Vieille ville, porte de Jaffa.

L'accès aux remparts nord se trouve juste à gauche juste après avoir franchi la porte de Jaffa. L'accès aux remparts sud-est est à l'extérieur, de l'autre côté de la porte. Prix adulte 20 NIS. Les tickets sont en vente près du départ à l'information office. Horaires 9h-16h (plus tard en été) sauf vendredi 14h.

La promenade est un bon moyen de découvrir la vieille ville d'en haut avant de la visiter. Deux circuits distincts sont proposés au départ de la Porte de Jaffa,  l'un par le nord (2,4 km) vers la porte de Damas et au-delà, l'autre vers le sud-est (1,2 km), au dessus du quartier arménien.

Le circuit nord franchit la porte de Damas, la porte neuve et la porte d'Hérode. Il permet de voir le patriarcat latin, le couvent saint-sauveur franciscain avec son campanile, puis les toits sphériques près de la porte de Damas et enfin une vue sur le Dôme du rocher avant de descendre dans le quartier arabe.

Le circuit sud se termine vers la porte de Sion ou celle des Maghrébins.

La muraille fait 12 mètres de haut et 2,5 mètres d'épaisseur. Elle comporte  34 tours de guet et 8 portes.  On peut voir des remparts le joli quartier de Yemin Moshe, l'abbaye de la Dormition, la synagogue de la Hourva et une vue splendide sur l'esplanade des mosquées - mont du temple.

Il ne faut pas avoir peur des escaliers, nombreux et parfois abruptes. Pensez à prendre de l'eau pour le trajet par forte chaleur. Les circuits s'arrêtent au nord comme au sud avant d'atteindre l'esplanade des mosquées - mont du temple.

De ces promenades, vous verrez la ville depuis les toits. Il est même possible de se promener sur les toits sur le circuit nord. Vous verrez aussi des cours, des écoles, des églises qu'il est impossible de voir une fois entré dans la ville, ainsi que des panoramas à couper le souffle sur Jérusalem et les alentours. Il est possible de quitter la promenade en cours, sans possibilité cependant d'y revenir, le sas de sortie ne permettant pas le retour. Le parcours comprend des informations touristiques intéressantes.

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"Le roi David a conquis une ville fortifiée déjà ancienne. Il connaissait sans doute les fortifications impressionnantes de l'âge moyen de bronze, dont les traces ont été découvertes ces dernières années près de la source du Gihon.. Les fortifications [...] comprennent une grande tour (16m sur 16 m), aux murs dont l'épaisseur atteint 7 m.

Du côté occidental, se trouve une muraille s'étendant d'est en ouest, qui se prolonge et remonte le long du talus. Elle est construite de deux murs parallèles, séparés par un passage large de 9 m. Les restes de la muraille montent à 8 m.

Du sud de la tour s'élève "la muraille de la piscine" vers l'axe nord-sud, protégeant par une solide fortification la piscine taillée dans la roche (10 m sur 15 m)

Selon le texte biblique, la construction de la « muraille de Jérusalem » par Salomon fut l’une de ses entreprises de constructions les plus importantes (I Rois 9-15).

Il s’avère donc qu’il ne s’agit pas de la muraille entourant la Jérusalem cananéenne-jébuséenne, qui était entourée d’énormes fortifications (voir plus haut), mais d’une muraille destinée à protéger les territoires nouveaux qui venaient d’être construits et restaient encore ouverts et non fortifiés.

Aux temps de Salomon, la ville était divisée en deux quartiers distincts : le quartier ancien, qui comprenait la ville de David, et le nouveau quartier, au nord de la ville de David.

Un verset du premier livre des Rois le laisse clairement entendre : « S alomon s’allia avec Pharaon, roi d’Égypte : il épousa la fille de Pharaon et l’installa dans la cité de David, jusque ce qu’il eût achevé de bâtir sa propre maison, le Temple du Seigneur et le mur d’enceinte de Jérusalem » (I Rois 1-3).


Le nom « muraille de Jérusalem » désignait au temps du Premier Temple seulement la muraille de Salomon, et chaque nouvelle muraille dans la ville reçut une nouvelle appellation, comme « la muraille extérieure » ou « autre muraille ». Après l’extension de la ville et après que d’autres murailles furent ajoutées à la muraille de Salomon, on appela la fortification entourant l’ensemble de la ville du nom de « murailles de Jérusalem » (II Rois 25-10)."
in Les fortifications de Jérusalem à l'époque de la Royauté de David et de Salomon Eilat Mazar,   Rony Klein Dans Pardès 2011/2 (N° 50), pages 69 à 77

 

Les remparts connus ensuite datent du VIIIe siècle av JC. C'est la muraille d'Ezechias, qui a vu Jérusalem envahi par les Assyriens en - 722. Ces murailles ont été détruites par le conquérant babylonien Nabuchodonosor II en - 586, et reconstruites sous Esdras et Nehémie en - 430.

Une muraille agrandie est achevée par les Hasmonéens au IIe siècle av JC. Elle englobe le mont Sion et le mont du temple.

Un autre rempart est l'oeuvre d'Hérode Agrippa 1er entre 41 et 44.

En 135, l'empereur romain Hadrien fait raser Jérusalem, y compris ses remparts. Il fait construire des murailles plus réduites pour sa nouvelle ville Aelia Capitolina qui remplace Jérusalem.

La muraille est détruite partiellement en 1033 par un tremblement de terre. Mais les croisés qui conquièrent la ville en 1099 la consolident.

La conquête de Jérusalem par Saladin en 1187 s'accompagne d'une nouvelle destruction partielle des remparts qui sont presque détruits en 1229, alors qu'est signé avec le sultan Al Kamil le 11 février le traité de Jaffa, donnant la ville à l'empereur romain Frédéric II ( petit-fils de Frédéric I Barberousse)

"Selon ce traité, Frédéric récupère Jérusalem et les villages situés sur la route entre celle-ci et Jaffa, de même que Nazareth et Bethléem. La condition est qu'il ne prenne pas possession des lieux saints de l'islam. Les fortifications de la ville ne peuvent pas non plus être relevées et enfin, la dernière condition est celle qu'une trêve de dix ans  soit conclue."

Les murailles ne sont pas relevées durant le pouvoir Mamelouk (1260-1516) qui succède aux Ayyoubides

Enfin le turc Soliman (Suleyman)  le magnifique, dont le père Selim 1er a conquis la ville en 1516 reconstruit les remparts entre 1535 et 1538, ceux que l'on voit aujourd'hui.  Les remparts de Soliman sont donc les derniers fruits d'une longue lignée.

Pour l'anecdote, en 1967, David Ben Gourion alors député, avait demandé au gouvernement la destruction des murailles, au motif qu'elles étaient turques et que leur destruction serait le symbole de l'unification de Jérusalem. Heureusement, il n'a pas été suivi.

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