Abbassides ( 750 – 1258 )

Succédant aux Omeyyades, les Abbassides forment une dynastie musulmane qui règne sur le califat abbasside de 750 à 1258.

Le fondateur de la dynastie, Abû al-Abbâs As-Saffah, est un descendant d'un oncle de Mahomet, Al-Abbas ibn Abd al-Muttalib. Proclamé calife en 749, il met un terme au règne des Omeyyades en remportant une victoire décisive sur Marwan II à la bataille du Grand Zab, le 25 janvier 750.

Après avoir atteint son apogée sous Hâroun ar-Rachîd, la puissance politique des Abbassides diminue, et ils finissent par n'exercer qu'un rôle purement religieux sous la tutelle des Bouyides au Xe siècle, puis des Seldjoukides au XIe siècle. Après la prise de Bagdad par les Mongols en 1258, une branche de la famille s'installe au Caire, où elle conserve le titre de calife sous la tutelle des sultans mamelouks jusqu'à la conquête de l'Égypte par l'Empire ottoman, en 1517.

Almoravides ( 1040 - 1147)

Les Almoravides forment une dynastie d'origine berbère sanhajienne (Mauritanie)qui constitue du XIe au XIIe siècle un empire englobant le Maroc, l'ouest de l'actuelle Algérie ainsi qu'une partie de la péninsule Ibérique (actuels Espagne, Gibraltar et Portugal).

En peu de temps, les Almoravides s'emparent d'Aoudaghost, d'Awlil et de Sijilmassa. C'est à partir de cette dernière qu'ils entament la conquête du nord. Éliminant les pouvoirs locaux et annexant les principautés limitrophes, ils font l'unité d'une grande partie du Maghreb et d'Al-Andalus. Transformant la base politique tribale et urbaine marocaine en un pouvoir théocratique, éliminant les pouvoirs locaux et annexant les principautés limitrophes, les Almoravides sont ainsi présentés par certains historiens comme les véritables fondateurs du Maroc, à l'opposé de la thèse communément admise qui attribue cette fondation aux Idrissides.

Youssef Ibn Tachfin, premier sultan et troisième émir de la dynastie, prend Marrakech pour capitale. Il conquiert l’Espagne en 1086 avec 15 000 hommes. Son empire est alors délimité par l’océan Atlantique à l’ouest, par le royaume de Castille, le royaume de Navarre, le royaume d'Aragon, le comté de Barcelone et le comté d'Urgell au nord, par les Hammadides et les Zirides à l’est, et de facto au sud par le Sahara (royaumes du Bambouk, Bure, Lobi, empire du Mali et empire du Ghana).

 

Almohades ( 1147 - 1269)

Les Almohades « qui proclame l’unité divine », ou Banu Abd al-Mumin , sont un mouvement religieux fondé au début du XIIe siècle, dont est issue la dynastie éponyme d'origine berbère (amazigh) masmouda et zénète qui gouverne le Maghreb et al-Andalus entre le milieu du XIIe siècle et le XIIIe siècle.

Le mouvement religieux des Almohades est fondé vers 1120 à Tinmel par Mohammed ibn Toumert, appuyé par un groupe de tribus du Haut Atlas marocain, principalement des Masmoudas. Ibn Toumert prône alors une réforme morale puritaine et se soulève contre les Almoravides au pouvoir à partir de son fief de Tinmel.

À la suite du décès d'Ibn Toumert vers 1130, Abd al-Mumin prend la relève, consolide sa position personnelle et instaure un pouvoir héréditaire, en s'appuyant sur les Koumyas de la région de Nedroma dans l'ouest algérien ainsi que les Hilaliens. Sous Abd al-Mumin, les Almohades renversent les Almoravides en 1147, puis conquièrent le Maghreb central hammadide, l'Ifriqiya (alors morcelée depuis la chute des Zirides) et les Taïfas. Ainsi, le Maghreb et l'al-Andalus sont entièrement sous domination almohade à partir de 1172.

À la suite de la bataille de Las Navas de Tolosa en 1212, les Almohades sont affaiblis et leur empire se morcelle au profit des rois des Taïfas en al-Andalus des Zianides du Maghreb Central et des Hafsides, et voit l'émergence des Mérinides au Maghreb al-Aksa qui prennent Fès en 1244. Les Almohades, qui doivent désormais payer tribut aux Mérinides et ne contrôlent plus que la région de Marrakech, sont finalement éliminés par ces derniers en 1269.

 

Achemenides (-550; - 330)

L'Empire achéménide (du nom de son fondateur Achéménès) est le premier des Empires perses à régner sur une grande partie du Moyen-Orient. L'empire s'empare de l'Anatolie , puis conquiert l'Empire babylonien et l'Égypte, unissant les plus anciennes civilisations du Moyen-Orient dans une seule entité politique de façon durable. Il menace par deux fois la Grèce antique mais s'effondre, vaincu par Alexandre le Grand, en 330 av. J.-C.

Après la prise de Babylone, Cyrus permet aux Judéens exilés de rentrer à Jérusalem, donnant instruction à ses sujets de faciliter ce retour. Après la mort de Cyrus, son fils Cambyse II conquiert l'Égypte en 527/525-522.

Darius Ier poursuit ensuite l'expansion de l'Empire, conquiert Samos vers 520-519, puis marche sur l'Europe, s'attaque ensuite à la Grèce mais sa défaite à la bataille de Marathon en 490, limite ses ambitions. C'est sous le règne de Darius Ier, dès 518-516, que sont construits les palais royaux de Persépolis et Suse, qui serviront de capitales aux générations suivantes des rois achéménides.

Stabilisation de l'empire et troubles à la cour

Après la mort de Darius, l'Empire achéménide conserve la domination de territoires allant de l'Indus à la Mer Égée pendant environ deux siècles et demi, longévité que n'avaient pas atteint les empires précédents (l'Assyrie et Babylone).

Xerxès Ier (Vieux perse : Xšayārša "Héros parmi les rois") succède à son père Darius vers 486-485, conduit une expédition contre l'Égypte, puis marche sur la Grèce et défait les Grecs aux Thermopyles. L'empire devient par la suite le plus grand du monde antique, avec un territoire couvrant approximativement 7,5 millions de km2. L'empire Achéménide se termine avec la mort de Darius III vaincu par Alexandre le Grand.

 

Bouyyides (945 – 1055)

Les Bouyyides sont une dynastie chiite qui règne en Perse issue et dans l'Irak-Adjémi (Jibâl) aux Xe et XIe siècles, de 945 à 1055. Elle fut fondée par les trois fils de Buyeh (ou Buwayh ou Bouyah), pêcheur de la province de Daylam qui vivait vers l'an 900,qui régnèrent à Bagdad, ainsi que sur la Perse, entre 932 et1055. Ils formèrent deux branches, dont l'une domina l'Irak de 932 à 1029, époque à laquelle elle fut remplacée par les Ghaznévides, et l'autre le Fars (Perse propre) de 933 à 1055, et fut remplacée par les Seldjoukides.

Les Bouyides sont des chiites et leur pouvoir s’étend désormais sur l’Irak et l’Iran occidental, créant un nouvel ensemble territorial. Ils ne cherchent pas à persécuter les sunnites, majoritaires, ni à établir un califat alide (ou chiite). Le dernier imam a en effet disparu.

Les Bouyides remettent en état les ouvrages d’irrigations, les routes, les ponts, gravement endommagés à l’époque précédente. Ils construisent des palais, accueillent libéralement des hommes de lettres et de sciences.

 

Fatimides (909 - 1171)

Les Fatimides ont formé une dynastie califale chiite ismaélienne qui régna, en Afrique du Nord-Est (l'Ifriqiya) entre 909 et 969 puis depuis l'Égypte (entre 969 et 1171), sur un empire qui englobait une grande partie de l'Afrique du Nord, la Sicile et une partie du Moyen-Orient.

La dynastie fatimide tire son nom de Fatima, fille de Mahomet et femme du quatrième calife Ali, et s'oppose aux Abassides sunnites.

Ubayd Allah Said, devenu Ubayd Allah al-Mahdi fonde la dynastie fatimide en 909 en Ifriqiya. La conquête du Maghreb est considérée par cette dynastie comme une étape vers la domination de tout le monde musulman. Ils établissent en 969 leur domination sur l'Égypte, qui devient très vite le centre de leur empire.

Le quatrième calife Fatimide, al-Muizz, quitte l'Ifriqiya en 972 pour s'installer au Caire sa nouvelle capitale, fondée par les Fatimides. Comme au Maghreb, les Fatimides vont affronter en Orient des adversaires redoutables. Outre les chrétiens – Francs et Byzantins –, ils doivent faire face aux sunnites, représentés par les Abbassides, les Hamdanides et les Seldjoukides, et même aux Buwayhides chiites, qui contestent leurs origines alides.

L'Empire fatimide décline et succombe dans la seconde moitié du xiie s. sous les coups des croisés. En 1171, Saladin décide de mettre fin au califat fatimide, devenu une pure fiction, pour restaurer dans la vallée du Nil le sunnisme et la suzeraineté abbasside.

Les Fatimides laissent une réputation de constructeurs (fondation de deux capitales : Mahdia en Ifriqiya et Le Caire en Égypte) et de tolérance en matière religieuse (plusieurs juifs et chrétiens purent accéder au poste de vizir).

 

Mamelouks

Les mamelouks sont les membres d'une milice formée d'esclaves, affranchis et recevant une solde à l'issue de leur formation, au service de différents souverains musulmans, qui a occupé le pouvoir par elle-même à de nombreuses reprises.

Les premiers mamelouks forment, au IXe siècle, la garde des califes abbassides à Bagdad. Ils sont d'abord recrutés parmi les captifs non musulmans en provenance du Turkestan actuel, du Caucase (Circassiens, Géorgiens, etc.), d'Europe orientale (Slaves orientaux) ou de Russie méridionale (plaines du Kipchak). Au départ, la position n'est pas héréditaire. Certains mamelouks parviennent à des positions importantes de commandement. Ils sont ensuite au service de la dynastie ayyoubide.

En Égypte, ils sont issus de la garde servile du sultan ayyoubide qu'ils renversent en 1250 à l'occasion de la septième croisade. L'histoire de cette dynastie non héréditaire se divise en deux lignées, les Bahrites (1250-1382) et les Burjites (1382-1517).

Les 49 sultans de la dynastie mamelouke règnent sur l'État islamique le plus puissant de son époque qui s'étend sur l'Égypte, la Syrie et la péninsule Arabique de 1250 jusqu’à la prise du pouvoir par les Ottomans sous le règne du sultan Sélim Ier en 1517. Après la conquête ottomane, les mamelouks conservent un rôle important dans la province, jusqu'au massacre de leurs chefs par Méhémet Ali en 1811.

Pendant la campagne d'Égypte menée par Napoléon, une partie des mamelouks se rallie à lui et le suit en France. Ils forment un escadron de la Garde impériale, rattaché au régiment des chasseurs à cheval, et participent à la bataille d'Austerlitz

Les Mamelouks de Bagdad proclament leur indépendance au XVIIIe siècle, et la conservent jusqu'en 1830.

Dans les Régences de Tunis, d'Alger, et celle de Tripoli, au XVIIIe et au XIXe siècle, les mamelouks, qu'ils soient issus de la piraterie en Méditerranée ou des régions caucasiennes, forment un corps militaire fermé autour du souverain. Ils accaparent la haute administration, l'armée et le gouvernement local.

Nasrides ( 1238 - 1492)

La dynastie musulmane nasride, Banû al-Ahmar, Banu Nazari1, Nazarí en castillan, ou encore Nasari selon les orthographes, a été fondée par Mohammed ben Naṣar, qui établit son pouvoir sur le Royaume de Grenade en créant l'émirat de Grenade en 1238. Cet État doit sa subsistance à sa vassalité aux rois de Castille et d'Aragon, pour lesquels les Maures payent un tribut annuel. Cet émirat représente la dernière forme que prend le royaume de Grenade. Le « pays d'al-Andalûs » est alors réduit à portion congrue.

 

Omeyyades ( 661 - 750)

Les Omeyyades, ou Umayyades, (en arabe : الأمويون (al-ʾUmawiyyūn), ou بنو أمية (Banū ʾUmayyah)) sont une dynastie arabe de califes qui gouvernent le monde musulman de 661 à 750. Ils tiennent leur nom de leur ancêtre ʾUmayyah ibn ʿAbd Šams, grand-oncle du prophète Mahomet. Ils sont originaires de la tribu de Qurayš, qui domine La Mecque au temps de Mahomet.

À la suite de la guerre civile ayant opposé principalement Muʿāwiyah ibn ʾAbī Sufyān, gouverneur de Syrie, au calife ʿAlī ibn ʾAbī Ṭalib, et après l'assassinat de ce dernier, Muʿāwiyah fonde le Califat omeyyade en prenant Damas comme capitale, faisant de la Syrie la base d'un Califat qui fait suite au Califat bien guidé et qui devient, au fil des conquêtes, le plus grand État musulman de l'Histoire. Ainsi, les successeurs de Muʿāwiyah Ier étendent les frontières du Califat de l'Indus jusqu'à la péninsule Ibérique, entrant en guerre à plusieurs reprises notamment avec l'Empire byzantin et l'Empire khazar, et faisant disparaître le Royaume wisigoth. Les Omeyyades vont même au-delà des Pyrénées avant d'être arrêtés par le Duché d'Aquitaine à la Bataille de Toulouse (721) puis par Charles Martel à la bataille de Poitiers (732).

Sous les Omeyyades, l'aire de répartition de l'arabe se voit multipliée. De célèbres bâtiments, comme le dôme du Rocher ou la Grande mosquée des Omeyyades, sont construits pendant leur règne.

Ottomans (1299 - 1923)

L’Empire ottoman, créé par Osman (Utman) a duré de 1299 à 1923 (soit presque 624 ans) en se développant au dépend des Seldjoukides et de l'empire Byzantin.

Il a laissé la place, entre autres, à la République de Turquie, qui occupe une partie de son ancien territoire, ainsi qu'à de nombreux États souvent passés sous d'autres dominations avant les indépendances de la seconde moitié du XXe siècle.

Fondé par un clan turcique oghouze en Anatolie occidentale, l'Empire ottoman s'étendait au faîte de sa puissance sur trois continents : Toute l'Anatolie, le haut-plateau arménien, Grèce

Les Balkans, Bulgarie, Hongrie, jusqu'aux portes de Vienne, le pourtour de la mer Noire, et jusqu'à Bakou sur la mer caspienne la Syrie, la Palestine, la Mésopotamie, le pourtour de la péninsule arabique, l'Égypte et une partie du littoral de l'Afrique du Nord (Lybie, Tunisie, Algérie)

Qarakhanides (840 - 1212)

ou Karakhanides (turc Karahanlılar) sont une dynastie de Transoxiane d’origine turque qui régna entre 840 et 1212 en Asie centrale. Le nom de la dynastie, "Qarakhan", dérive du nom de combat d’Idat Shad, qui en 681 lutta contre les Chinois de la Dynastie Tang (618 — 907) sous le nom de Qarakhan, Prince noir.

 

Perses Sassanides (224 - 651)

Les Sassanides règnent sur l'Iran de 224 jusqu'à l'invasion musulmane des Arabes en 651. Cette période constitue un âge d'or pour l'Iran tant sur le plan artistique que politique et religieux.

Ce fut, avec l'empire romano-byzantin, l'une des deux grandes puissances en Asie occidentale pendant plus de quatre cents ans. On considère l'ère sassanide comme l'une des périodes les plus importantes de l'histoire de l'Iran. Sous bien des aspects, elle représente l'accomplissement au plus haut degré de la civilisation perse et fut le dernier grand empire iranien avant la conquête musulmane de la Perse et l'adoption de la religion musulmane.

 

Samanides (819- 1005)

Les Samanides sont une dynastie iranienne qui reprend le pouvoir après la conquête arabe.

L'État samanide était fort, autoritaire et soumis à la loi musulmane. Il s'appuyait à la fois sur une police secrète et une importante bureaucratie, permettant une surveillance étroite des gouverneurs des provinces.

 

Seldjoukides

Les Seldjoukides, Seljoukides ou Saljûqides sont les membres d'une tribu turcique qui a émigré du Turkestan vers le Proche-Orient avant de régner sur l'Iran, comprenant l'Irak actuel, ainsi que sur l'Asie mineure entre le milieu du XIe siècle et la fin du XIIe siècle.

 

Les Seldjoukides se convertirent au sunnisme au Xe siècle, au moment où ils migrèrent vers le sud sous la conduite d'un chef nommé Seldjouk, et devinrent une forte puissance militaire. Ils s'emparèrent tout d'abord du Khorassan, une province de l'est de l'Iran auparavant gouvernée par les Ghaznévides, et poursuivirent leur conquêtes à partir de cette base. En 1038, le petit-fils de Seldjouk, Tuğrul Bey, se proclama sultan de Nichapur, puis s'empara de Bagdad en 1055, libérant le calife abbasside de la pression chiite de la dynastie des Bouyides. Celui-ci confirma son titre de sultan.

Le neveu de Tuğrul Bey, Alp Arslan (1063-1072) lui succéda, fondant et administrant le Grand Empire Seldjoukide à partir de sa capitale, Ray (actuelle Téhéran). C'est sous son règne et celui de son fils Malik Shah Ier(1072-1092) que l'empire des Seldjoukides en Iran atteignit son apogée,

Jérusalem est à son tour prise en 1073 aux Abbassides par les Seldjoukides qui en changent unilatéralement le statut en 1078, déclenchant ainsi en Europe la mise en place de la Première croisade (voir Casus belli).

Les Sunnites

 

Le sunnisme est le courant religieux majoritaire de l'islam. 90% des musulmans sont sunnites. Il est parfois apparenté à une vision orthodoxe de l'islam.

Les sunnites s'accordent sur trois sources de référence principales : le Coran, livre révélé au prophète de l'islam Mahomet, la sunna (ligne de conduite de Mahomet que compilent les hadiths) , qui sont les cas non directement évoqués dans le Coran, puis le consensus des jurisconsultes musulmans et la déduction juridique (qiyâs). Le sunnisme possède plusieurs écoles juridiques (madhhab), ayant toutes les mêmes croyances. Les quatre principales écoles étant le hanafisme, le malékisme, le chaféisme et le hanbalisme. Chaque courant se réclame plus ou moins d'une école.

Constituant une des trois grandes divisions de l'islam (avec les Chiites et les Karidijites) , les sunnites sont désignés en arabe comme les hommes de la « sunna » et de la communauté (ahl al-sunna wa'l-djama‘a).

Géographiquement, les sunnites sont répandus en Afrique du Nord, en Libye et en Égypte, en Arabie saoudite, en Syrie et en Irak, au Pakistan, en Indonésie, en Afrique noire ; on les trouve tantôt seuls, tantôt mêlés à des minorités kharidjites (Afrique du Nord) ou chiites (Liban, Syrie, Irak, Inde) ; tantôt attachés à un islam qui se veut « arabe » (Coran arabe, Prophète arabe), tantôt à un islam plus ou moins altéré par l'intégration de croyances et de coutumes anciennes chez les peuples islamisés.

À la mort de Mahomet, en 632, un différend naît entre les habitants de Médine et de La Mecque concernant sa succession. Certains préfèrent une succession issue de la famille en proposant notamment Ali son gendre et cousin pour lui succéder. Les compagnons s'y opposent et nomment comme premier calife Abou Bakr. Le troisième calife Othmân est assassiné en 656 par des opposants qui portent au pouvoir Ali. Le gouverneur de Damas Muʿawiya, cousin d'Othmân, entre en conflit avec Ali devant l'incapacité de ce dernier à faire arrêter les assassins d'Othmân, ce qui provoque la première guerre civile musulmane, la fitna.

Pendant le règne d'Ali, un clivage se cristallise entre ceux qui s'appuient sur la sunnah, la tradition du Prophète (les sunnites), et ceux qui sont du parti d'Ali (Shīʻatu ʻAlī, les Chiites).

En 661, Ali est assassiné et Muʿawiya désigné cinquième calife. Il rompt alors avec la tradition arabe du califat électif au profit du califat héréditaire des Omeyyades avec comme capitale Damas.

En 680, côté sunnite, Yazīd fils de Muʿawiya prend la succession de son père, tandis que côté chiite, Al-Ḥusayn, fils d'Ali, succède lui aussi à son père. En guerre, Al-Ḥusayn est massacré avec sa famille et ses hommes à la bataille de Kerbala par les armées omeyyades. Kerbala qui voit le califat sunnite triompher et pulvérise les ambitions dynastiques de la famille du Prophète est en même temps l'épisode fondateur du chiisme.Le sunnisme compte quatres écoles ( hanafite , malikite, chaféite et hanbaliste)

Les Salafistes

Le salafisme (de salaf, pieux prédécesseur, ancêtre) est un mouvement sunnite revendiquant un retour à l'islam des origines, qui serait donc fondé essentiellement sur le Coran et la Sunna. Ils rejettent toute innovation (ou bid`ah), et sont en faveur d'une application stricte de la loi islamique (sharia) qui en découle. Ils affirment constituer la continuation sans changement de l'islam des premiers siècles.

le terme désigne un ensemble composite de mouvements fondamentalistes, constitué en particulier de mouvances quiétiste (qui évitent l'implication politique), activiste islamistes (prônant une action politique) et djihadiste (pour une action armée). Le wahhabisme séoudien est une forme de salafisme

Les mouvements salafistes contemporains trouvent leur origine immédiate dans la prédication de Mohammed ben Abdelwahhab (ses partisans sont les Wahabites) , au XVIIIe siècle. Les salafistes prétendent ainsi imiter Mahomet en tout, y compris dans leur façon de s'habiller ou de manger. Ils rejettent tout ce qu'ils perçoivent comme des interprétations humaines postérieures à la révélation de Mahomet. Ils affirment ne se fonder que sur le Coran, et la Sunna (les hadiths). On peut distinguer un courant quiétiste, quantitativement le plus important, centré sur la prédication et un courant « révolutionnaire » (takfiriste) qui prône le djihad armé. Chacun de ces courants prétend incarner le vrai salafisme et critique les autres courants de manière virulente.

Les Chiites

 

Le chiisme (de shi'a, les partisans) constitue l'une des trois principales branches de l’islam avec le sunnisme et le kharidjisme. Appelés aussi Rafidhites, ceux qui refusent, les Chiites sont les partisans du quatrième Calife, Ali. Ils récusent donc les trois premiers califes Abu Bakr, Omar et Othman.

Le Chiisme regroupe environ 10 à 15 % des musulmans, dont 90 % de la population iranienne. Ils sont majoritaires en Irak, à Bharein, en Azerbaïdjan et ils constituent une minorité importante dans une quinzaine d'autres pays. Pour les chiites, le successeur immédiat de Mahomet est Ali.

A la mort du Calife Uthman (assassiné en 656) Ali fut, désigné à la tête de la communauté. Malgré ses titres et ses exploits, son califat se déroula dans le tumulte : une partie du clan des Omeyyades (lié au défunt calife Utman) et la veuve de Mahomet Aïcha, réclamèrent à Ali la punition des meurtriers de Uthman ben Affan. Ali mena donc une bataille contre l'armée de Aïcha, Talha et Zubair (bataille du Chameau), puis une autre contre Muawiya qui fût nommée la bataille de Siffîn — sur les rives de l'Euphrate — en 658.

Ali était sur le point de l'emporter quand les troupes de Muawiya brandirent des feuillets du Coran au bout de leurs épées et réclamèrent un arbitrage, qu'Ali accepta malgré lui. Une partie des hommes d'Ali — qui sont devenus plus tard les Kharidjites — se révoltèrent, reprochant à Ali d'avoir consenti à la procédure de l'arbitrage exigée par les troupes de Muawiya. Cette révolte fut fortement réprimée par Ali et la majorité des Khârijites mourut à la bataille de Nahrawân ; Ali est assassiné, en 661, avec une épée enduite de poison, alors qu’il faisait sa prière dans la mosquée.

Les particularités doctrinales et les différences théologiques entre chiisme et sunnisme reposent sur une querelle de succession. Les chiites affirment suivre la sunna du Prophète, mais rejettent la législation des premiers califes et de certains compagnons, qui a selon eux gravement altéré la véritable sunna du Prophète ; pour eux, la prophétie est finie avec Mahomet.

Cette divergence avec les sunnites est due à une interprétation différente d'un hadith du Prophète qui invitait les musulmans à suivre « sa sunna et la sunna des califes bien-guidés après lui », les sunnites considérant qu'il s'agit là d'une invitation à suivre les quatre premiers califes et les compagnons dans leur ensemble, les chiites pensant au contraire qu'il s'agit des imams de la descendance de Ali.

Le chiisme pratique la méthode du Kalam (raisonnement déductif), qui insiste sur le raisonnement, l'argumentation, le libre arbitre et le caractère créé du Coran, ce dernier point étant à l'opposé du sunnisme. L'imam est doté de la connaissance (du visible et de l'invisible) et de l'infaillibilité. Le Coran a un sens évident et un sens caché qu'il faut étudier, et que les imams sont chargés de transmettre aux fidèles. Cette importance accordée à l'imam n'a pas d'équivalent dans le sunnisme et explique l'organisation, la hiérarchisation et l'autorité du clergé chiite (par exemple, en Iran). Le chiisme attend et prépare l'arrivée du Mahdi, sorte de Messie « qui comblera la terre de justice et d'équité autant qu'elle est actuellement remplie d'injustice et de tyrannie ».

En 680, Al-Ḥusayn le fils d'Ali fut massacré avec 72 membres de sa famille et ses hommes à la bataille de Kerbala par les armées omeyyades. Kerbala qui voit le califat sunnite triompher et pulvérise les ambitions dynastiques de la famille du Prophète est devenu l'épisode fondateur du chiisme (célébration de l'Achoura)

Dans la terminologie de l'Islam chiite, le mot Imâm prend une acception éminente, réservée aux 12 descendants de sa fille Fatima Al Zahra (Fatima qui a l'éclat des fleurs) jusqu'à celui qui, depuis bientôt onze siècles, est le 12e Imâm ou l'Imâm caché.

Ismaéliens

L'ismaélisme, ou ismâ`îlisme est un courant minoritaire de l'islam chiite. Ses membres sont appelés ismaéliens, ismâ`îlien. L’ismaélisme se subdivise en plusieurs rameaux (Mubârakiyya, Khattâbiyya, Qarmates, Druzes, Mustaliens, Nizârites, Septimain). L’origine de l’ismaélisme remonte à la mort du sixième imam chiite Ja`far as-Sâdiq en 765, successeur d'Ali ibn Abi Talib et de son fils Ismaël ben Ja'far.

Zaydites

Les Zaydiyya reconnaissent cinq Imâms. Les Zaydites sont surtout présents au Yémen ;

Alevi

L'alévisme (alevilik en turc, Itiqate Ma en zazaki, elewîtî1 en kurmandji, al ‘alawīyyah en arabe) regroupe des membres de l'islam dits hétérodoxes et se rattache au chiisme duodécimain à travers le cinquième imam (Dja'far al-sadiq).Il se classe dans les traditions soufies. Certains voient en l'alévisme un courant « libéral » ou « progressiste » de l'islam dont les dogmes diffèrentde ceux du sunnisme et du chiisme dit jafarisme. Alevi signifie « adepte d'Ali », gendre et cousin du prophète de l'islam.

Le Coran est considéré comme le dernier livre saint envoyé par Dieu, les quatre livres saints (Coran, Bible, Torah et Livre des Psaumes) ayant le même degré d'importance. Pour les alévis bektachi, les textes relatifs au foulard des femmes n'ont aucun caractère universel et ces textes sont, selon les conditions de notre époque, caducs ou non valides. De plus, la révélation de Dieu ne se limite pas aux textes sacrés.

Partisans de la laïcité, ils s'opposent à toute intrusion du pouvoir temporel (politique) dans la sphère spirituelle (ou atemporelle) et inversement. La grande majorité des alévis sont d’origine turque et turkmène (environ 70 à 80 %). On trouve également des alévis d'origine kurde, kurmandji et zaza (5 millions).

Alaouites

Les alaouites ou alawites (du nom du Calife Ali) également appelés noseïris ou ansariyas, sont un groupe ethnique et religieux issu du djébel Ansariya au nord de la Syrie. Le terme d'Alawi suggère le rapprochement avec Ali, le gendre de Mahomet, et ainsi avec le chiisme.

Les présidents Hafez el-Assad, chef de l’État de 1970 à sa mort en 2000, et Bachar el-Assad, qui a succédé à son père le 17 juillet 2000, sont alaouites.

La doctrine alaouite professe la croyance de la bénédiction de l'Esprit saint dans la succession des imams chiites. Leur livre Saint est le Coran, dont ils tirent toutefois une interprétation particulière, jugée non conforme à l'Islam par la majorité de la communauté musulmane.

 

Les Druzes

Les Druzes , population du Proche-Orient professant une religion musulmane hétérodoxe, sont principalement établis dans la partie centrale du Mont-Liban et dans les montagne du Chouf, dans le sud de la Syrie (où ils occupent notamment la zone montagneuse du djebel Druze), dans le nord de l'État d'Israël en Galilée, et sur le plateau du Golan.

Leur religion, basée sur l'initiation philosophique, est aussi considérée comme étant, à l'origine, une école de la branche ismaélienne du courant musulman du chiisme, dont la volonté de s'en démarquer par l'abandon de préceptes islamiques l'a transformée en religion à part.

Dispersés par l’Histoire, les Druzes vivent surtout au Liban (où ils seraient entre 400 000 et 600 000) et formeraient 4 % de la population libanaise, en Syrie (entre 1 600 000 et 1 750 000 personnes), et en Israël (où ils seraient environ 118 000). Les Druzes vivant en dehors du Proche-Orient sont estimés à environ 100 000.

La religion druze constitue une synthèse de divers courants religieux et intellectuels. Elle contient à la fois des éléments issus du mysticisme musulman et de la pensée coranique, mais également des éléments issus de religions perses et indiennes, du néoplatonisme, du gnosticisme et du messianisme. La discipline religieuse druze constitue un courant monothéiste par excellence et insiste sur l’unité absolue de Dieu.

Il n’y a ni liturgie, ni lieux de culte dans la religion druze. La doctrine des Druzes est secrète et n’est révélée aux fidèles qu’après divers degrés d’initiation (d’aucuns affirment que les Druzes répandent cette idée afin de dissuader les gens de les questionner sur leur religion).

Les Druzes rejettent la charia et les obligations rituelles qui en découlent.

Deux ismaéliens sont à l’origine de la religion druze : un Persan nommé Hamza, qui affirmait être l’intelligence universelle, et un Turc nommé Mohamed ad-Darazî, dont le nom est à l’origine du terme « Druzes », qui était l’un des vizirs du calife fatimide al-Hakim bi-Amr Allah (996 - 1021). Le Calif Al-Hakim ayant disparu en 1021, ( Il n’est pas revenu d’une promenade nocturne aux environs du Caire dans les collines de al-Muqattam et son corps n’a jamais été retrouvé) certains de ses proches, regroupés autour du vizir ad-Darazî, le proclament "occulté". Selon eux, le calife était la dernière et principale incarnation du prophète (maqâm), titre qu’il s’était d’ailleurs lui-même attribué en 1017.

Kharijites

Le kharidjisme ou kharijisme (en arabe "ceux qui sont sortis" "les sortants) ainsi nommés par Ali est une secte de l'islam apparue lors de la première fitna et le conflit entre Ali et Mu'awiya.

Le kharijisme est l'une des toutes premières factions apparues en Islam, elle subdivisé en une vingtaine de groupes (les mouhakkimites, les azraqites, les najadites, les thaalabites, les ajradites, les ibadites, les sufrites....). Le mot peut désigner tout mouvement musulman contestataire, même si leurs revendications et méthodes diffèrent.

Le kharidjisme est une pratique puritaine de l’islam, à la morale rigoriste, condamnant tout luxe. La foi n’a de valeur que si elle est justifiée par les œuvres. Les Kharidjites ont combattu Ali qui le bat à la bataille de Nahrawân près de la ville de Bagdad actuelle en 658. Ils firent alors assassiner Ali.

Pour le kharidjisme, tous les hommes sont égaux, et les privilèges de l'aristocratie quraychite, accentués sous le règne de la dynastie omeyyade, sont condamnés. Certains Kharidjites font du djihâd un sixième pilier de l'islam.

Les Kharidjites sont divisés en plusieurs écoles, Azraqites, Sufrites et Ibadistes

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