Les Portugais attaquent Johor en 1536, le nouveau sultan Alauddin Riayat Shah I se soumet.

 

En 1591, James Lancaster, un commerçant anglais parti le 10 avril du Devon (UK) pour son premier grand voyage dans les Indes Orientales à la tête de flotte de trois bateaux, se rend dans le sultanat de Kedah à Penang.

 

1771 : Menacé par les Bugis, le sultan Muhammad Jewa du Kedah demande de l'aide à l'Angleterre par une lettre adressée le 18 mars 1771. Son fils fera de même face à une menace du Siam et des Birmans.

 

1786 : En échange de cette protection, La BEIC* - Compagnie Anglaise des Indes Orientales se verra attribuer le 12 aout 1786 l'île de Penang dont le Capitaine Francis Light1, aventurier et commerçant sera le représentant. Il y fondera Georgetown. Les anglais tenteront de renommer l'île en 'Ile Prince de Galles', mais sans succès durable.

En 1790, le sultan s'apercevant que les promesses de protection excluaient les cas d'agression par le Siam, les birmans ou un autre Sultanat (soit l'ensemble des possibilités d'agression), il tente de reprendre l'île. Dans l'impossibilité de le faire, il obtient une rente annuelle de 6000 dollars espagnols.2

 

En 1795, suite à la création de la République Batave, émanation du régime politique français de la Convention, les Néerlandais souhaitent éviter la prise de Malacca par les Français. Ils invitent les Anglais à investir l'ancien sultanat. Les britanniques s'engagent à rendre le territoire dès que les français seront battus.

1 Francis Light aura quatre enfants de Martina Rozells peut-être fille du sultan. Mort de la Malaria en 1794, il a sa statue à Georgetown, à son nom mais avec la figure de son fils.

2 Le dollar espagnol possède une double origine, quant à son nom et à son poids. Le Real de Ocho, est une pièce espagnole à teneur en argent garantie. Le Thaler de Bohème, devenu Daaler puis Dollar en a repris les caractérisques crééant le dollar espagnol. La double origine espagnole et allemande trouve son explication dans le fait qu'à l'époque Charles Quint règne sur l'Espagne et l'empire. Après son abdication, l'Espagne est revenue à son fils Philippe II et l'Empire à son frêre Ferdinand. Phlippe II a adopté le daaler d'argent aux Pays-bas en 1557. Cette monnaie sera la plus répandue au monde et se transformera en dollar dans le nouveau monde.

 

1800 : Face à l'île de Penang (Pulau Kesau, l’ile isolée, la BEIC* obtient du sultan du Kedah le territoire qu'elle dénomera province de Wellesley. Il s'agit d'un bout de terre faisant tampon censé sécuriser Penang comme l'a souhaité Arthur Wellesley1, le successeur de Francis Light, venu sécuriser l'île. C'est actuellement le Seberang Perai2.

 

13 aout 1814 : Traité anglo-Néérlandais.

Les Anglais rendent aux Néerlandais les possessions coloniales dont ils se sont emparés durant la période Napoléonienne. Les différents d'application de ce traité, (les anglais n'ont pas vraiment envie de rendre les territoires qui leur ont été confiés) conduiront à la signature d'une deuxième traité à Londres, en 1824.

 

1818 : Les Hollandais réoccupent Malacca.

La BEIC* demande à Stamford Raffles de trouver un autre emplacement sur les rives du détroit, ce sera Singapour.

 

1821 : Conquête (et partition) du Kedah par le Siam.

En 1821, le sultan du Kedah est invité par le roi du Siam à venir lui préter hommage. De peur de finir assassiné, le sultan refuse. Ce refus sera le pretexte suffisant au roi pour envoyer une importante flotte au Kedah, qui massacre les garnisons et veut s'emparer du sultan. Ce dernier se serait enfui en jetant des pièces d'argent du haut de son éléphant pour tenter de ralentir ses poursuivants, et finalement se réfugie sur l'ïle de Penang sous la protection du gouverneur. Le Siam victorieux divise le Kedah en quatres parties : Kedah, Perlis, Setul et Kubang Pasu, chacun ayant son Sultan soumis au puissant voisin. Le Kubang Pasu est depuis retourné au Kedah. Mais si le Perlis est resté un état à part, le Setul est toujours thailandais.

Les Siamois s'attaqueront avec moins de succès au Perak.

 

17 mars 1824 : Traité de Londres

Le Traité de Londres est à l'origine des frontières actuelles avec l'Indonésie

Signé entre l'Angleterre et les pays-bas afin de résoudre les différents résiduels suite au premier traité Anglo-Hollandais de 1814 , il consacre une division de l'archipel Malais, donnant le sud, les territoires de l'Indonésie actuelle aux Hollandais et le nord, la Malaisie actuelle aux Anglais. Il permet aux deux nations de se livrer au commerce sur les territoires britanniques de l'Inde et de Ceylan (Sri-Lanka) ainsi que l'Indonésie et la Malaisie actuelle, accordant chacun à l'autre la clause de la nation la plus favorisée, en limitant ainsi taxes et redevances dus par les bateaux sur tout la zone. Les Pays-bas cèdent la ville et le fort de Malacca aux anglais et s'engagent à ne pas ouvrir de nouveau bureau sur la péninsule malaise en échange de Sumatra, pour laquelle les Anglais s'engagent pareillement. Les anglais par ce nouveau traité de Tordesillas3 ont obtenu les mains libres au nord de Malacca

 

1826 : Le traité de Burney

Signé entre la Grande-Bretagne et le roi du Siam Rama III, il reconnait le protectorat du Siam sur les sultanats de Perlis, Kedah, Kelantan et Terrenganu tandis que Bangkok reconnait la souveraineté de la BEIC* sur Penang et la province de Wellesley, Malacca et Singapour. La BEIC* dispose d'une totale liberté de commercer dans les sultanats du protectorat.

 

1826 : Penang, Malacca et Singapour intègrent les Straits Settlements sous administration du pouvoir britannique en Inde.

1 Richard Wellesley a été Gouverneur général des Indes britanniques de 1797 à 1805.

2 Situé en face de la ville de Perai. Seberang Perai signifie "de l'autre coté" de Perai

3 Le traité de Tordesillas signé entre le portugal et l'Espagne avec le Pape ALexandre VI Borgia le 7 juin 1494 a partagé le nouveau monde entre les deux puissances d'alors le long d'une ligne méridienne passant à 1770 km (370 lieues) à l'Ouest des iles du Cap vert et donnant l'Amérique du Sud aux Espagnols à l'exception du Brésil. Al'origine c'était 100 lieues seulement mais les portugais ont exigé et obtenus des Espagnols un déplacement vers l'Ouest..Le traité ne concerne que les terres non connues à la date de signature. Le traité de Saragosse en 1529 fixe une seconde ligne de partage dans le Pacifique censée continuer le Meridien du traité de Tordesillas. Il attribue les Moluques au Portugal et Les Philippines à l'Espagne.
 
1841 : James Brooke devient Rajah du SarawakJames Brooke fait partie des ces aventuriers qui ont marqué leur époque. Né à Benares en 1803 d'un père juge à la cour d'appel de Bareilly en Inde, il a grandi dans la colonie britannique jusqu'à l'age de douze ans où il fut envoyé parfaire son éducation dans la mère patrie. Il retourne en 1819 en Inde pour y rejoindre l'armée de la Compagnie des Indes Orientales. Il est sérieusement blessé, peut-être à sa virilté en 1825 dans la guerre Anglo-Birmane en Assam. Finalement démissionnaire, il repart à Londres. Il tente alors de se lancer dans le commerce mais sans don particulier il préfère arrêter avant de se ruiner. Révant d'aventures, il exige de son père un bateau que celui-ci lui donne. Mais l'héritage reçu à la mort de ce dernier en 1835 lui permettra d'acheter, Le Royalist, bateau qu'il fait armer avant de partir vers Borneo en 1839.

 

Son arrivée à Kuching (Borneo) intervient alors que les Dayaks 'coupeurs de têtes' issus de tribus Iban (appelés improprement dayaks de la mer car ils vivent sur les collines et les rivières ) et Bidayu (dayak des terres) sont soulevés contre le Sultan de Bruneï , Omar Ali Saifuddin II. Ce dernier avait démis le gouverneur du Sarawak, le prince (Pangeran) Indera Mahkota au profit de son oncle , Muda Hashim en 1839 afin de restaurer l'ordre mais sans plus de succès. Brooke chargé par le gouverneur de Singapour de porter remerciements et cadeaux au gouverneur Muda Hashim avait lié des liens d'amitié ou du moins d'estime avec lui.

L'aide de Brooke avec son bateau armé permet au sultan d'emporter la partie et de pacifier la région. Le 24 Septembre 1841 il signe avec Muda Hashim un traité lui donnant autorité comme Rajah sur le Sarawak où du moins la région de Kushing. Brooke étant par ailleurs lié à la fille du sultan, celui-ci le confirme en 1842, contre une rente annuelle et l'engagement de respecter les lois et coutumes de Malais.

Ayant acquis son territoire, l'aventurier se croit homme d’État. Il organise la vie juridique et admnistrative, créée un tribunal, élimine la piraterie et lève l'impôt.

Retourné temporairement en angleterre en 1847, il est nommé gouverneur et commmandant en chef de Labuan, l'ïle riche en charbon proche de Bruneï, et consul général à Borneo.

 

En 1851 un procès ubuesque aura lieu a Singapour où sont dénoncées ses méthodes violentes contres les indigènes sous couvert de luttte contre la piraterie . Le procès s'enlise, l'accusation n'arrivera pas vraiment à préciser ses griefs.

 

Sans enfants, il nomme Brooke-Brooke, son neveu comme successeur. Mais s'étant faché avec lui le remplace par Charles Brooke, jeune frêre du premier.

Celui-accèdera au trône le 11 juin 1868, au decès de son oncle James.

En 1888, le sarawak passe sous protectorat britannique.

Les Brooke, James, Charles puis son fils Vyner règneront jusqu'au 1er Juillet 1946, date de la cession du territoire à la couronne britannique. Le Sarawak rejoint le 22 juillet 1963 la fédération de Malaya, ancêtre (à Singapour près) de la Malaisie actuelle.1

 

1857 : Première révolte en Inde contre l'empire britannique : La révolte des cipayes. L'empire reprend la main sur la British East Iindian Company (BEIC*).

1 James Brook a été interprété par Errol Flyn dans film the white Rajah. il a inspiré le personnage de Lord Jim à Joseph Conrad. Nigel Barley anthropologue et écrivain lui a consacré un livre : James Brooke, le Rajah blanc de Sarawak. Le site brooketrust.org perpetue la mémoire de la famille des Raja Blancs et contient généalogie, chronologie et archives relatives aux seigneurs du Sarawak. 
 
1857 : Création de Kuala-Lumpur (nom signifiant confluent boueux). La ville est créée au confluent du Klang et du Gombak. Initialement composée d'habitat en bambous, la ville a profité du commerce de l'étain des gisements locaux pour se developper. En 1896, elle devient la capitale des États Malais fédérés.
 
 1857 – 1871 : Révolte au Selangor (Klang war)
Selon Franck Swettenham1, ,"la situation normale au Selangor, c'était des vols, des batailles et des meurtres."
 
En 1857, après le décès du sultan Muhammad le 6 janvier (troisième du nom, il a regné 31 ans) commence une guerre de succession. Son successeur Abdul Samad passe plus de temps à tenter de rétablir l’ordre qu’à gouverner.Mais le contrôle de l'estuaire du fleuve Klang (fleuve desservant Kuala Lumpur et voie d'export importante de la ville) est à l'origine de la guerre civile qui commence en 1867. Le fils d’un chef local Raja Mahdi lance les hostilités, aidé par les Malays du Selangor qui ne se sentent aucune loyauté vis à vis de l'ethnie Bugis au pouvoir, en prenant le contrôle de la ville de Klang près de l'estuaire.
 
En 1868, Tengku Kudin2, vice-roi du Selangor ( et gendre du Sultan Abdul Samad) , aidé par 500 guerriers du Kedah et ses armées Bugis et Chinoises tente de reprendre le contrôle de la ville . Il y arrivent après un siège de 18 mois où ils ne laissent rien passer sur le fleuve, coupant tout les approvisionnements et échanges de la ville. Dans ces conditions, le charisme de Raja Mahdi et sa capacité à entrainer ses troupes ne suffisent pas et isolé, il doit se retirer en mars 1870 vers Kuala Selangor d'où il menace le fort qui contrôle l'estuaire. La situation n'étant pas assez confuse, les mineurs chinois des mines d'étain s'en sont mélés, avec à leur tête Yap Ah Loy, capitaine ayant compté parmi les fondateurs de Kuala Lumpur. Avec une armée de mercenaire, Yap Ah Loy tente de maintenir l'ordre. Puis ce sont les anglais qui interviennent. Ayant signé l'accord de Pangkor, il peuvent préter plus d'attention à la situation, et ce d'autant qu'ils souhaitent obtenir réparation suite au pillage d'une jonque et au massacre de 34 personnes (dont femmes et enfants) par les pirates agissant à partir de places fortes contrôles par Raja Mahdi à Kuala Selangor.
 
Le 3 juillet 1871, des marins britanniques dans des bateaux remorqués par le 'Pluton' sont mitraillés par les malais alors qu'ils naviguent a proximité de Kuala Selangor sur la rivière. Les marins essayent de débarquer mais sont contraint de repartir vers Penang avec un tué et cinq blessés.Le lendemain, le bateau HMS Rinaldo bombarde le fort faisant fuir les pirates vers la jungle. Les brittaniques sont en mesure de remettre la ville à Tengku Kudin qui y installe une garnison de 100 sikh et 40 Malais du Kedah. Les anglais poussent le sultant Abdul Samad à accepter un « conseiller » britannique comme ils l’ont fait au Perak. Ce sera Frank Swettenham, qui fera de Kuala Lumpur la capitale administrative de l’État, améliora les comminications avec Klang avant de devenir en 1889 conseiller résident du Perak à la suite de Sir Hugh Low 1867 : Emeutes à Penang. Comme les guerres de Larut à la même époque, elles trouvent leur origine dans la rivalité des sociétés secrètes fondées dans les années 1830 par des indiens musulmans et des malais : la société du drapeau rouge (Bendera Merah ) et celle du Drapeau blanc (Bendera Puti) . Ces sociétés sont alors liées aux sociétés secretes chinoises Khian Teik et Ghee Hin impliquée aussi dans les guerres du Larut. Les émeutes de 1867 de Penang seront considérées comme un véritable défi à l'autorité des britanniques.
 
L'ile de Penang est alors le carrefour du trafic de l'opium chinois et sujet à une violence endemique favorisée par les établissements de jeux et ses maisons closes controlées par ces memes sociétés. Le festival de Mohurrum allait tenir lieu de catalyseur. Aux fins de célébrer la mort de l'Imam Hussein, il rassemblait dans une ferveur islamique toutes sortes de gens, religieux, mendiants, pratiquant d'arts martiaux, pretres taoïstes, lutteurs pakistanais...
 
En 1867 il est était passé sous la coupe exclusive des sociétés secrêtes qui organisaient spectacles de kung-fu et de Penchak silat. C'est cela qui a dégénéré, provoquant neuf jours de combat jusqu'à ce que les britanniques reprennent le contrôle de la situation grace à leurs forces stationnées à Singapour. Le bilan s'éléva à plusieurs centaines de morts. Les clans chinois furent déclarés illégaux mais les chefs eurent tôt fait de se reconvertir en homme d'affaires commerçant avec les britanniques. Une amende de 10 000$ fut aussi infligée à chaque camp, qui servit à financer une police permanente à Penang. L'âge d'or de Penang qui la fera surnommer la perle de l'orient durera jusqu'en 19293

1 Sir Franck Swettenham (1850-1946). "British Malaya : an account of the origin and progress of British influence in Malaya" - 1907 (http://openlibrary.org/books/OL6981383M/British_Malaya )

2 Tengku Dhiauddin Zainal Rashid

3 Guide Olizane Malaisie de Jerome Bouchaud p.162

 

L'accord de Pangkor ne sera pas isolé. Le Selengor (1875) , le Negeri Sembilan signeront dans les mois qui suivent le même accord prévoyant l'installation d'un résident britannique. Puis le Pahang en octobre 1888. L'installation sera progressive entre 1873 et 1895 au Negeri Sembilan. Ce succès dans la méthode britannique n'empechera pas le premier conseiller-résident John W. Birch du Perak de finir assassiné le 2 novembre 1875 par un chef malais Dato Maharaja Lela, négrier notoire d'aborigène Orang-Asli, provoquant en retour une sévère repression britannique.

Au début du XXè siècle, les États du Kedah, Perlis, Terrengganu, Kelantan et Johor (1909) auront aussi leur conseiller résident.

 1878 : Le sultan de sulu octroie un bail permanent de ses terres (le sabah) aux britanniquesIl l’avait lui même obtenu en 1658 du Sultanat de Bruneï, en récompense pour l’aide qu’il avait prodigué au Sultan de Brunei dans la guerre civile qui faisait rage. Les termes du bail font débat jusqu’à aujourd’hui puisqu’en 1967 comme en 2013, alors même que le Sabah est intégrée à la Malaisie moderne, il reste des groupes et un Sultan pour se prévaloir de l’accord ci-dessous qui n’a jamais cédé les terres mais les a simplement loué.
 
Le problème, hormis le fait que la roue de l’histoire a beaucoup tourné depuis, c’est que le traité précise que ce bail est octroyé « together with their heirs, associates, successors, and assigns forever and until the end of time, all rights and powers » , c’est à dire à tous les ayants droits et représentants des signataires directs et ce jusqu’à la fin des temps contre une rente de cinq mille dollars par an, ce qui devait être colossal à l’époque. Mais le terme « pajak » traduit comme « loué » n’est pas si clair, et le traité précise aussi que « les droits et pouvoir ne peuvent être transférés à une autre nation sans le consentement » du Sultan 
 
1895- 1905 : Révolte de Matt Saleh au Sabah
 
La gestion du North-Borneo (Sabah) par les anglais fut autoritaire et dénuée de la moindre vision pour le territoire. Les anglais ne chercherent pas comme la dynastie des Brooke au Sarawak à structurer le territoire juridiquement. Il fallait en tirer profit en achetant des territoires pour les transformer en plantations de tabac et de latex et en imposant des taxes sur les produits comme le vin ou le riz. Cette situation provoqua la révolte de Mat Salleh.Mat Salleh , de son vrai nom Datu Muhammad Salleh est un chef local du district de Lingkabo et de la rivière Sugut.
 
En 1894, il est soupçonné du meutre et du vol de commerçants Iban par la British North Borneo Company (BNBC) qui administre le North-Borneo.
 
En 1895 il présente une pétition contre la poll-tax (impôt forfaitaire par tête) et la taxe sur les trajets en bateau au siège de la compagnie, alors situé à Sandakan sur l'île de Labuan. Cette pétition eut comme seul écho l'arrestation de Matt Saleh au pretexte qu'il menaçait la paix à Sandankan, ainsi que le meutre déjà évoqué. Matt Saleh s'étant échappé peu après, les anglais pillèrent son village, Jambongan le 29 aout 1895 et firent bruler sa maison.
 
Sa tête mise à prix pour 500$, le nouveau révolté se réfugie à une centaine de kilomètres de la Sugut sur une position fortifiée. Il est appuyé par la communauté Kadazandusun dont les membres seront fait prisonniers lorsque les anglais échoueront à capturer Matt Saleh. Le même scénario a lieu après son déplacement vers le Labuk puis au Padang. A partir de là s'enchaineront attaques et contre-attaques jusqu'à sa mort le 31 janvier 1900 à Kampung Toboh (où un mémorial a été créé) et la fin de l'insurrection en 1905.
 
Son succès le plus célèbre reste l’attaque et la destruction complète du poste commercial des Anglais sur l’île de Gaya (au large de Kota Kinabalu) en 1898. Mais sa capacité à entrainer les populations n'a pas suffit et la repression sévère qui suivit laissera un souvenir assez mitigé de son mouvement même si le Sabah l'honore aujourdhui du titre ronflant de "premier lutteur du Sabah contre l'oppression britannique" 
 
1891 : "Guerre" de Pahang  Il s'agit d'une révolte contre les britanniques menée par un chef local Dato Bahaman. Réussissant à ébranler les force du résident Hugh Clifford, les insurgés entrent dans Kuala Lipis, capitale du Pahang. Les anglais mettront beaucoup de temps à reprendre le dessus, forçant les derniers combattants à se réfugier au Terranggannu  
 
1896 : Création de la Fédération des États malais
 
The Federation of Malay States (FMS) - Fédération des États Malais est créée le 1er juillet 1896, par l'Angleterre, administrée par un résident général séjournant à Kuala Lumpur. Le premier sera Franck Swettenham, celui qui a proposé ce sytème. Le résident, qui parle le malais est entré dans l'administration des Straits Settlements, à Singapour en 1871. Il sera à la fois l'artisan d'une modernisation rapide et l'origine de la perte du pouvoir réel des sultans au profit des britanniques. La compétence des Sultans est désormais limitée à la religion musulmane et à la coutume malaise. La fédération regroupe les quatre protectorats péninsulaires du Selangor, du Perak, du Negeri Sembilan et du Pahang, tous peninsulaires et prend Kuala Lumpur, principale ville du Selongor pour capitale. Les revenus issus de l'exploitation des gisements d'étain du Perak et du Selangor sont utilisables par les états du Pahang et du Negri Sembilan moins biens lotis. "Le résident général est responsable de la politique étrangère et de la défense. Il gère les affaires communes aux quatre États avec l'aide d'un Conseil Fédéral où siègent les sultans, les résidents des quatres protectorats et quatre membres nommés."1 Est créée aussi la Conférence des Sultans, présidée par le haut commissaire britannique. La première conférence aura lieu a Kuala Kangsar en 1897. 
 
1888 : Protectorat britannique sur le North-Borneo (Sabah)Le traité, signé par Lord Salibury pour la Grande-Bretagne et Alcok Rutherford pour la British North Borneo Company précise que "Tous les droits de souveraineté sur ces territoires sont dévolus à la British North Borneo Company depuis le 1er novembre 1881, date à laquelle elle a été autorisée et habilité à assumer le gouvernement de ces territoires sous le nom de British North Borneo... que la société a présenté au gouvernement de sa Majesté le désir de cet État à être placé sous la protection de Sa majesté la Reine..Le North Borneo continuera à être régi et administré comme un État indépendant par la BNBC sous la protection de la Grande-Bretagne.(Article II)...Les relations entre l'État du Nord-Borneo et tous les États étrangers doit être effectués par le gouvernement de Sa Majesté, ou conformément à sa direction.(Article III)...le gouvernement de Sa Majesté à le droit d'établir des agents consulaires britanniques de Sa Majesté (Article IV)"2 
 
1909 : Le traité anglo-siamois du 10 mars 1909 signé par le Roi du Siam Rama V permet aux anglais d'instaurer un protectorat et donc d'y installer un adviser (et non un résident comme dans les États fédérés) , dans les États du nord de la péninsule, Perlis (auparavant intégré au Kedah) , Kedah, Terrengganu et Kelantan qui sont détachés de l'orbite siamoise. Il fixe la frontière actuelle entre la Thailande et la Malaisie. Ces États forment les Unfederated Malays States. Ils n'ont pas d'institutions communes mais dépendent tous de la Grande Bretagne.L'État du Johor, dirigé par l'anglophile Sultan Abu Bakar, a accepté la protection des britanniques en 1885 mais a refusé de recevoir un résident. En 1896, il refuse d'intégrer la Fédération.

1 Le siècle d'Albion - ed les Indes savantes - Jacques Weber p 383

2http://www.lawnet.sabah.gov.my/Lawnet/SabahLaws/Treaties/AgreementBetweenHerMajestysGovernmentAndTheBritishNorthBorneoCompany.pdf

 

Le statut particulier du Johore entre 1885 et 1914

Abu Bakar était le Sultan de Johor et connu comme le père de la modernisation de Johor. Anglophile il est considéré par la reine Victoria comme un "'ami cher", ainsi qu'elle l'a écrit dans une lettre. Arrivé au pouvoir en 1862, il change son titre pour devenir Maharaja en 1868. Il développe l'agriculture, modernise son administration et donne à la capitale Johor Bahru un style parfois britannique. Il accepte le protectorat de Londres sur le Johor en 1895 mais réussit à s'opposer à l'installation d'un résident britannique à sa cour, mettant en balance le soutien qu'il a fourni aux Anglais pour obtenir le cession de Singapour. Il bénéficie ainsi d'un statut particulier et privilégié au regard de celui des autres États Malais non fédérés

En 1896, il refuse de rejoindre la fédération des États malais. De 1885 à 1914, le protectorat est 'externe'. Malgré une menace jamais mise à execution en 1904 de nommer un agent auprès du sultan, les anglais ont respecté l'alliance qui laisse au sultan de Johore l'autorité réelle sur son sultanat. L'organisation est issue d'une constitution rédigée par un cabinet juridique britannique en 1895. Aux termes de celle-ci le sultan est le chef de l'administration, assisté d'un conseil des ministres et d'un conseil d'État.

 

1914 : Suite à la dette accumulée par le sultan Ibrahim, fils et successeur d'Abu Bakar, pour construire le Johor Railways, l'État du Johor - le dernier de la péninsule - est contraint d'accepter un conseiller à son tour en 1910, Douglas g.Campbell. Le sultan essaye d'en limiter l'influence, sans succès. Le 12 mai 1994, il signe le traité qui installe un résident britannique. La couronne s'est donc rendue maître de toute la péninsule et le statut de Johor rejoint celui des autres protectorats.

 

1930 : Création du parti communiste malais

 

De 1941 à 1945, les Japonais occupent le pays.

8 décembre 1941 : concomittament à l’attaque de Pearl harbor , les japonais déclenchent une offensive plus vaste dans le Pacific. La 25e armée du général Tomoyuki Yamashita conquiert la péninsule malaise et la thailande. Le 11 décembre la thailande est abandonnée. L’invasion japonaise de la Malaisie commence par le Kelantan au Nord de la Péninsule.

Le 17 décembre l’île de Penang est évacuée.

Les japonais attendus par les Anglais à Singapour débarquent en pleine mousson. Ils doivent traverser la jungle pour descendre du nord de la péninsule, ce que les Anglais considéraient, à tort, comme infaisable. Leur choix stratégique a aussi été motivé par le voisinage de l'allié Thaïlandais pour sécuriser leur lignes et leur approvisionnement.

Le 11 janvier, Kuala lumpur est occupée.

 

Bataille de Singapour :31 janvier – 15 Février 1942

Au 31 janvvier , la malaisie a été évacuée et les anglais se replient sur Singapour.

Ils comptent dans leur rangs 85 000 soldats répartis en 38 bataillons dont 6 australiens, 17 indiens et 2 Malaisiens mais tiennent seulement soixante-dix jours. La défaite est totale et humiliante, 7500 tués, 10 000 blessés et 120 000 prisonniers, face à 30 000 japonais. Le 15 Fevrier a lieu la reddition de Singapour. Elle fait suite à celle de Hong-Kong et de la Thailande. Churchill qualifiera la chute de Singapour de  « pire désastre et la capitulation la plus importante de l’armée britannique. ». Il refusera qu’une commission d’enquête analyse les raisons d’une défaite si rapide et si dure. Les anglais ne reviendront pas dans la péninsule avant la capitulation japonaise du 15 aout 1945.

 

1942 - 1945 : Occupation du Sabah et du Sarawak par les japonais

 

Union Malaise : 1946 - 1948

1er avril 1946 : Création de Malayan Union , l’Union Malaise (colonie britannique toujours, qui durera deux ans) ajoutant les straits settlements (dont L'île de Labuan) aux États Malais de la Péninsule mais à l’exception de Singapour dont 80% de la population est chinoise. Géographiquement, toute la péninsule malaise qui est réunie. Par la création de l'union, la grande-bretagne tente à la fois de retrouver le lustre perdu suite à l'occupation japonaise tout en préparant un self-gouvernment qu'il sait ineluctable (L'indépendance de l'Inde a lieu en 1947, la plan de partage de la palestine mandataire aussi ) où les britanniques garderaient leur influence politique et économique.

Il fallait aussi tenter de ménager les chinois qui avaient résisté aux Japonais en améloriant éventuellement leur statut politique sans pour autant mécontenter les Malais.

Le haut commissaire chargé de mener à bien la création de la Malayan est Harold MacMichael (1882-1969). Celui-ci est un ancien gouverneur du Tanganyika, puis Haut-commissaire pour la Palestine mandataire de 1938 à 1944 où un attentat faillit lui couter la vie. Chargé à la fois de négocier avec les Sultans et de pourvoir au remplacement de ceux qui avaient été trop accomodant avec l’occupant japonais, il n’eut pas de mal leur à imposer ses vues et négocia leur quasi reddition en 15 jours sans consulter personne localement.

L'union est placée sous la coupe d'un gouverneur britannique et enlève tout pouvoir sauf en matière religieuse aux Sultans, la privant du soutien de la population malaise. Les chinois ne sont pas non plus ravis car la non intégration de Singapour où ils sont majoritaires leur enlève une grande part de leur pouvoir d'influence.

Dès Janvier 1946 alors que les britanniques avaient fait connaitre leur projet en publiant un livre blanc, Dato'Onn Jaafar, fils du premier ministre du Johor avait organisé des manifesations dans le Kedah. L’installation du nouveau gouverneur, Sir Edward Gent se fit devant conseil législatif à moitié vide suite au mot d’ordre de boycott issu de l’UMNO.

 

Mai 1946 :Création de l'UMNO

La signature par les Sultans de l'Union Malaise a provoqué en réaction la création de l'UMNO - United Malays National Organisation - (Organisation Nationale Malaise Unifié) en Malais le Pertubuhan Kebangsaan Melayu Bersatu - le 10 mai 1946, qui regroupe en son sein diverses organisations. l'UMNO, plus opposée à l'Union Malaise qu'aux Anglais obtient de ceux-ci le système de la monarchie tournante entre les neuf sultans afin de permettre la participation politique de la monarchie et promouvoir l'ascendant des malais sur les autres ethnies.

La première résolution de l'Umno déclare que les accords signés par les Sultans n'étaient ni conformes ni à la constitution ni aux traditions ni aux coutumes de leurs États respectifs, qu'ils étaient en outre "contraire aux principes démocratiques" et qu'en mettant fin à l'existence de neuf États malais souverains ils "violaient le principe de la sainteté des traités"1

 

1946 : Le dernier Raja2 blanc, descendant de James Brook, Charles Vyner Brook abdique. Il a passé la guerre en Australie et vieillissant ne laisse aucun héritier direct. Son frêre Bertram est plus agé que lui et c’est le Anthony Vyner, fils de ce dernier, qui est fait Rajah Muda depuis 1939. Le Raja Muda est héritier présomptif. Mais Charles Vyner Brook informe les anglais en Octobre 1945 de leur céder le Sarawak..

Le Supreme council (Council Negri) du Sarawak ,3, autorise à 19 voix contre 16 ce dernier à signer l’acte de cession le 20 mai 1946. Le 20 juin 1946 l’annexion est proclamée etle Raja remplacé par un gouverneur. Quelques partisans de Anthony Vyner Brooke manifesteront sans succès et lui-même sera interdit d’accès sur le territoire.

 

1 L'histoire du xxe siècle - L'Asie du sud-est , Sirey 1971 p173

2 L’orthographe du mot raja ou rajah pose problème car renvoyant à des réalités différentes. En Inde le Rajah est un roi tandis qu’en Malaisie le Raja est un seigneur. Orthographier Raja avec un h terminal est donc a priori incorrect pour la Malaisie mais semble-t-il accepté par l’usage.

3 Le council Negri, crée en 1941 comprenait des membres d’office et des membres nommés, soit au total 10 Européens, 1 Eurasien, 1 Indien, 2 Chinois et 21 Malaus et Dayaks

 

Le North- Borneo (Borneo du Nord) , de protectorat devient une colonie sous le nom de Sabah. Le Sabah était auparavant placé sous l'autorité de deux sultans Brunei et Sulu aux philippines. 
 
31 janvier 1948 : La Fédération de Malaysia remplace la Malayan Union
 
Les protestations contre l’Union Malaise ne sont pas éteintes bien au contraire, attisées par l’UMNO depuis le défilé de 2 km de long en Mai 1946 à Kuala-Kangsar dans le Perak auquel avaient assistés deux députés britanniques venus prendre la température de la population et des Sultans.Un nouveau projet était donc à l’étude. Suite aux modifications obtenus par l'UMNO, les anglais remplacent au bout de deux ans seulement l’Union Malaise par la Fédération de Malaya (toujours colonie britannique) , à partir des 9 États Malais ainsi que les îles britanniques de Penang et Malacca (sans Singapour).
 
Penang et Malacca restaient des protectorats britannique au sein de la Fédération.La fédération moins centralisée est une organisation fédérale où le pouvoir politique est réparti entre la Fédération et les États membres. Chaque gouvernement local comprend un State executive Council et un State Council plus législatif. Penang et Malacca, tout à la fois territoires britanniques et fédéraux sont placés sous l’autorité d’un Commissaire –Résident britannique assisté d’un conseil consultatif. Quant au gouvernement fédéral, qui s’occupe tout à la fois de affaires extérieures, de la défense et finalement aussi de l’intérieur, il est dominté par les britanniques.
 
Si L’UMNNO a pu considéré qu’un pas important avait été fait, il n’en est pas de même du MCP, le parti communiste qui va déclencher une guerrilla de 12 ans.  1949 : Fondation par le parti communiste Malais - MCP (Malayan Commnunist Party) de sa branche armée, le Malayan National Libération Army (MNLA) , l’Armée de libération des peuples de Malaisie (Tentera Pembebasan Rakyat Malaya)  
 
16 juin 1948 - 1960 : Insurrection communiste (Malayan Emergency) . A la sortie de la guerre, le parti communiste jouit d’une très forte popularité issue de la résistance qu’il a menée face à l’occupant japonais. A l’inverse les anglais, absents de Fevrier 1942 à Aout 1945 n’ont plus l’aura qu’ils ont pu avoir avant guerre. Ils ne sont plus invincibles et les structures qu’ils ont mis en place ont été détruites par l’occupation. Le MCP juge l'époque favorable pour tenter de prendre le pouvoir.Suite à des actions souterraines pour élargir sa base, auprès des syndicats, il passe à la lutte violente en juin 1948. Ceci se traduit non seulement par du sabotage d’outils de productions mais aussi par des assassinats de propriétaires terriens. Au delà de la terreur exercée, ces actions mettent en exergue l’impuissance de la puissance coloniale britannique à assurer la sécurité des malaisiens. Le MCP entame aussi des actions de guerrilla à l’encontre des forces britanniques. En réaction les anglais décrètent le 16 juin 1948 l'état d'urgence malaisien ( Malayan Emergency ), qui inclut la dissolution de certains partis dont le MCP, la suppression des droits civils. L'État d'urgence ne sera été levé qu'après l'indépendance. La lutte contre la guerrilla menée par les forces britanniques reste citée par les militaires comme l’un des rares exemples de contre insurrection réussie par une armée conventionnelle en gagnant « les cœurs et les esprits » de la population ! Reste que dans les années 1970-1974 la guerilla est partiellement relancée mais sans succès. 
 
11 et 12 décembre 1948 : Massacre de Batang Kali.
 
Il a été commis dans l'État du Selongor, par une patrouille du deuxième régiment de Scott Guards au début de l'insurrection communiste (1948-1960) . A la tête de la patrouille, il y a un simple de sergent de 22 ans. Ces soldats ont tué 24 hommes désarmés qui récoltaient du caoutchouc puis mis le feu au village de Batang Kali. Les tirs ont eu lieu alors que les victimes tentaient de s'échapper. Il n'y eu qu'un seul homme survivant, chong hong, âgé d'une vingtaine d'année, qui a été laissé comme mort alors qu'il n'était qu'évanoui. Des photos ont été publiées, notamment d'un scott Gard brandissant deux têtes coupées. Il s'agirait d'un 'rite' sinistre consistant à ramener les corps pour prouver les résultats de l'unité et à défaut de le pouvoir d'en ramener au moins la tête. L'opinion britannique est véritablement choquée par le massacre mais les réactions gouvernementales ne seront pas à la hauteur. Une enquête avait été engagée par le gouvernement travailliste, mais son successeur conservateur la laissera tomber en 1970.
 
En 1992, un documentaire 'in cold blood' de la BBC sur ce massacre relancera l'enquête, apportant des témoignages de survivants mais aussi des participants à la tuerie. Les personnes en charges de l'enquête avortée de 1970 sont aussi interrogées. Une pétition sera adressée à la reine en mai 1993. Mais le foreign office considéra que "Aucun élément nouveau n'a été découvert par les autorités britanniques pour justifier la mise en place d'une autre enquête officielle sur le massacre de 24 villageois à Batang Kali". Un rapport d'enquête remis en 1997 aux autorités de police malaisiennes a aussi été classé sans suite faute de preuve du caractère intentionnel du massacre, jusqu'à ce qu'en 2004, un parti politique, le DAP porte la question au parlement malaysien. Un comité pour la reconnaissance de ce massacre est créé en 2008 par les familles de villageois. Le foreign office après avoir encore une fois tenté d'étouffer l'affaire vieille de soixante ans reconnaît enfin en 2009 qu'il reconsidère ses décisions. Une commission d'enquête est donc de nouveau créée en avril 2009. Il est maintenant prouvé que le massacre, non commandé, a sciemment été utilisé par le gouvernement britannique aux fins de dissuader les personnes tentées de rejoindre l'insurrection communiste. De même, les ministres avaient été informés en 1970 que les témoins oculaires n'étaient pas fiables, qu'ils avaient été payés pour fournir une version défavorable aux britanniques, ce qui avait précipité la fermeture de l'enquête de l'époque.Le dernier témoin Tham Yong est mort le 2 avril 2010 à 78 ans
 
En 2012, haute cour reconnaît la responsabilité de la Grande-Bretagne, "There is evidence that supports a deliberate execution of the 24 civilians at Batang Kali." ," il existe de preuves à l'appui de la thèse d'une execution délibérée de 24 civils à Batang Kali." Ce conflit mobilisera dans sa phase haute "28 000 policiers, 40 000 supplétifs, 150 000 home guards (forces paramilitaires de police) et 40 000 soldats britanniques, du commonwealth et des colonies soit au total près de 250 000 personnes mobilisées à différents titres sur terrain d'action de 131 000 km². Cela représente des ratios suivants : 25 soldats et/ou policiers pour 1 rebelle, 19 civils pour 1 membre des forces de sécurité."1 En 1960, après douze années de guerilla , la rebellion est matée et le principal dirigeant du MCP, Chin Peng part en exil2.Au total 1400 soldats, 6700 rebelles et 2500 civils ont péri lors de cette insurrection. Le MCP continuera sans succès de maintenir la flamme de l'insurrection et ce n'est finalement qu'en 1989, alors que le bloc soviétique s'écroule, que la direction du parti acceptera de négocier avec le gouvertnement malaisien pour arriver à une paix définitive , encouragé en cela par Deng Xiao Ping.Chin Peng est mort à 88 ans à Bangkok le 16 septembre 2013 sans avoir été autorisé à retourner en Malaisie.
 
 1951 : Démission du chef de l'UMNO
 
Dato 'Onn Jaafar, un des fondateurs et chef de l'UMNO la quitte. Il souhaitait que l'UMNO dévie de sa position communautaire et s'ouvre à d'autres éthnies que les malais, ce qu'il a proposé à deux reprises en 1950, sans succès. Il proposoe aussi que le slogan de l'UMNO "Vivent les Malais" (Hidup Melayu ) soit remplacé par "Indépendance" (Merdeka). Il démissionne alors et fonde un parti non-communal (non communautaire) dont l'objectif est d'accéder à l'indépendance en 1958. Mais il ne sera pas suivi. Dato Onn Jaafar avait été chief minister de l'État du Johore , préoccupé des conditions de vie des Malaisien. Dans les années 20, il avait été interdit de séjour pour avoir critiqué le Sultan dans le Sunday Mirror, basé à Singapour. Il s'inquiétait alors du traitement du personnel des forces armées de Johore et des Orang-Asli, population aborigène de la péninsule. Tunku Abdul Rahman , futur premier ministre,lui succède à la tête de l'UMNO. En 1952 est créée en Malaisie la FESR, Commonwealth Far East Strategic Reserve, force aéroterrestre anglo-australo-néo-zélandaise chargée d'assurer la défense des territoires Malais et plus généralement les intérêt du Commonwealth3 dans la région En 1955 est créée l’Alliance qui regroupe l’UMNO, l'Association des Chinois malaisiens (ACM) et le Congrès indien malaisien (MIC). Elle remporte les élections fédérales de 1955 et forme le gouvernement de 1957. L’Alliance a été créée dans le but non avoué de se partager le pouvoir. Les Malais de l’UMNO gardent le pouvoir politique (l’UMNO aura toujours les deux tiers de sièges de l’Alliance) tandis que les chinois de l’ACM et les indiens du MIC auront le pouvoir économique. 
 
31/08/1957, Indépendance de la Malaya
La Fédération de Malaisie ou Fédération de Malaya devient indépendante. (Malaisie péninsulaire uniquement), dans le cadre du Commonwealth, et Tunku Abdul Rahman devient Premier ministre. Des accords de défense sont signés entre la Fédération et le Royaume-Uni. Tunku (prince) Abdul Rahman Putra Al-Haj ibni Almarhum Sultan Abdul Hamid Shah sera premier ministre de 1957 à 1970. Appelé le père de l'indépendance (Bapok Malaysia) . Il est le fils de la quatrième épouse du sultan Abdul Hamid.  En avril 1963, des commandos armés indonésiens sont infiltrés au Sarawak. Les accords de défense sont appliqués et des unités britanniques, australiennes et néo-zélandaises viennent prêter main forte aux forces malaisiennes. L'éphémère "Maphilindo", union qui regroupe la Malaisie, les Philippines et l'Indonésie, créée le 5 août 1963, ne survit pas plus d'un mois. Un conflit sur le Sabah oppose les Philippines à la Malaisie. De son côté, en 1964, le Président indonésien Sukarno déclenche les hostilités (confiscations de biens malais, embargo...) et lance des opérations de guérilla au sein de la péninsule.4 
 
31 juillet 1963 : Accord de Manille
 
L'accord est conclu entre les Philippines, la Fédération de Malaisie et l'Indonésie5. Création (et échec) de la MaPhilIndo. Au programme, il y a la préservation de la « race Malaise » et le contentieux territorial au Borneo SeptentrionalL'accord signé des trois chefs de gouvernement Soekarno pour l'Indonésie, Macapagal pour les Phillipines et Tunju Abdul Rahman Putra Al-Haj pour la Malaisie établissent "une entente et décident d'établir entre eux une coopération fraternelle...Les Ministres ont été unanimes à reconnaître que les trois pays parta geaient la responsabilité principale du maintien de la stabilité de la région et qu’il leur incombait de la protéger de la subversion sous toutes ses formes ou manifestations pour préserver leur propre identité nationale... ils ont échangé des vues sur la confédération projetée des nations d’origine malaise, le projet de création de la nouvelle « Fédération de Malaisie », la revendication des Philippines sur le Bornéo septentrional et d’autres problèmes connexes."Les liens de race et culture" sont évoqués"C’est dans cet esprit que les trois Ministres ont appuyé le plan du Président Macapagal envisageant de grouper les trois nations d’origine malaise pour qu’elles travaillent ensemble dans l’harmonie la plus parfaite, sans toutefois abdiquer une partie quelconque de leur souveraineté. Cela suppose la création des organes communs voulus." Malaisie et bornéo septentrional"l’Indonésie et les Philippines ont déclaré qu’elles accueilleraient favorablement la formation de la « nouvelle Malaisie » sous réserve qu’une autorité indépendante et impartiale — le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies ou son représentant — s’assure de l’accord de la population des territoires du Bornéo.""Les Philippines ont précisé que leur position au sujet de l’inclusion du Bornéo septentrional dans la nouvelle « Fédération de Malaisie » était subordonnée au règlement de la question de leur revendication sur le Bornéo septentrional. Considérant, en particulier, les liens historiques étroits qui unissent les peuples des Philippines et du Bornéo septentrional ainsi que leur proximité géographique, les Ministres sont convenus qu’au cas où le Bornéo septentrional serait intégré à la Fédération de Malaisie dont la création est projetée, le Gouvernement de la Fédération et le Gouvernement des Philippines devraient maintenir et favoriser l’harmonie et les relations amicales existant dans leur région afin d’assurer la sécurité et la stabilité de cette zone." Les accords de Manille créé la Maphilindo, acronyme de Malaisie – Philippines – Indonésie , appelée aussi Greater Malayan Confederation ,confédération de ces trois pays visant à regrouper les « races » malaises dans un même ensemble. Elle durera seulement un mois. 
 
1963 : La Malaysia succède à la Malaya
En 1963, la Malaysia (Nouvelle Fédération de Malaisie) est officiellement constituée, ajoutant à la Fédération de Malaya, peninsulaire, les territoires de Sabah et Sarawak à Borneo ainsi que Singapour. Tous les territoires britanniques en Asie du Sud-Est sont alors décolonisés à l’exception de Bruneï 
 
1962-1966 : Konfrontasi (terme indonésien) , conflit entre l’indonésie et la Malaisie
L'indonésie oppose la toute nouvelle Malaysia à l'Indonésie de Soekarno. L’enjeu en est le statut de la partie Nord de Borneo (Sabah, Sarawak et Brunei) le reste de l’île, Kalimantan étant Indonésien. Le président Indonésien, partisan de l’accord de Manille ne souhaite pas que le Nord de Bornéo intègre la Fédération Malaise. Il estime que c’est une manière pour les britanniques d’accroitre leur contrôle sur la région et menacer l’Indonésie. Les Philippines pour leur part revendiquent le Sabah, qui a appartenu au 18e siècle au sultant de Sulu. Une première révolte éclate au BruneI en décembre 1962, matée en Avril 1963. L’Indonésie et les Philippines déclarent accepter du rattachement de ces territoires à la Malaisie si un référendum organisé par les Nations-Unies puis une simple enquête en décide ainsi. Mais la Malaisie place les population comme les pays voisins devant le fait accomplit, considérant qu’il s’agit d’une question interne, ne nécessitant pas de consultation.Le 20 janvier 1963, l’Indonésie anonnce qu’elle poursuivrait une politique de Konfrontasi avec la Malaisie.et envoie de « volontaires » organiser attaques et actions de sabotage. Soekarno déclare qu’il va écraser la Malaisie « Ganyang Malaysia ». Les Philippines rompent leur relations diplomatiques avec Kuala-Lumpur. L’indépendance de la Fédération de Malaisie le 16 septembre 1963 ne calme pas le conflit qui s’effectue aussi par attaque (spontanée de la foule..) des consulats ou ambassades des uns et des autres. Les troupes Indonésiennes mènent des attaques au Sarawal et au Sabah. Elle attaquent aussi en 1964 la péninsule malaise. Les britanniques sont appelés en renfort coté Malaisien. Alors que l’Onu accepte le nouveau pays comme membre non-permanent du conseil de sécurité, l’Indonésie sort des Nations-unies6. En 1965, à la demande de la Malaisie , l’Australie entre en lice tandis que l’Indonésie admet qu’elle a envoyé non pas de volontaire mais des soldats.Il semble cependant que l’Indonésie ait en quelque sorte retenu ses forces. L’armée Indonésienne préparait alors l’élimination de Sokarno au profit de Soeharto. Ce dernier , arrivé au pouvoir en Octobre 19657 mettra rapidement fin au conflit. Le coup d’État a relégué la konfrontasi loin derrière les problèmes internes en Indonésie. Le 28 mai 1966 la fin des hostilités est annoncée à Bangkok par les deux gouvernements et un traité est signé le 11 aout 1966 auquel le Président Soekarno tente vainement de s'opposer. La lutte contre le communisme rapprochera ensuite les deux pays.

1  Cahiers de la recherche doctrinale - État d'urgence en Malaisie, un exemple d'adaptation à la contre insurrection par les forces britanniques 1948-1960

2 En 2006 le réalisateur malaisien Amir Muhammad sort un "semi-documentaire" musical intitulé Le dernier communiste (Lelaki Komunis Terakhir en Malais) inspiré par la vie de Chin Peng et l'insurrection communiste, réalisé à base d'interview..Présenté au Festival du film de Berlin, de Londres de Singapour et de Hong-Kong, il n'a jamais été projeté en Malaisie. Il peut être vu sur Youtube.

3 Le Commonwealth est le successeur de l'empire britannique.association de pays autonomes. Il comportait 10 membres en 1956, 53 en 2013. L'Australie et la Nouvelle-Zélande en font partie depuis 1931, Brunei depuis 1984, la Malaisie depuis 1957 et Singapour depuis 1965. Quelques pays en sont sortis comme l'Irlande en 1949 (Proclamation de la République), le Zimbabwé en 2003 (il avait été suspendu en 2002) ou Hong-Kong en 1997.

4 in http://asiep.free.fr/malaisie/dossier/histoire/histoire.html

5 texte complet en annexe

6 Elle forme alors le conférence des nouvelles forces émergentes, la Conefo

7 Le 1er octobre 1965, le général Soeharto réalise son coup d’État et débute l’immense répression qui s'en suivra envers les communistes. Les pouvoirs lui seront transférés en mars 1966 et il sera élu président de l'Indonésie le 12 mars 1967.

 
9 aout 1965 : La Fédération de Malaisie expulse Singapour, qui devient une république indépendante. La Malaisie actuelle (Fédération de Malaysia) est née. Les raisons qui peuvent expliquer cette sortie tiennent notamment à la sous-représentation de Singapour au Parlement Malaisien, mal vécue.
 
1966 Crise constitutionnelle au Sarawak
La crise commence lorsque 21 des 42 membres du conseil législatif écrivent des lettre défiance envers le premier ministre Stephen kalong Ningkan. Celui-ci tentait de faire voter un loi agraire permettant aux indigènes qui travaillent la terre de pouvoir la posséder. Le gouverneur de l’État, Abang Haji Openg, suite à la motion de défiance somme le chief miniser Ningkan de démissionner le 16 juin 1966. Mais ce dernier refuse, arguant que ces lettre ne valent pas un véritable vote de défiance du Council Negri. Devant ce refus, le gouverneur limoge le chief minister et lui nomme un successeur, Tawi SliMais Ningkan ne s’avoue pas vaincu et porte l’affaire devant la haute cour de Borneo, qui lui donne raison le 7 septembre 1966, au motif qu’il n’y a pas eu un vote de défiance.De retour en poste, Ningkan tente de dissoudre la chambre pour provoquer des élections et se voir confier un nouveau mandat. Mais le gouvernement décrète l’État d’urgence au motif que le chaos menace. Il modifie par ailleurs la constitution du Sarawak en un point essentiel : Le gouverneur concentre maintenant tout le pouvoir au détriment du chief minister. De plus un vote de défiance est voté, dans les règles cette fois, le 23 septembre, confirmant la défiance du conseil législatif. Nigkan a perdu la partie.
 
 1967 Crise au Sabah : Opération « Merdeka »1En 1967 les militaires philippins mettent sur pied l’opération Merdeka (liberté, indépendance), visant dans un premier temps à déstabiliser l’État du Sabah en soulevant les non malais du Sabah..L’idée du président philippin Marco est ensuite de reconquérir le Sabah et de l’annexer. Le pretexte en est que le territoire appartiendrait aux Philippines depuis que le sultan de sulu l’a loué aux anglais en 1878. La Malaisie verse encore le montant annuel du loyer , 1500 $, aux philippines.Néanmoins, en 1906 comme en 1920 les États-Unis avaient officiellement rappelé aux anglais que le Sabah ne leur appartenait pas. La couronne Britannique l’avait annexé en 1946 alors que la haute cour de Bornéo avait en 1939 remis la propriété du north-Borneo, le Sabah aux héritiers du Sultan. Le sabah pouvait donc être considéré comme Philippin, ce pays ayant repris les droits du Sultan de Sulu. C’est d’ailleurs pourquoi en 1962, le sultan kiram I remis le 12 septembre 1962 les droits de son Sultanat (alors même qu’il n’avait plus aucun pouvoir et depuis bien longtemps) au président Philippin Macapagal, ce qui a été le pretexte à la rupture des relations diplomatiques avec la Malaisie en 1963, lorsqu’elle a inclus le Sabah dans sa grande fédération. Depuis les relations ont repris mais les Philippines essayent régulièrement de remettre l’ancienne revendication sur le tapis, notamment à souhaitant la soumettre à la cour internationale de justice, ce que la Malaisie refuse absolumment. L’affaire rebondira longtemps après en Fevrier 2013. 1968 : Manille déclare que le Sabah est un territoire philippin.

1 voir aussi le massacre de Jabidah – Philippine le 18 mars 1968