Le quartier de Barbès et de la Goutte d'or, entre le boulevard Barbès et la rue de la Goutte-d'Or

(métro Barbès-Rochechouart, Château-rouge, La Chapelle)

Tirant son nom du vin que l'on y produisait jusqu'au 19è s, la "goutte d'or", ces terres agricoles situées à la périphérie de Paris furent loties par des promoteurs à partir de 1840. Accueillant des célibataires provinciaux venus travailler à Paris, les immeubles étaient composés de petits logements et d'hôtels meublés (les "garnis"), ce qui favorisa par la suite l'accueil des vagues de migrants.

En effet, après les ouvriers provinciaux, belges, italiens, polonais, espagnols, le quartier héberge à partir des années 1950 une forte communauté maghrébine et séfarade (au sud vers la rue de la Charbonnière).

Puis dans les années 1980, sont venus des Africains (notamment rue des Poissonniers), mais aussi des Portugais, des Yougoslaves, des Chinois, donnant au quartier sa coloration pluri-culturelle. Cette diversité ethnique et la proximité des magasins Tati ont fait de la Goutte d'Or un pôle commercial fréquenté. En fin de semaine, une foule nombreuse vient chercher des produits d'Afrique et du Maghreb proposés dans les nombreux commerces (en gros et en détail) et le marché (mercredi et samedi matin sous le métro aérien des boulevards Rochechouart et de la Chapelle) : bijoux et tissus, poissons, viande de boucherie, épicerie et condiments sont "exotiques". Si les épiceries sont tenues de plus en plus par des Asiatiques, les restaurants restent camerounais, sénégalais, zaïrois...



Cependant, à cause du mauvais état et de l'insalubrité du bâti, la municipalité a décidé en 1983 de lancer un programme de réhabilitation qui respecterait l'habitat existant, le relogement des habitants sur place et la concertation avec les habitants (association Paris-Goutte d'Or, 27 rue de Chartres, 01 42 62 11 13). L'OPAH  permet de subventionner les travaux effectués par les propriétaires.



Elle a été complétée par la destruction de 100 immeubles (1400 logements), la construction de 800 logements sociaux et d'équipements de quartier, la signature d'un contrat de DSQ  (développement social de quartier) et la création d'une ZEP (zone d'éducation prioritaire, mais contrecarrée par l'augmentation des effectifs scolaires).



Globalement la réhabilitation est en train d'être menée à bien à la satisfaction des habitants (60 % ont été relogés dans l'arrondissement), mais pas toujours des commerçants : la moitié des 350 magasins ont été expropriés, remplacés par des boutiques plus spacieuses dont les baux ont augmenté, ne permettant plus le commerce de gros.


L'imposant hôtel de police construit au cœur du quartier poursuit ses efforts contre le trafic de drogue et le fameux "marché aux voleurs" sous le métro Barbès.


Celui-ci a été remplacé par une nouvelle antenne du commissariat, à l'occasion de la réhabilitation de la station (qui datait de 1911) : en plus du nettoyage, la RATP a ajouté un escalier mécanique et un accès central.