Le ministre des Affaires étrangères (et vice-premier ministre) Ygal Allon a élaboré après la guerre des six jours un plan de paix qui n'est pas approuvé par le gouvernement. Ses lignes directrices en sont :

- Pas de retrait sur les lignes d'armistice de 1949

- Concessions territoriales en répondant à trois impératifs fondamentaux

1) les droits historiques du peuple d'Israël sur la terre d'Israël

2) Un État à majorité juive

3) des frontières défendables.

En pratique

Retrait du Sinaï mais en gardant des points de continuité territoriale jusqu'à Sharm el Sheikh, au Sud de la péninsule. La bande de Gaza, non restituée pourrait comprendre un accès à la mer

pour la Jordanie. Le Jourdain est la frontière orientale de l'État et les territoires occupés sont démilitarisés.

Jérusalem reste unie sous souveraineté israélienne.

Le Golan reste occupé.

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Texte intégral

Dans le Sinaï:'

Retrait d’Israël de la péninsule tout en préservant le contrôle de secteurs de protection et s'assurer une continuité territoriale entre eux de Sharm El Sheik au sud jusqu'à un point situe entre El Arich et Rafah au nord sur la cote méditerranéenne.

Ce contrôle permettrait l'installation d'un système de détection électronique et aérien et un déploiement de force efficace pour une contre-offensive terrestre aérienne ou navale en cas de nouvelles tentatives d'envahissement.

Le contrôle de Sharm El Sheik dans le golfe d'Eïlat assurant la libre navigation.

La Bande de Gaza ne sera pas restituée a Égypte. Mais étant donne la complexité du problème démographique de ce secteur en majorité de réfugiés, il pourrait être envisage de faire de Gaza l’accès à la mer de Jordanie, avec droit de circulation, mais sans créer un corridor.

 

La Rive occidentale:

Le Jourdain sera la ligne de défense d’Israël ainsi que les cretes des montagnes desertiques de Samarie et du désert de Judée a l'ouest du fleuve et de la mer Morte. Il y aura it des rectifications mineures de l'ancienne ligne d'armistice dite "verte", permettant de trouver une solution pour la population de la Rive ouest et laissant un corridor souverain a sa disposition entre Ramallah, Jéricho et le pont Allenby.

Les territoires seront démilitarises.

 

Jérusalem:

Jérusalem restera unie sous la souveraineté israélienne, les droits de tous ses habitants quelle que soit leur religion étant absolument garantis.

 

Le plateau du Golan:

Les besoins stratégiques globaux d'Israël nécessitent le contrôle du Golan car il s'agit de la défense des principales sources d'eau de celles des haute et basse Galilée et la défense de la qualité de la vallée de Houla, du lac de Tibériade et de la vallée de Beit Shean.

 

[https://israelipalestinian.procon.org/view.answers.php?questionID=000532 ]

 

 

 

Commentaires

 

Avi Shlaim, PhD, professeur de relations internationales au St. Antony's College, Oxford, dans son livre The Iron Wall, écrit en 2001 :

"La victoire dans la guerre des Six Jours a marqué le début d'une nouvelle ère dans l'histoire d'Israël, une ère d'incertitude. La victoire a rouvert la vieille question sur les objectifs territoriaux du sionisme... La question était de savoir quoi faire avec ces territoires, et à cette question il n'y avait pas de réponse simple.…

 

Le 26 juillet, il[Allon] a soumis au Cabinet un plan qui devait porter son nom[Le Plan Allon]. Elle demandait d'incorporer en Israël les zones suivantes : une bande de terre de dix à quinze kilomètres de large le long du Jourdain ; la majeure partie du désert de Judée le long de la mer Morte ; et une zone importante autour du Grand Jérusalem, dont le saillant de Latrun. Conçu pour inclure le moins d'Arabes possible dans la zone revendiquée pour Israël, le plan prévoyait la construction de colonies permanentes et de bases militaires dans ces zones. Enfin, il a appelé à l'ouverture de négociations avec les dirigeants locaux sur la transformation des parties restantes de la Cisjordanie en une région autonome qui serait économiquement liée à Israël. Le cabinet a discuté du plan d'Allon, mais ne l'a ni adopté ni rejeté."

 

Kenneth W. Stein, PhD, titulaire de la chaire William E. Schatten d'histoire contemporaine du Moyen-Orient et d'études israéliennes à l'Université Emory, dans son livre Heroic Diplomacy de 1999 : Sadate, Kissinger, Carter, Begin, Begin and the Quest for Arab-Israeli Peace, a écrit :


"Soumis à l'approbation de plusieurs cabinets israéliens, mais non officiellement approuvé, le plan Allon a été initialement présenté en juillet 1967. Les hypothèses de base du plan comprenaient des frontières défendables telles que définies par Israël, un retour des zones densément peuplées à un " État jordano-palestinien ", Israël conservant le contrôle de la vallée du Rift et des crêtes montagneuses à l'ouest entre Naplouse et Hébron. Selon ce plan, Israël affirmerait et maintiendrait une présence militaire sur la Cisjordanie jusqu'au Jourdain, la Cisjordanie serait démilitarisée, les Palestiniens seraient autogérés dans une région autonome ou semi-autonome et Israël conserverait le contrôle total sur une Jérusalem unie, avec peut-être un statut jordanien dans le quartier musulman de la vieille ville.


Les dirigeants israéliens ont alors exclu la possibilité d'incorporer la population palestinienne de Cisjordanie dans un grand Israël parce que cela aurait radicalement changé l'orientation démographique juive des États. Lorsque le plan Allon fut officiellement offert au roi[de Jordanie] lors de pourparlers cordiaux et secrets en septembre 1968, Hussein le rejeta parce qu'il estimait qu'il " portait atteinte à la souveraineté de la Jordanie ". Néanmoins, le plan Allon a servi de base aux programmes électoraux du Parti travailliste en 1974, 1977, 1981, 1984 et 1987. Le concept d'autonomie ou d'autogestion des Palestiniens a été proposé par le Premier ministre israélien Begin à Sadate en décembre 1977 et inscrit dans les accords de Camp David de septembre 1978 et d'Oslo de septembre 1993".

 

Yehudit Auerbach, PhD, chef de la Division du journalisme et de la communication, et Hemda Ben-Yehuda, PhD, maître de conférences, au Département d'études politiques de l'Université Bar-Ilan, dans l'essai du Journal of Conflict Resolution intitulé "Attitudes to an Existence Conflict : Allon et Peres sur la question palestinienne, 1967-1987 ", a écrit :



"Le plan[Allon] prévoyait un règlement politique du conflit entre Israël et les États arabes, basé sur les thèmes suivants : Israël ne retournerait pas aux frontières du 4 juin 1967 ; le Jourdain serait la frontière de défense d'Israël ; Jérusalem, la capitale d'Israël, resterait unie ; et une solution au problème palestinien serait trouvée dans le cadre d'un accord de paix avec la Jordanie.

Ce plan n'a jamais été officiellement adopté par le gouvernement israélien, bien qu'il n'ait jamais été rejeté non plus. De plus, elle a façonné, dans une large mesure, la politique d'implantation d'Israël en Cisjordanie et à Gaza au cours des années 1967 à 1977."

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