Cette commission américaine, effectue à partir de mai 1919 une enquête dans les zones d'occupation britannique en Palestine (Jaffa, Jérusalem, Gaza de Ramleh et de Lydda, région de Hébron), dans la zone d’occupation arabe en Syrie (Damas, Déraa, Baalbeck, Homs, Hama), dans la zone d’occupation française au Liban jusqu’à Alexandrette (Beyrouth, Djbail, Batroum, Bkerké, Saïda, Tyr, Ainab, Baadba, Zahlé, Tripoli, Alexandrette, Lattaquié) et en Cilicie, la Mésopotamie n’étant finalement pas incluse.

Elle conclut à un besoin d'indépendance des milieux musulmans de Syrie, du Liban et de Palestine mais aussi d'unité arabe.

Son point 5 concerne la possibilité ou non d'établir un État juif.

" La commission, souhaite « une modification du programme extrême des sionistes alors même qu'elle était prédisposée en leur faveur. »

Elle recommande « que l'immigration juive soit nettement limitée et que le projet de faire de la Palestine un Commonwealth spécifiquement juif soit abandonné. Il n'y aurait alors aucune raison pour que la Palestine ne fasse pas partie comme d'autres portions du pays, d'un État syrien uni ».1

Pour la commission, « un foyer national pour le peuple juif n'est pas équivalent à faire de la Palestine un État juif ». Reprenant les termes de la déclaration Balfour, elle écrit que « l'érection d'un tel État juif ne peut être accomplie sans la violation la plus grave des droits civils et religieux des communautés non juives existants en Palestine. »

La commission rappelle le principe wilsonien du droit des peuples à décider de leur destinée. « Si le principe doit régner et donc les désirs de la population palestinienne doivent être déterminants quant à ce qui doit être fait avec la Palestine, il faut se rappeler que la population non juive de Palestine - près des neuf dixièmes de l'ensemble – est absolument contre tout le programme sioniste...soumettre un peuple aussi assujetti à l'immigration juive illimitée et à une pression financière et sociale régulière pour abandonner la terre serait une violation flagrante du principe que nous venons de citer et des droits des peuples ».

Le rapport est connu en décembre 1922, donc après attribution des mandats à la France et la Grande-Bretagne, alors même que les USA se sont retirés de la conférence de paix et ont rejetté le traité de Versailles. Il n'a donc finalement aucune influence.

1 Philippe Daumas, La commission King-Crane p84-85 in Le droit international à l"épreuve de la question palestinienne – quel état palestinien , thèse de Morsee Al Smadi

 

Voir le rapport de la commission king-crane

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