La fête de Nabi Moussa est autant politique que religieuse. Une procession part du lieu présumé de la tombe de Moïse (Moussa) près de Jéricho et se dirige vers Jérusalem, chaque année au moment de la Pâque Chrétienne. Le pélèrinage aurait été créé par Saladin qui ne voulait pas laisser l'impression que la ville appartenait aux Chrétiens.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Emeutes de Nabi Moussa en 1920

 

 

Un contemporain en retranscrit l'ambiance :

Des Chrétiens du monde entier affluent massivement en cette saison. ; les Musulmans seraient bien avisés d'investir, eux aussi, la Ville sainte pour empêcher que les Chrétiens ne se l'approprient. Ils arrivent de toutes les villes du pays, mais aussi de pays limitrophes, en clans et en caravanes, se rangeant derrière leurs étendards et brandissant leurs armes, comme s'ils partaient au combat. Les autorités ont installé un canon près de la porte Saint-Etienne, en l'honneur du drapeau à l'effigie du Prophète, et escortent la procession en l'encadrant d'imposantes forces militaires et policières. L'aspect religieux de la manifestation n'a pour seul but que d'attirer les foules ; sans cela, elle serait moins populaire. Pour cette raison aussi, de la nourriture est distribuée aux participants.1

Le 4 avril 1920, Le maire arabe de Jérusalem, Moussa Qazem al-Husseini harangue la foule :

Si nous n'utilisons pas la force contre les sionistes et contre les Juifs, nous n'en viendrons jamais à bout !

La situation dégénère rapidement. Les quartiers orthodoxes sont attaqués aux cris de « les Juifs sont nos chiens » tandis que la revue nationaliste « La jeune Syrie » éditée à Jérusalem avec l'aide de la France écrit

« La fin des étrangers est proche, les Juifs seront noyés dans leur propre sang »

 

Lire aussi le Rapport secret de la commission Pallin sur les émeutes de Nabi Moussa (texte, 1920)

 

L'émeute dure plusieurs jours. Elle constitue la première manifestation de violence des Arabes envers les Juifs de la vieille ville. Les autorités britanniques, pourtant informées quelques jours auparavant des risques réels, interviennent peu. Le sioniste Zeev Jabotinsky créé alors des groupes d'autodéfense pour pallier à l'incurie des britanniques. Cela ne suffit pas à empêcher une foule, attisée par des discours arabes haineux, de faire une dizaine de morts (cinq juifs, quatre arabes )et 250 blessés.

Conséquence des émeutes, au printemps 1920, le gouverneur anglais révoque le Maire et le remplace par une personne plus favorable aux sionistes, Raghib Bey Nashashibi, issue de la famille concurrente. Plus de deux cents personnes sont traduites en justice dont 39 juifs. Hadj amin el-Husseini est condamné à 10 ans de réclusion mais il a quitté la ville.

Des émeutes ont aussi eu lieu en avril à Jaffa au cris de « vive Fayçal »,« à bas les Britanniques » et « égorgez les Juifs »

1 Khalil Al Sakakini, cité par Tom Segev in C'était en Palestine au temps de coquelicots, Ed. Liana Levi, p.157

 

Lire auusi le Rapport intérimaire de l'UNISPAL sur l'Administration civile de Palestine (Samuel, 1921, rapport)
 
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