulé d’une seule pièce aux forges du Roule. Au cours de son transport, les 12 chevaux traînant le chariot refusèrent d’aller plus loin que le boulevard de Ménilmontant. La foule nombreuse qui avait suivi le parcours prit la décision de dételer les chevaux et de pousser le chariot jusqu’à la Bastille ! C’est donc à bras d’hommes qu’il arriva sur la place ! C’est le 28 avril 1840 que l’édifice fut inauguré.



Colonne de Juillet de nos jours

L’ensemble repose sur un massif circulaire en marbre blanc entouré d’une grille, percé d’une porte qui mène à la galerie funéraire où sont disposés les deux grands sarcophages de 13 mètres sur deux, contenant les restes des Martyrs des Trois Glorieuses et de la Révolution de 1848, mais pas seulement ces corps. Dans la hâte, au moment de l’exhumation des dépouilles des révolutionnaires, on leur adjoignit par erreur, des momies égyptiennes rapportées 50 ans plus tôt par les savants qui avaient suivi Bonaparte lors de la campagne d’Egypte.



Ces momies se dégradaient dans une salle de la Bibliothèque Nationale, et avaient été enfouies dans le jardin attenant, à l’endroit même où après les révoltes de juillet 1830, les corps des émeutiers furent ensevelis. C’est ainsi que mêlées aux Révolutionnaires, des momies Egyptiennes reposent sous la Bastille !



Le piédestal est décoré de bas-reliefs sur lesquels figurent les dates du 27,28,29 juillet. Le fût de la colonne haut de 23 mètres de haut est formé de 21 tambours cylindriques et porte en lettres d’or les noms des 615 combattants de juillet.



Au sommet, le chapiteau de bronze serti d’une élégante balustrade porte la boule de laquelle s’envole le Génie de la Liberté. Celui-ci représente " la Liberté qui s’envole en brisant des fers et semant la lumière " Il est nu, le pied gauche posé sur la sphère, la jambe droite levée, les ailes déployées,

une étoile sur le front. La main gauche soutient les chaînes brisées du Despotisme, alors que sa main droite brandit le flambeau de la Civilisation.    

 

Château de la Bastille

 Sa construction fut décidée au XIVème siècle pour défendre la partie orientale de Paris contre les Anglais. La construction débuta entre les années 1367 et 1371. C’est sur les plans du prévôt Hugues Aubriot que cette dernière fut construite. La main d’oeuvre se faisant cruellement sentir, Aubriot envoya les archers "recruter" tous les oisifs de la capitale pour les enrôler de force sur le chantier.



Devant le mécontentement général, Aubriot fut disgracié et devint le premier "hôte" de ce bâtiment.



Le château était composé de huit tours dont les murs avaient six pieds d’épaisseur un pied étant égal à 33 cm. Elles étaient reliées entre elles par des murs de neuf pieds d’épaisseur. Un large fossé, que l’eau de la Seine remplissait en hiver, entourait la forteresse.



Note : Cette forteresse était située légèrement à l’est de la place actuelle, un pavage spécial à l’angle du boulevard Henri IV, des rues St Antoine et Jacques Coeur indique l’emplacement de certaines des tours.



On retrouve le même marquage dans la station de la ligne 5 ainsi que quelques pierres d’un ancien bastion encastrées dans le mur de la station. Au 5 place de la Bastille se trouve une plaque sur laquelle est gravé le plan exact du château.  

 



Le château devient une prison d’état

Bien que quelques détenus aient séjourné à la Bastille, ce n’est qu’à partir du XVIIème siècle sous Richelieu qu’elle devint prison d’état. L’internement se faisait par lettres de cachet sur ordre du Roi et non par jugement. On enfermait les criminels d’Etat, traîtres ou espions, les écrivains qui déplaisaient au Pouvoir, des fils de famille débauchés. Des aristocrates tels que le marquis de Sade, qui en sortit peu de temps avant le 14 juillet 1789, des écrivains comme Voltaire y séjournèrent.



Ce dernier accusé d’avoir écrit un pamphlet contre les filles du Roi est y resta près d’un an, en 1717. A sa sortie il reçu du Régent une pension de mille écus qui lui donna l’occasion de faire un bon mot : "Je remercie Votre Altesse Royale de ce qu’elle veut bien se charger de ma nourriture, mais je la prie de ne plus se charger de mon logement".



Autre prisonnier célèbre Henri Masers dit de Latude (1725-1805), connu surtout pour ses très nombreux pamphlets. Il y a passé 28 ans de sa vie pour avoir tenté de faire chanter la marquise de Pompadour, lui avoir envoyé un colis explosif. Il se plaignait que la poularde servie à la Bastille n’était pas assez truffée ou exigeait des robes de chambre doublées de fourrure !



Le plus célèbre et néanmoins mystérieux prisonnier fut le masque de fer. Qui était-il ? Un frère jumeau de Louis XIV comme l’affirmait Voltaire, le comte Mattioli, le prêtre Eustache Dauger ou l’ancien page du Roi Eustache de Cavoye, le mystère subsiste... On possède deux extraits du journal de Dujonca, major de la Bastille sur lequel on peut lire : " Du jeudi 18 septembre 1698, à trois heures de l’après-midi, Monsieur de Saint-Mars, gouverneur de la Bastille, venant de son gouvernement des îles Sainte-Marguerite, à amené avec lui dans sa litière un prisonnier qu’il avait à Pignerol, lequel est toujours masqué et dont le nom ne se dit pas. "



Cinq ans plus tard : " Du lundi 19 novembre 1703, le prisonnier inconnu, toujours masqué d’un velours noir qu’il gardait depuis longtemps, s’est trouvé un peu mal hier en sortant de la messe. Il est mort aujourd’hui sur les dix heures du soir, sans avoir eu une grande maladie. "



D’une façon générale, les prisonniers étaient bien traités, ils pouvaient faire venir leurs meubles, donner des dîners.. Certains prisonniers pouvaient même aller se promener en ville à condition de réintégrer leur prison le soir ! Les repas servis étaient parfois somptueux, et coûtaient très cher à l’Etat, c’est pourquoi Necker projetait de fermer la Bastille.

En 1788 le lieutenant du Roi, du Pujet préconisait la fermeture de la forteresse et évaluait à 140 000 livres l’économie qui serait ainsi réalisée. Le roi payait des sommes considérables pour l’entretien du personnel : traitement du gouverneur, officiers, soldats, porte-clefs, médecin, aumônier... Beaucoup de personnel pour peu de détenus : 19 à l’arrivée de Louis XVI , 9 le 1er janvier 1789 et 7 le 14 juillet de cette même année !



Prise de la Bastille

Lorsque débute la Révolution, la Bastille n’est plus la forteresse terrifiante de jadis, mais reste le symbole de l’arbitraire royal. C’est ce symbole que le peuple de Paris allait abattre ce 14 juillet 1789 !

Bien des jours avant, la colère grondait, c’était la disette, il y avait des rumeurs de complot, des troupes se regroupaient autour de Paris, et enfin le renvoi de Necker qui mit le feu aux poudres.

Le 13 juillet des boulangeries furent pillées, une milice forte de 48 000 hommes se crée, le tocsin sonne... Paris veut se défendre, mais pour cela il faut des armes ! Des armes, il y en a, à l’Hôtel de Ville, aux Invalides... On y court, mais il n’y en a que quelques milliers de fusils et quelques canons

L’aube du 14 juillet se lève et Labarthe, un fourrier des armées, crie à la foule : " il y a des armes à la Bastille " Une immense clameur s’en suit -A la Bastille ! A la Bastille !
 

C’est ainsi que la foule des parisiens prennent le chemin du Faubourg Saint- Antoine, la foule grossit au fur et à mesure... Personne ne pense à " prendre la Bastille ", seules les armes et les munitions sont visées !

La suite des évènements ne sera qu’une longue suite de malentendus, d’incompréhension, et dans la confusion la plus extrême, le gouverneur de la Bastille, le marquis de Launay, tire sur la foule pour défendre une vieille forteresse pratiquement vide de prisonniers, vouée depuis des années à la démolition !

La suite fut bien sûr, la fureur et le massacre, la tête de Launay et de quelques autres furent promenées dans Paris, les sept prisonniers libérés portés en triomphe, la journée du 14 juillet s’achève dans le sang...



A Versailles, Louis XVI qui n’avait rien pris à la chasse inscrivait sur son journal intime : " 14 juillet : rien ".

Le roi s’endort paisiblement lorsque le duc de La Rochefoucault-Liancourt le réveille et s’engage alors l’échange célèbre : - Sire la Bastille est prise, le gouverneur a été assassiné, on porte sa tête au bout d’une pique - Mais, c’est une révolte ? - Non, Sire, c’est une révolution !



Dés le 16 Juillet la démolition de la Bastille est ordonnée. C’est un entrepreneur en bâtiments Palloy qui emploiera 800 ouvriers pour abattre " le bastion de la tyrannie " Les pierres ont servi à construire le pont de la Concorde. Avec les pierres restantes, le " patriote Palloy " fit aussi des modèles réduits de la forteresse, des encriers, des souvenirs qu’il vendit aux quatre coins de la France.

Le 16 juin 1792, l’Assemblée Législative décrète que sur le terrain de la prison sera établi un espace appelé Place de la liberté, et qu’au milieu de cette place serait érigée une colonne surmontée de la statue de la Liberté.

 

13 juillet 1989 : Inauguration de l'Opéra-Bastille

A l'occasion des cérémonies de commémoration du bicentenaire de la Révolution française, le nouvel opéra parisien est inauguré par François Mitterrand. Imaginé par l'architecte canadien d'origine uruguayenne, Carlos Pott, l'Opéra se caractérise par la transparence de ses façades et sa capacité d'accueil de 2700 places. Le coût total de sa construction s'élève à 2,8 milliards de francs et le bâtiment sera l'objet d'une vive controverse. L'opéra de Berlioz "Les Troyens" sera le premier spectacle a y être donné le 17 mars 1990.



14 juillet 1789 : Prise de la Bastille



Le baron de Necker, directeur général des finances, est limogé par le roi de France (11 juillet )qui le juge trop libéral. Il est aussitôt remplacé par Breteuil. La décision royale provoque une insurrection dans la capitale car Necker est fortement apprécié des Français. L'agitation parisienne conduira à la prise de la Bastille le 14 juillet et au rappel de Necker.

Les Parisiens excédés par les restrictions et l'immobilisme du roi Louis XVI, se révoltent. A la recherche d'armes ils envahissent d'abord l'Hôtel des Invalides puis se ruent vers la prison de la Bastille. Le gouverneur de Launay qui détient les clés de la forteresse est sommé de les remettre aux insurgés. Mais certains révolutionnaires réussissent à pénétrer dans l'enceinte et De Launay ordonne d'ouvrir le feu. Plus de 80 Parisiens sont tués. En fin d'après-midi le gouverneur capitule, il est tué une heure plus tard. La prise de la Bastille marque le point de départ du mouvement révolutionnaire français. Le symbole de l'arbitraire royal est tombé, l'Ancien régime touche à sa fin.

Le 4 août,l'abolition des privilèges et des droits féodaux 'Assemblée nationale constituante proclame la fin du régime féodal et de ses privilèges. La prise de la Bastille et les menaces de réaction nobiliaire avaient provoqué des révoltes dans les campagnes. Les paysans s'en étaient pris aux maisons seigneuriales, tout en proclamant leur fidélité au roi. Les députés, inquiets par ses soulèvements, décident d'abolir les restes de féodalités : corvée, dîme, juridiction eigneuriale, etc. L'Assemblée se prépare alors à rédiger une grande Déclaration des droits de l'homme.

En 1880, le 14 juillet est déclaré fête nationale.



16 mai 1717 : Voltaire embastillé

Francois-Marie Arouet, 23 ans, dont les écrits satiriques s’en prennent à la vie intime de Philippe d'Orléans, est envoyé à la Bastille pour outrage au Régent. Il y restera 11 mois. Il y entreprendra l’écriture de "Œdipe" et prendra le pseudonyme de Voltaire. A sa sortie le succès de sa tragédie marquera le début de sa reconnaissance littéraire.

Treize ans après sa mort survenue le 30 mai 1778, la dépouille de Voltaire est transférée au Panthéon. Une foule immense accompagne le cortège composé d'acteurs, d'ouvriers, de membres de l'Assemblée nationale, de magistrats, etc. Le clergé ne participe pas à la cérémonie. Après avoir été exposé à la Bastille, symbole de la révolution survenue deux ans auparavant, le cercueil de Voltaire est conduit au Panthéon. L'épitaphe porte ces mots: "Il combattit les athées et les fanatiques. Il inspira la tolérance, il réclama les droits de l'homme contre la servitude de la féodalité. Poète, historien, philosophe, il agrandit l'esprit humain, et lui apprit à être libre."



19 novembre 1703 : Mort du "masque de fer"

Un prisonnier dont personne ne connaît l'identité meurt à la Bastille où il est enfermé depuis 1698. Il n'a cessé d'être emprisonné, d'abord à Pignerol puis à Sainte-Marguerite et enfin à Paris depuis près de 25 ans. Il gardera l'anonymat tout au long de sa captivité grâce à un masque de velours qui lui cache le visage. Ce déguisement lui vaudra d'être surnommé le "masque de fer". De nombreuses rumeurs concernant sa véritable identité circulent, certains parlent du frère jumeau du roi Louis XIV ou encore de son fils illégitime. L'homme au masque de fer sera enterré sous le nom de Marchiali. Il avait 45 ans.