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Juin

 

2020 - 7 juin : annulation de la marche de Jérusalem

Les organisateurs annulent la marche de Jérusalem , la marche des drapeaux, après le refus de la police de la laisser passer dans le quartier musulman de la vieille ville pour des raisons de sécurité. La marche, qui a lieu chaque année, était prévue pour le 10 juin.

Elle réunit des groupes juifs de droite qui défilent dans la vieille ville en arborant des drapeaux israéliens pour célébrer la réunification de Jérusalem suite à la guerre des Six Jours en 1967.

Son trajet devait initialement passer par la porte de Damas, un point névralgique des tensions récentes et de l'affrontement de mai avec le Hamas. Elle devait également traverser des quartiers et des zones arabes sur le chemin du Mur occidental, où des prières de masse étaient prévues.

 

Elle avait d'ailleurs été reportée le 10 mai suite aux tensions et aux tirs de roquettes du Hamas à partir de Gaza..

Selon un communiqué commun du Hamas et du Jihad Islamique : « Nous considérons ces annonces comme une action hostile envers le peuple palestinien et la terre de Palestine. Il faut renforcer notre présence à Al-Aqsa et combattre toute tentative d’incursion ».

Les organisateurs ont déclaré lundi qu'ils préfèrent l'annulation à une modification du trajet prévu. "Nous ne danserons pas sur une Jérusalem divisée" a indiqué l'organisation Am Kalavi.

 Le Hamas y voit "une nouvelle défaite pour Israël". Il menace Israël d'une reprise des bombardements si la marche a lieu et s'approche d'al-Aqsa ou de Jérusalem-Est.

Bezalel Smotrich, leader du parti d'extrême droite Sionisme religieux et l'un des organisateurs de la marche, a qualifié la décision de "reddition honteuse au terrorisme et aux menaces du Hamas". Il a reproché à la police israélienne de "ne pas être capable de protéger ceux qui défilent dans les rues de Jérusalem avec des drapeaux israéliens ou les résidents juifs de Lod, Ramle et Acre", en citant les communautés mixtes arabo-juives qui ont connu une vague d'incidents violents.

 2021 - 5 juin : Annonce d'une nouvelle coalition de huit partis pour former un gouvernement.  Les leaders des trois principaux partis de cette coalition sont Yaïr Lapid (voir son portait sur france24), Naftali Bennett et Mansour Abbas ( portrait ).

A eux trois ils ne réunissent que 28 sièges sur 120, soit 2 de moins que le seul Likoud de Netanyahu. Mais ils pensent avoir  l'assurance, même fragile de réunir les 61 voix nécessaires à la confirmation d'un gouvernement par le parlement.

La coalition a dévoilé ses accords et les compromis inéluctables pour permettre cette majorité. Dans le détail ( source et traduction par :  @EretzInfo) : 

 

" Il y aura 28 ministres. La loi permettant le non-cumul des mandats, 28 nouveaux députés devraient rentrer à la Knesset (dont probablement le franco-israélien Yom-Tov Kalfon du parti Yemina).

- Avigdor Liberman, Merav Michaeli et Nitzan Horowitz (leaders de Israël Beitenou, Avoda et Meretz) disposent de leur droit de véto à l'entrée d'un parti supplémentaire dans le gouvernement. Les partis religieux ne devraient ainsi pas pouvoir y entrer, s'ils en avaient l'envie.

Engagements auprès de Ra'am:

-  Exiger du Procureur de la République de supprimer toutes les sanctions et amendes pour les constructions arabes illégales.

-  Gel des démolitions des localités arabes illégales déjà construites.

-  500 millions de shekels pour le développement du monde arabe.

 - Un poste de vice ministre.

- Contrepartie: Abbas s'engage au gel des constructions illégales jusqu'en 2024.

  Engagements auprès de Meretz:

-  Promotion des droits LGBT et leur possibilité de se marier.

- Transports publics le shabbat.

  Engagements auprès de Yemina:

-  Tous les députés de la coalition doivent voter contre un changement dans le statu quo entre la religion et l'État.

 Engagements auprès de Israël Beitenou:

- Mariages civils

-  Ouverture des supermarchés le chabbat

-  Mise en place d'une part du Mur Occidental pour les réformistes

-  Obtention des portefeuilles du Negev, du Galil et de l'agriculture. 

 Engagement auprès de Avoda:

-  Mise en place d'une division pour la reconnaissance des réformistes au Ministère de la diaspora.

  Engagements auprès de Tikva Hadasha:

- Saar sera vice-Premier ministre.

-  Suppression de la fonction du Procureur général de la République (la gauche a le droit de voter contre).

-  En charge des plans de prévention de l'occupation en zone C, c'est à dire les 60% de la Judée-Samarie sous le contrôle d'Israël (la gauche a le droit de voter contre).

  Engagements auprès de Kahol Lavan:

-  Benny Gantz sera le vice-Premier ministre de transition (après Saar).

- Ouverture d'une commission d'enquête nationale sur la catastrophe de Meron." 

(@EretzInfo | t.me/EretzInfo)

 

S'il est investi par la Knesset, ce gouvernement, qui rassemble ceux qui veulent sortir Netanyahu,  sera original à plus d'un titre.

 

Lire aussi résultats des élections législatives de mars 2021

 

- Deux premiers ministres se succèderont. D'abord Naftali Bennett du parti Yamina jusqu'en septembre 2023, puis Yair Lapid du parti Yesh Atid ( "Il y a un futur").

- Le premier mnistre entrant, Naftali Bennett n'est pas celui que la président à chargé de former le gouvernement , Yaïr Lapid.

- Pour la première fois , une coalition comporte un arabe Mansour Abbas, qui plus est islamiste (parti Raam) . Le nombre de députés arabes dans la coalition est aussi un record.

- L'accord de coalition est signé par un nombre record de 8 factions. La plupart ont été ministres sous Netanyahu (Lapid, Saar, Bennett, Avigdor Liberman de Yisrael Beytenu et Benny Gantz de Kakhol lavan.)  et/ou ont commencé leur carrière comme collaborateurs de Netanyahu (Bennett, Libermann, Saar, Shaked)

- Le premier ministre sera pour la première fois de l'histoire du pays un pratiquant portant Kippa.

- Naftali Bennett sera le premier ministre nommé avec le plus petit nombre de sièges à la Knesset. Yamina ne compte que 7 députés (sur 120) , dont 2 envisagent de voter contre cette coalition.

- Nafatali Bennett est le deuxième plus jeune premier ministre d'Israël, après Netanyahu qui a été élu pour la première fois à 46 ans en 1996.

- Ce gouvernement sera le plus féminin de l'histoire d'Israël avec 8 ministres femmes:  Le ministère des Transports reviendrait Merav Michaeli (Parti travailliste), le ministère de l’Intérieur à Ayelet Shaked (Yamina) ; le ministère de l’Éducation à Yifat Shasha-Biton (Tikva Hadasha), le ministère de l’Économie à Orna Barbivai (Yesh Atid), le ministère de la Culture à Karine Elharrar (Yesh Atid), le ministère de l’Égalité sociale à Merav Cohen (Yesh Atid), le ministère de l’Immigration et de l’Intégration à Pnina Tamano-Shata (Kakhol lavan) et le ministère de la Protection de l’environnement à Tamar Zandberg (Meretz).

Naftali Bennett, natif de Haïfa en 1972, est le leader et co-fondateur, avec Ayelet  Shaked, du parti de la nouvelle droite, Yamina Haddash. fin décembre 2018. Ils viennent alors de quitter le parti religieux "le foyer juif", Abaït hayehudi. Benett faisait parti du Likoud jusqu'en 2012. Benett a été ministre de l'éducation et ministre de la Diaspora de 2015 à 2019 et ministre de la défense de 2019 à 2020.

Bennett est aussi connu pour avoir prononcé des propos polémiques en 2013. Il était alors ministre de l'économie et chef du parti Foyer juif. Lors d'une réunion retranscrite par le quotidien Yedioth Ahronoth, Bennett avait dit "lorsque vous attrapez des terroristes vous devez simplement les tuer".  Ya'akov Amidror, conseiller de la sécurité national, s'étonnant de cette prise de position qu'il juge illégal, Bennett enfonce le clou et ajoute "j'ai tué beaucoup d'Arabes dans ma vie. Et il n'y a aucun problème avec ça".

Son porte parole a ensuite précisé qu'il s'agissait exclusivement de situations de combat, alors qu'il était à l'armée. Le ministère explique que Bennett par ses propos demande une politique plus exigeante en matière de lutte contre le terrorisme, à savoir "éliminer les terroristes, plutôt que de les garder en vie en prison, et ensuite les relâcher"

Bennett s'était aussi montré opposé en juin 2013 à la solution à deux États : "L'idée qu'un État palestinien sera créé sur la terre d'Israël est dans une impasse", "jamais dans l'histoire d'Israël, autant de gens n'ont investi autant d'énergie dans quelque chose d'aussi inutile".

Mansour Abbas, leader islamiste du parti Raam est quant à lui l'auteur des déclarations suivantes :

"Nous ne faisons pas de différence entre la droite et la gauche de l'échiquier politique - ils servent tous leur projet et leur pays, les différences entre eux ne sont pas si grandes".

Il a notamment souligné que "son peuple et lui-même ne sont pas des Israéliens mais font partie du peuple arabe palestinien - dont les citoyens sont citoyens de l'Etat d'Israël"

"Nous soutenons Al-Aqsa et nous investissons dans le développement de Jérusalem afin d'y établir notre peuple," a-t-il affirmé, ajoutant "qu'en tant que citoyens palestiniens nés dans cette réalité, nous menons nos politiques en fonction de cette réalité... Nous ne renoncerons jamais à nous établir dans notre pays et notre patrie."

 

2021 - 2 juin : élection à la présidence de Isaac Herzog, 60 ans, qui succède à Reuven Rivlin. Le nouveau président a été élu par la Knesset par 87 voix contre 26 pour son adversaire Myriam Peretz.

Le onzième président de l'État d'Israël est un travailliste qui a dirigé l'Agence juive et le parti travailliste. Il est le fils de Haïm Herzog, lui-même président de 1983 à 1993. Son mandat est de sept ans. La fonction est certes honorifique mais Reuven Rivlin a su donner de la voix et se faire entendre, tant en Israël qu'à l'étranger.Le chef de l'État a également le pouvoir d'accorder des grâces.

Herzog avait postulé pour le poste de premier ministre en 2015, mais son adversaire d'alors, Benyamin Netanyahu l'avait emporté.

2021- 2 juin : Mathias Schmale, le directeur de l'UNRWA, l'agence onusienne pour les réfugiés palestiniens, déclare dans une interview à la chaîne israélienne Channel 12 :  "je ne suis pas un expert militaire, mais j'ai eu aussi l'impression que les frappes de Tsahal étaient menées avec une grande précision et une grande sophistication".

Le propos fait scandale à Gaza et il n'est pas autorisé par le Hamas à y retourner. Selon le Hamas : 

"Ses déclarations reflètent un clair parti pris en faveur de la partie israélienne et représentent la tentative d'innocenter l'occupation israélienne du meurtre de 254 Palestiniens, dont 40% sont des enfants, des femmes et des adultes, et plus de 1.948 blessés".

"Selon nous, la tâche principale de M. Schmale est d'apporter secours et soutien aux réfugiés palestiniens - et non de défendre l'occupation israélienne qui commet ces crimes devant le monde entier".

"Nous demandons à l'UNRWA de présenter ses excuses aux Palestiniens pour ces déclarations qui contiennent des informations trompeuses".

Pour mémoire l'aviation israélienne a fait 250 morts en 11 jours en plus de 800 sorties et bombardements sur une zone assez peuplée où les rampes de tirs sont éparpillées dans des zones d'habitation. Des immeubles ont été prévenus et vidés avant destruction. Le bilan semble donner raison à M. Schmale.

 

Mai

 

2021 - 11 au 21 mai : Guerre Hamas vs Israël, opération gardien des murailles

2021 - 21 mai: un cessez-le-feu sans condition est accepté par le Hamas et Israël après 11 jours de confrontation. Il entre en vigueur à 2h du matin.

Pour Mahmoud al-Zahar, un haut responsable politique du Hamas, "le cessez-le-feu durera pour le moment, mais il n'y aura jamais la paix avec Israël car Israël n'a pas le droit d'exister. Nous sommes les propriétaires de la région"

Bilan de l'affrontement Israël - Hamas de Mai 2021

Depuis le 10 mai, 4 360 roquettes ont été tirées de Gaza dont environ 90 % ont été interceptées par le système de défense antiaérien israélien, selon l’armée. 680 roquettes palestiniennes sont retombées sur Gaza. En Israël, les tirs de roquettes de Gaza ont fait 13 morts, selon la police israélienne.

De son côté, Israël dit avoir visé plus de 1500 cibles au cours  de 820 bombardements, des raids aériens essentiellement, sur l’enclave palestinienne. À Gaza, il y aurait [selon le Ministère de la Santé du Hamas,seule source disponible en dépit de sa faible fiabilité ] au moins 243 personnes tuées , dont 64 enfants et 1948 blessés. 200 terroristes auraient été tuées selon Israël

La situation n'est pas pour autant apaisée à Jérusalem où des heurts ont lieu à l'occasion de la prière du vendredi sur l'esplanade mais aussi dans plusieurs quartiers de Jérusalem-Est et au point de passage de Qalandiya entre Jérusalem et la Cisjordanie.

Malgré la trêve, les regards restent tournés vers la Cisjordanie, où les affrontements entre Palestiniens et forces israéliennes ont fait plus de 25 morts côté palestiniens – dont quatre adolescents – en onze jours ; le pire bilan depuis des années dans le territoire

Pour le porte parole de l'ambassade d'Israël à Paris ,

Quatre millions d'Israéliens ont vécu l'enfer pendant ces 11 jours. Chaque missile à plusieurs dizaines de kilos d'explosifs. Si nous n'avions pas ce système anti-missile ce serait des milliers d'Israéliens qui seraient morts aujourd'hui. Notre armée doit faire tout ce qu'elle peut afin de défendre les civils. Donc nous reprendrons les hostilités si nous sommes attaqués de nouveau

2021 - 18 mai : alors que le président Biden demande une "désescalade immédiate" du conflit, quelques tirs partent du Liban, faisant craindre une extension de la guerre au nord d'Israël. Pour la première fois depuis les années 1990, les Arabes israéliens annoncent une grève générale.

2021 - 17 mai : Les tirs de roquettes ne cessent pas et les israéliens ripostent sans répit. L'Armée israélienne affirme n'avoir jamais eu à faire à un tel tir continu avec cette densité. Gaza avait tout de même lancé 1119 roquettes en 2018 et 1403 en 2019, mais "seulement" 195 en 2020.

 

 

Au cours d’une escalade de violences entre l’armée israélienne et le Jihad islamique, au mois de novembre 2019, 570 roquettes avaient été tirées depuis Gaza en l’espace de trois jours. Et pendant la guerre de 2006 contre le Hezbollah, soutenu par l’Iran, 4 500 roquettes au total avaient été tirées en direction d’Israël en 19 jours, selon les données partagées par Gordin avec la presse. ( Times of Israël - 16 mai 2021)

L'armée israélienne estime à 15000 roquettes l'arsenal complet construit dans la bande de Gaza.

Israël vit au rythme des sirènes et de la course aux abris. La majorité des roquettes sont interceptées mais n'empêchent pas de nombreux blessés et quelques morts. Tel-Aviv et Jérusalem sont prises pour cible. Entre 10% et 30% des roquettes lancées depuis Gaza retombent sur le territoire du Hamas, certaines roquettes atterrissant même en Cisjordanie après avoir traversé Israël.

Des roquettes sont aussi tirées en mer en direction de la plateforme pétrolière Tamar, qu'elle n'atteignent pas. Par contre des avions F-16 ont abattu des drones explosifs en mer, peut-être dirigées vers cette même plateforme.

La riposte israélienne est intense. C'est l'opération "Gardien des murs"

Israël annonce avoir détruit le "métro", un réseau interne de souterrains de plusieurs kilomètres sous la ville de Beit Lahiya, dans le nord de Gaza, permettant aux Djihadistes de se se déplacer discrètement. L'opération a été réalisée avec 160 avions tirant simultanément sur quelque 150 cibles.

Côté israélien, dix personnes ont été tuées, dont un enfant, et 294 personnes blessées par des tirs de groupes armés palestiniens depuis Gaza, dont le Hamas au pouvoir et le Jihad islamique.e

Destruction le 15 mai par les israéliens de la tour Al Jalaa : L'immeuble de 13 étages abrite l'Associated Press américaine et Al-Jazira. Sa destruction provoque des fortes réactions internationales. L'immeuble abrite  selon Israël, une unité de recherche et de développement du Hamas, une unité des renseignements militaires du Hamas et des bureaux du Jihad islamique. C'est assez plausible lorsqu'on voit une ancienne vidéo où une présentatrice en direct se rend compte et s'étonne qu'une roquette ait été tirée de son immeuble en plein direct. L'immeuble avait été précédemment évacué, il n'y a donc eu aucune victimes. Amnesty international qualifie cependant l'acte de crime de guerre.

Le ministre des affaires étrangères palestinien, Riyad Al-Maliki, a accusé Israël de « crimes de guerre », dénonçant « l’agression » de l’Etat hébreu contre « le peuple » palestinien et ses « lieux saints ». « Le Hamas a choisi d’accélérer des tensions, utilisées comme prétexte, pour commencer cette guerre » qui a été « préméditée », a rétorqué l’ambassadeur israélien aux Etats-Unis et à l’ONU, Gilad Erdan. Le diplomate israélien a demandé au Conseil de sécurité de condamner les « tirs aveugles de roquettes » tandis que le ministre palestinien réclamait à l’instance « d’agir » pour arrêter l’offensive israélienne, se demandant combien il allait lui falloir de morts palestiniens pour se « scandaliser ». ( Le Monde 17 mai 2021)

Manifestations : Des manifestations propalestiniennes sont organisées dans plusieurs pays occidentaux, mais interdites à Paris. Les cris de haine envers les Juifs y sont entendus ainsi que "Allah Akbar". Les manifestants demandent aussi une Palestine libre du Jourdain à la mer, donc avec la disparition d'Israël.  Par contre, aucune critique des tirs du Hamas vers des populations civiles n'a cours. Le massacre le même jours de 94 enfants dans une école en Afghanistan n'est pas non plus audible comparé à l'expulsion de Sheikh Jarrah et aux réponses israéliennes aux roquettes. le hashtag ironique suivant apparait  : #noJewsnoNews

2021 - 16 mai, un attentat à la voiture bélier fait 7 blessés près du quartier de Sheikh Jarrah à Jérusalem. Le terroriste, un résident arabe de Jérusalem est abattu.

2021 - 14 mai : Des scènes d'émeutes ont lieu à divers endroits dans le pays:

Des émeutiers arabes dans la ville mixte d’Akko ont incendié le théâtre, que les habitants qualifient de symbole de la coexistence judéo-arabe. « C’est incroyablement douloureux de voir cela se produire », a déclaré Moni Yosef, l’un des directeurs du théâtre, à Ynet.

Des affrontements ont également éclaté dans les villes du nord d’Israël de Baqa al-Gharbiyye, Fureidis, Haïfa, Umm al-Fahm, Jisr az-Zarqa et d’autres régions du nord. La police a déclaré que les agents avaient utilisé des moyens de dispersion anti-émeutes alors que des manifestants violents leur jetaient des pierres, des cocktail Molotov et des pétards. La police a également déclaré avoir procédé à un certain nombre d’arrestations, des suspects étant interrogés.

À Nahf, une ville arabe située près de Carmiel, des émeutiers ont incendié un camion, attaquant des officiers avec des cocktail Molotov et des pierres lorsqu’ils sont arrivés sur les lieux. Une personne a été arrêtée,

À Jaffa, une maison du quartier d’Ajami a été incendiée, blessant deux enfants arabes, dont un garçon de 12 ans et une fille de 10 ans. La police a ouvert une enquête. Des images de caméras de surveillance ont montré deux silhouettes cagoulées marchant dans une ruelle située près de la maison avant qu’elle ne soit prise pour cible. Le garçon a subi des brûlures dans le haut du corps. Un soldat de 19 ans a subi une violente agression. Il souffre d’une fracture du crâne et d’une hémorragie cérébrale.

À Lod, une autre ville mixte qui a connu certaines des pires violences cette semaine, la police a déclaré avoir tiré sur une personne qui tentait de lancer un cocktail Molotov sur un bâtiment municipal, le blessant légèrement. La police a déclaré que les agents utilisaient un fusil Ruger de calibre 22, considéré comme moins meurtrier que les fusils standard et parfois utilisé pour lutter contre les émeutes.

À Jérusalem-Est, des centaines d’émeutiers ont affronté des agents de la police des frontières dans les quartiers d’Abu-Tor, Silwan, Sheikh Jarrah, Shuafat et Beit Hanina, entre autres, lançant des pierres, des cocktail Molotov et des pétards sur les forces de sécurité israéliennes.

Lors d’un incident, une voiture de police a été incendiée – aucun blessé n’a été signalé.

À Sheikh Jarrah, l’un des points focaux de la flambée des violences sans précédent de cette semaine, ... des émeutiers arabes ont jeté des pierres sur les maisons juives, selon Ynet. Des images vidéo semblaient montrer deux hommes juifs en train de tirer des coups de semonce en l’air en guise de réponse. Les hommes ont été arrêtés par la police.

Plus tôt vendredi, la police israélienne avait signalé neuf personnes blessées lors de violents troubles entourant l’arrestation d’un haut dirigeant islamiste à Kafr Kanna, dans le nord d’Israël. Quatre personnes se trouveraient dans un état grave.

La police a déclaré que lors de l’arrestation de Kamal Khatib, les policiers ont rencontré une « violente résistance » de la part des habitants qui ont bloqué des routes, brûlé des objets, jeté des pierres et « ouvert le feu sur des policiers ».

Le chef de l’agence de sécurité intérieure du Shin Bet a déclaré vendredi que les services de sécurité ne toléreraient pas la violence ethnique « ni par les Arabes ni par les Juifs ».

Son chef, Nadav Argaman, a déclaré vendredi que le Shin Bet « ne laissera pas les violents contrevenants commettre des actes de terrorisme dans les rues d’Israël ».

Des manifestations mixtes mélant juifs et arabes sont organisées à Jérusalem, à Lod, à Tel-Aviv, à Haïfa , à Modiin,  ou encore à Abu Gosh, demandant le retour au calme et à la coexistence pacifique.

Le député arabe du Meretz, Issawi Frej demande que "quiconque se qualifie de personnalité publique dans la société arabe doit appeler au rétablissement du calme". Il ajoute "J’appelle Ahmad Tibi, Ayman Odeh et les maires arabes [de la Liste arabe unie] : c’est le test de votre leadership. Ne vous cachez pas. Ne parlez pas uniquement pendant les élections. C’est votre travail de sortir et d’influencer."

C'est aussi le cas de Mansour Abbas, député islamiste israélien :"

Au milieu de l’explosion populaire de colère compréhensible, nous commençons à voir que les choses évoluent dans des directions très dangereuses, car des manifestations populaires pacifiques se sont transformées en affrontements directs qui menacent la vie et la sécurité de nos jeunes ...Je vous demande à tous d’assumer vos responsabilités, d’agir avec sagesse, de respecter l’ordre public et la loi, et de préserver votre vie et celle de tous les citoyens sans exception. »

Pour le parti Hadash, mené par Ayman Odeh, la plus grande faction de la Liste arabe unie, il faut aussi en finir avec la violence. Il appelle donc au retour calme, mais ne souhaite pas l'intervention de la police des frontières israélienne ".

« Nous soutenons les manifestations conjointes de Juifs et d’Arabes, contre l’occupation et l’attaque de Gaza, mais nous rejetons résolument les tentatives de lynchage, d’incendie des biens et des lieux de culte, et tout préjudice causé aux civils, aux Juifs et aux Arabes ... « Nous rejetons l’introduction de forces frontalières, dont les tendances anti-arabes sont connues, à Lod. Cela ne peut que conduire à une escalade »

2021 - 12 mai : des émeutes dans la ville arabo-juive de Lod, proche de Tel-Aviv, font plusieurs blessés.La ville compte  77000 habitants dont 47 000 juifs et 23 000 arabes. Des synagogues sont détruites et des Juifs agressés chez eux. Selon le Maire de Lod, Yaïr Revivo, c'est "la nuit de cristal", en référence au pogrom nazi contre les juifs allemands en 1938

« J’ai appelé le Premier ministre à déclarer l’état d’urgence à Lod. A appeler l’armée. A imposer un couvre-feu. A faire revenir le calme… il y a ici un échec de gouvernance… c’est un incident géant – une intifada d’Arabes israéliens. Tout le travail que nous avons fait ici depuis des années, en termes de coexistence, est anéanti ».

« Tout Israël doit le savoir, il y a une perte totale de contrôle… C’est impensable. Les synagogues sont incendiées. Des centaines de voitures sont incendiées. Des centaines de voyous arabes déambulent dans les rues… la guerre civile a éclaté à Lod… La communauté orthodoxe nationaliste, ici, est armée. J’implore ses membres de retourner chez eux mais, ce qui est compréhensible, ils veulent protéger leurs habitations. Des cocktails Molotov sont jetés dans des maisons appartenant à des Juifs. La situation est incendiaire. »

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu déclare l'état d'urgence et envoie un bataillon de la police des frontières en renfort. Il trouve la situation extrrêmement grave et dit ne pouvoir accepter l'anarchie des émeutiers. Il conclut qu'il imposera un couvre-feu si nécessaire et que la loi et l'ordre seront rétablis.

D'autres scènes de violence arabes ont lieu dans les villes de Akko ,  Wadi Ara (nord), ou Jisr A-Zarqa, près de Haïfa, où huit personnes ont été arrêtées.

Reuven Rivlin le chef de l'État déclare :

Le spectacle du pogrom à Lod [à l’instar du maire Yair Revivo qui avait employé ce mot cette nuit après les émeutes dans sa ville] et les troubles à travers le pays par une foule arabe incitée et assoiffée de sang, blessant des personnes, endommageant des biens et attaquant même des espaces juifs sacrés est impardonnable.

Déchirer le drapeau israélien par des émeutiers arabes et le remplacer par le drapeau palestinien est une attaque brutale contre la coexistence dans l’État d’Israël. Le silence des dirigeants arabes face à ces troubles est honteux, il apporte un soutien au terrorisme et aux émeutes et encourage la rupture de la société dans laquelle nous vivons et dans laquelle nous continuerons à vivre une fois que tout cela sera passé.

Le gouvernement israélien doit poursuivre les émeutiers d’une main ferme, rétablir la sécurité et l’ordre tout en combattant le terrorisme de Gaza sans compromis. C’est le choix de notre vie – être prêts et armés, forts et déterminés, prêts à défendre notre foyer. Nous surmonterons cette épreuve et nous en sortirons pleins de confiance et de force. Ce pays nous appartient à tous, et plus que tout, nous devons être loyaux envers lui et ses lois.

Par ailleurs, un homme arabe, Saeed Mousa,  est arraché de sa voiture par des Juifs extrémistes. La scène filmée en directe est violente. Le pays est choqué par cette retransmission en direct,  de ce qui s'apparente à un lynchage à Bat-Yam sur la promenade de bord de mer. Saeed Mousa se rendait à la plage,  lorsqu'il a été attaqué par un groupe qui s'était rassemblé pour attaquer les Arabes et les commerces arabes de la ville de Tel Aviv, selon un précédent acte d'accusation.

Selon les procureurs, Mousa a tenté de faire marche arrière pour échapper à la foule, mais a heurté une voiture derrière lui. Il a ensuite accéléré, les gens se jetant hors de son chemin, avant de percuter une autre voiture. Il a ensuite été traîné hors de la voiture par la foule, certains affirmant maintenant qu'il avait tenté d'écraser des piétons et qu'il avait été violemment battu.

Mousa a été emmené à l'hôpital Ichilov dans un état grave.

La victime, rouée de coups,  reste à terre durant 15 minutes avant l'arrivée  des secours et de la police. L'homme agressé est dans un état stable mais jugé grave. Des manifestants disent que l'homme fonçait sur la foule avec sa voiture, mais les images montrent qu'il essayait plutôt d'éviter la manifestation.

Le député d'extrême droite Bezalel Smotrich, chef du parti «Sionisme Religieux», a affirmé avoir «avoir honte» de ce lynchage d'une «cruauté atroce». «Frères juifs, Stop!! Nous ne pouvons en aucun cas nous laisser aller à des actes violents», a-t-il ajouté. Le grand rabbin d'Israël Yitzhak Yossef a appelé à cesser les agressions commises par des juifs: «Des citoyens innocents sont attaqués par les organisations terroristes, le coeur est lourd et les images difficiles mais nous ne pouvons pas nous laisser entrainer dans des provocations et des agressions», a-t-il précisé. Pour le député arabe Issawi Fredj (Meretz, gauche), il s'agit des «prémices d'une guerre civile». (Le Figaro)

Pour le chef de l’opposition Yaïr Lapid, «les émeutiers à Lod et Acre ne représentent pas les Arabes Israéliens, les émeutiers à Bat Yam (...) ne représentent pas les juifs israéliens, la violence ne dictera pas nos vies». Benjamin Nétanyahou a déclaré dans un communiqué que «ce qu’il se passe depuis ces derniers jours dans les villes d’Israël est insupportable... Rien ne justifie le lynchage d’arabes par des juifs et rien ne justifie le lynchage de juifs par des arabes». Il a ajouté: «Aux citoyens israéliens, je dis, cela ne m’intéresse pas que votre sang bout, vous ne pouvez pas faire la loi, vous ne pouvez pas prendre un simple citoyen arabe et le lyncher.» (Libération)

Six personnes sont inculpées, trois immédiatement, trois autres le 7  juin. Seul l'un des trois inculpés lundi, David Bitayer, 35 ans, a été frappé d'une accusation liée au terrorisme, pour agression aggravée.
Shai Simhon, 40 ans, a été inculpé de vol à motivation raciale et de coups et blessures volontaires aggravés. Yaakov Cohen, 31 ans, a été inculpé de dégradation intentionnelle d'un véhicule. Netanel Binyamin, 25 ans, a été inculpé de tentative de meurtre pour cette attaque. Lui, Lahav Ohanina, 18 ans, et un mineur de 16 ans ont été inculpés le mois dernier de terrorisme suite à l'incident. Les six suspects ont été inculpés devant le tribunal de district de Tel Aviv.

2021 - 10 mai : des affrontements sur l'esplanade des mosquées font 300 blessés.

La tension trouve son origine dans les évènements de la porte de Damas une semaine plus tôt où la célébration du Ramadan par les fidèles musulmans est chaque année génératrice de tension, de la concomitance de cette fête religieuse avec la fête nationale israélienne de célébration de la réunification de Jérusalem en 1967, et du conflit sur les expulsions du quartier de Sheikh Jarrah.

On peut y ajouter le report par Mahmoud Abbas des élections palestiniennes attendues après 15 années sans vote pour la populations des territoires palestiniens.

 

Sheikh Jarrah

La tension est montée d'un cran suite à la récente décision d'expulsion de dizaines de Palestiniens du quartier de Sheikh Jarrah. Ce quartier situé près de la porte de Damas tient son nom du médecin de Saladin (Jarrah signifie chirurgien) dont la tombe est située sur la route de Naplouse.

C'est actuellement un quartier essentiellement arabe situé entre la vieille ville et l’université hébraïque de Jérusalem ou l’hôpital Hadassah, qui font eux partie de Jérusalem Ouest. 

C'est aussi un quartier juif,  nommé Shimon HaTzadiket, établi autour de la tombe de Siméon le Juste, l'homme devant qui se serait incliné Alexandre le Grand. C'est dans ce quartier que se situe un des quatre sites français de Jérusalem, le tombeau des Rois.

Le tombeau de Siméon et les terres environnantes (une parcelle d'environ 18 dunams) ont été achetés en 1874 par le comité de la communauté sépharade et de l'assemblée ashkénaze d'Israël.

Lors du recensement ottoman de 1905, le Sheikh Jarrah nahiya (sous-district) comprenait les quartiers musulmans de Sheikh Jarrah, Hayy el-Husayni, Wadi el-Joz et Bab ez-Zahira, et les quartiers juifs de Shim'on Hatsadik et Nahalat Shim'on.

Sa population comptait 167 familles musulmanes (environ 1250 personnes), 97 familles juives et 6 familles chrétiennes. Il contenait la plus grande concentration de musulmans en dehors de la vieille ville. La majeure partie de la population musulmane est née à Jérusalem, avec 185 résidents seuls membres de la famille al-Husayni. Un plus petit nombre était originaire d'autres parties de la Palestine, à savoir Hébron, Jabal Naplouse et Ramla, et d'autres parties de l'Empire ottoman, notamment Damas, Beyrouth, la Libye et l'Anatolie.

La population juive comprenait des ashkénazes, des séfarades et des maghrébins ainsi que quelques Chrétiens, pour la plupart protestants.

En 1918, le quartier Sheikh Jarrah du Sheikh Jarrah nahiya contenait environ 30 maisons.

En 1947, peu après que l'Assemblée générale des Nations unies ait recommandé la partition du pays en un État juif et un État arabe, les quartiers de Shimon haTsadiq et de Nahalat Shimon, proches du tombeau, sur la route du mont Scopus, ont été revendiqués par les Israéliens, bien que l'Assemblée générale des Nations unies ne les ait pas inclus dans le plan de partage en tant que zone juive.

Mais la guerre de 1948 laisse ce territoire du côté Jordanien, qui en expulse tous les Juifs.

La Jordanie annexe alors Jérusalem, ses environs et toute la Judée-Samarie, nom officiel alors usité mais baptisé Cisjordanie par les jordaniens.

En 1956, 28 familles arabes s'installent dans le quartier. Selon l'ONG "Coalition civile des droits  des Palestiniens", Ils se seraient installés sur un terrain donné par la Jordanie dans des habitations financées par l'UNRWA, l'organisme onusien en charge des réfugiés palestiniens.

D'après eux, 'un contrat a été conclu à l'époque entre le ministère Jordanien de l'Habitat et les familles palestiniennes. Ledit contrat prévoyait, essentiellement, le paiement par les habitants d'un montant symbolique, à titre de loyer, dans l'attente qu'elles deviennent propriétaires, trois ans après la fin des travaux de construction.

La Guerre de juin 1967 et la victoire israélienne, aurait empêché le transfert de propriété du terrain et son inscription au nom des familles. La Jordanie finit par ratifier opportunément l'accord de transfert de propriété le 29 avril 2021, soit 65 ans après l'installation des réfugiés arabes, alors que la Jordanie n'est plus propriétaire du territoire depuis 1967 et qu'elle a abandonné officiellement toute prétention sur Jérusalem (hors esplanade) et la Cisjordanie depuis 1988 !

Donc , 19 après la guerre d'indépendance ou la Nakba selon celui qui l'énonce, la situation s'inverse, avec la guerre des six jours. Les Israéliens sont victorieux et annexent à leur tour Jérusalem. Ils en font la Capitale de leur État.

Les familles de Juifs expulsées en 1948 demandent alors à récupérer leurs biens. La suite est encore plus compliquée.

En 1972, un marathon juridique commence opposant des juifs propriétaires à des arabes aussi propriétaires, qui produisent à leur tour des titres de propriétés datant de l'empire ottoman, dont le cadastre se trouve à Istanbul. Le tout agrémenté d'un flou sur les propriétés concernées dans le district.

La loi israélienne dispose  que si des Juifs peuvent prouver que leur famille vivait à Jérusalem-Est avant la guerre israélo-arabe de 1948-1949, ils peuvent demander à ce que leur soit rendu leur  droit de propriété.

En 1982, des associations d'israéliens déposent une plainte pour expulser 24 familles du quartier

En 1991, un accord est trouvé. Les familles arabes restent dans les lieux moyennant un loyer versé aux associations qui avaient porté plainte.

Mais les occupants arabes se ravisent et ne payent plus les loyers, ouvrant droit à des procédures d'expulsion initiées à leur encontre.

La bataille prend un autre tour en 2001 lorsque des Juifs entrent de force dans des maisons afin de les occuper.

La cour de Justice est amenée à statuer et se prononce une première fois en 2008 en faveur de l'antériorité des habitants juifs dans les maisons en litige. Puis en 2021 elle se prononce en faveur de l'expulsion des habitants arabes.

En tout ce sont 12 arrêtés d'expulsion qui ont été pris. Ce qui relativise la portée politique de ce micro-drame que certains veulent qualifier de crime de guerre.

Les partisans des expulsions de familles palestiniennes de leurs maisons à Jérusalem-Est fondent leur argumentation sur deux lois israéliennes : celle sur la propriété des absents de 1950 et celle portant sur les questions juridiques et administratives de 1970. La loi de 1950 interdit aux Palestiniens de récupérer leurs propriétés perdues lors de la guerre de 1948, tandis que la loi de 1970 permet aux Juifs israéliens de revendiquer à nouveau les propriétés perdues au cours de la même guerre.

Pour l'Autorité palestinienne, la loi israélienne permet donc d'habiller juridiquement une épuration ethnique.

Tandis que les associations juives, parfois messianiques comme Ateret Cohanim, considèrent que les Juifs ne font que retourner sur leurs terres ancestrales après que les derniers en aient été chassés en 1948 lorsque la Jordanie à annexé Jérusalem-Est.

En 2016, un rapport émanant de deux ONG israéliennes fait état d'une augmentation de 40% en sept ans de la population juive à Jérusalem Est. Selon ces deux ONG,

"68 familles palestiniennes ont été expulsées de la maison où elles vivaient, 60 dans le quartier Sheikh Jarrah de Jérusalem Est, et huit autres dans le quartier musulman. Quelque 55 évacuations ont eu lieu ces deux dernières années, et 300 familles supplémentaires du Bassin Saint vivent sous la menace constante d’une expulsion ou de la démolition de leur maison."

La croissance de la population juive dans ces quartiers à majorité arabe est très conflictuelle. Des actions visant à acheter, ou réquisitionner, des appartements d'habitants arabes pour accroitre la présence juive à Jérusalem-Est sont ainsi régulièrement dénoncées.

Selon l’ONG Ir Amim (la ville des peuples) un groupe de défense des droits de l'homme israélien , quelque 600 dossiers d’expulsion – dont les maisons de 75 familles palestiniennes à Sheikh Jarrah – sont actuellement examinés par le ministère de la Justice.

Les Palestiniens de Jérusalem-Est et leurs alliés affirment que la loi est discriminatoire à leur égard, car elle permet effectivement aux Juifs de réclamer des biens à Jérusalem-Est, alors que les Palestiniens n’ont pas la possibilité de faire des réclamations dans la partie occidentale de la ville, à majorité juive.

Les expulsions, lorsqu’elles ont lieu, sont souvent le résultat de batailles judiciaires qui s’étendent sur des années, voire des décennies. Les litiges s’appuient sur une loi de 1950 qui permet au gouvernement israélien de récupérer les biens des Palestiniens considérés comme légalement absents, ainsi que sur une loi de 1970 qui offre aux Juifs une voie légale pour récupérer les biens appartenant à des Juifs à Jérusalem-Est avant 1948.

Les aspirants résidents juifs et leurs alliés, tels que le groupe de droite dure Ateret Cohanim, affirment qu’ils étendent la présence juive dans la capitale d’Israël par des moyens légaux. (article Times of Israël)

 

Le 10 mai 2021 alors que les tensions sont très vives, la cour suprême doit statuer sur les expulsions de quatre familles palestiniennes.

Ce jour est aussi celui de la fête israélienne de Yom Yerushalayim, le jour de Jérusalem, datant la 54e année de la réunification de la ville suite à la guerre des six jours. Traditionnellement les mouvements nationalistes juifs défilent ce jour là.

Le Hamas s'en mêle en menaçant Israël d'envoyer des roquettes sur le centre du pays si Israël ne se retire pas dans les 48 heures les forces de l'ordre d'Al Aqsa, de Sheikh Jarrah et s'il ne libère pas tous les détenus palestiniens. Enfin des affrontements ont eu lieu entre Juifs et Arabes. Ceux-ci s'envoyant des pierres et des chaises les uns contre les autres. La police doit intervenir, arrêtant une quinzaine de personnes.

D'après le journal libanais l'Orient Le jour,

Un grand tournant aura lieu dans le sillage de l’exode de 1948 : les habitants palestiniens de trente-neuf villages situés dans la zone ouest de Jérusalem sont expulsés vers l’est de la ville, bien qu’à l’époque les termes « ouest » et « est » n’étaient pas de mise. Plus généralement, dans la partie orientale de la ville, alors sous le contrôle de la Jordanie, des familles palestiniennes expulsées des villes et villages situés aujourd’hui dans ce qui est devenu Israël, se sont installées à Cheikh Jarrah. Ainsi, en 1956, 28 familles de réfugiés palestiniens expulsées de leurs foyers dans les villes côtières de Jaffa et Haïfa en 1948 ont pu trouver refuge dans le secteur de Karm al-Jaouni à Cheikh Jarrah, grâce à un accord entre le royaume hachémite et l’agence des Nations unies pour les réfugiés (UNRWA). Selon celui-ci, ces familles pouvaient obtenir des titres fonciers à leur nom après trois années passées sur les lieux, en contrepartie de quoi elles devaient renoncer au statut de réfugié. (voir l'article >>)

Le site ThinkIsraël présente une autre version :

Les habitants ont fui ou ont été contraints par les forces arabes et britanniques d'évacuer les trois quartiers juifs au début de la guerre. Les attaques arabes au couteau et au fusil ont été assistées, dans le cas de Nahalat Shimon, par les troupes britanniques qui ont forcé les Juifs à rendre leurs armes après que les Juifs aient repoussé une attaque arabe.Toutes les familles juives, sauf une, fuient Shimon haTsadiq dans la nuit du 29 décembre 1947.

La famille restante s'est enfuie le 7 ou le 8 janvier 1948 ... Shimon haTsadiq devient le premier quartier du pays dont la population a été chassée et n'est pas revenue après la guerre. Les Juifs avaient également fui le sud de Tel-Aviv en décembre 1947, mais sont revenus après la guerre, tandis que Shimon haTsadiq est resté sous contrôle arabe, tout comme Nahalat Shimon et les maisons Siebenbergen. Ainsi, précisément dans les environs de la Tombe, les Arabes et les Britanniques ont dépossédé les Juifs de leurs maisons à la fin de 1947 et au début de 1948. (voir l'article >>)

Selon l'ONG Ir Amim, cela fait longtemps que le quartier est un point de tensions entre Juifs et Arabes. Pour l'ONG, ce sont environ 200 familles de la partie orientale de la ville qui sont actuellement menacées d’expulsion, leurs dossiers n’avançant que lentement au travers des instances administratives et des tribunaux israéliens. Environ 70 de ces familles résident à Sheikh Jarrah.

L'historien Vincent Lemire résume ainsi l'enjeu conflictuel :

Le fond de l'affaire, c'est qu'il y avait quelques propriétaires dans le quartier arabe de Cheikh Jarrah et que, en droit israélien, il y a un droit immobilier rétroactif pour les propriétés juives d'avant 1948. Ce qui est évidemment parfaitement insupportable pour la partie palestinienne, puisque les 700 000 expulsés de 1948 sont privés de ce droit immobilier rétroactif, ils n'ont pas le droit de retrouver leur propriété.

Le conflit a des répercussions internationales même si le conseil de sécurité, bloqué par les USA, ne réagit pas. Alors que le gouvernement israélien accuse l'autorité palestinienne d'utiliser un conflit foncier privé pour inciter aux violences à Jérusalem, plusieurs pays arabes font part de leur opposition aux actions israéliennes. Une douzaine de représentants démocrates américains ont aussi fait part de leur opposition à ces expulsions.

La soirée du 10 mai voit les affrontements augmenter. Deux grands arbres situés à une dizaine de mètres de la mosquée d'Al-Aqsa prennent feu après qu'un tir de feu d'artifice ou un cocktail molotov lancé par des émeutiers sur la police ait malencontreusement, ou heureusement, atterri dans un arbre qu'il enflamme.

Le bilan des affrontements serait de 320 blessés selon le croissant rouge.  La police israélienne compte pour sa part 9 blessés.

Le Hamas lance 150  roquettes de Gaza vers le centre d'Israël heureusement souvent neutralisées en vol par le dispositif du dôme de fer. Israël réplique en bombardant Gaza à son tour. Le Hamas fait état de 20 morts dont 9 enfants mais l'information délivré par le mouvement terroriste à la tête de Gaza n'est pas vérifiable. Une roquette aurait par ailleurs explosé sur place. Le Hamas publie un communiqué :

"nous avons ouvert une plateforme de missiles contre l'ennemi à Jérusalem occupée en réponse à ses crimes et à son agression contre la ville sainte et aux mauvais traitements infligés à notre peuple à Sheikh Jarrah et à la mosquée Al-Aqsa"

Une centaine de roquettes, toujours sur des populations civiles, sont tirés par le Hamas dans la nuit faisant 32 blessés. Deux immeubles sont frappés à Ashkelon.

L'union européenne réagit et condamne le Hamas dans un communiqué :" les tirs de roquettes depuis Gaza sur les populations civiles israéliennes sont totalement inacceptables, alimentant la dynamique de l'escalade".

L'armée israélienne annonce avoir riposté et atteint  130 cibles militaires du Hamas  sur Gaza selon leporte-parole militaire, Jonathan Conricus. 

Selon l'armée, "des sites de production d'armes et des complexes militaires des organisations terroristes Hamas et Jihad islamique palestinien", ont été visés mais aussi deux tunnels d'attaque, ainsi que "le domicile d'un commandant de bataillon de l'organisation terroriste Hamas... Selon nos estimations actuelles, nous avons éliminé 15 membres du Hamas et du Jihad islamique.

L'organisation terroriste Hamas place délibérément ses moyens militaires au cœur de la population civile de la bande de Gaza".

L'armée affirme  "prendre toutes les précautions pour minimiser les dommages aux civils au cours de ses activités militaires".

L'audience prévue le 11 par la cour sur le fond de l'affaire de l'expulsion des résidents de Sheikh Jarrah a quant à elle été annulée"  à la lumière du contexte actuel, et à la demande du procureur général. ...Une nouvelle date sera annoncée d'ici les 30 prochains jours."

 

2021 - 9 mai : un commando de trois terroristes arabes se dirige vers Jérusalem en bus à partir de la Cisjordanie. Les trois hommes ouvrent le feu en courant vers les garde-frontières lorsque le bus est fouillé, malgré la présence de femmes et d'enfants. Les terroristes sont abattus par la police des frontières .

2021 - 8 mai : les émeutes prennent de l'ampleur. 80 000 personnes viennent prier sur l'esplanade des mosquées pour la nuit Al-Qader, l'une des plus saintes du mois de Ramadan. Des poubelles sont incendiée. Près de la porte de Damas,  quatre policiers sont blessés par des jets de projectiles et de bouteilles d'eau. Des émeutes ont aussi lieu porte d'Hérode, toujours à Jérusalem et l'autoroute qui relie Tel-Aviv à Jérusalem est bloquée un temps par des manifestants arabes.

 

2021 - 7 mai :  des personnes sont blessées sur l’esplanade des Mosquées, où des dizaines de milliers de palestiniens étaient réunies pour la dernière prière du vendredi avant la fin du mois de jeûne du ramadan.

La police israélienne a fait irruption vendredi soir dans l'enceinte du Mont du Temple après que des Palestiniens ont jeté des pierres et des bouteilles sur des forces de l'ordre, alors que les affrontements généralisés à Jérusalem se sont étendus au lieu saint après les prières qui s'y sont déroulées le dernier vendredi du mois sacré musulman du Ramadan.

La vidéo de la scène a montré des batailles rangées, avec des Palestiniens jetant des chaises, des chaussures, des pierres et des bouteilles, et tirant des feux d'artifice, et la police répondant avec des grenades assourdissantes, des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc. Les manifestants scandaient "Allahu Akbar", ou "Dieu est grand".

Le Croissant-Rouge palestinien a fait état d'au moins 205 blessés, dont une vingtaine ont été transférés à l'hôpital, tandis que la police a ajouté avoir recensé 20 blessés dans ses rangs et arrêté 44 personnes lors de ces affrontements.

Le samedi est la date du "Laylat al-Qadr" ou "Nuit du destin", la nuit la plus sacrée du mois du Ramadan. Les fidèles se rassemblent alors pour des prières nocturnes à la mosquée Al-Aqsa.
Le dimanche, marque le début de la Journée de Jérusalem, une fête nationale, au cours de laquelle Israël célèbre l'unification de Jérusalem - lorsqu'Israël a pris la moitié orientale de la ville, y compris la vieille ville, aux Jordaniens lors de la guerre de 1967 - et les nationalistes religieux organisent des défilés et autres célébrations dans la ville.

Le Hamas annonce "suivre de près l'attaque criminelle sioniste des forces d'occupation contre la mosquée bénie Al-Aqsa et notre peuple dans la ville occupée de Jérusalem.".

Des manifestations scandent : "Nous sommes tous le Hamas, dans l’attente de vos ordres, commandant Mohammed Deif. Hamas — tirez une roquette ce soir sur Tel Aviv"

Un reportage TV de la douzième chaine met en lumière que des stocks de pierre et des feux d'artifice avaient été stockés dans le complexe qui abrite la mosquée d'Al Aqsa, à la barbe de la police israélienne.

La colère s’est accrue samedi avec la diffusion d’une vidéo dans laquelle on voit une grenade assourdissante exploser à l’intérieur de la mosquée Al-Aqsa, après avoir été lancée dans le bâtiment par les forces de sécurité israéliennes. Il s’agirait d’une réponse à des attaques contre les forces de sécurité depuis l’intérieur de la mosquée.

D’autres images en ligne semblaient montrer la police anti-émeute entrant dans le bâtiment principal de la mosquée au milieu des violents affrontements.

La communauté internationale, y compris les alliés arabes d’Israël, a condamné samedi l’État juif pour la « prise d’assaut » d’Al-Aqsa par les forces de sécurité lors des affrontements.  (i24 news 9 mai 2021)

 

2021 - 6 mai : Dans une longue interview retransmise à la télévision iranienne, le général Hossein Salami, affirme qu'il est aujourd'hui possible de "détruire Israël en une seule opération"

Le commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique d'Iran, le général de division Hossein Salami, déclare que la "sécurité" d'Israël s'est érodée et que sa "bulle" de sécurité a éclaté au cours des derniers mois. 

L'Iran qui répète mois après mois qu'elle veut détruire Israël, avec qui elle n'a ni conflit d'intérêt, ni conflit de frontières. Il s'agit surtout pour ce pays chiite non arabe de tenter de rallier le monde musulman de la région, majoritairement sunnite et arabe, autour d'une cause toujours populaire. La dictature tente ainsi de faire oublier ses exactions comme les exécutions sommaires récentes d'athlètes olympiques qui choquent un pays à bout après 42 ans de règne des Mollahs 

 

 Janvier -avril 2021 >>