Nikki Haley, ambassadrice des États-unis auprès de l’ONU annonce que les États-Unis quitteront le conseil des droits de l’homme , condamnant « l’hypocrisie » de ses membres et sa « partialité incessante » à l’encontre d’Israël.

« Nous prenons cette mesure parce que notre engagement ne nous permet pas de continuer à faire partie d’une organisation hypocrite et servant ses propres intérêts, qui fait des droits de l’homme un sujet de moquerie », a lancé devant la presse à Washington l’ambassadrice américaine à l’ONU Nikki Haley, aux côtés du secrétaire d’État Mike Pompeo.

« Pendant trop longtemps, le Conseil des droits de l’homme a protégé les auteurs de violations es droits de l’homme et a été un cloaque de partis pris politiques », a-t-elle ajouté1

 

Le conseil des droits de l’homme est critiqué par les USA depuis plusieurs années. Plusieurs de ses membres sont des cancres en la matière et les USA considèrent que le conseil s’est focalisé sur Israël que l’administration Trump et son ambassadeur à l’ONU Nikki Haley défend vigoureusement.

 

Le CDH comporte 47 membres2 issus de tous les continents. Il est de création récente, mars 2006. A l’instigation de Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU, il a remplacé la commission des droits de l’homme créée en 1946, dont la présence de pays peu respectueux des droits de l’homme avait miné le crédit. Les USA s’étaient déjà opposés sous Georges W. Bush au nouveau conseil, trouvant qu’il n’apportait pas de garantie suffisantes à l’encontre de la présence de pays où les droits de l ’homme sont peu respectés. Barack Obama l’avait cependant réintégré.

Le but du Conseil est d’aborder les situations de violations de droits de l’homme et d’émetre des recommandations à leur encontre.

Le conseil fait l’examen périodique universel, consistant à examiner les droits de l’homme dans 192 pays.

« Il s’agit d’un processus mené par les États, sous les auspices du Conseil des droits de l’homme. Il fournit à chaque État l’opportunité de présenter les mesures qu’il a pris pour améliorer la situation des droits de l’homme sur son territoire et remplir ses obligations en la matière. Mécanisme central du Conseil des droits de l’homme, l’EPU est conçu pour assurer une égalité de traitement à chaque pays. »

 

Des sessions d’examen périodique ont eu lieu en 2008, 2013 et 2018.

Israël tient une place à part dans les préoccupations du conseil. Chaque session comporte un « point fixe », l’examen de l’article 7 , qui vise la situation des droits de l’homme en Israël et dans les territoires occupés. C’est le seul pays à bénéficier d’une telle attention.

Hillary Clinton avait critiqué ce fait en 2011.

 

En 2012, Israël avait décidé de ne pas se soumettre à l’examen périodique universel (EPU), jugeant qu’il se concentre de manière disproportionnée sur les territoires occupés. L’État hébreu a cependant repris contact en 2013 avec la commission.

« 15 ONG israéliennes et palestiniennes actives dans le domaine des droits humains ont critiqué l’attitude d’Israël. Les organisations rappellent, dans un communiqué commun, que ce refus du gouvernement israélien de coopérer avec une institution onusienne est le dernier en date d’une longue série.

Plusieurs ONG internationales, comme Amnesty International, se sont montrées très préoccupées par l’absence délibérée d’Israël et ses conséquences. International Service for Human Rights a appelé le Conseil des droits de l’homme à développer une procédure claire pour gérer à l’avenir le refus d’un pays de coopérer. »3

 

Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, et son successeur Ban Ki-Moon ont eux aussi été très critiques envers la nouvelle commission.

« Le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan affirme que « la politisation a miné ses sessions à un tel point que la crédibilité déclinante de la commission fait une ombre sur la réputation du système des Nations unies dans son ensemble ». En 2006, il regrette que le Conseil ne porte pas la même attention aux violations commises dans certains États que celles commises en Israël4.

En 2008, son successeur Ban Ki-moon déclare être « déçu par la décision du Conseil de choisir seulement un dossier régional spécifique, le conflit israélo-palestinien, malgré l’étendue et la portée des allégations de violations de droits de l’homme dans le monde entier »5.

 

En 2015, la controverse atteignait un sommet quant l’Arabie saoudite6 a intégré le panel des représentants de groupe pouvant être choisi pour la présidence du conseil. Dans ce même pays est condamné à mort le 29 septembre 2015 Ali mohammed Al-Nimr pour sa participation à des manifestations7 lorsqu’il avait 17 ans. La sentence, non exécutée à ce jour, prévoit la décapitation et la crucifixion suivie de l’exposition du cadavre jusqu’à pourrissement des chairs. Cette sentence a été ratifiée par le roi.

Reste qu’en 2018, Israël a fait l’objet de 68 résolutions le condamnant depuis 2006, soit autant (et même plus) que la totalité des autres pays réunis visés par 67 résolutions au total.

l’Algérie, la chine, l’Irak, le Pakistan, la Russie, la Somalie, la Turquie, le Vénézuela, le Vietnam, le Yémen et le Zimbabwe n’ont fait l’objet d’aucune résolution sur la situation des droits de l’homme depuis 2006.

 

Pays visés par une ou plusieurs résolutions du CDH depuis 2006 :

 

Israël 68

Syrie  20
Myanmar 11
Corée du Nord 9
Belarus  6
Iran  6
Erythrée  5
Soudan  3
Sri Lanka  3
Libye  2
Burundi  1
Honduras  1

 

En 2015, sur 23 résolutions de la CDH, 20 concernaient Israël, la Syrie, l’Iran et la Corée du nord se partageant les 3 autres.

 

La résolution concernant l’occupation du Golan par Israël est surréaliste : l’Assemblée, qui a pris note d’un rapport au secrétaire général sur le proche-orient, et a après avoir examiné la question intitulée « la situation au Moyen-Orient » se dit «  Profondément préoccupé par le fait qu’Israël ne s’est pas retiré du Golan syrien occupé» et constate

«  4. Constate une fois de plus que la poursuite de l’occupation du Golan syrien et son annexion de facto constituent un obstacle à la réalisation d’une paix juste, globale et durable dans la région;

5. invite Israël à reprendre les pourparlers sur les volets syrien et libanais et à respecter les engagements et les engagements pris lors des discussions précédentes;

6. Exige une fois de plus qu’Israël se retire de tout le Golan syrien occupé jusqu’à la ligne du 4 juin 1967 en application des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité;

7. Demande à toutes les parties concernées, aux coauteurs du processus de paix et à la communauté internationale de déployer tous les efforts nécessaires pour assurer la reprise du processus de paix et son succès en appliquant les résolutions 242 (1967) et 338 du Conseil de sécurité. (1973); »

 

La commission semble ignorer que l’occupation du Golan en 1967 a mis fin aux bombardements réguliers de kibboutz israéliens de Galilée et aux tirs depuis les hauteurs sur les pécheurs du lac de Tibériade. Elle ignore aussi que si l’occupation du Golan est un obstacle à la Paix, la guerre qui fait rage en Syrie avec les massacres de Assad et de l’EI, leurs 350 000 à 500 000 morts et les millions de déplacés le sont un peu aussi. Les habitants du Golan, même occupé, ne sont d’ailleurs pas forcément pressés de retrouver la mère patrie dont quatre millions de personnes sont parties...

 

2 Afrique 13, Asie-pacifique 13, Amérique latine et Caraïbe 8, Europe occidentale et autres 8, Europe de l’Est 7.

4 https://www.un.org/press/en/2006/sgsm10788.doc.htm

5 https://www.un.org/press/en/2006/sgsm10788.doc.htm

6 l’Arabie saoudite reste le seul pays non signataire de la déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.

7 Il lui est reproché d’avoir participé à des manifestions pro-démocratie avec utilisation d’un blackberry..

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