France - sources
| Second tour | |||
| 5 mai 2002 | Voix | % Exprimés | % inscrits |
| JACQUES CHIRAC | 25 537 894 | 82,21 | 62,00 % |
| JEAN-MARIE LE PEN | 5 525 034 | 17,79 | 13,41 % |
| Nombre | % Votants | ||
| Blancs ou Nuls | 1 769 904 | 5,39 | |
| Exprimés | 31 062 928 | 94,61 | |
| Nombre | % Inscrits | ||
| Inscrits | 41 192 272 | 100 | |
| Abstentions | 8 359 440 | 20,29 | |
| Votants | 32 832 832 | 79,71 | |
| 1er tour | |||
| 21 avril 2002 | Voix | % Exprimés | % inscrits |
| M. BRUNO MEGRET | 667 043 | 2,34 | 1,62 % |
| Mme CORINNE LEPAGE | 535 875 | 1,88 | 1,30 % |
| M. DANIEL GLUCKSTEIN | 132 696 | 0,47 | 0,32 % |
| M. FRANCOIS BAYROU | 1 949 219 | 6,84 | 4,73 % |
| M. JACQUES CHIRAC | 5 666 021 | 19,88 | 13,75 % |
| M. JEAN-MARIE LE PEN | 4 804 772 | 16,86 | 11,66 % |
| Mme CHRISTIANE TAUBIRA | 660 515 | 2,32 | 1,60 % |
| M. JEAN SAINT-JOSSE | 1 204 801 | 4,23 | 2,92 % |
| M. NOEL MAMERE | 1 495 774 | 5,25 | 3,63 % |
| M. LIONEL JOSPIN | 4 610 267 | 16,18 | 11,19 % |
| Mme CHRISTINE BOUTIN | 339 157 | 1,19 | 0,82 % |
| M. ROBERT HUE | 960 548 | 3,37 | 2,33 % |
| JEAN-PIERRE CHEVENEMENT | 1 518 568 | 5,33 | 3,69 % |
| ALAIN MADELIN | 1 113 551 | 3,91 | 2,70 % |
| Mme ARLETTE LAGUILLER | 1 630 118 | 5,72 | 3,96 % |
| M. OLIVIER BESANCENOT | 1 210 562 | 4,25 | 2,94 % |
| Nombre | % Inscrits | ||
| Inscrits | 41 197 964 | 100 | |
| Abstentions | 11 700 076 | 28,4 | |
| Votants | 29 497 888 | 71,6 | |
| Nombre | % Votants | ||
| Blancs ou Nuls | 998 401 | 3 | |
| Exprimés | 28 499 487 | 97 | |
Discours prononcé à l'ONU lors de la crise irakienne - 14 février 2003
Dominique de Villepin
Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Madame et Messieurs les Ministres,
Messieurs les Ambassadeurs,
Je remercie MM. Blix et El Baradei pour les indications qu'ils viennent de nous fournir sur la poursuite des inspections en Iraq. Je tiens à nouveau à leur exprimer la confiance et le plein soutien de la France dans leur mission.
Vous savez le prix que la France attache, depuis l'origine de la crise iraquienne, à l'unité du Conseil de Sécurité. Cette unité repose aujourd'hui sur deux éléments essentiels :
Nous poursuivons ensemble l'objectif d'un désarmement effectif de l'Iraq. Nous avons en ce domaine une obligation de résultat. Ne mettons pas en doute notre engagement commun en ce sens. Nous assumons collectivement cette lourde responsabilité qui ne doit laisser place ni aux arrière-pensées, ni aux procès d'intention. Soyons clairs : aucun d'entre nous n'éprouve la moindre complaisance à l'égard de Saddam Hussein et du régime iraquien.
En adoptant à l'unanimité la résolution 1441, nous avons collectivement marqué notre accord avec la démarche en deux temps proposée par la France : le choix du désarmement par la voie des inspections et, en cas d'échec de cette stratégie, l'examen par le Conseil de Sécurité de toutes les options, y compris celle du recours à la force. C'est bien dans ce scénario d'échec des inspections, et dans ce cas seulement, que pourrait se justifier une seconde résolution.
La question qui se pose aujourd'hui est simple : considérons-nous en conscience que le désarmement par les missions d'inspection est désormais une voie sans issue ? Ou bien, estimons-nous que les possibilités en matière d'inspection offertes par la résolution 1441 n'ont pas encore été toutes explorées ?
En réponse à cette question, la France a deux convictions :
la première, c'est que l'option des inspections n'a pas été conduite jusqu'à son terme et peut apporter une réponse efficace à l'impératif du désarmement de l'Iraq ; la deuxième, c'est qu'un usage de la force serait si lourd de conséquences pour les hommes, pour la région et pour la stabilité internationale qu'il ne saurait être envisagé qu'en dernière extrémité.
Or, que venons-nous d'entendre, à travers le rapport de MM. Blix et El Baradei ? Nous venons d'entendre que les inspections donnent des résultats. Bien sûr, chacun d'entre nous veut davantage et nous continuerons ensemble à faire pression sur Bagdad pour obtenir plus. Mais les inspections donnent des résultats.
Lors de leurs précédentes interventions au Conseil de sécurité, le 27 janvier, le Président exécutif de la CCVINU et le Directeur général de l'AIEA avaient identifié précisément les domaines dans lesquels des progrès étaient attendus. Sur plusieurs de ces points, des avancées significatives ont été obtenues :
Dans les domaines chimique et biologique, les Iraquiens ont remis de nouveaux documents aux inspecteurs. Ils ont aussi annoncé la création de commissions d'investigation, dirigées par les anciens responsables des programmes d'armements, conformément aux demandes de M. Blix ;
Dans le domaine balistique, les informations fournies par l'Iraq ont permis aux inspecteurs de progresser également. Nous détenons avec précision les capacités réelles du missile Al-Samoud. Maintenant, il convient de procéder au démantèlement des programmes non-autorisés, conformément aux conclusions de M. Blix ;
Dans le domaine nucléaire, des informations utiles ont été transmises à l'AIEA sur les points importants évoqués par M. El Baradei le 27 janvier dernier : l'acquisition d'aimants susceptibles de servir à l'enrichissement d'uranium et la liste des contacts entre l'Iraq et le pays susceptible de lui avoir fourni de l'uranium.
Nous sommes là au cœur de la logique de la résolution 1441, qui doit assurer l'efficacité des inspections grâce à une identification précise des programmes prohibés, puis à leur élimination.
Nous sommes tous conscients que le succès des inspections suppose que nous aboutissions à une coopération pleine et entière de l'Iraq. La France n'a cessé de l'exiger. Des progrès réels commencent à apparaître :
L'Iraq a accepté le survol de son territoire par des appareils de reconnaissance aérienne ; Il a permis que des scientifiques iraquiens soient interrogés sans témoins par les inspecteurs ; un projet de loi prohibant toutes les activités liées aux programmes d'armes de destruction massive est en cours d'adoption, conformément à une demande ancienne des inspecteurs. L'Iraq doit fournir une liste détaillée des experts ayant assisté en 1991 aux destructions des programmes militaires.
La France attend bien entendu que ces engagements soient durablement vérifiés. Au-delà, nous devons maintenir une forte pression sur l'Iraq pour qu'il aille plus loin dans la voie de la coopération.
Ces progrès nous confortent dans la conviction que la voie des inspections peut être efficace. Mais nous ne devons pas nous dissimuler l'ampleur du travail restant à accomplir : des questions doivent être encore élucidées, des vérifications doivent être conduites, des installations ou des matériels doivent sans doute encore être détruits.
Pour ce faire, nous devons donner aux inspections toutes les chances de réussir.
J'ai fait des propositions le 5 février devant le Conseil. Depuis lors, nous les avons précisées dans un document de travail adressé à MM. Blix et El Baradei et communiquées aux membres du Conseil.
Quel est leur esprit ? Il s'agit de propositions pratiques et concrètes, qui peuvent être mises en œuvre rapidement et qui sont destinées à renforcer l'efficacité des opérations d'inspection. Elles s'inscrivent dans le cadre de la résolution 1441 et ne nécessitent par conséquent aucune nouvelle résolution du Conseil. Elles doivent venir à l'appui des efforts menés par MM. Blix et El Baradei. Ils sont naturellement les mieux à même de nous dire celles d'entre elles qu'ils souhaitent retenir pour assurer la meilleure efficacité de leurs travaux. Dans leur rapport, ils nous ont fait des commentaires utiles et opérationnels.
La France a déjà annoncé qu'elle tenait des moyens supplémentaires à la disposition de MM. Blix et El Baradei, à commencer par ses appareils de surveillance aérienne Mirage IV.
Alors oui j'entends bien les critiques :
Il y a ceux qui pensent que dans leur principe, les inspections ne peuvent avoir aucune efficacité. Mais je rappelle que c'est le fondement même de la résolution 1441 et que les inspections donnent des résultats. On peut les juger insuffisantes mais elles sont là.
Il y a ceux qui croient que la poursuite du processus d'inspection serait une sorte de manœuvre de retardement visant à empêcher une intervention militaire. Cela pose naturellement la question du temps imparti à l'Iraq. Nous sommes là au centre des débats. Il y va de notre crédibilité et de notre esprit de responsabilité. Ayons le courage de mettre les choses à plat.
Il y a deux options :
L'option de la guerre peut apparaître a priori la plus rapide. Mais n'oublions pas qu'après avoir gagné la guerre, il faut construire la paix. Et ne nous voilons pas la face : cela sera long et difficile, car il faudra préserver l'unité de l'Iraq, rétablir de manière durable la stabilité dans un pays et une région durement affectés par l'intrusion de la force. Face à de telles perspectives, il y a l'alternative offerte par les inspections, qui permet d'avancer de jour en jour dans la voie d'un désarmement efficace et pacifique de l'Iraq. Au bout du compte, ce choix là n'est-il pas le plus sûr et le plus rapide ?
Personne ne peut donc affirmer aujourd'hui que le chemin de la guerre sera plus court que celui des inspections. Personne ne peut affirmer non plus qu'il pourrait déboucher sur un monde plus sûr, plus juste et plus stable. Car la guerre est toujours la sanction d'un échec. Serait-ce notre seul recours face aux nombreux défis actuels ? Donnons par conséquent aux inspecteurs des Nations Unies le temps nécessaire à la réussite de leur mission. Mais soyons ensemble vigilants et demandons à MM. Blix et El Baradei de faire régulièrement rapport au Conseil. La France, pour sa part, propose un nouveau rendez-vous le 14 mars au niveau ministériel, pour évaluer la situation. Nous pourrons alors juger des progrès effectués et de ceux restant à accomplir.
Dans ce contexte, l'usage de la force ne se justifie pas aujourd'hui. Il y a une alternative à la guerre : désarmer l'Iraq par les inspections. De plus, un recours prématuré à l'option militaire serait lourd de conséquences.
L'autorité de notre action repose aujourd'hui sur l'unité de la communauté internationale. Une intervention militaire prématurée remettrait en cause cette unité, ce qui lui enlèverait sa légitimité et, dans la durée, son efficacité.
Une telle intervention pourrait avoir des conséquences incalculables pour la stabilité de cette région meurtrie et fragile. Elle renforcerait le sentiment d'injustice, aggraverait les tensions et risquerait d'ouvrir la voie à d'autres conflits.
Nous partageons tous une même priorité, celle de combattre sans merci le terrorisme. Ce combat exige une détermination totale. C'est, depuis la tragédie du 11 septembre, l'une de nos responsabilités premières devant nos peuples. Et la France, qui a été durement touchée à plusieurs reprises par ce terrible fléau, est entièrement mobilisée dans cette lutte qui nous concerne tous et que nous devons mener ensemble. C'est le sens de la réunion du Conseil de Sécurité qui s'est tenue le 20 janvier, à l'initiative de la France.
Il y a dix jours, le Secrétaire d'Etat américain, M. Powell, a évoqué des liens supposés entre Al-Qaida et le régime de Bagdad. En l'état actuel de nos recherches et informations menées en liaison avec nos alliés, rien ne nous permet d'établir de tels liens. En revanche, nous devons prendre la mesure de l'impact qu'aurait sur ce plan une action militaire contestée actuellement. Une telle intervention ne risquerait-elle pas d'aggraver les fractures entre les sociétés, entre les cultures, entre les peuples, fractures dont se nourrit le terrorisme ?
La France l'a toujours dit : nous n'excluons pas la possibilité qu'un jour il faille recourir à la force, si les rapports des inspecteurs concluaient à l'impossibilité pour les inspections de se poursuivre. Le Conseil devrait alors se prononcer et ses membres auraient à prendre toutes leurs responsabilités. Et, dans une telle hypothèse, je veux rappeler ici les questions que j'avais soulignées lors de notre dernier débat le 4 février et auxquelles nous devrons bien répondre :
En quoi la nature et l'ampleur de la menace justifient-elles le recours immédiat à la force ?
Comment faire en sorte que les risques considérables d'une telle intervention puissent être réellement maîtrisés ?
En tout état de cause, dans une telle éventualité, c'est bien l'unité de la communauté internationale qui serait la garantie de son efficacité. De même, ce sont bien les Nations Unies qui resteront demain, quoi qu'il arrive, au cœur de la paix à construire.
Monsieur le Président, à ceux qui se demandent avec angoisse quand et comment nous allons céder à la guerre, je voudrais dire que rien, à aucun moment, au sein de ce Conseil de Sécurité, ne sera le fait de la précipitation, de l'incompréhension, de la suspicion ou de la peur.
Dans ce temple des Nations Unies, nous sommes les gardiens d'un idéal, nous sommes les gardiens d'une conscience. La lourde responsabilité et l'immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix.
Et c'est un vieux pays, la France, d'un vieux continent comme le mien, l'Europe, qui vous le dit aujourd'hui, qui a connu les guerres, l'occupation, la barbarie. Un pays qui n'oublie pas et qui sait tout ce qu'il doit aux combattants de la liberté venus d'Amérique et d'ailleurs. Et qui pourtant n'a cessé de se tenir debout face à l'Histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur.
Je vous remercie.
17 décembre 2003
Discours prononcé par M. Jacques CHIRAC, Président de la
République, relatif au respect du principe de laïcité dans la République
Palais de l'Elysée, mercredi 17 décembre 2003
Monsieur le Premier ministre, Messieurs les Présidents des Assemblées, Mesdames et
Messieurs les Ministres, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, Mesdames,
Messieurs,
Le débat sur le principe de laïcité résonne au plus profond de nos consciences. Il
renvoie à notre cohésion nationale, à notre aptitude à vivre ensemble, à notre capacité à
nous réunir sur l'essentiel.
La laïcité est inscrite dans nos traditions. Elle est au coeur de notre identité
républicaine. Il ne s'agit aujourd'hui ni de la refonder, ni d'en modifier les frontières. Il
s'agit de la faire vivre en restant fidèle aux équilibres que nous avons su inventer et aux
valeurs de la République.
Cérémonie internationale de commémoration du 60ème anniversaire du débarquement allié en Normandie le 6 juin 2004 ; Cérémonie bi-nationale franco-américaine à Colleville-sur-mer
Mesdames et Messieurs les Combattants du Débarquement,
Monsieur le Président des États-Unis d'Amérique,
Mesdames, Messieurs,
Dans ce haut lieu de la mémoire des hommes, sur cette terre sacrée de notre histoire, brûle à jamais la flamme du souvenir.
Contre la nuit de l'oubli, nous voici rassemblés pour rendre hommage aux Soldats de la Liberté, aux héros légendaires de l'opération " Overlord ".
Contre le temps qui fuit, nous voici ensemble pour rappeler aux générations nouvelles le sens d un combat qui éclaire toujours nos consciences.
La France n'oubliera jamais.
Réception en l'honneur du Comité pour la mémoire de l'esclavage, au Palais de l'Elysée le 30 janvier 2006
Monsieur le Premier ministre,
Messieurs les Ministres,
Madame la Présidente du Comité pour la mémoire de l'esclavage, chère Maryse Condé,
Monsieur le professeur, cher Maître, cher Edouard Glissant,
Mesdames et Messieurs les membres du Comité,
Mesdames et Messieurs,
je voudrais d'abord saluer aussi les élèves du Lycée Lenoir de Châteaubriant, du Lycée du Mirail à Bordeaux et du collège Raymond Poincaré à La Courneuve, ainsi que leurs enseignants, qui ont ensemble travaillé beaucoup et intelligemment sur le sujet de l'esclavage. Je suis particulièrement heureux de les accueillir ici, aujourd'hui.
Dans l'histoire de l'humanité, l'esclavage est une blessure.
Une tragédie dont tous les continents ont été meurtris.
- 2007 - 11 mars : Discours de Jacques Chirac, Président de la République
- 2007 - 26 juillet : Nicolas Sarkoy, Discours de Dakar - texte
- 2007 - élection présidentielle - résultats
- 2011 - 5 novembre : tribune de 20 signataires (Houria Bouteldja, Rokhaya Diallo ...) contre le soutien à Charlie Hebdo ( texte)