Le 17 mai 1983, Amine Gemayel, frère du défunt Bechir Gemayel, signe un accord avec les Israéliens visant à engager des pourparlers de paix avec son voisin. Les parties s'accordent et s'engagent à respecter la souveraineté, l'indépendance politique et l'intégrité territoriale l'une de l'autre. Elles considèrent que la frontière internationale existant entre le Liban et Israël est inviolable. Les parties confirment que l'État de guerre entre le Liban et Israël a pris fin, il n'existe plus.

Tenant compte des dispositions [précédentes ], Israël s'engage à retirer toutes ses forces armées du Liban. Les Israéliens s'engagent à partir en même temps que les forces syriennes.

 

Amine Gemayel,président du Liban(1982-1988)

 

L'accord prévoit aussi une réduction de la souveraineté libanaise au sud Liban au profit d'Israël. Nommés arrangements de sécurité à l'article 3, il s'agit de la mise en place d'une région de sécurité dans laquelle le gouvernement libanais accepte des restrictions de souveraineté importantes. Ce qui, ajouté à une perspective de paix avec Israël , provoque une levée de boucliers et la colère de la Syrie.

L'accord, est voté par 80 députés libanais sur 91. Mais Gemayel se rend à Damas en 1984. Il doit alors donner sa parole d'honneur que l'accord ne sera pas ratifié.

'Ce que l'accord d'armistice de 1947, toujours en vigueur, ne réussissait plus à empêcher devait faire l'objet d'un nouvel accord. Il ne s'agissait pas de négocier l'arrêt des hostilités entre l'armée libanaise et l'armée israélienne, puisque ces hostilités n'existaient pas, mais d'amener les autorités libanaises à empêcher les hostilités imputables à des forces étrangères installées sur le sol libanais, contre Israël. Cela supposait l'éviction des fedayin palestiniens, et le départ de l'armée syrienne, suivi de celui de l'armée israélienne. L'objectif apparaît donc du côté libanais comme un retour à une pleine souveraineté et du côté israélien comme une garantie de sécurité à la frontière commune.

138 jours de négociations en 37 rencontres entre l'ambassadeur libanais, Antoine Fattal, le Directeur du Ministère israélien des Affaires étrangères, David Kimche, et le Sous-Secrétaire d'État américain, Morris Draper, montrent une incontestable volonté d'aboutir de la part des plénipotentiaires. Le résultat est un traité de 12 articles accompagné d'une annexe, d'un appendice, d'un procès-verbal et sans doute d'échanges de lettres restées secrètes.

Dès la publication de ce texte, au réalisme des deux gouvernements, qui, après trente-sept ans de vicissitudes souvent tragiques, veulent arrêter l'hémorragie par la négociation, s'oppose une classe politique qui, d'un côté comme de l'autre, au nom d'une logique sans concession reposant sur des thèses inconciliables, refuse discussion et compromis. La lecture qu'il faut tenter de faire de l'Accord du 17 mai 1983 est celle d'un document signé par trois États et qui dès cette signature a entraîné plusieurs conséquences importantes : l'arrêt des hostilités, le départ de l'OLP et des fedayin, l'existence d'une certaine forme de dialogue entre les parties, le jeu de la garantie américaine. Le contenu — somme toute attendu — de cet accord destiné à mettre fin à un conflit armé va pourtant faire, avant même sa signature, l'objet d'une contestation radicale qui finira par l'emporter; l'accord ne sera en effet jamais ratifié par Beyrouth. Ce que l’Égypte avait réussi à faire cinq ans auparavant n'a pas été possible au Liban.'1

Malgré tout les Israéliens évacuent partiellement le Liban tout en contrôlant la zone sud. L'OLP saisit l'occasion et se réinstalle dans certains camps.

1 L'accord libano-israélien du 17 mai 1983. Maurice Flory, In: Annuaire français de droit international, volume 29, 1983. pp. 137-150;

 

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