16 janvier . Bangladesh. Accord sur le retour des Rohingya.

Naypyidaw et Dacca présentent les modalités de l’accord, annoncé en novembre 2017, relatif au retour en Birmanie des Rohingya qui se sont réfugiés au Bangladesh pour fuir la répression de l’armée. Ce retour, qui doit s’étendre jusqu’au début de 2020, concerne les Rohingya qui peuvent prouver qu’ils ont été résidents en Birmanie avant août 2017 ; Naypyidaw ne leur reconnaît pas la citoyenneté. Ce sont désormais environ sept cent cinquante mille Rohingya qui ont fui la Birmanie depuis octobre 2016.

 

Janvier : Les combats entre les forces armées gouvernementales birmanes et la Kachin Independant Army (KIA) s’intensifient dans plusieurs zones des townships Sumprabum, Tani et Waing Maw dans l’état Kachin, causant des pertes civiles et des déplacements de population. (source info Birmanie)

 

 

Mars : L’armée déploie de nouvelles troupes dans l’Etat Karen et justifie sa présence par la construction d’une route stratégique. Le 4 mars, les soldats de l’armée birmane bombardent et tirent sans discernements sur la population Karen et, depuis, au moins 2 400 civils ont fui la région et se cachent dans la forêt.  Bien que l’armée birmane et le KNLA soient tous deux signataires de l’Accord de cessez-le-feu national (NCA), les conflits ont repris en ce début d’année 2018. (source info Birmanie)

21 mars : démission du président Htin Kyaw, malade.

Aung San Suu Kyi, qui ne pouvait exercer cette fonction, avait fait élire ce proche conseiller à ce poste en mars 2016, à la suite de la victoire de sa formation, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), aux élections législatives de novembre 2015.Le 28, le Parlement élit à la tête de l’État le président de la Chambre des représentant Win Mynt.

25 juin : L’Union Européenne adopte des sanctions envers sept officiers de l’armée gouvernementale birmane et de la police des frontières responsables des violations des droits humains. Ces mesures restrictives ciblées visent, entre autres, le Général Maung Maung Soe qui était chargé des opérations de « nettoyage » lancées à la fin du mois d’août 2017 dans l’Etat d’Arakan et comprennent le gel des avoirs à l’étranger des officiers militaires visés et leur interdiction d’entrée au sein de l’UE. (source info Birmanie)

17 août : Les États-Unis annoncent des sanctions contre quatre commandants et deux unités militaires de Birmanie, pour leur implication dans le nettoyage ethnique perpétré dans l’état d’Arakan et d’autres violations massives des droits humains dans les états Shan et Kachin. (source info Birmanie)

27 août : accusation de génocide portée contre le chef de l’armée.

Un an après l’opération menée par l’armée dans l’ouest du pays contre la population musulmane des Rohingya — population persécutée depuis octobre 2016 —, la Mission d’établissement des faits sur la Birmanie créée en mars 2017 par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU publie son rapport. Elle indique disposer de suffisamment d’éléments pour appeler à la poursuite des principaux hauts gardés de l’armée pour génocide dans l’état d’Arakan,

Lla Mission d’établissement des faits a présenté une analyse complète du statut des Rohingyas en tant que groupe protégé, des actes de génocide et des indicateurs de l’intention génocidaire et a conclu que « les actes de ceux qui ont orchestré les attaques contre les Rohingyas ressemblent à une véritable liste de contrôle » sur la façon de détruire le groupe cible en tout ou partie. La Mission d’établissement des faits a également conclu en 2019 que « l’État du Myanmar a enfreint son obligation de ne pas commettre de génocide en vertu de la convention du génocide ».

Six hauts gradés de l’armée, parmi lesquels Min Aung Hlaing, le commandant en chef des armées, sont ainsi nommément mis en cause pour génocide dans le nord de l’état d’Arakan. Ils sont également mis en cause pour crimes contre l’Humanité et crimes de guerre dans les États d’Arakan, Kachin et Shan.

 

3 septembre : condamnation de deux journalistes de l’agence Reuters.

Kyaw Soe Oo, 27 ans, et Wa Lone, 32 ans, deux journalistes birmans de Reuters, sont incarcérés depuis décembre. Arrêtés en possession de documents remis par des policiers et relatifs aux opérations militaires dans l’ouest de la Birmanie, ils risquent quatorze ans de prison pour atteinte au « secret d’État », au nom d’une loi datant de l’époque coloniale.

 

 

Un capitaine de police a depuis confirmé aux juges chargés de l’enquête que les journalistes ont été piégés sur ordre du chef de la police. Cf. « Myanmar police ’set up’ Reuters reporters in sting-police witness », Reuters, 20 avril 2018

Les deux journalistes enquêtaient sur le massacre de dix musulmans par des militaires et des villageois bouddhistes à Inn Din, dans l’État de l’Arakan, et n’avaient encore rien publié. Les cadavres de ces Rohingyas ont été retrouvés dans un charnier. Depuis le 25 août 2017, près de 700 000 membres de cette minorité musulmane persécutée par l’armée dans un pays largement bouddhiste ont fui pour se réfugier au Bangladesh. Au moins 6 700 personnes ont été tuées en l’espace d’un mois, d’après Médecins sans frontières. Un « nettoyage ethnique » avec des « actes de génocide », a dénoncé en mars M. Zeid Ra’ad Al-Hussein, le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme (1).

Un tribunal de Rangoon condamne les deux journalistes , à sept ans de prison pour atteinte aux secrets d’État. Les deux journalistes arrêtés en décembre 2017 enquêtaient sur l’exécution de Rohingya par des soldats birmans dans un village de l’État de l’Arakan.

6-27 septembre. Initiatives judiciaires internationales.

Le 6, la Cour pénale internationale (CPI) se déclare compétente pour enquêter sur la déportation des Rohingya vers le Bangladesh. Rangoon n’a pas ratifié le traité créant la CPI, mais Dacca (Dhaka) en est membre.