Les corps retrouvés à Massada sont enterrés lors d'une cérémonie de funérailles nationales. La prise de la forteresse de Massada, près de la mer morte, par les Romains date du 2 mai 73, après un long siège effectué par leur armée. Il a fallu la construction d'une rampe pour accéder au site très escarpé et emporter la victoire. Les reclus refusent de se rendre et tuent alors leurs proches avant de se suicident selon le récit de Flavius Josèphe.

 

“ Les fouilles archéologiques effectuées par Yigael Yadin (qui les entreprit en étant lui-même sous l’emprise du récit joséphien et du mythe) en 1963-65 constituent un tournant dans l’histoire de la place occupée par Masada dans la mémoire israélienne, et sont révélatrices du rôle croissant de l’État comme gardien de la mémoire nationale. Des funérailles nationales furent célébrées en 1969 pour les vingt-sept squelettes retrouvés dans la grotte sud et à l’intérieur du palais hérodien, que Yadin identifia aux derniers combattants juifs de Masada, décrits comme des Zélotes et non comme des Sicaires. Ils furent enterrés avec tous les honneurs militaires, comme d’héroïques défenseurs de la nation, sous des pierres tombales de l’IDF (Israeli Defense Forces) utilisées pour les soldats israéliens tombés lors des guerres israélo-arabes. Suite aux fouilles, l’accès du site fut grandement facilité, ce qui préparait la voie à son exploitation touristique, dernière étape de son histoire. La fin des années ’60 représente donc la période où le mythe de Masada connut sa phase d’élaboration maximale, où le lieu devint un symbole national pleinement étatisé et institutionnalisé.1

 


 

1L’Israël moderne et les guerres de l’Antiquité, de Josué à Masada Katell Berthelot – in Anabases Traditions et réceptions de l’Antiquité 1 | 2005 varia 1

 

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