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 Avril

 

2021 - 30 avril : Des élections législatives et présidentielles dans les territoires de l'Autorité palestinienne avaient été annoncées pour le 22 mai. Les dernières élections datent de 2005. Mahmoud  Abbas avait alors été élu pour quatre ans. Le 30 avril, il annonce le report de ses élections, faute selon lui , de garantir le processus démocratique à Jérusalem-Est, annexé par Israël. Le Hamas fait reposer la responsabilité de cette annulation sur le Fatah. Des manifestants en Cisjordanie dénoncent ce report et exigent des élections.

Concernant Jérusalem-Est, annexé depuis 50 ans par Israël, La commission électorale palestinienne avait assuré récemment pouvoir mettre sur pied des bureaux de vote dans des villes voisines de Jérusalem.  Mais Mahmoud Abbas a rejeté cette option, disant vouloir la tenue du vote à Jérusalem, et que les partis puissent y mener leur campagne électorale

2021 - 29 avril : le pèlerinage annuel des juifs orthodoxes à Meron, dans le nord d' Israël tourne au tragique. Une bousculade et l'écroulement d'une estrade fait au moins 44 morts et 150 blessés.

Le pèlerinage a lieu chaque année au tombeau présumé de Rabbi Shimon Bar Yochaï, un talmudiste du IIe siècle de l'ère chrétienne auquel on attribue la rédaction du Zohar, ouvrage central de la mystique juive. Lag Baomer est une fête joyeuse marquant le souvenir de la fin d'une épidémie dévastatrice parmi les élèves d'une école talmudique à cette époque. Les autorités ont permis la présence de 10.000 personnes dans l'enceinte du tombeau mais, selon les organisateurs, plus de 650 bus ont été affrétés dans tout le pays, soit environ 30.000 personnes.

Pour le plus grand rassemblement autorisé en Israël depuis la début du Covid, 5000 policiers avaient été mobilisés.

2021 - 28 avril : comme en 2020, le parlement européen vote une résolution demandant à l'UNRWA, l'organisme onusien d'aide aux réfugiés palestiniens, d'arrêter d'inciter au terrorisme et à la violence dans les manuels scolaires qu'il utilise dans les écoles qu'il gère. Cela fait suite à la parution d'un rapport de l'ONG israélienne Impact-SE , Institut de veille pour la paix et de la tolérance dans l’enseignement scolaire, qui a alerté le public sur ce sujet sensible. voir le rapport , ou sur le site de Impact-SE.

Les termes employés en mai 2020 étaient les suivants : Le parlement s’inquiète des contenus problématiques répertoriés dans les manuels des écoles palestiniennes qui n’ont pas été supprimés et s’inquiète également de l’incapacité continue à agir de manière effective contre les discours de haine et la violence dans les livres scolaires ». Ajoutant que les « salaires des enseignants et des fonctionnaires du secteur public de l’éducation, qui sont financés par les fonds versés par l’Union européenne… doivent être utilisés pour mettre en place et pour enseigner un programme reflétant les valeurs de paix, de tolérance, de coexistence et de non-violence de l’UNESCO"

 

2021  - 28 avril : Deux roquettes tirées de la bande de Gaza à destination d'Israël sont retombées finalement sur Gaza.

En quelques jours ce sont près de 40 roquettes qui ont été tirées sur Israël, donnant lieu à des représailles israéliennes.

2021- 22 avril : une manifestation regroupant environ 300 personnes est organisée à Jérusalem par le mouvement d'extrême droite Lehava. Des slogans tels que "mort aux Arabes" sont entendus. Une contre manifestation est organisée par des Palestiniens revenant de la prière du Ramadan. Les tensions, particulièrement près de la porte de Damas, qui permet l'accès à la vieille ville en provenance des quartiers arabes de Jérusalem, durent plusieurs jours.

Le Croissant-Rouge palestinien a fait état d’au moins 105 blessés, dont une vingtaine ont été transférés à l’hôpital, tandis que la police a déclaré qu’elle avait recensé 20 blessés dans ses rangs et arrêté 44 personnes lors de ces affrontements. (Le Monde)

Selon la police, 20 agents ont été blessés durant les échauffourées, notamment un policier à cheval qui a reçu une pierre au visage. Trois ont été évacués vers un hôpital.

La police a aussi fait savoir que plus de 50 personnes avaient été arrêtées après des jets de pierre, de feux d’artifice, ou pour avoir agressé des policiers et s’être livré à des actes violents pendant ces émeutes qui ont duré jusque tard dans la nuit.(Times of Israël)

Lehava est une organisation israélienne dont l'objectif principal est de s'opposer aux mariages entre juifs et non-juifs, en particulier le mariage des femmes juives avec des hommes arabes. ELle s'oppose à la présence de chrétiens en Israël. Elle a été décrite comme d' extrême droite dans les médias israéliens, et ses actions ont été dénoncées par le président israélien Reuven Rivlin comme étant « comme les rongeurs qui grignotent sous la fondation démocratique et juive partagée d'Israël ». Elle s'est également distinguée pour son apologie de la haine et de la violence contre les Palestiniens et les demandeurs d’asile africains. Depuis 2016, elle est dirigée par le Rabbin Ben-Zion Gopstein, un disciple de Meïr Kahane.

2021 - 22 avril : un missile anti-aérien tiré par la Syrie traverse Israël et s'écrase sans faire de dégats dans le Neguev, non loin du centre nucléaire de Dimona. Il semble que ce missile d'interception ait raté sa cible, un avion de l'armée israélienne et ait continué sa course durant 300 km sans avoir été intercepté par les forces israéliennes.

2021 - 15 avril : 73e anniversaire de l'indépendance de l'Etat d'Israël, en calendrier hébraïque, c'est le 5 Iyar ( 14 mai 1948). A ce jour, Israël dont la campagne de vaccination commencée le 19 décembre 2020, a été particulièrement active semble avoir acquis une sorte d'immunité collective face au Covid.  53% de la population (dont 85% des plus de 16 ans)  a reçu les deux vaccinations nécessaires, essentiellement en Vaccin Pfizer. Le taux de test positif au Covid est descendu à 0,3% et le pays ne compte plus que 221 malades gravement atteints. La fin de l'épidémie est peut-être à portée du pays. Les lieux de restauration ont rouvert et l'abandon du masque est autorisé dans les espaces publics. Le risque d'une reprise suite à des variations du virus (variant sud-africain notamment) n'est cependant pas encore écarté. L'ouverture du pays au tourisme est envisagé pour le 23 mai sous conditions de tests négatifs et de vaccination.

2021 - 17 avril : les barrières anti-émeutes placées par les forces de l'ordre sur la place qui fait face à la porte de Damas sont otées afin d'apaiser les tensions. Mais des heurts ont lieu avec la police lorsque la foule déploie des drapeaux palestiniens sur la place.

2021 - 15 avril : un tir d'une roquette sur Sdérot est effectué à partir de Gaza, le jour où Israël célèbre sont 73 anniversaire. C'est le premier tir depuis le 23 mars. Aucune victime n'est à déplorer. En réponse  l'armée israélienne annonce que "des avions de combat et des hélicoptères ont frappé une usine de munitions, un tunnel de contrebande et un poste militaire » du Hamas,

2021 - 13 avril : En ce début de Ramadan, des heurts éclatent entre la police israélienne et des manifestants arabes à la porte de Damas à Jérusalem.

Selon la police, des Palestiniens de Jérusalem-Est ont jeté des pierres sur des bus et tiré des feux d’artifice sur la police. Au moins un officier a été légèrement blessé lors de ces affrontements.

Une poignée de Palestiniens de Jérusalem-Est ont fait circuler des vidéos dans lesquelles on les voit frapper des passants juifs ultra-orthodoxes et religieux apparemment non impliqués. Ces vidéos, téléchargées sur le réseau social TikTok, ont suscité une condamnation générale de la part des députés juifs et arabes.

Le mois sacré de l’islam, qui donne souvent lieu à des rassemblements de masse nocturnes, a été le théâtre de violences entre de jeunes Palestiniens et les forces de sécurité israéliennes.

Les récents affrontements semblent avoir été déclenchés par une décision de la police de Jérusalem d’empêcher les Palestiniens de s’asseoir sur les marches de la Porte de Damas. Selon une tradition officieuse de Jérusalem, des milliers de Palestiniens s’assoient souvent dans cette zone après les prières nocturnes du Ramadan.

Cette année, cependant, la police a mis en place des barrages dans le secteur afin d’en faire sortir les fidèles et a interdit aux Palestiniens de s’asseoir sur les marches la nuit. (Times of Israël, 19 avril)

Les affrontements durent plusieurs jours et font quelques blessés. Trois personnes sont arrétées.

2021 - 8 avril : les USA annoncent la reprise de l'aide aux territoires palestiniens, interrompue en 2018 par Donald Trump, pour un montant total de 235 millions de dollars. Soit 150 millions dédiés au financement de l'Unrwa, l'agence des Nations unie en charges des réfugiés palestiniens,  75 millions pour le développement et l'économie de la Cijordanie et la bande de Gaza, et 10 millions pour le processus de paix.Selon le secrétaire d'État Antony Blinken, « L'aide américaine au peuple palestinien sert les intérêts et les valeurs des Etats-Unis. Elle apporte une aide cruciale à ceux qui en ont besoin, favorise le développement économique et soutient le dialogue israélo-palestinien, la coordination de la sécurité et la stabilité »

La maison blanche, réaffirme après la parenthèse Trump, son soutien à une solution à deux États.

2021- 6 avril  : Rushdi Hamdan Abu Mukhun, l'un des assassins de Moshé Tamam, tué en 1984 par le FPLP (cf article ) est libéré. Cet arabe israélien est accueilli en héros dans sa ville arabe israélienne de Baqa al-Gharbiyye.

 

Mars

 

2021- 26 mars : conformément au changement de cap annoncé par l'administration Biden, les Etats-Unis annoncent l'octroi d'une aide de 15 millions de dollars pour venir en aide aux territoires palestiniens qui affrontent la pandémie. L'Agence américaine pour le développement international (USAID) fournira ces fonds pour soutenir l'action contre le coronavirus de l'organisation Catholic Relief Services en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, ainsi que pour une aide alimentaire d'urgence, a précisé le département d'Etat dans un communiqué. "Ce petit pas pour améliorer le bien-être du peuple palestinien est entièrement en accord avec les valeurs américaines", a dit son porte-parole Ned Price.

Mme Thomas-Greenfield, ambassadrice des États-Unis auprès de l'ONU, demande au gouvernement israélien et à l'Autorité palestinienne de s'abstenir de toutes actions unilatérales qui rendent difficile la solution à deux États, qu'il s'agisse d'activités de colonisation, de démolitions de maisons, d'incitation à la violence ou d'indemnisation des personnes emprisonnées pour des actes, ajoutant "Nous appelons à la fin de tous les actes de violence, y compris les actes de terrorisme, ainsi que les incitations à la violence et les actes de provocation et de destruction"

 

2021 - 25 mars : l'Iran tire un missile contre un porte-conteneur israélien en mer d'Oman. Le cargo, appartenant à la société israélienne XT management venait de Tanzanie et faisait route vers l'Inde. L'Iran avait déjà endommagé en février le cargo porte-voiture  israélien Helios-Ray dans le détroit d'Ormuz en envoyant un commando poser une mine contre sa coque.

 

2021 - 23 mars : Une roquette tirée de Gaza s'abat près de Beer-sheva. L'armée bombarde en représailles un site de confection de roquettes du Hamas à Gaza.

 

2021 - 23 mars : élections législatives. Les quatrièmes en deux ans.

6 578 084 millions de votants sont appelés à voter dans l'un des  13 685 bureaux de vote (dont 104 à l'étranger) pour l'un des 37 partis en lice. Continuer avec ou sans Netanyahu constitue le grand enjeu de ce scrutin. 61 députés sont nécessaires pour former le gouvernement de cette 24e Knesset. Les personnes malades (15 765 ) ou en quarantaine (40 000) suite au Covid , qui a fait 6098 morts dans le pays, peuvent voter dans des drive-in.  lire la suite...

 

2021 - 14 mars : le Kosovo ouvre son ambassade à Jérusalem. Israël a reconnu le 1er février la République du Kosovo, qui a proclamé son indépendance en 2008.

2021 - 12 mars : Israël annonce avoir vacciné contre le Covid-19 50 000 travailleurs palestiniens de Cisjordanie, travaillant en Cisjordanie ou en Israël >>.

2021 - 11 mars : comme elle l'avait annoncé en décembre 2020, la République tchèque ouvre son bureau diplomatique à Jérusalem.  L'ouverture fait suite à la nomination d'un consul honoraire à Jérusalem. La République tchèque est le second pays européen après la Hongrie à installer sa mission diplomatique à Jérusalem.

La République tchèque avait en 2018 ouvert une "Maison tchèque" abritant des entreprises telles que CzechInvest, CzechTrade et CzechTourism. Mais ce centre, hébergé dans les bureaux de la cinémathèque n'était pas un organe officiel de la République tchèque.

2021 - 7 mars :La Haute Cour reconnait la qualité de Juifs aux convertis des mouvements réformé et massortis effectuées en Israël, au grand dam des juifs orthodoxes. Pour le grand rabbin séfarade Ytzak Yosef ces juifs  "ne sont rien" et le mouvement libéral falsifie la Torah. Le rabbin est connu pour ses positions extrémistes, comparant les femmes aux "tenues immodestes" à des animaux et les noirs à des singes.

2021 - 7 mars : le gouvernement prévient les États-Unis qu'il ne laissera pas l'Iran accéder à l'arme atomique. L'Iran, par la voix de son ministre de la défense Amir Hatami menace en retour : « Parfois, le régime sioniste, par désespoir, se laisse aller à d’importantes accusations à l’encontre de la république islamique d’Iran et n’hésite pas à la menacer. Il doit savoir que s’il commet une telle bêtise, nous raserons Tel-Aviv et Haïfa et il n’en restera rien ».

2021 - 7 mars :  à Gaza, le Hamas a tiré 7 roquettes de 107 mm en direction de la mer. L'une d'elles a raté sa trajectoire et a frappé de plein fouet un bateau de pêche gazaoui faisant 3 morts et des blessés.

2021 - 7 mars : suite à sa fulgurante campagne de vaccination anti-covid, Israël rouvre les bars, restaurants, cafés, et les salles de réception limitées à 50% de leur capacité et sans dépasser 300 personnes toutes détentrices d'un passeport vert, ainsi que de classes supplémentaires.

2021 - 5 mars : l'armée a finalisé l'installation de la barrière séparant Israël de Gaza. Longue de 40 km, profonde d'une dizaine de mètres, truffée d'électronique, elle vise à empêcher les incursions hostiles du Hamas ou du Jihad islamique en Israël. En 2014, Israël avait démantelé une trentaine de tunnels provenant de Gaza sont l'unique but possible était l'utilisation pour des incursions armées en territoire israélien.

 2021 - 3 mars : Condamnation de Khalida Jarrar à deux ans de prison

Le 23 aout 2019, le FPLP avait organisé un attentat exécuté par plusieurs de ses membres en Cisjordanie, tuant une adolescente de 17 ans, Rina Shnerb. Dans une vague d’arrestations qui avait suivi le meurtre, Israël avait placé en détention de nombreux membres du FPLP, dont Jarrar.

Khalida Jarrar, une des responsables du FPLP depuis 2016 avait alors été placée en detention, où elle est restée un an sans procès ni mise en examen , dans le cadre de la détention administrative. Dans le cadre d'un accord judiciaire, le tribunal militaire de Judée vient de la condamner pour ses responsabilités dans l'attentat qui a tué la jeune Rina Shnerb près de l'implantation de Dolev.

Ayant effectué un an de prison, il ne lui reste que 8 mois à purger. Elle est aussi condamnée à payer une amende de 4 000 shekels.

"L’aile armée du FPLP, les brigades Abu Ali Mustapha, avaient commis des attentats-suicides contre des soldats et des civils israéliens pendant la Seconde intifada, et ils ont mené depuis des attaques sporadiques contre des Israéliens.

Jarrar avait été élue en 2006 au sein de la législature palestinienne en tant que représentante du FPLP. Elle est une politicienne bien connue du FPLP depuis, se consacrant aux Droits des femmes et aux affaires des prisonniers détenus dans le milieu carcéral israélien.

Les procureurs militaires ont néanmoins noté que les preuves d’une implication de Jarrar dans les activités armées du FPLP étaient insuffisantes. Ils ont déclaré avoir malgré tout identifié au moins trois rencontres, en 2014, qui avaient été organisées entre Jarrar et Abd al-Raziq Faraj — des membres du FPLP qui seraient pour leur part impliqués dans le meurtre de Shnerb.

Un responsable israélien de la sécurité qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat a reconnu qu’il n’y avait « pas suffisamment de preuves concernant la nature de ses activités, et le type d’informations qu’elle a pu recevoir ».

Le procureur militaire a aussi dit qu’elle n’avait pas été directement impliquée dans les « activités militaires du groupe », reconnaissant qu’il y avait eu des « difficultés substantielles en termes de recueil de preuves pendant la procédure ».

« L’accusée a majoritairement travaillé dans des contextes politiques et nationalistes vis-à-vis de l’Autorité palestinienne et elle n’a pas été directement impliquée dans les aspects militaires, organisationnels et financiers du groupe », a dit le procureur à la cour. >>

 

2021 - 2 mars : Le ministère de la Santé de l'Autorité palestinienne a reconnu que des doses du vaccin contre le Covid-19 avaient été administrées à des ministres, à des fonctionnaires du gouvernement et à l'équipe de football palestinienne. L'AP avait pourtant annoncée que les doses serviraient en priorité à vacciner le personnel soignant et les personnes âgées.

 

Février

 

2021 - 22 février : le premier ministre Netanyahu annonce que l'État va indemniser les familles d'enfants, principalement yéménites disparus dans les années 1950.

"ces bébés ont été donnés à des couples juifs ashkénazes (originaires d'Europe centrale et de l'Est) en Israël et à l'étranger. Les médecins assuraient alors aux parents biologiques que leur enfant était mort et ne leur remettaient pas le corps. Cette affaire a donné lieu à des accusations de racisme et de «discrimination» formulées par les séfarades (juifs originaires d'Orient) à l'encontre de «l'establishment» contrôlé par les ashkénazes qui ont fondé l'État. «Il est temps que la souffrance des familles auxquelles on a pris les bébés soit reconnue par l'État (...) et que ces familles soient indemnisées», a déclaré Benjamin Netanyahu dans un communiqué publié par son bureau. Il a néanmoins souligné que l'argent n'allait pas réparer la «terrible» et «insupportable souffrance» des familles originaires du Yémen ou d'autres pays arabes et des Balkans.

L'État va verser au total la somme de 162 millions de shekels aux familles (environ 41 millions d'euros). Les familles des enfants morts dont le lieu d'inhumation est inconnu recevront 150.000 shekels (environ 37.800 euros). Et les familles des enfants dont le sort reste incertain recevront 200.000 shekels, a précisé lundi le ministre israélien des Finances, Israël Katz.

En 2016, Benjamin Netanyahu s'était dit favorable à l'ouverture des dossiers qui devaient rester classifiés jusqu'en 2031. Quelques mois plus tard, le pays a ouvert les archives. Au fil des ans, plusieurs enquêtes officielles ont conclu que la majorité des enfants disparus étaient morts, mettant en avant les mauvaises conditions sanitaires dans les camps où avaient été accueillies leurs familles.

Peu après la création de l'État d'Israël, les autorités avaient installé des camps pour gérer le flux de nouveaux immigrants juifs, essentiellement venus des pays arabes, dont 30.000 Yéménites. Mais les enquêtes officielles n'ont pas dissipé les doutes. En 2018, la justice israélienne a autorisé l'ouverture de tombes d'enfants juifs décédés dans les années 1950 ainsi que des analyses génétiques pour tenter de faire la lumière sur ces disparitions." article le Figaro 22/02/2021

Voir aussi l'article juin 1949 - début de l'opération de sauvetage des Juifs du Yemen

 

2021 - 19 février  : échange de prisonniers avec le voisin syrien. La Syrie libère une israélienne du village de Madjal Shams, qui avait franchi la frontière dans le Golan contre une militante syrienne de droits de l'homme. L'israélienne, qui dit ignorer les frontières et vouloir voyager, a été dénoncée à Kuneïtra, ville syrienne près de la frontière avec Israël. Élevée dans une éducation ultra-orthodoxe, elle est en rupture avec son milieu et considérée comme instable. Elle parle couramment l'arabe. On apprend ensuite que les Syriens ont tenté de l'utiliser pour qu'elle les conduise à un poste de l'armée israélienne.

En échange de sa libération, Israël devait relâcher deux résidents du Golan incarcérés : Nihal al-Maqt et Dhiab Qahmuz..La première, arabe israélienne du Golan,  avait été condamnée à de la prison puis assignée à résidence en 2017, après qu'elle ait suivi les mouvements de l'armée israélienne. Le second, condamné en 2018 à quatorze ans de prison pour avoir passé des explosifs pour le compte du Hezbollah.

Cependant, ils refusent de retourner en Syrie dans le cadre de cet accord.

Deux bergers syriens égarés du côté israélien il y a quelques semaines, Mohamed Hussein et Tarek Al-Obeidan doivent aussi être libérés. La négociation a eu lieu par l'entremise du président russe Poutine, et impliquerait une livraison de vaccins Spoutnik V (contre le Covid-19) à destination d Damas. La ressortissante israélienne,  est revenue via Moscou.

 

2021 19 février : le président de la Guinée équatoriale Teodoro (Obiang Nguema) Mbasogo annonce dans un communiqué qu’il va transférer l’ambassade de Guinée à Jérusalem » sans préciser la date de ce transfert.

L’ambassade de Guinée équatoriale se trouve actuellement à Herzliya. 

 

2021 - 18 février : alors que la vaccination des israéliens est particulièrement avancée, cas unique au monde, une polémique enfle concernant l'accès aux vaccins des palestiniens. Il est notamment écrit qu'Israël s'oppose à leurs vaccination et bloque l'envoi de vaccin vers Gaza.

Ainsi Amnesty International  dénonce une « discrimination institutionnalisée » et appelé Israël à « fournir des vaccins de manière juste et équitable aux Palestiniens vivant sous occupation ». Selon Human Rights Watch, « rien ne peut justifier l’actuelle situation dans certaines parties de la Cisjordanie, où des habitants juifs du côté d’une route reçoivent des vaccins, tandis que, de l’autre côté de la route, des habitants palestiniens n’y ont pas droit ».

Alors qu'Israël est montré du doigt, le gouvernement souligne que les accords d'Oslo réservent le domaine de la Santé à l'autorité palestinienne pour la population qui est sous son contrôle.

Rammallah assurait encore le 9 janvier avoir commandé des vaccins de son côté, selon le porte-parole du ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne, Kamal al-Shakhra, à la radio Voix de la Palestine : « Nous avons reçu une lettre officielle de la compagnie pharmaceutique AstraZeneca nous informant que d’ici le 15 février, les vaccins arriveront en Palestine… entre le milieu et la fin du mois ».

Au 11 janvier, Ramallah n’a pas encore demandé publiquement à Israël d’assumer la responsabilité de fournir des vaccins aux Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza. Certains responsables palestiniens critiquent cependant Israël pour ne pas l’avoir fait spontanément.

L'autorité palestinienne affirme à la fois que :

" Israël essaie de s’absoudre de ses responsabilités en tant que puissance occupante, et de rejeter l’entière responsabilité sur le gouvernement palestinien..La recherche par les dirigeants palestiniens de vaccins provenant de diverses sources ne dispense pas Israël de ses obligations envers le peuple palestinien en matière de fourniture de vaccins "

mais que "les obligations légales d’Israël envers le bien-être des Palestiniens ne constituaient pas « une abdication de quelque manière que ce soit des responsabilités de l’État de Palestine  envers le peuple palestinien, y compris la fourniture de soins de santé et de vaccinations COVID "

Mi-février , 2000 doses du vaccin Moderna, puis 5000 doses ont été transférées par Israël pour le personnel soignant. Israël craint cependant que cela ne serve qu'aux cadres du Hamas dont le respect de la population n'est pas toujours prioritaire sur ses objectifs "politiques".

Le gouvernement envisage un échange Vaccin contre prisonniers. Deux israéliens sont détenus à Gaza, Avera Mengistu et Hisham Al-Sayed. Israël souhaite aussi récupérer les dépouilles de Hadar Goldin et Oron Shaul.

50 000 doses sont attendues de l'OMS courant février en Cisjordanie et l'autorité palestinienne a reçu 10 000 doses du vaccin russe spoutnik V qu'elle affirme vouloir partager avec la bande de Gaza.

"En Cisjordanie, le ministère de la Santé a officiellement recensé plus de 115 000 cas, dont plus de 1400 décès. Dans la bande de Gaza, plus de  53 700 infections ont été enregistrées depuis le début de la pandémie, dont 538 morts. " (AFP, France24 le 16 février)

L'ambassade d'Israël en France publie alors un tweet, sur la "coopération israélo-palestinienne sur la campagne vaccinale". Elle argumente ainsi :

1. La santé et les affaires sanitaires sont une compétence exclusive de l'Autorité palestinienne, conformément aux Accords d'Oslo.

2. Malgré cela, Israël coopère avec l'Autorité palestinienne depuis le début de la pandémie, dans le but d'aider à endiguer l'épidémie. Fait rare, l'ONU a même salué cette action.

3. Fin 2020, Israël a proposé à l'Autorité palestinienne de s'associer aux commandes Pfizer. L'autorité palestinienne a refusé cette offre, préférant négocier avec la Russie afin de recevoir le vaccin Sputnik V.

4.Israël accueille des patients de l'Autorité palestinienne et forme des équipes médicales. Les israéliens ont fourni du matériel (masques, respirateurs, tests) et formé médecins et infirmiers palestiniens de Cisjordanie mais aussi la bande de Gaza; gouvernée par le Hamas.

5. Tous les palestiniens qui entrent et travaillent en Israël peuvent se faire vacciner gratuitement."

Le Covid ne connaissant ni religion, ni nationalité, il est évidemment de l'intérêt de tous que la zone soit libérée du Covid, ce que les israéliens semblent avoir compris avant leurs détracteurs.

Le 21 février, 20 000 doses de vaccin arrivent à Gaza en provenance des émirats arabes unis via l'Égypte.

 

2021 -14 février , Gaza : le Conseil suprême de la charia (loi coranique)  annonce qu'il serait désormais interdit à une "femme non mariée de voyager sans la permission d'un tuteur qui peut lui refuser de voyager en cas de préjudice... Un parent ou un grand-père peut interdire à un garçon de plus de 18 ans de voyager si le voyage est préjudiciable", sans donner de détails sur ce qui était considéré comme "préjudiciable".

Trois jours plus tard, devant le tollé provoqué, y compris chez l'autorité palestinienne, le conseil " reformule" les mesures "afin d'éviter toute confusion". 

L'article concernant les femmes célibataires "a été mal compris comme une interdiction totale de voyager" et sera "modifié", sans plus de précisions. ".

"Pour certains analystes palestiniens, il pourrait s’agir d’une mesure stratégique pour consolider le vote Hamas auprès de sa base conservatrice et religieuse. Surtout au moment où les critiques sont vives contre le gouvernement au pouvoir à Gaza.

Cette décision peut aussi avoir été prise pour tenter de limiter la sortie des femmes de Gaza, qui cherchent du travail en dehors, au moment où le taux de chômage est de 51% dans cette bande de terre côtière sous blocus. Mais cette décision tombe aussi quelques jours seulement après une campagne pour aider et sauver deux jeunes filles de Gaza. Elles essayaient de fuir la violence domestique et les abus sexuels de leur famille en quittant l’enclave." ( Alice Froussard, RFI actualité)

 

2021 - 12 février : la pression monte du côté de l'Iran qui enrichit l'uranium et serait à deux ans de la confection d'une bombe nucléaire tout en annonçant régulièrement vouloir détruire Israël. Washington souhaite relancer l'accord avec Téhéran, mais il n'est pas exclu que Jérusalem ait le feu vert pour limiter la capacité de nuisance de l'Iran en cas d'échec. L'Iran finance toujours le Hezbollah au Liban et le Hamas. Ces derniers ont pu ainsi reconstituer leur arsenal militaire depuis leur dernier conflit avec Israël, 2014 pour le Hamas à Gaza (opération bordure protectrice)  et 2006 pour le Hezbollah.

Selon i24news citant un haut gradé israélien, le Hamas disposerait de 7000 roquettes, 300 missiles antichar , 100 missiles antiaériens,  des dizaines de véhicules aériens sans pilote - drone - et dispose d'une armée de quelque 30 000 militants, dont 400 commandos navals qui ont reçu une formation et des équipements sophistiqués pour mener des opérations maritimes. 

Le jihad islamique, lui aussi présent sur la bande de Gaza, aurait un arsenal similaire, dont 6.000 roquettes, des dizaines de drones et de missiles antichars et antiaériens, ainsi que quelques 400 membres des forces navales.

 

2021 - 9 février : L'Égypte ouvre pour une durée illimitée sa frontière avec Gaza, située au poste de Rafah. Sauf retournement, Gaza n'est plus un territoire fermé.

 

2021 - 9 février : en prévision des élections palestiniennes du 22 mai 2021, le Fatah qui contrôle la Cisjordanie,  et le Hamas à Gaza, s'engagent par un accord signé au Caire à respecter le résultat des élections. Le précédent de 2005, la dernière élection en date,  avait conduit à un affrontement sanglant entre les deux parties. Des doutes subsistent sur ces élections, Abbas excluant tout vote auquel ne serait pas associé Jérusalem-est. En 2006, Jérusalem-Est avait finalement pu voter dans le contexte particulier du soudain coma de Ariel Sharon dix jours auparavant et de l'interim d'Ehud Olmert, alors que les américains mettaient une forte pression en ce sens. Ces votes ont été considérés par Israël comme des votes par correspondance.

Pour mémoire, cette partie de Jérusalem est considérée comme occupée par les palestiniens et une bonne partie du monde, tandis que pour les israéliens, la ville est réunifiée depuis  1967, et est devenue capitale éternelle d'Israël, une et indivisible, en 1980. La résolution n°181 de l'ONU, c'est à dire le plan de partage de 1947 prévoyait un statut international pour la ville sainte, qui n'a jamais été appliqué. Jérusalem-est a été occupée par les jordaniens de 1948 à 1967. Jérusalem-ouest est proclamée capitale d'Israël le 23 janvier 1950. C'est lors de la guerre des six jours, en 1967, que la ville est passée aux mains des israéliens, la Jordanie abandonnant ses prétentions sur la ville en 1988. Jérusalem-est comprend la totalité de la vieille ville y compris le quartier juif et le mur occidental, ainsi que des agglomérations complètes comme Maalé Adumim ou Har Homa. 

>> Elections palestiniennes du 25 janvier 2006

Statut des arabes résidant à Jérusalem-est :

Les arabes de Jérusalem-est ne sont pas citoyens israéliens mais des résidents permanents.

"Le gouvernement a appliqué la Loi sur l’Entrée (Law of Entry ) de 1952 aux Palestiniens de Jérusalem-Est et leur a offert le statut de résident permanent, le même statut que celui offert à un étranger qui veut habiter en Israël. Les résidents permanents ont la permission d’habiter, de travailler et de recevoir des prestations en Israël, mais ce statut découle de leur présence, et peut être retiré si on s’établit hors d’Israël. Il n’est pas automatiquement transmissible à ses enfants ou au conjoint non-résident et peut être annulé à la discrétion du Ministère de l’Intérieur.

Les habitants palestiniens de Jérusalem ayant le statut de résidents permanents ont la possibilité de demander la citoyenneté israélienne, mais la majorité d’entre eux s’abstiennent de le faire ... la citoyenneté n’est pas accordée à tous ceux qui en font la demande. Depuis 2003, parmi les 330 000 habitants palestiniens de Jérusalem, environ 15 000 personnes ont demandé la citoyenneté israélienne ; les autorités israéliennes n’ont répondu favorablement qu’à moins de 6 000 des demandes.

Pendant des décennies, les autorités israéliennes ont révoqué le statut de résident d’habitants palestiniens de Jérusalem qui avaient vécu à l’extérieur d’Israël pendant sept ans ou davantage sans renouveler leur autorisation de sortie, ou avaient obtenu un statut de résident permanent ou la citoyenneté d’un autre pays. La plupart des révocations, cependant, ont eu lieu depuis 1995, après que le Ministère de l’Intérieur a réinterprété la Loi sur l’Entrée de 1952 pour permettre l’annulation du statut de résident pour ceux qui n’ont pas maintenu activement un « lieu de vie principal » (« center of life ») à Jérusalem. En fonction de la nouvelle interprétation, les autorités israéliennes ont commencé à annuler aussi le statut de résident quand les habitants palestiniens de Jérusalem habitaient dans d’autres parties de la Palestine en dehors des limites de la municipalité, ou étudiaient ou travaillaient à l’étranger pendant des périodes prolongées.

... Les autorités israéliennes ont aussi ces dernières années annulé le statut de résident de Palestiniens de Jérusalem-Est en application de la Loi sur l’Entrée pour avoir enfreint leur « obligation minimale de loyauté envers l’État d’Israël ». Après l’avoir utilisée pour la première fois à l’encontre de quatre membres du Hamas élus au Conseil Législatif Palestiniens en 2006, les autorités ont, suite à un décret gouvernemental d’octobre 2015, invoqué cette justification à l’encontre de personnes accusées d’avoir attaqué physiquement des Israéliens et à l’encontre des familles des suspects."

Citations de l'article Human Rights Watch du 8 aout 2017

 

2021 - 8 février  : alors qu'il a commencé sa campagne électorale, le premier ministre  comparait, brièvement,  devant ses juges. C'est la première fois qu'un premier ministre en exercice est confronté à des accusations criminelles. Ehud Olmert l'avait été après son mandat et reconnu coupable d'avoir touché des pots de vin a effectué une peine de 16 mois de prison.

Netanyahu est accusé de corruption, malversation et abus de confiance dans trois affaires différentes. Il aurait "reçu pour 700 000 shekels (180 000 euros) de cigares, champagne et bijoux de la part de personnalités richissimes en échange de faveurs financières ou personnelles. Il aurait aussi tenté de s’assurer une couverture favorable par le plus grand quotidien payant d’Israël, le Yediot Aharonot. Et la justice le soupçonne d’avoir accordé des faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des millions de dollars au patron de la société israélienne de télécommunications Bezeq en échange d’une couverture médiatique favorable d’un des médias du groupe, l’influent site Walla.

300 témoins doivent être cités pour ce procès. Devant le palais de justice, quleques dizaines de manifestants crient leur colère contre Netanyahu qui "veut transformer leur pays en dictature".

 

2021 - 5 février : le pays, toujours confiné après prolongation jusqu'au 7 février , compte 5000 morts du Covid tandis 1094 patients sont encore dans un état grave. La vaccination est le point fort des autorités sur le sujet. Au total, plus de 3.165.400 personnes ont reçu la première dose du vaccin à ce jour et 1.824.525 ont reçu les deux doses, selon le ministère de la Santé. La vaccination est maintenant ouverte à toute personnes de plus de 16 ans. Israël reste la pays le plus avancé en la matière (60 doses administrés pour 100 personnes)  avec les émirats arabes unis (38/100) et le royaume-uni (16/100). La France qui a démarré la vaccination plus tard en est à 2,7 / 100.

 

2021 - 3 février : la CPI se déclare compétente pour enquêter sur  les territoires occupés par Israël.

"Imaginée à la suite des atrocités commises dans l'ex-Yougoslavie et au Rwanda, la Cour pénale internationale a été créée par le Traité de Rome du 17 juillet 1998. Mais la juridiction permanente basée à La Haye (aux Pays-Bas) n'est entrée en fonction qu'en 2003 après la ratification du Traité par 60 pays. Son objectif : punir les crimes les plus graves contre le droit humanitaire international, lorsque les criminels ne peuvent être jugés dans leur pays. Un bel idéal.

Pour autant, dans les faits, sa compétence reste somme toute assez limitée. Tout d'abord, elle ne peut reconnaître que quatre catégories d’infractions : les crimes contre l’humanité, les génocides, les crimes de guerre et les crimes d’agression. 

Ensuite, elle ne peut intervenir que si le crime a été commis sur le territoire d’un État ayant signé et ratifié le Traité (soit 123 aujourd'hui sans les Etats-Unis, la Russie et la Chine) ou si le mis en cause est un ressortissant de l’un de ces États. Cependant, le Conseil de sécurité de l’ONU peut donner compétence à la CPI de manière exceptionnelle lorsqu’un État qui n’a pas ratifié la convention commet des violations graves, comme pour le Darfour en 2005.

Enfin, la compétence de la Cour est complémentaire, c’est-à-dire qu’elle n’est mise en jeu qu’en cas de défaillance de l’État compétent pour juger le criminel". >>

La procureure Fatou Bensouda avait annoncé en décembre 2019 vouloir ouvrir une enquête complète sur d'éventuels « crimes de guerre » – sans désigner leurs auteurs – dans les territoires occupés par Israël. La Palestine est membre de la CPI depuis 2015. La procureure vise explicitement dans un rapport l'opération Bordure protectrice de 2014.  La procureure avait d'ailleurs annoncé dès le 13 juin 2014 l'ouverture d'une "enquête sur la situation en  Palestine".

Mme Bensouda avait aussi déclaré  qu’il y a « une base raisonnable pour croire que des membres du Hamas et des groupes armés palestiniens » ont commis divers crimes de guerre. Ainsi dans son rapport de 112 pages : Israël est accusé d'avoir lancé intentionnellement au moins trois attaques disproportionnées, de tuer délibérément et causer délibérément des blessures graves, d'attaquer intentionnellement le personnel ou les institutions de la Croix-Rouge.

Le Hamas et d’autres groupes armés sont accusés d'attaquer intentionnellement des civils israéliens en utilisant des civils palestiniens comme boucliers humains, en privant délibérément des civils du droit à un procès équitable, d'homicide volontaire, de torture ou de traitements inhumains, d'« outrages à la dignité de la personne », qui désigne les traitements humiliants et dégradants.

La Chambre préliminaire I de la CPI  "a noté que, parmi d'autres résolutions formulées de façon similaire, l'Assemblée générale des Nations Unies dans la résolution 67/19 « [a réaffirmé] le droit du peuple palestinien à l'autodétermination et à l'indépendance dans un État de Palestine situé sur le territoire palestinien occupé depuis 1967 ».

Sur cette base, la majorité de la Chambre, a conclu que la compétence territoriale de la Cour dans la situation en Palestine s'étendait aux territoires occupés par Israël depuis 1967, à savoir Gaza et la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est.En outre, la majorité de la Chambre a estimé que les arguments concernant les Accords d'Oslo et ses clauses limitant la portée de la compétence palestinienne ne sont pas pertinents pour le règlement de la question de la compétence territoriale de la Cour en Palestine.

Les USA publient un communiqué dans lequel  ils se déclarent opposés à cette décision. Il s'agit d'une décision d'appel, la CPI s'étant déclarée incompétente en première instance.

Pour le Premier ministre de l'autorité palestinienne, Mohammed Shtayyeh, « cette décision est victoire pour la justice  et l'humanité, pour les valeurs de vérité, d'équité et de liberté, et pour le sang des victimes et de leurs familles »

Le premier ministre israélien Netanyahu déclare :"Je peux vous assurer ceci: nous lutterons de toutes nos forces contre cette perversion de la justice!...Lorsque la CPI (Cour pénale internationale) enquête sur Israël pour de faux crimes de guerre, c'est de l'antisémitisme à l'état pur"

Le cabinet de sécurité israélien souligne que Israël n'est pas membre de la CPI et que l'autorité palestinienne n'est pas un État.

"La cour internationale a été formée pour empêcher des atrocités comme celles commises par les nazis contre les Juifs. Au lieu de cela, elle persécute l'État juif", a souligné le cabinet, ajoutant que la CPI "ignore les crimes régulièrement commis par l'Iran et la Syrie".

Le cabinet affirme que cette décision fait de la CPI un organe politique "qui s'inscrit dans la ligne des organisations internationales motivées par des racines antisémites".

Netanyahu déclare : Aujourd’hui, la CPI a prouvé une fois de plus qu’elle est un organe politique et non une institution judiciaire. La CPI ignore les véritables crimes de guerre et poursuit en revanche l’État d’Israël, un État doté d’un gouvernement démocratique fort qui garantit le respect de l’État de droit, et qui n’est pas membre de la CPI... Dans cette décision , la CPI contrevient au droit des démocraties de se défendre contre le terrorisme, et fait le jeu de ceux qui sapent les efforts visant à élargir le cercle de la paix. Nous continuerons à protéger nos citoyens et nos soldats de toutes les manières possibles contre les persécutions juridiques "

Selon le bureau du procureur général d'Israël :

"Les tentatives palestiniennes d'intégrer la CPI dans les aspects politiques fondamentaux du conflit israélo-palestinien ont précisément mis en évidence le risque que la Cour soit exploitée à des fins politiques illégitimes. Cela est principalement dû au fait que la Cour n'est manifestement pas compétente pour la soi-disant "situation en Palestine". La compétence n'est bien sûr pas une simple formalité : elle joue un rôle essentiel dans la définition de la compétence judiciaire afin de prévenir les abus de la procédure judiciaire, de garantir que les tribunaux ne s'écartent pas des mandats qui leur sont soigneusement confiés et d'isoler le droit à la fois du pouvoir et du populisme.  Tout tribunal s'écartant de ces règles essentielles qui guident son activité serait infidèle aux exigences de son caractère judiciaire, et porterait gravement atteinte à son intégrité judiciaire....Si une évaluation solide du dossier juridique et factuel est entreprise, sa conclusion inévitable doit être qu'un État palestinien souverain n'existe pas, et que la condition préalable à la compétence de la Cour ne peut donc pas être remplie.  En effet, la souveraineté sur la Cisjordanie et la bande de Gaza reste en suspens, et l'entité palestinienne ne remplit manifestement pas les critères d'un État au regard du droit international général.  En particulier, l'Autorité palestinienne n'exerce pas de contrôle effectif sur le territoire concerné (et en prétendant que le territoire est occupé par Israël, elle admet essentiellement qu'il en est ainsi). " >>

Les États-Unis font savoir qu'ils s'opposent fermement à l'enquête ouverte par la procureure de la CPI, la Palestine n'étant pas un État souverain et Israël n'ayant pas adhéré à la CPI (car non signataire du traité de Rome qui lui a donné naissance). Ils font part de leur "déception", et affirment qu'ils continueront à défendre Israël contre toute action injuste le visant.

De son côté, Nitzan Horowitz, président du Meretz, le parti de gauche, trouve logique la décision de la CPI :  "Je le dis avec une grande tristesse, la décision est justifiée. Je ne veux pas qu’Israël soit confronté à ces situations… mais Israël doit se demander ce qu’il doit faire pour empêcher cela.". Pour Horowitz, les causes en sont le refus de négocier avec les Palestiniens et la poursuite de  la construction des implantations. Quant au conflit de 2014, il estime que "Même dans l’opération Bordure protectrice (la guerre de 2014), il y a eu des choses qui n’auraient pas dû être faites. Il y a eu des dommages massifs causés à la population civile que le tribunal veut vérifier.  La solution pour nous n’est pas de dire que La Haye est antisémite, mais plutôt de faire avancer les négociations avec les Palestiniens qui permettent de trouver une solution. Alors il n’y aura plus de raison d’avoir recours à La Haye".

Le 15 avril 2021, Boris Johnson, premier ministre du Royaume-Uni écrit dans une lettre aux Amis conservateurs d'Israël, que la CPI n'a pas compétence en la matière, ayant l'impression que l'enquête est une "attaque préjudiciable" contre Israël. Ce que l'autorité palestinienne interprète comme relevant de la "subversion de l'ordre mondial". La mission diplomatique palestinienne à Londres déclare ainsi que  "Cette lettre est en contradiction avec le droit international. En contradiction avec la politique britannique. Elle subvertit l’ordre mondial fondé sur des règles. Et cela retarde les efforts pour garantir une paix durable et juste en Palestine."

 

2021 - 3 février : le village bédouin de Khirbet Humsa, près de la ville de Tubas en Cisjordanie,  est détruit par l'armée. Ce village est situé dans la vallée du Jourdain, qui sépare Israël de la Jordanie. Ce village de tentes déjà détruit le 3 novembre dernier avait vu de nouvelles habitations s'installer. Il est situé dans une zone de tir réel de l'armée, classifiée comme telle depuis 1972. Selon les autorités israéliennes, il a été construit sans permis de construire en zone C, sous contrôle israélien.  43 adultes et 31 enfants y habitaient.

L'Union européenne proteste contre "la démolition de plus de 70 logements et installations sanitaires appartenant à 11 familles palestiniennes avec 41 enfants".

Pour le COGAT, l'autorité israélienne de coordination en Cisjordanie, les structures étaient constituées de 7 tentes et 8 enclos installées illégalement, sans les permis et approbations nécessaires. il ajoute que, les résidents s’étaient vu offrir la possibilité de déménager dans une nouvelle implantation en dehors de la zone de tir au cours de la semaine précédente, mais ont l'ont refusé. Selon lui,  certains résidents avaient accepté de partir de leur plein gré avec l'aide du COGAT , avant de changer d’avis, conduisant à la confiscation de certaines de leurs tentes. Les résidents contestent cependant qu’ils aient jamais accepté de partir. Il y a 38 implantations bédouines en Cisjordanie. >>

 

2021 - 1er février : fin théorique de l'exemption du service militaire pour les ultra-orthodoxes (haredi). Deux lois les exemptant de service ont été votées en 2012 et en 2014. Toutes deux ont été invalidées par la cour suprême. Des reports ont ensuite été accordés jusqu'à ce jour. Si Benny Gantz, ministre de la défense se refuse à demander un nouveau report, le gouvernement l'a fait et attend une réponse du tribunal. La fin de l'exemption n'est pour l'instant que théorique, d'autant plus que son application sur le terrain, dans les quartiers haredi s'avère assez difficile. La majorité de la population non haredi souhaite que ces derniers soient soumis comme tous aux obligations militaires.

 

2021 - 1er février : Israël et le Kosovo établissent des relations diplomatiques. Le Kosovo, pays à majorité musulmane est indépendant depuis 2008. Il n'est reconnu à ce jour ni par la Serbie, ni par la Chine, ni par la Russie.

 

Janvier

 

 

2021 - 31 janvier : malgré le confinement du au Covid, 8000 personnes assistent aux funérailles de deux rabbins orthodoxes morts du Covid à Jérusalem.

C'est également le cas non loin de Haïfa suite au décès de Ahmed Hijazi, un étudiant infirmier  arabe israélien. Celui-ci est sorti de chez lui à cause du bruit fait par les échanges de tirs entre la police et des criminels. Il a été touché par une balle perdue. 10 000 personnes assistent à ses funérailles le 3 février à Tamra malgré le confinement. Dans les deux cas la police n'est pas intervenue.

 

2021 - 31 janvier : un assaillant, armé de trois couteaux reliés à un bâton,  a tenté de poignarder des soldats qui se trouvaient à carrefour en Cisjordanie dans le Goush Etzion. Ils ont riposté en ouvrant le feu. L'assaillant a été tué.Il n'y a pas eu de blessés parmi les soldats israéliens.

 

2021 - 29 janvier : contrairement à l'avis de l'agence juive, la communauté abayudaya de l'Ouganda n'est pas éligible à la loi du retour selon le ministère de l'intérieur. Elle est considérée comme une communauté émergente, c'est à dire pas reconnue.

Les Abayudaya ont commencé à pratiquer le judaïsme en 1919 après qu’un dirigeant ougandais, Semei Kakungulu, se fut déclaré Juif et ait commencé à adopter des pratiques juives. La communauté ougandaise est affiliée à Masorti Olami, l’organisation internationale représentant les communautés massorti du monde entier, et abrite une section de Marom, un groupe de jeunes du mouvement massorti.  Depuis 2002, le mouvement massorti supervise les conversions officielles dans cette communauté.

 

2021 - 29 janvier : explosion d'une bombe devant la mission diplomatique d'Israël à New-Delhi. L'explosion endommage trois véhicules mais ne fait pas de blessés. Une lettre trouvée par les enquêteurs prévient que cette explosion n'est qu'un "préambule" et fait référence aux "martyrs iraniens" Qassem Soleimani et Mohsen Fakhrizadeh". 

le 8 mars, les agences centrales de lutte contre le terrorisme en Inde conluent qu'une cellule terroriste chiite locale soutenue par la force iranienne IRGC Quds était derrière l'attaque selon le Hindustan Times.  Les preuves recueillies sur le lieu de l'explosion montrent depuis le début de l'enquête que l'Iran est impliqué.

 

2021 - 26 janvier : réouverture d'une mission diplomatique israélienne à Rabat au Maroc. David Govrin en sera le chargé d'affaire. Le bureau de liaison était fermé depuis la rupture entre les deux pays, initiée par le Maroc suite à la seconde intifada en 2000. Il subsiste 3000 juifs environ au Maroc (il y en avait environ 250 000 en 1945) , tandis que 700 000 Israéliens sont d'origine marocaine.

 

2021 - 26 janvier : Attalah Rayyan, un adolescent palestinien a tenté d'attaquer au couteau deux soldats postés au carrefour  Giti Avishar au sud de Naplouse près de l'implantation d'Ariel en Cisjordanie. Une soldate de 19 ans, nouvellement immigrée du Royaume-Uni a été légèrement blessée. L'homme a été abattu par la soldate qu'il agressait.

Le chef-adjoint du Fatah, Mahmoud al-Aloul, a rendu visite quelques jours plus tard à la famille de l'agresseur pour leur présenter ses condoléances . La famille accuse l'armée de mentir sur les circonstances de la mort de leur fils.

 

2021 - 26 janvier : premier jour sans nouvelle contamination ni décès du au Covid en Israël. Le pays, champion du monde de la vaccination anti-covid, a vu diminuer de 60% les hospitalisations des personnes vaccinées ( double injection à 23 jours d'écart)  de plus de 60 ans, causées par le virus. À ce jour sur une population de 9 millions de personnes ,  2,8 millions ont été vaccinés au moins une fois, soit  4 146 000 doses administrés en comptant la deuxième dose.

L'espace aérien israélien et l'aéroport Ben Gourion sont cependant fermés jusqu'au 1er février, le variant britannique du Covid , plus contagieux et plus létal, accélérant sa propagation dans le monde. C'est la première fois que le retour d'israéliens dans leur pays est ainsi bloqué. Seuls les transports médicaux ou d'urgence peuvent atterrir et décoller d'Israël.

Le nombre de décès cumulés dus au COVID est à ce jour de 4513 morts.

 

2021 - 25 janvier : Malka Leïfer, une israélienne ancienne directrice de l'école ultra-orthodoxe Adass Israël à Melbourne est extradée vers l'Australie après 6 ans de batailles juridiques. Leïfer s'était réfugiée en Israël en 2008 et plaidait depuis la maladie mentale pour éviter l'extradition. Elle est inculpée de 74 accusations de viol sur mineurs en Australie.

 

2021 - 25 janvier  : dans la nuit du 24 au 25 janvier des violences ont éclaté à Bnei Brak, le quartier ultra- orthodoxe en périphérie de Tel-Aviv. Les manifestants s'opposent violemment au confinement. Des policiers sont blessés et un car incendié. D'autres manifestations du même type ont eu lieu à Jérusalem et Ashdod.

 

2021 - 24 janvier : Merav Michaeli succède à Amir Peretz à la tête du Parti travailliste suite à une primaire l'ayant opposé à Avid Shaked, allié de ce dernier. Michaeli a obtenu 77% des 9651 suffrages exprimés lors de cette primaire contre 19,08% à son principal concurrent. Le 24 janvier, Michaeli demande à Amir Peretz, ministre de l'économie et Itzyk Schmuli, ministre des affaires sociales, tous les deux travaillistes, de démissionner du "gouvernement corrompu Netanyahu-Gantz".

 

2021 - 24 janvier : quatre mois après la signature des accords d'Abraham, les Émirats arabes unis approuvent l'installation d'une ambassade à Tel-Aviv. Israël a installé le même jour une ambassade dans les Émirats, à Abu-Dhabi.

 

2021 - 18 janvier : Assaf Granit, chef du restaurant Shavour à Paris est le premier chef israélien à recevoir une étoile au Guide Michelin.

 

2021  - 17 janvier : autorisation de construction en Cisjordanie / Judée-Samarie de 780 logements. >>

 

2021 - 17 janvier : suite à une plainte de Palestiniens, la justice bloque la construction et la vente d'un quartier juif de 1250 logements à Givat Hamatos, à Jérusalem-est, près de Talpiot. Le projet a été lancé en 2012. >>

 

2021 - 13 janvier : le leader travailliste Amir Peretz, âgé de 68 ans,  annonce abandonner la présidence du parti travailliste. Il ne  se présentera pas non plus à l'élection législative du 23 mars 2021. Il était élu depuis 1988. Il avait annoncé début décembre être candidat au poste (essentiellement protocolaire) de président pour succéder à Reuven Rivlin qui arrive au terme de son mandat de  sept ans.

 

2021 - 11 janvier : l'ONG israélienne B'Tselem qui travaille sur les droits de l'homme en Cisjordanie, à Jérusalem-est et à Gaza publie un rapport où elle considère pour la première fois en 31 ans d'existence qu'Israël pratique une politique d'Apartheid.

 

2021 - 7 janvier : le premier ministre Netanyahu condamne "vigoureusement" l'attaque du capitole à Washington visant à empêcher la certification du nouveau président américain élu Joe Biden,  par des soutiens du président sortant Trump.  "un acte honteux" selon Netanyahu.

 

2021 - 7 janvier : Début du troisième confinement pour juguler le coronavirus responsable du Covid-19, pour une durée minimum de deux semaines.

 

2021  - 6 janvier : le parlement iranien entame le débat sur un projet de loi visant à venger l'assassinat par les américain du général Qassem Souleymani,  nommé "l'Iran rend la pareille" dont l'un des 16 paragraphes prévoit "l'élimination d'Israël d'ici mars 2041".  Le soutien aux rebelles Houtis du Yemen et l'arrêt des négociations sur le nucléaire sont aussi inscrits au projet.

 

2021 - 6 janvier : suite aux menaces de milices Houtis au Yemen et de groupes terroristes basés dans le Sinaï, Israël déploie le système anti-missile "dôme de fer" à Eilat, à la frontière sud du pays.

 

2021 - 6 janvier : Comme annoncé en Octobre, le Soudan signe les accords d'Abraham, et normalise ses relations avec Israël.

      

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